Note sur l'ulcère perforant (mal perforant) du pied, par le Dr Marquez (Omer)

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impr. de G. Silbermann (Strasbourg). 1866. In-8° , 15 p..
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Publié le : lundi 1 janvier 1866
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NOTE
SUR
L'ULCÈRE PERFORANT
(MAL PERFORANT)
BU PIED
PAR
te Doreur MARQUEZ (OMER),,
Médecin à"-Golmar, ancien Chirurgien militaire, Lauréat de l'Académie de médecine,
Secrétaire de la Société de médecine du Haut-Rhin,
Membre correspondant de la Société de médecine de Paris el des Sociétés de Caen,
Montpellier, Nancy, Poitiers, Poligny, Rouen, Strasbourg.
STRASBOURG
TYPOGRAPHIE DE G. S I L B E R M A N N.
1866.
SOCIETE MEDICALE DU HAUT-RHIN
(séance du 6 mai 1866.)
NOTE
SUR
L'ULCÈRE PERFORANT
(MAL PERFORANT)
DU PIED.
Lorsque l'attention vient à être appelée sur quelque fait
pathologique jusqu'alors, je ne dirai pas non observé, mais
laissé dans l'ombre ou tout au moins sur le second plan, il
esi ordinaire que les observations de faits analogues se mul-
tiplient, se pressent les unes à la suite des autres, et que,
inoins négligées, groupées autour du fait qui a provoqué le
mouvement, elles servent à établir, mieux à vérifier la lé-
gitimité des prétentions de celui qui est presque un nouveau
venu. C'est ainsi qu'il en a été et qu'il en est encore pour
cette affection ulcéreuse des pieds qui, depuis quelques an-
nées , est décrite sous la dénomination de mal perforant'el
dont je me propose de vous entretenir un instant.
OBSERVATION (27 avril-186-4). — S..., mécanicien de la Compa-
gnie des chemins de fer de l'Est, en résidence à Colmar, est âgé de
cinquante et un ans; gros et court, il présente les attributs du tem-
pérament lymphalico-sanguin, el les chauds rellets de son teint tra-
hissent qu'il n'a pas été toujours d'une sobriété irréprochable. Il y a
onze ans , durant l'hiver de -)S34 à -183S , cet homme a souffert du
froid : il a eu les pieds gelés ; toutefois cela ne paraît point avoir été
une gelure d'un degré bien avancé : quelques jours de repos ont suffi
pour assurer le rétablissement du blessé et lui permettre de reprendre
son service, un service fatigant. Depuis cette époque jusqu'à la fin de
1852, sa santé n'a subi aucune atteinte particulièrement remarquable :
en septembre-1857, un abcès phlegmoneux du cou ; en juin 1862,
quelques jours de diarrhée. Mais, à dater de -1863 , le casier de S...
se charge successivement, et à intervalles rapprochés, de faits plus
sérieux : c'est, en avril 1863, un embarras gastrique fébrile; en juin
de la même année, un érysipèle du pied et de la jambe gauches; en
janvier 1864, de la fièvre et des accidents cérébraux qui sont bientôt
accompagnés d'un gonflement érysipélateux des deux jambes et en-
traînent, pendant un mois, une suspension de service; trois mois plus
tard, c'est une affection ulcéreuse des pieds dont l'histoire va faire
l'objet de ce travail.
