Moyens employés pour guérir la variole, par Chabassu,...

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impr. de Gadreau (Brest). 1869. In-12, 12 p..
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Publié le : vendredi 1 janvier 1869
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POUR
PAR GBÀBASSU
^'IDapte^r d.e la faculté de Fards
JM^j^feia' ,|gyinèï^aî, d.e la Marine en retraite, etc.
La Variole, vulgairement connue sous les noms de
petite Vérole, de Vérette, etc., a fait son apparition
à Brest, dans les derniers jours de décembre de
l'année 1868, et, depuis cette époque, semble avoir
élu domicile dans notre cité, où elle continue à se
produire avec les caractères d'une affection essentiel-
lement mjaligne; non-seulement elle atteint les en-
fants non-vaccinés, et, pour la plupart, les frappe mor-
tellement, mais elle s'attaque même aux personnes
plus âgées, qu'une vaccination pratiquée, lors de
leur plus tendre enfance, et réussie, aurait dû, comme
par le passé, sinon mettre complètement à l'abri de
ses coups, du moins leur assurer le bénéfice d'une
invasion bénigne, — Il n'en est rien, dans bien des
cas, et le nombre grossit chaque jour, des gens qui
quoique vaccinés dans leur jeune âge, et, aujour-,
d'hui, parvenus à une autre période de la vie, ont
été pris de variole, et de variole confluente, — beau-
coup ont succombé. Singularité fâcheuse qui dénote
la malignité du mal et son long règne.
Si, pourtant, il ne s'est pas élevé aux proportions
numériques de l'épidémie , cela tient à l'excellente
mesure de la revaccination à laquelle s'est prêtée,
de bonne heure, une notable partie de la population
de Brest, pour se garantir de la variole.
Plus de femmes que d'hommes ont été portées à
se faire revacciner. Elles sentaient, instinctivement,
qu'elles étaient plus accessibles à la maladie régnante.
Elles ont, en effet, dans ma pratique, et probable-
ment dans celle, aussi, de mes confrères, fourni 4
ou 5 cas, contre 4 présenté par l'autre sexe. Ce fait
qui étonne à première vue, trouve son explication
rationnelle et fort simple dans l'organisation propre
à la femme, dont le sang se renouvelant plus vite
que chez l'homme, entraîne avec lui, hors de l'orga-
nisme, une partie du virus vaccin, quelque petite
qu'on la suppose à chaque écoulement menstruel.
La fréquente répétition de ces actes finit par dé-
pouiller le sang du vaccin d'une façon considérable ;
elle anéantit, ou peu s'en faut, la vertu préserva-
trice attachée à la présence de ce virus au sein de
l'économie. La femme perd donc progressivement de
son immunité. Elle arrive en dernier lieu, à rentrer
dans le cas d'une personne non vaccinée, et par la
même raison, elle doit être plus gravement atteinte.
C'est ce que j'ai constaté chez mes malades.
Soumise au contrôle de la clinique, mon explica-
tion s'en dégage, conséquemment avec une entière
justesse; d'où le besoin de la revaccination qui, toutes
choses égales d'ailleurs, s'impose à la femme davantage
qu'à l'homme. Est-ce à dire que celui-ci puisse s'en
dispenser ? Loin de là. Car, abstraction faite de la di-
versité des constitutions et des circonstances, parfois
difficiles à démêler, qui assignent une durée variable
— 3 —
à l'élimination du vaccin, les sécrétions et excrétions
habituelles, amènent, de jour en jour, l'affaiblisse-
ment graduel des effets préservatifs de la vaccine,
et rendent la revaccination d'autant plus nécessaire,
toute proportion gardée, que le sujet est moins jeune.
Cette mesure devient urgente en temps d'épidémie,
attendu que la force agressive du mal s'est accrue,
tandis que la force de résistance représentée par la
vaccine est restée- la même. Elle ne permet plus à
l'individu qui la possède d'affronter impunément la
variole, ou de courir les seuls risques d'une vario-
loïde comme en temps ordinaire. Suivant la dose de
vaccin dont il reste pourvu , et qui détermine son
degré de résistance à la variole épidémique, l'indi-
vidu anciennement vacciné est, au contraire, exposé
à contracter, tout au moins une varioloïde, et le plus
souvent une variole complète. La maladie qui sévit à
Brest nous offre, presque partout, ce dernier spectacle.
Cela démontre sa malignité,
Essayons de mieux préciser notre pensée, et
représentons par des chiffres la force de l'agression
morbide, d'une part, et de l'autre, celle de la
résistance de l'organisme s'appuyant sur la vaccine.
Etant donné le chiffre 5, pour figurer la force vac-
cinale à son point culminant, nous exprimerons la
puissance d'attaque de la variole : à son minimum
par 1, à son maximum par 4. Cela posé, le patient
ressentira d'autant plus les effets de la petite vérole,
que la force de celle-ci atteindra un chiffre moins bas,
par rapport à la vaccine. Il les éprouvera davantage
encore, si la première est montée, pendant que la se-
conde est descendue. C'est, précisément, cet abaisse-
ment progressif de la force vaccinale que cause la suc-
cession des années écoulées depuis la vaccination, il
en résulte qu'un moment vient où la vaccine est tombée
au chiffre 1, par exemple, quand, sous l'impulsion épi-
démique, la variole est montée au chiffre 4. On devine
les conséquences d'un pareil renversement des forces
antagonistes.
D'où il suit que l'urgence de la revaccination croît
avec l'âge du sujet, à partir de l'adolescence qui mar-
que la limite où s'arrête la suffisante activité du vac-
cin, en supposant, bien entendu, que l'inoculation en
ait été opérée, selon l'usage, durant la phase de l'allai-
tement. Notre observation est tellement vraie, que
nous n'avons compté aucun enfant au-dessous de l'âge
de douze ans, parmi ceux de nos malades qui ont été
pris de variole, malgré leur vaccination ancienne.
Il faut en conclure que la vaccine garde d'ordi-
naire son efficacité, pendant une période de dix ou
douze ans, période bien courte, quand on la compare
aux inoculations qui suivirent de près la découverte
de Jenner. C'est que la virulence et les propriétés qui
en dépendent sont en raison directe de la concentra-
tion du vaccin, et que celui dont on se sert de nos jours,
se délaie et s'amoindrit, à chacune des transmissions
qu'on opère indéfiniment de bras à bras.
Aussi convient-il de lui redonner les qualités d'au-
trefois, en le reprenant au pis de la vache (cow-pox),
à défaut du cheval (horse-pox).
Comme contre épreuve de notre proposition, qui n'est
pas nouvelle et n'en a pas la prétention, nous allé-
guerons le fait, dont nous avons été témoin, d'une fille
de dix ans qui a été revaccinée avec succès. Ce laps
•de temps avait suffi pour éteindre en elle la vertu de la
vacciné.
Le meilleur remède contre la variole est donc une
tevaccination faite à temps, l'opération est inoffensive.
D'ailleurs, il vaut mieux, prévenir le mal qu'attendre
sa venue. C'est en procédant de la sorte que nous avons
affranchi deux petites filles de la variole qui tenait
gravement alitée, à côté d'elles, leur jeune soeur.
Mais lorsque la maladie a pris les devants et s'est
emparée déjà de l'individu, il ne peut plus être ques-

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