Nos revers ou Recherche de la vérité sur la capitulation de Paris, par Pin Sarrut,...

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impr. de Rouge, Dunon et Fresné (Paris). 1871. In-8° , 32 p..
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Publié le : dimanche 1 janvier 1871
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NOS REVERS
ou
RECHERCHE DE LA VÉRITÉ
SUR LA
CAPITULATION DE PARIS
PAR
PIN SARRUT
Secrétaire du comité républicain de Loir-et-Cher
PARIS
TYPOGRAPHIE DE ROUGE, DUNON ET FRESNÉ
43, RUE DU FOUR-SAINT-GERMAIN, 43
1871
NOS REVERS
ou
RECHERCHE DE LA VERITE
SUR LA
CAPITULATION DE PARIS
Ce n'est pas le moment des récriminations. Ce n'est
pas encore l'heure de la justice, mais il ne saurait
en être de même de la vérité, dont la recherche
est de tous les instants, dont la lueur doit se répandre
en tous lieux, à toute heure, sur les actions des individus
comme sur celles des peuples, afin de jalonner le che-
min battu par l'humanité et permettre à l'histoire, ce
flambeau de l'avenir, d'accomplir scrupuleusement son
oeuvre, en faisant aux hommes et aux époques la part
de grandeur ou de honte, de gloire ou d'avilissement
qui leur est due.
Un événement d'une importance sans exemple dans
l'histoire des nations vient de s'accomplir : une cité
immense, la ville des villes, la capitale des capitales
civilisées, Paris enfin! renfermant une population dé
_ 4
deux millions et demi d'habitants, dont un demi-million
de citoyens et soldats, bien armés, bien équipés, animés
de l'amour de la patrie, possédant une artillerie puis-
sante et un immense matériel de guerre, vient de capi-
tuler !
Et cela, sans qu'aucun de ses forts ait été pris, sans
que ses remparts aient été endommagés, sans que ses
défenseurs aient été décimés par la mitraille ; enfin sans
que cet effort suprême réclamé par l'honneur ait été
rigoureusement tenté pour rompre le cercle de fer, qui
depuis plus de quatre mois l'étreignait.
La raison alléguée parles hommes d'État et de guerre
qui ont pu se résoudre, dans ces conditions, à une
pareille responsabilité devant leur pays et devant l'his-
toire, est que la famine était imminente.
Certes, le motif est de ceux dont on ne saurait nier la
toute-puissance.
Mais ils ne s'étonneront pas cependant que, à titre
de citoyen français, nous, dont l'honneur national a été
si cruellement atteint par cette reddition, nous ayons à
coeur de rechercher l'exactitude de cette affirmation et,
qu'en même temps, nous examinions, dans le calme de
notre raison et de notre conscience, si, avant de se
résoudre à une pareille extrémité, le gouvernement avait
tout mis en oeuvré pour l'éviter, et si son énergie et ses
efforts dans ce but, n'avaient eu d'autre limite que
notre impuissance.
Car il ne lui suffit pas, pour se disculper à pareille
heure, qu'il établisse, même par des chiffres, que les
vivres étaient épuisés; il faut aussi que ses actes
prouvent que toutes les mesures avaient été exécutées
à temps, dans le but de prolonger autant que faire se
pouvait, l'alimentation publique, première condition de
la durée de la résistance.
— 3 —
Car il s'agit ici de l'honneur de la France qu'on ne
saurait placer trop haut !
Et pour que cet honneur, pour que celui de Paris
soient saufs devant l'Europe et le monde entier, oui,
nous le répétons, il faut non-seulement que le gouver-
nement prouve qu'il n'y avait plus de pain, niais encore
que la science et le devoir militaires avaient épuisé
toutes leurs ressources, toute leur puissance, pour évi-
ter à une nation fière et brave, la dernière de toutes
les humiliations !
C'est à ces conditions seules que la mémoire de nos
gouvernants restera intacte devant leurs contemporains
et devant la postérité.