Depuis cinq ou six ans, mais surtout depuis son érysipèle de 1863,
S..., tout en se portant bien , selon son dire, résistait moins brave-
ment qu'autrefois à la fatigue; il souffrait fréquemment des jambes,
plus encore des pieds : ceux-ci, gonflés et chauds d'une chaleur in-
commode a la fin de la journée et que le repos'de la nuit suffisait à
calmer et a désenfler, étaient devenus le siège d'inquiétudes et, plus
tard , de douleurs d'abord rares et profondes , le plus habituellement
sourdes, quelquefois térébranles, rarement lancinantes, et se faisant
ressentir de préférence "a la base du gros et du petit orteil, au pied
gauche plus qu'au pied droit. En même temps que se produisaient et
allaient s'accentuant chaque jour davantage ces symptômes d'un travail"
pathologique plus ou moins profond, au dehors, au niveau du siège de
prédilection de ce travail qui s'était trahi par des sensations dans le
principe plutôt incommodes el taquines que franchement douloureuses,
la peau s'était épaissie et avait fini par se couvrir d'une assez large
couche de tissu comme éeailleux, au milieu duquel un cor s'était ins-
tallé. On ne manquait pas de prendre des soins de propreté que com-
mandait surabondamment la nécessité de combattre l'odeur repous-
sante qui s'exhalait de ces pieds souffrants et presque toujours humides
de transpiration : au sortir d'un bain de pieds tiède, il était facile de
faire tomber bonne partie de ces écailles ; mais ces stratifications épi-
dermiques , en voie de formation continuelle, étaient bientôt repro-
duites... el c'était à recommencer. Quant aux cors du gros et du petit
orteil, le rasoir les attaquait de temps à autre et réduisait quelque
peu, pour un temps trop court, leur saillie incommode. Un jour, —
ce fut peu de temps après cette lièvre qui, au mois de janvier précé-
dent, avait d'abord fait redouter une explosion typhoïde et se termina
par un engorgement érysipélateux des jambes, — sur le dos du gros
orteil du pied gauche , depuis quelques jours plus rouge el plus lendu
que de coutume, le feuillet le plus saillant, la tête d'un cor volumi-
neux se souleva et se détacha spontanément, laissant béante une ou-
verture par laquelle il s'échappa et par laquelle il suinte encore tou-
jours une matière aqueuse , sale et d'une odeur infecte.
S... ne s'est d'abord pas grandement préoccupé de cet événement,
non plus que de la persistance de la petite plaie qui en avait été la
conséquence; il se trouvait relativement bien : la douleur avait dimi-
nué; l'enflure, qui du pied avait gagné le bas de la jambe, et la fa-
cilité à se fatiguer ne pouvaient manquer d'en faire autant... il ne s'a-
gissait que de savoir attendre. Après deux mois d'attente et sans avoir
un seul jour abandonné sa locomotive, S... s'est enfin décidé à se
faire porter malade el à me faire voir le pied endommagé.
C'est le pied gauche.
Sur le bord libre de la face dorsale du gros orteil, au niveau de son
articulation métatarso-phalangienne saillante et déformée (oignon), au
milieu d'épaississements épidermiques dont les étages superposés ont
moins de densité à mesure qu'ils s'éloignent du centre du mal, si ce
n'est vers le bord plantaire, où ils viennent se confondre avec les
feuillets d'un durillon plus étendu que dur, s'ouvre, large à peu près
comme une pièce de 20 centimes et perforant une couche mince d'un
tissu corné ramolli el noirâtre, une petite plaie ulcéreuse, à bords
déchiquetés, orifice d'un trajet fisluleux qui aboutit à l'article et
amène au dehors un ichor fétide. Au voisinage de celte petite plaie,
aussi bien que dans sa profondeur que le stylet explore, la sensibilité
est à peu près nulle; il y en a, au contraire, sous la pression du
doigt, le long du premier métatarsien et plus particulièrement au ni-
veau de l'articulation tarsienne de cet os. Sur le bord externe du
pied on remarque des couches écailleuses semblables à celles que
nous venons de voir étalées sur le bord interne , plus nombreuses et
plus denses au niveau de la tête du cinquième métatarsien, où elles
circonscrivent un durillon épais et large, développé au côté externe
et plantaire de la saillie osseuse. Là aussi et tout le long du méta-
tarsien il y a de la sensibilité à la pression ; mais il n'y a aucune
plaie, aucune ulcération, pas la moindre fissure. Sur le dos du

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