N ° X. Procès-verbal de la société populaire de Poitiers. Séance du 10 nivôse an II de la république...

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Impr. de Barbier ((S. l.,)). 1793. Paris (France) (1789-1799, Révolution). In-8 °. Pièce.
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Publié le : mardi 1 janvier 1793
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A
N.o X.
PROCÈS-VERBAL
DE LA SOCIÉTÉ POPULAIRE
DE POITIERS.
Séance du 10 Nivôfe, an i.e de la République
une & indivisible.
■r *
A l'ouverture de la séance, qui a eu lieu dans la
nouvele Salle du Collège, le Président a donné levure
de l'ordre du jour qui contenoit la nomenclature
des Discours, des Chansons & des noms de leurs
Auteurs. Duclos avoit la parole , mais n'ayant pas
paru, le citoyen Defaux est monté à la Tribune, &
a prononcé un Discours sur l'origine des Gouver-
nemens. Dollé a chanté des Stances sur la mort de
Beauvais, Représentant du Peuple, présumé aflafliné
à Toulon , & à qui il est donné de jouir vivant
de son immortalité ; la Musique eŒ de Dollé; ce
Musicien est parfaitement entré dans le sens de la.
, , i r4, l ,
( 1 )
piece, il en a bien saisi le carattere ; ses couplets
font coupés avec adresse & femés de traits d'une
profonde sensibilité. Denefle a parlé sur les Arts
les plus utiles à la Société, l'Agriculture, la Plan-
tation des Bois , la Culture des Chanvres. Au
commencement de son Discours il avoit réclamé
l'indulgence de ses Auditeurs ; ils n'ont eu besoin
<, que de justice pour applaudir, & l'intérêt de son sujet
n'a fait qu'ajouter à la simplicité de sa diction.
La citoyene Blaidon, invitée à chanter une chanson
patriotique, s'en est aquitée avec beaucoup de
graces & de goût. Maniguet a succédé, à la Tri-
bune, à la citoyene Blaidon, & a fixé l'attention
des Auditeurs par une Ariete à grand orchestre
à la gloire de Westermann , des Troupes dites de
Maïence & des autres braves Guerriers qui ont
purgé la Vendée des brigands qui l'infeftoient. Le
même .a chanté pne autre Ariete planante, d'un
effet très-gai; les paroles de la premiere font du
citoyen Maniguet. Le citoyen Gennet a eu la
parole : la-Liberté a été le sujet de son Discours,
& sa division : L'amour de la Patrie ejl le fonde-
ment de la JLiberté, l'amour de la Vertu est son plus
firme apui. Au milieu de ce Discours, souvent
~rompu par de justes applaudissemens , la
( 3 )
A ij
citoyene Frémond a chanté des Stances sur la prise
de Toulon7 composées par son époux; la citoyene
Piorry l'a acompagnéc avec sa Harpe : la touche
légere & vraie du Compositeur , le timbre argentin
de la Cantatrice, la précisio-n & la délicatesse du
doigté de l'aimable Virtnofe, ont partagé & mérité
l'attention & les applaudiflfemens de la Société. De
l'agréable on est retourné à l'utile; Le citoyen
Gennet a dévelopé la fécondé proposition de Ton
Discours : L'amour de la Vertu, ejl le plus ferme
apui de la Liberté. Les citoyencs Frémond & Piorry
ont reparu avec avantage sur la scêne : une Chan-
son avec acompagnement de Harpe en a' fait les
frais. Le citoyen Chauvcau l'aîné a prononcé une
Ode poétique à la Raison, remplie de grandes idées ;
ensuite il a chanté des Couplets sur la prise de
Toulon : Ces deux produftions ont fait le plus grand
plaisir. le citoyen Maniguet a terminé la séance
par une Hymne à la Raison. On doit justement
des éloges à l'Orchefire qui a exécuté nombre de
fort-jolis airs, & sur-tout une ouverture d'un grand
effet, dans laquelle nous avons distingué la partie
de la flûte qui a été rendue avec précision & goût.
Signls, PLANIER, Présîdent ; BRIQUET;
CALLAS;GIRAUD; DALESME, Secrétaires*
( 4 )
DISCOURS
DU CITOYEN
D E N E S L E.
Citoyen Représentant, Freres & Amis,
LES différens Orateurs qui , à la premiere
Décade , mois Nivôfe , m'ont précédés si avanta-
geusement à la Tribune, ont tonés contre les fupcr-
flitions religieuses & les préjugés qui en font les
fuites; ils ont dans leurs pathétiques discours pul-
vérisé & foulé aux pieds l'Hydre toujours renaiŒant
de l'idolâtrie , source intariiTable de tous les maux
de l'humanité dans tous les temps : ils vous ont
ramené aux vrais principes, vous ont conduits
dans les sentiers de la vertu , & vous ont enfin
ouvert le temple de la Raison : l'Univers, voilà son
temple, votre cœur en est l'autel; une fois arivés
à ce port tant désiré , qui doit faire le bonheur
de tous. Nous devons nous rapeler qu'en parcou-
rant la pénible câriere qui nous y a conduits, nous
avons couru tant de hazards, nous avons rencontré
( 5 )
, Aiij
tant d'écueils, & échapé si difficilement au nau-
frage, que nous ne devons, plus nous exposer à
en courir de nouveaux. Pour, éviter tout ce qui
pouroit concourir à nous en exiler , je vais vous
retracer le vrai moyen de parvenir à ce but.
Les moyens moraux vous font allez connus ,
ils vous ont été lumineusement dévelopés ; - occu-
pons-nous donc 'des moyens physiques; voilà la
tâche que j'ai entreprise de remplir j je n'emploîrai
point pour y réussir un style oratoire & pompeux,
-ce genre est au dessus de mes moyens ; mais dans
un style simple & laconique, flyle d'autant plus
puissant, qu'il fera marqué au coin de la vérité ;
style d'autant plus puissant encore , qu'il est le
langage du vrai Républicain, & qu'il doit néces-
sairement subjuguer votre opinion , & me con-
cilier votre indulgence.
Citoyen Représentant, & mes chers Concitoyens
JE dois vous rendre compte de l'emblème &
du costume que j'ai adopté lors de la Fête* civi-
que qui a eu lieu le 11 Frimaire , par notre
réunion républicaine. La Charue que je me glori-
bois de conduire, enlafséè de guirlandes & de
lierre , le Sarau dont j'étais revêtu ; tout vous
désignoit l'Agriculture & l'Agriculteur. Art pré-
cieux ! tu nous rapeles l'état primitif de l'homme,

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