Nous allons donc examiner ces divers sujets, sans
passion comme sans crainte; nous souvenant que l'une
et l'autre portent également atteinte à la vérité : celle-ci
en soumettant l'écrivain à un sentiment puéril, indigne
d'un homme libre, et celle-là en fixant toute l'attention
de son esprit sur un seul côté de la question, alors que
les autres restent, par ce fait, dans une obscurité nui-
sible à l'indépendance de sa pensée.
Ceci posé, disons tout de suite quelles étaient, selon
nous, les mesures à prendre dès le 5 septembre, pour
assurer la victoire de la France, et, faisant suivre cet
exposé des résolutions prises par le gouvernement de la
défense nationale, mettons le lecteur à même de pro-
noncer, avec nous, un jugement éclairé.
Nous examinerons d'abord quelle était alors la
situation défensive et offensive de la France.
Les armées impériales étaient vaincues, bloquées ou
prisonnières. Une très-minime partie du matériel de
guerre avait pu échapper à ce grand désastre, et suffi-
sait, tout au plus, aux premières nécessités de la défense
nationale, tant à Paris qu'en province.
— 6 -
Strasbourg et Metz étaient assiégés; Sedan avait été
honteusement livré à l'ennemi; la Lorraine, l'Alsace, la
Champagne, une partie de la Bourgogne, de la Picardie
et de l'Ile-de-France étaient envahies par des armées
triomphantes, innombrables, avides de nouveaux succès
et brûlant d'entrer à Paris, où devait, selon M. de
Bismarck, se signer, avec la paix, l'abaissement de la
France!
Telle était l'affreuse situation du pays, le jour où
l'indignation publique, renversant l'empire, proclamait
la République et acclamait au pouvoir les hommes qui,
par leur opposition constante à l'assassin du 2 décem-
bre, avaient su le mieux capter la confiance de la na-
tion.
Nous verrons tout à l'heure, comment leurs actes
répondirent, et à la gravité des événements et à l'attente
publique; mais disons avant ce que, selon nous, il était
indispensable de faire sans perdre une minute :
Décréter la levée en masse, dans tout le pays, des
hommes de 18 à 40 ans.
•Envoyer des commissaires dans les départements
pour accélérer, par une indomptable activité, l'organi-
sation militaire.
Ordonner l'évacuation immédiate, dans les pays me-
nacés par l'invasion, de tout ce qui pouvait concourir
au ravitaillement des armées ennemies.
Et pour assurer la prompte et sincère, exécution de
ces mesures de salut public :
Destituer, sans exception, tous les fonctionnaires de
l'empire ayant quelque action sur la marche des diverses
administrations, et les remplacer par des républicains,
sincères, possédant l'estime et la confiance de leurs
administrés.
Procéder enfin immédiatement à l'élection des con-
— 7 —
seillers départementaux et des membres communaux.
Mettre au cadre de disponibilité les anciens généraux
divisionnaires et les remplacer par des généraux de
brigade, colonels et chefs de bataillon au besoin, in-
trépides, audacieux, actifs, et assez jeunes encore pour
accepter sans arrière-pensées la grande réforme mili-
taire exigée par la civilisation moderne.
Comment ! le gouvernement ne cache pas son inten-
tion de licencier l'armée permanente après la guerre ;
comment! le pays est aux prises avec un ennemi qui
lui oppose un art nouveau de combattre, qu'on peut
ainsi définir : Audace et ruse, et c'est à des routiniers en-
durcis, à des, généraux qui professent le plus profond
dédain pour la mobile et les régiments de marche, à des
admirateurs inébranlables du vieux système militaire,
qu'il confie le commandement des nouvelles armées et
le triomphe, de nos armes ?
Mais un général n'est victorieux que s'il a le feu sacré !
mais des soldats ne sont invincibles que si leur con-
fiance en leurs chefs est le résultat de la confiance
qu'ils leur inspirent !
