Motion faite au district des Récollets, le 14 janvier 1790, sur la situation alarmante de la capitale, relativement à la rareté extrême du numéraire

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Impr. de P.-F. Didot jeune (Paris). 1790. Paris (France) (1789-1799, Révolution). In-8 °. Pièce.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1790
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MOTION
FAITE AU DISTRICT
DES REC.OLLETS,
Le 14 janvier 1790,
Sur la situation allarmante de la Capitale,
relativement à la rareté extrême du
Numéraire.
A PARIS,
De l'Imprimerie de P. FR. D 1 D O T jeune.
1 7 90.
N
Aij
MOTION
FAITE AU DISTRICT
.DE S RECOLLETS,
Sur la situation allarmante de la Capi-
tale, relativement à la rareté extrême
du Numéraire.
MESSIEURS,
Plusieurs Districts ayant pris en - considé-
ration les suites fâcheuses que la rareté du
numéraire peut occasionner, tant relative-
ment au commerce , que relativement aux
approvisionemens publics , ont fait des dé-
marches auprès de la Commune, pour qu'elle
veuille bien s'occuper de cet objet important.
En conséquence de ces démarches , la
Commune a nommé des Commissaires , pour
se procurer, tant à l'hôtel des Monnoies qu'à
(4)
la Caisse d Escompte, aux Messageries et
auprès du Ministre, tous les renseignemens
propres à l'éclairer sur les causes d'un déficit
qui ne peut faire de nouveaux progrès sans
opérer d'étranges bouleversemens dans toutes
les fortunes.
Persuadé , Messieurs , que dans une posi-
tion aussi critique, il est du devoir de chaque
citoyen de hâter autant qu'il est en lui le
retour de l'ordre, en indiquant à la Commune
de Paris , dans la personne de ses Commis-
saires , les circonstances qu'elle estime avoir
occasionné cette disette d'argent, et les seuls
moyens qu'il croit convenables pour y remé-
dier, j'aurai l'honneur de vous observer: 1 °. que
l'abondance de l'argent est toujours le résultat
de la confiance dans le système politique au-
quel on appartient ; que tant que ce système
politique est mauvais, ou tant qu'il n'est pas
établi, il est assez naturel que chacun craigne
pour sa fortune particulière , et qu'en consé-
• quence les dépenses privées diminuent. Or
il n'y a d'autre remède à ce mal, presque
nécessaire dans un temps de révolution, que
le prompt établissement d'un nouveau sys-
tème politique, où tous les abus anciens
soient réformés , et qui, sans heurter d'une
manière trop violente les habitudes d'une
(S)
A iij
grande nation * fonde néanmoins la liberté
sur des bases si profondes qu'elle n'ait plus,
de la part d'aucun pouvoir, de choc durable
à redouter.
s0. Qu'une autre cause de la disette d'ar-
gent , est le grand nombre de particuliers
riches, qui , témoins des troubles excités
dans la capitale et dans les provinces , sont
allés chercher la paix dans l'Etranger ; qu'inu-
tilement , pour les forcer à revenir dans leur
patrie , et les contraindre à y dépenser leurs
revenus, on défendroit sous les peines les
plus sévères toute sortie d'espèces hors du
royaume ; ce moyen absurde et tyranni-
que , outre qu'il seroit la ruine infaillible
du commerce , ne rappelleroit personne dans
le royaume , et à cet égard- il ne reste
d'autre ressource qu'une. prganisation de
Municipalité pour la capitale , tellement
sage , tellement impartiale, que le riche s'y
trouve protégé avec autant d'efficacité que le
pauvre, et que nul n'ait à redouter davantage
ces insurections soudaines , dont le citoyen
la plus innocent peut, comme le dernier des
scélérats, devenir à chaque instant la victime.
3°. Qu'une troisième cause de la disette
d'argent est la détérioration de l'Impôt sans
aucun remplacement , détérioration occa,-

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