Note pour servir à l'histoire des maladies des artisans : dermatose des vanniers dits cannissiers / par M. E. Maurin,...

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Gras (Montpellier). 1859. 10 p. ; in-8.
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Publié le : samedi 1 janvier 1859
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DERMATOSE DES Y4NNIERS
DITS
GANNISSIERS
Nous avons pu observer dans ses développements une derma-
tose spéciale aux ouvriers vanniers, et qui cause parfois de grands
ravages dans leurs ateliers.
La plupart des malades que nous avons vus ont été traités
par M. le docteur Bartoli ( chef du service des affections véné-
riennes et cutanées), qui s'est complu à nous éclairer de ses bons
conseils, et la médication simple et facile qu'il a instituée a
toujours amené une prompte guérison. En même temps que
nous suivions avec soin les effets de ce traitement, nous portions
nos investigations sur la matière mise en oeuvre dans les ateliers,
et nous y avons découvert la cause déterminante du mal.
Nous allons donc décrire la maladie, appeler l'attention sur
ses effets et indiquer le moyen d'en prévenir l'apparition.
II
Les roseaux employés à Marseille, pour faire des lambris
destinés à servir de revètissement aux plafonds, appartien-
nent à l'espèce connue des botanistes sous le nom d'arundo
donaoe. Cette plante, très-commune en Provence, croît sans
culture dans les endroits humides et chauds. Les roselières
sont tondues chaque année ou tous les deux ans, et les ro-
seaux mis en gerbe sont conservés dans un endroit sec, exposé
au soleil et bien aéré. Quelque temps après, on les expédie
à des vanniers spécialement appelés cannissiers, nom tirant
son étymologie du mot canne, qui en provençal signifie
roseau.
Ces roseaux ou cannes sont, lors de leur mise en oeuvre,
dépouillés par des hommes de louage, mouillés et rompus
suivant la longueur, à l'aide d'un maillet, par des femmes;
enfin façonnés en lambris par des ouvriers.
Quelquefois les roseaux sont coupés sur plante, après des
froids intenses, et sur leurs extrémités gelées vient une moisis-
sure noirâtre ( rnucor embolus, Lin. ) ou verte ( mucor viri-
descens, Lin. ) dont le contact alors procure aux ouvriers mal-
propres quelques rares boutons sur le visage.
Mais, si les roseaux ont été entassés après leur coupe dans
un lieu étroit, humide, peu ventilé et peu accessible à la
lumière diffuse, ou bien s'ils reçoivent les eaux pluviales, il
arrive souvent qu'ils entrent en fermentation, et qu'une pous-
sière blanche couvre les feuilles auprès des mérithalles.
Cette poussière blanche peut aussi venir sans cause appré-
ciable; les roseaux de certaines localités semblent môme y
être plus sujets : on cite entre autres ceux de Sainte-Maxime,
à 20 kilomètres de Saint-Tropez.
Or les cannissiers ont remarqué que le contact de cette
poussière blanche occasionne une maladie particulière , qu'ils
appellent maladie des roseaux.

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