Où donc le gouvernement voyait-il dans l'armée de
Paris les certitudes d'une pareille homogénéité ?
Demander la victoire à ces généraux, n'était-ce pas
absolument comme si, pour réformer le catholicisme,
il confiait à des archevêques le commandement des
armées destinées à renverser le pouvoir temporel ? —
Jamais elles n'arriveraient à Rome ! —
Disons-le, la crainte de paraître révolutionnaire a
empêché le gouvernement du 4 septembre d'être logi-
que,— et c'est ce qui a tout compromis ! — Mais exa-
minons les mesures prises par lui :
Il a délégué à Tours deux de ses membres, vieillards
fort honorables, sans nul doute, mais ayant éteint
— 8 —
dans l'âge, l'énergie et la fermeté qui, seules, pouvaient
rendre leur action utile.
Il a décrété des levées par catégories, exécutées
d'une façon si indifférente, que beaucoup d'appelés
pouvaient se dispenser impunément de répondre, dans
les délais, à l'appel qui les concernait.
Et pendant ce temps si précieux, ainsi perdu ou à
peu près, les Prussiens avançaient toujours, rançon-
nant nos villes, dévastant nos campagnes, et Paris et la
France entière demandaient en vain des armes !
Voyons également à quels hommes fut confiée l'exé-
cution de ces mesures insuffisantes :
1 ° À la plupart des fonctionnaires de l'empire, que le
gouvernement du 4 septembre n'osait ou ne voulait
destituer, ni même éloigner, momentanément du moins,
des affaires publiques.
2° Au général Trochu, qu'il maintenait gouverneur
de Paris, —poste où l'avait placé l'empire, agonisant,
à la vérité, mais enfin l'empire.—
Et, non content de cela, le gouvernement de la Ré-
publique appelait ce général au commandement su-
prême de l'armée et de toutes les forces militaires de
la capitale, et enfin relevait à la présidence même du
gouvernement de la Défense nationale.
Était-il donc conforme aux principes républicains
de placer tant de pouvoirs réunis dans une même
main?
Cela ne créait-il pas de graves dangers et ne consti-
tuait-il pas l'équivalent d'une véritable dictature?
Et puis le général Trochu était-il donc à ce point un
partisan de la République, qu'il parut si urgent de lui
en confier ainsi les destinées?
Mais, dans leur pensée, dira-t-on peut-être, les hom-
— 6 —
mes du 4 septembre n'envisageaient en lui que le géné-
ral dont le patriotisme et le savoir ne pouvaient être
mis en doute.
A cela nous répondrons : Comment n'hésitèrent-ils
pas en songeant qu'il était avant tout un fervent catho-
lique et que, placé par ses divers devoirs entre sa foi
religieuse et l'amour de la patrie, son âme, inquiète de
l'avenir, pourrait éprouver de ces tergiversations, de
ces défaillances qui impriment aux actions humaines
une indécision et un manque d'énergie dont le résultat
est de compromettre et, le plus souvent même, de
perdre les meilleures causes.
Enfin comme couronnement à.tant d'erreurs, à tant
de fautes, ce même gouvernement chargeait le fervent
orléaniste, quoique illustre M. Thiers, — toujours par
les mêmes raisons sans doute, — d'une mission diplo-
matique auprès des cours étrangères, à l'effet d'obtenir
leur médiation.
Quelles peuvent être les conditions mises par le mes-
sager à l'acceptation du message ? Nous déclarons l'i-
gnorer,— l'histoire le dira un jour;— mais ce que nous
pouvons dire, sans croire porter, atteinte à la vérité,
c'est que sur les résultats de la mission, le gouverne-
ment de la Défense nationale sembla fonder les seules
espérances certaines de tirer la France de l'horrible situa-
tion que lui avait léguée l'empire.
