Notice biographique sur E. Moncourt, professeur de seconde au lycée Napoléon, à Paris, mort en décembre 1861. [Signé : Thurot.]

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Dezobry, F. Tandou et Cie (Paris). 1861. Moncourt. In-8° , 12 p..
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Publié le : mardi 1 janvier 1861
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NOTICE BIOGRAPHIQUE
SUR
PROFESSEUR DE SECONDE AU LYCEE NAPOLEON, A PARIS
tort en décembre. 1861
PARIS
DEZOBRY, FD TANDOU ET Ce LIBR.-ÉDITEURS
RUE DES ÉCOLES, 78
(Près du musée de Cluny et de la Sorbonne).
1861
NOTICE BIOGRAPHIQUE
SUR E. MONCOURT
PROFESSEUR DE SECONDE AU LYCÉE NAPOLÉON, A PARIS,
ANCIEN PROFESSEUR A LA FACULTÉ DES LETTRES DE CLERMONT,
Mort en décembre 1861
MOKCOUUT (Edme) est né à Sens, en 1822, dans une famille d'ar-
tisans, où il trouva des exemples d'une simplicité honnête et labo-
rieuse qui ne furent jamais perdus pour lui. Il suivait l'enseignement
de l'école primaire communale de la ville lorsqu'il attira l'attention
de M. Bellaigue, alors député de l'Yonne et des autres membres
du comité à qui la surveillance de l'enseignement primaire était
confiée. M. Bellaigue pensait que l'autorité que lui donnaient son
caractère et sa situation pouvait être utilement employée à exercer
une influence morale sur les enfants : il les réunissait pour leur
faire de courtes instructions sur les défauts ordinaires de l'enfance,
et en particulier sur les vices qui affligent les classes ouvrières.
Moncourt, qui se faisait déjà remarquer par la précocité de son
intelligence, se distinguait par la manière dont il comprenait ces
instructions, qui firent sur lui beaucoup d'effet, et lui laissèrent un
souvenir profondément reconnaissant. M. Bellaigue pensa que cet
enfant était appelé à un bel avenir, et, d'accord avec M. Vuitry et
4 NOTICE BIOGRAPHIQUE
les membres du bureau du collège de Sens, le fil admettre parmi
les élèves de cet établissement. L'intelligence de Moncourt se mon-
tra là. comme à l'école primaire, il prit le meilleur rang parmi ses
jeunes condisciples. Quand sa supériorité fut bien constatée, M. Bel-
laigue, qui était aussi membre du conseil d'administration du collège
Sainte-Barbe, obtint du directeur, M. A. Labrouste, et des membres
du bureau, l'admission de son protégé, à titre de boursier, dans
la maison. Moncourt justifia, par une suite d'éclatants succès au
Concours général des lycées de Paris et de Versailles, la généreuse
bienveillance dont il avait été l'objet, et sa ville natale en ressentit
un juste orgueil. Il obtint le prix d'honneur de rhétorique en 1841.
Doué d'un bon sens déjà très-ferme, malgré sa grande jeunesse,
il ne se laissa pas enivrer par ce succès ; songeant à fonder son
avenir sur de fortes études, il se tourna vers la carrière de l'en-
seignement, et se présenta l'année suivante à l'École normale,
où il fut reçu dans un rang très-honorable. Lorsqu'il s'agit de
subir les épreuves du concours de l'agrégation, l'habileté con-
sommée de Moncourt dans tous les exercices classiques lui mé-
rita le premier rang. Il fut professeur à Grenoble en 1845, à
Lyon en 1847, à Dijon en 1850. Il occupait la chaire de troi-
sième au lycée de cette dernière ville lorsque M, Désiré Nisard,
inspecteur général de l'enseignement supérieur, vint dans sa
classe et fut vivement frappé de son mérite, de sa clarté, de
sa sûreté et de son élégance dans l'explication des textes, de
la justesse avec laquelle il relevait les fautes commises, de la fa-
cilité heureuse qui lui permettait de substituer immédiatement ce
qui devait être imité à la place de ce qu'il reprenait. M. Nisard
le désigna au choix du ministre, qui lui donna la chaire de litté-
rature française dans la Faculté qui venait d'être établie à Çlermont-
Ferrand (1854).
Le mérite du professeur n'était pas le seul titre de Moncourt à
ces fonctions nouvelles. Il avait été reçu docteur, le 9 août 1851,
avec une thèse latine intitulée : De parte satirica et coraica in
tragoediis Euripidis (1), et une thèse française dont l'objet était
(1) Brochure in-8, Paris, 1851.
SUR E. MONCOURT. 5
l'étude de la méthode grammaticale de Vaugelas (1). Il se proposa
de montrer que Vaugelas a bien connu l'esprit de la langue fran-
çaise, que l'ensemble de ses décisions repose sur des principes
fixes et non sur des sentiments particuliers et arbitraires ; qu'il ap-
pliqua ces principes avec autant de délicatesse que de vérité et de
précision ; qu'il fit son profit des idées de ses contemporains, mais
en les dégageant de ce qu'elles avaient d'excessif et d'outré, sans
être ni puriste, m précieux; enfin qu'il n'a posé aucune barrière ca-
pable de gêner la libre expansion de la langue française. Cette
étude est, comme on voit, un véritable plaidoyer, un plaidoyer
habile, ingénieux, quelquefois contestable, toujours sincère, mais
qui laissera peut-être certains lecteurs plus convaincus de la su-
périorité personnelle de Vaugelas que de l'excellence de sa mé-
thode, et même de la légitimité de son entreprise. Quand même
on ne serait pas disposé à accorder à Moncourt que le grammai-
rien qui ne doit être que le témoin de l'usage, en puisse devenir
le juge et le législateur, on reconnaîtra néanmoins avec lui que si
jamais grammairien a mérité de faire autorité, aucun n'y avait plus
de titres que Vaugelas, et on louera sans restriction l'élégance et
le bon goût du style dans lequel la thèse est écrite. Lorsqu'on
traite un sujet qui touche, non pas au détail des règles, mais aux
principes mêmes de la grammaire, il est difficile d'être précis sans
être aride et technique, d'être vif et coloré sans être vague et
affecté : Moncourt a su réunir ces qualités et éviter les défauts qui
en semblent inséparables ; il instruit par une propriété d'expression
constante et scrupuleuse, il charme par la justesse des images qui
rendent sensible ce que le mot propre fait comprendre et au besoin
le remplacent ; il attache par une chaleur tempérée qui n'a rien
d'emphatique, ni de disproportionné, et qui témoigne de l'intérêt
que l'auteur prend à ses idées.
Le cours qu'il fit à la Faculté des lettres de Clermont justifia toutes
les espérances que sa thèse sur Vaugelas autorisait à concevoir. Une
connaissance approfondie du sujet, un goût sûr et délicat, une diction
d'une pureté et d'une correction irréprochables, relevée par un tour
(1) Brochure in-8, ibid.

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