Notice biographique sur le Bon Pierre-Félicité Prin,... (Signé : J. Garinet.)

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impr. de H. Laurent (Châlons-sur-Marne). 1864. Prin. In-8° , 12 p..
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Publié le : vendredi 1 janvier 1864
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MOTICE BIOGRAPHIQUE
SUR LE
Dr PIERRE - FÉLICITÉ PRIN
Né à Jâlons-sur-Marne le 5 octobre 1791, décédé à Châlons-sur-Marne
le 7 juin 1864.
MESSIERS ,
Nous venons rendre hommage à la mémoire d'un hon-
nête homme, longtemps notre collègue, et toujours notre
ami .
Pierre - Félicité Prin est né à Jâlons-sur-Marne le 5 oc-
tobre 1791, d'une famille honorable, qui devait son ai-
sance au travail, et qui de très-bonne heure lui en inspira
le goût.
Son père a été son premier maître. La forte instruction
qu'il en reçut lui a été fort utile dans ses études supé-
rieures.
Prin fut admis comme pensionnaire à l'école secondaire
de Châlons. Il y a suivi le cours d'étude avec de grands
succès.
En rhétorique, il remporta plusieurs prix, notamment
celui des trois accessits, et il le reçut au milieu des applau-
dissements d'une nombreuse assemblée, et des acclama-
tions de tous ses condisciples, qui lui témoignaient ainsi
leur attachement.
La dernière année de ses études au collège, Prin avait
— 2 —
été obligé de partager son temps entre la rhétorique et le
cours préparatoire ouvert à l'Hôtel-Dieu pour ceux qui as-
piraient à servir dans l'armée comme sous-aides:
Après avoir subi l'examen de sortie, Prin fut dirigé sur
l'armée du Nord, en qualité de chirurgien sous-aide (22
août 1809).
Il fut ensuite envoyé avec le même grade à l'armée de
Catalogne (2 décembre 1810).
Il avait été proposé pour l'avancement, mais cette
présentation ne se retrouvait pas dans les bureaux de la
guerre. M. de Chamorin, ancien médecin en chef d'ar-
mée, adressa aux inspecteurs généraux du service de
santé, Coste, Percy, Larrey, Desgenettes, une réclamation
en faveur de Prin, et il reçut d'eux cette réponse, datée
du 29 décembre 1811 : « Le jeune-Prin, auquel vous vous
» intéressez, n'est malheureusement pas porté sur les
» derniers états reçus de l'armée d'Espagne. Nous sommes
» depuis quelques jours à la recherche de la cause de cet
» oubli. Soyez persuadé que nous ne perdrons pas de vue
» que c'est vous qui nous avez procuré ce bon sujet, et
» que lorsqu'il y aura lieu à l'avancer, nous nous y em-
» ployerons avec autant d'empressement que nous en
» mettons à vous remercier. » (Lettre du 29 décembre
1811.)
Ce ne fut que le 21 janvier 1813 que Prin fut nommé
chirurgien aide-major à l'armée de Catalogne et attaché
au quartier-général du maréchal Soult.
Peu de jours après la bataille de Toulouse, l'armée fut
licenciée. Le commissaire ordonnateur en chef de l'armée
royale du midi, Bourdesoult,. en signifiant cet ordre de
licenciement à Prin , dans sa lettre du 30 juin 1814 , lui
écrit : « Soyez persuadé que je ne négligerai rien pour
» faire connaître à S. Exc . le ministre de la guerre les
— 3 —
» services que vous nous avez rendus. Je regrette, Mon-
» sieur, que cette mesure (du licenciement) prive le Gou-
» vernement d'un serviteur aussi distingué. — Je trans-
» mets à S. Exc . vos états de service, et je le prie d'avoir
» égard aux droits que vous avez acquis à la bienveil-
» lance du Gouvernement. Je verrai avec plaisir que
» S. Exe. vous réintègre dans vos fonctions. En mon
«particulier, je ferai tout ce qui dépendra de moi pour
» l'engager à s'occuper de vous, et à vous rendre la jus-
» tice que vous méritez. »
Prin étant rendu à la vie civile, partit pour Montpellier,
où il suivit les cours de la Faculté. Après avoir suivi avec
distinction les épreuves du doctorat, il reçut le diplôme
de docteur en médecine sous la date du 5 février 1819.
Prin servait alors dans la garde royale comme chirur-
gien aide-major au 5 e régiment d'infanterie, ce qui lui
donnait le rang de chirurgien-major dans la ligne. Le
docteur Prin, avide d'instruction, profita de son séjour à
Paris pour y compléter ses études médicales et littéraires,
et se faire recevoir membre de plusieurs sociétés sa-
vantes, avec lesquelles il a toujours aimé à correspondre.
Le docteur Prin retrouva à Paris le docteur Bégin, chi-
rurgien en chef du Val-de-Grâce , inspecteur général du
service de santé, qui lui conseilla de suivre la carrière où
il se trouvait; mais Prin finit par donner la préférence à
l'exercice de la médecine civile dans son pays. Il donna
sa démission de chirurgien aide-major de la garde royale
(13 mai 1819), et vint se fixer à Châlons, où il ne tarda
pas à se faire une nombreuse clientelle. Son mariage avec
la fille aînée du docteur Moignon lui procura un grand
bonheur domestique et cette paix intérieure qui fait le
charme de la vie.
Le zèle et le dévouement du docteur Prin pour la classe
malheureuse le firent nommer médecin des pauvres des
paroisses Notre-Dame, Saint-Jean et Saint-Loup (12 jan-
vier 1820), médecin adjoint des Hôpitaux-Unis de Châlons
(6 juillet 1824), et enfin médecin en chef (1er décembre 1 843).
Lorsqu'on reconnut l'utilité de la création d'un méde-
cin en chef des épidémies pour le département de la
Marne, le docteur Prin en reçut la commission le 14 avril
1831 : c'est en cette qualité qu'à l'époque du choléra lé
docteur Prin fut nommé l'un des douze intendants de
santé du département, et désigné, par arrêté de cette
commission du 2 avril 1832, pour aller à Paris dans les
hôpitaux étudier la nature, la marche, les progrès et le
traitement de cette affreuse maladie.
Le docteur Prin partit aussitôt pour remplir sa mission,
porteur d'une lettre du préfet au ministre, où il recom- '
mandait à sa bienveillance M. Prin, médecin des épidé-
mies du département « dont les lumières et le zèle don-
» naient la certitude qu'il saurait remplir sa mission avec
» fruit. » (Lettre du préfet du 3 avril 1832.)
Le conseiller d'Etat, M. Hély d'Oissel, chargé au minis-
tère de la correspondance relative au service de santé,
sur la lettre du préfet de la Marne, invite les administra-
teurs des hôpitaux de Paris et les médecins qui y sont
attachés, à accorder au docteur Prin l'entrée des hôpitaux
et des salles où sont traités les cholériques, et de lui fa-
ciliter l'accomplissement de sa mission.
Le docteur Prin rencontra dans les hôpitaux de Paris le
docteur Williams, de regrettable mémoire, qui s'était dé-
voué comme lui ; tous deux assistèrent à de nombreuses
autopsies et à des conférences de médecins, et se hâ-
tèrent, après avoir recueilli leurs observations, de revenir,
le docteur Prin à Châlons, le docteur Williams à Haute-
Fontaine, où le choléra exerçait déjà ses ravages.

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