Aussi sa politique sembla-t-elle prendre pour devise
ces trois mots :
FAIBLESSE — INDÉCISION — INERTIE
Cependant une nomination heureuse avait été faite
au ministère des travaux publics, en la personne du
citoyen Dorian, dont l'activité, l'esprit d'initiative et
— 10 —
l'énergie devaient être constamment à la hauteur de sa
mission si importante et parfois si délicate (1).
Le nom de Dorian restera dans les annales de la Ré-
publique de 1870, à côté de celui de Gambetta, comme
les deux seuls qu'elle ait produits !
Constatons toutefois que le gouverneur de Paris s'ac-
quittait avec une scrupuleuse conscience du soin de
mettre Paris en état de défense, tâche à laquelle il allait
tellement s'identifier même, qu'après s'être si bien ren-
fermé dans son enceinte invulnérable, il ne pourrait
jamais se décider à vouloir en sortir, même pour don-
ner du pain à ses défenseurs.
C'est sur ces entrefaites que l'investissement eut
lieu. Parfaitement renseignés, les Prussiens ne commi-
rent pas la faute de tenter des assauts inutiles et
meurtriers.
Mieux avisés et plus prudents, ils commencèrent des
travaux de circonvallation, — appelés à devenir formi-
dables, — de façon à se rendre invulnérables, à leur
tour, et contre nos attaques et contre celles de la pro-
vince.
Les forts seuls, à l'aide d'une artillerie habilement
(1) Le citoyen Dorian lutta contré l'esprit de routine du comité
d'artillerie qui, à l'unanimité moins deux voix, avait repoussé les
canons se chargant par la culasse. Passant outre, il ordonna la
construction de plusieurs de ces pièces, destinées à l'artillerie de la
garde nationale. Les essais de cette artillerie ayant fourni d'excel-
lents résultats, la faveur publique se manifesta par des souscrip-
tions faites de toutes parts. Chaque corporation, chaque compa-
gnie, chaque administration tint à honneur d'offrir un canon
à la République, tandis que les inventeurs produisaient, grâce au
bienveillant appui du ministre des travaux publics, soit des perfec-
tionnements, soit des combinaisons nouvelles qui assuraient défini-
tivement la supériorité de ces nouveaux engins sur les canons en
bronze. Pas une invention utile qui n'ait trouvé son actif et intelli-
gent concours. L'histoire dira de ce ministre : « Qu'il mérita bien
de la patrie. »
— 11 —
desservie par nos marins, furent à même de gêner l'é-
tablissement de batteries ennemies, construites à dér
couvert, attendu que, pas plus à Paris que dans les dé-
partements, le gouvernement n'avait jugé urgent de
décréter la levée en masse ni d'organiser à la hâte des
contingents aptes à de premières et incessantes atta-
ques, dans le but de retarder autant que possible les,
travaux d'investissement des assiégeants.
Mais ce n'étaient pas là les intentions du gouverne-
ment.
N'ayant aucune foi dans les résultats d'une lutte sé-
rieusement soutenue, il songeait à obtenir un armistice,
à l'effet de permettre à la France d'élire une Assemblée
nationale qui,possédant des pouvoirs réguliers, pût
traiter avec la Prusse d'une paix définitive.
Le citoyen (1) Jules Favre se rendit à cet effet auprès,
de M. de Bismarck.
Le récit que le ministre des affaires étrangères lui-
même a publié sur ses entretiens avec le grand-chance-
lier nous dispensera de le faire. On a dit que cette dé-
marche était humiliante pour la France. — Nous,
comme on le verra plus loin, nous pensons qu'elle eût
été très-digne, si le langage du diplomate avait pu revê-
tir cette fermeté, ce cachet de décision en rapport avec
les événements politiques qu'avait accomplis la journée
du 4 septembre.
Mais était il possible à l'ambassadeur actuel d'être
(1) Le ministre des affaires étrangères, Jules Favre, dans le récit
qu'il fit à la France de son entretien, déclare que cette démarche,
ignorée de ses collègues du gouvernement, était tout individuelle
et n'engageait en rien la France. — Dans ces conditions, elle révé-
lait une grande noblesse de sentiments, telle fut notre première
impression, telle elle serait encore, si, depuis lors, par la façon dont
les événements furent conduits, il n'était entré un doute dans notro
esprit à cet égard.
— 12 —
ferme et concluant, alors que, comme membre du gou-
vernement, il avait si puissamment contribué à paraly-
ser l'élan national ? ■
S'il eût agi ainsi, il se serait heurté inévitablement
contre un dilemme dont la dédaigneuse ironie de M. de
Bismarck ne lui aurait pas fait grâce. Tandis que, dans
l'espèce, maître Jules Favre ne fit que perdre son procès
Trochu et Cie en première instance.
Si sa réputation d'avocat eut à en souffrir, nous ne
pensons pas, quant à nous, que la France dut en être
humiliée.
Mais aussi, comme le ministre des affaires étrangères
vengea bien l'avocat en jetant ces nobles et fières pa-
roles en pâture à la vindicte nationale : « Nous ne céde-
rons à la Prusse ni un pouce de notre territoire, ni une pierre
de nos forteresses. »
Des initiés affirment qu'en lisant cela, les traits du
grand-chancelier de Prusse éprouvèrent cette contrac-
tion diabolique qui tient lieu de rire au visage de cet
homme.... providentiel, disent les Allemands, — tandis
que lui, de Bismarck, le dit de Guillaume, —qui est
persuadé que c'est vrai. —
Quoi qu'il en soit, le gouvernement de l'Hôtel de
ville se consola de cet échec par l'espoir qu'il conser-
vait, quand même, en son illustre, quoique plus que ja-
mais orléaniste envoyé, M. Thiers.
Cependant désireux de satisfaire la surexcitation pu-
blique, le gouvernement ordonna une levée générale
et la transformation active des armes.
Les Prussiens, eux, continuaient méthodiquement
leurs travaux, de façon à nous étreindre dans un système
d'obstacles d'où nous ne puissions sortir que par des
efforts et des sacrifices tels qu'ils les supposaient, non
sans quelques raisons, sinon au-dessus du courage de
— 13 —
nos soldats, du moins en disproportion évidente avec
l'énergie et l'audace de leur général et de nos gouver-
nants. N'eurent-ils pas raison dans leurs prévisions ? Ils
en déduisirent alors comme conséquence infaillible, car
c'est par un système de déductions qu'ils nous ont
vaincus, qu'ainsi bloqué, qu'ainsi livré à ses seules
ressources, dans un temps plus ou moins rapproché;
mais certain, Paris, mourant de faim, impuissant à se
dégager et ne pouvant être secouru par les armées de
province qu'on saurait bien aller écraser à temps, en
frappant d'indécision le général Trochu, sujet à cau-
tion, par un bombardement subit de la ville, fait sans
sommation préalable; que Paris, disons-nous, ainsi
garrotté, ainsi terrifié et ainsi affamé, se rendrait, ou
du moins serait livré sans autre difficulté pour les as-
saillants. Et ici encore l'événement devait justifier leurs
prévisions.
Et pendant ce temps que faisaient les hommes de
l'Hôtel de ville? que concevait le général Trochu? quelle
pensée préoccupait le citoyen Jules Favre?
Comme soeur Anne, notre ministre des affaires étran-
gères consultait l'horizon et répondait à ses collègues
qui commençaient à être anxieux :
— Hélas, je ne vois rien venir!
Enfin un matin, il aperçut un flocon de poussière
dans la plaine :
— C'est lui ! s'écria-t-il, j'y cours !
Et tous les coeurs battirent d'espérance à l'unisson
du sien. (Joli pendant aux coeurs légers de l'em-
pire.)
Mais le retourne devait pas être aussi joyeux.
M. Thiers avait échoué honorablement ; tous les cabi-
nets, toutes les cours l'avaient parfaitement accueilli,
l'avaient assuré de leur sympathie pour... la France,

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