Notice des monumens antiques conservés dans le Muséum de Marseille sous la direction de M. Goubaud,...

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impr. de J. Achard fils et Cie (Marseille). 1805. In-8° , 28-2 p..
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Publié le : mardi 1 janvier 1805
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NOTICE
DES MONUMENT
ANTIQUES
Conservés dans le Muséum de Marseille Î
sous la direction de M. GOUBAUD,
de l'Académie de cette ville, Professeur
de l'École publique et gratuite de dessin,
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A MARSEILLE,
De l'Imprimerie de J. Ac H A RD, fils et Colwp4
Imprimeur de l'Académie.
AN X 111. ( 1805 ).
NOTICE
Des Monumens qui ont été placés demi
le Musée de Marseille, en fructidor
an 12 ( Septembre 1804 ).
M
ARSEILLE , dont on trouve un si grand
nombre de médailles antiques , ne renfer-
me pas des monumens , qui par leur gran-"
deur et leur importance , répondent à la
renommée de cette ancienne République.
4 Cependant Marseille contenait des édifices
publics en grand nombre ; Diane d'Éphèse
y avait un Temple fameux (*) ; les Ecoles
et les Gymnases y attiraient les étrangers.,
Des jeux publics y étaient célébrés dans
( If. ) A en juger par les effigies de Diane gravées
sur les médailles des Marseillais ceux-ci honoraient
Diane sous les attributs de la Déesse de la chasse :i
la Diana Ephesia multimammia ne paraît sur au4
cun monument : il est vrai que la Diana vena4
trix était aussi adorée par les Éphesiens et grag-
rée sur leurs médailles.
l'.
2
des cirques : et une inscription grecque ,
trouvée ces anrfc«s passées sous les fon-
dations de l'Abbaye de St.-Victor , fait
mention d'un yemie homme, rtômroé Aurelius
Diodes , né daDs te Temple de Venus ,
où Hercules était aussi honoré , qui mourut
lorsqu'on proclamait les Jeux Pythiens ( * ).
Il n'y a plus à Marseille aucuns restes
de Temples , de cirques , de Gymnases.
Arttts et Fréjus, qui ont eu moins de
célébrité dans fhistoire des peuples et dans
celle des sciences et des arts , contiennent
un plus grand nombre de restes d'antiquités.
On croit pouvoir attribuer cette différence aux
aggrandissemens successifs de la ville de
Marseille , où les bâtimens anciens ont servi
( * ) Cette inscription est gravée et -expliquée
dans la notice sur M. de St. Vincens, à fa suite
de l'épitaphe de Glaucias dont il sera fait men-
tion ci après nQ. 14. Le cippe sur lequel elle
était n'est point au Musée. On voyait sur une de<
faces latérales un niveau avec son à-plomb, sur
Pxufre face était l'assia sepulchralis.
5
1 *
de matériaux aux édifices modernes. Au
contraire , les villes d'Arles et de Fréjus,
autrefois très-considérables, ont été réduites
à moins du tiers de leur ancienne éten-
due , et presque tous les monumens anti-
ques y sont restés à découvert.
Quoique dans ces derniers temps on ne
vit à Marseille aucun Temple, aucune masse
imposante , il existait avant la révolution
des colonnes , des tombeaux , des bas-
reliefs , des inscriptions grecques et latines,
des idoles et des vases en grand nombre :
le port recelait des statues et des idoles ,
et chaque curage en a donné plusieurs.
L'Abbaye de St. Victor renfermait des
Monumens curieux de tous les âges j on
voyait dans son Église souterraine , des
colonnes et des bas-reliefs du meilleur goût,
plusieurs Tombeaux chrétiens des 4e., 5®*
et 6e. siècles , des Monumens et des Ins-
criptions des bas tems , curieux par les
costumes ou par la forme des lettres.
Depuis le tems de la terreur , si funeste
aux Monumens anciens, on croyait que
4
ceux de Marseille avaient été entièrement
perdus. Plusieurs d'entre eux n'existaient
plus à la vérité ; cependant un grand nom-
bre a été retrouvé dans une cour du Lycée,
où on les avait ammoncelés; ils ont été
retirés à la fin de messidor an 12 , par les
soins de M. Thibaudeau , Conseiller d'État,
Préfet de ce Département. Ils ont été mis
sous les yeux de M. Millin, Conservateur
des antiques au Musée Impérial , qui est
venu à cette époque visiter les antiquités
des départemens méridionaux. Ce savant en
a jugé plusieurs assez bons pour mériter
d'être gravés avec plus d'exac:itude qu'ils ne
l'ont été jusqu'ici. Mr. Clener 7 autrefois atta-
ché au chevalier Hamilton , à Naples , dont
il a gravé les belles collections des vases
étrusques , a été chargé de ce soin ; et ces
nouvelles gravures figureront dans un vo-
yage littéraire de France , que M. Millin se
propose de publier sous les auspices du gou-
vernement. Enfin M Millin a profité du
,goût éclairé de M. Thibaudeau , pour l'en-
gager à placer honorablement ces morceau^
5
d'antiquité dans le Musée , que ce Conseiller
d'État avait déjà établi pour y rassembler des
tableaux et des ouvrages de sculpture mo-
derne.
Ce sont ces monumens déposés dans la
grande salle du Musée et dans celle qui y
sont contigÜes, que l'on va indiquer dans cet-
te notice , en suivant les nos. qui ont été ap-
pliqués sur chacun d'eux.
Si l'on croit devoir relever les inexactitu-
des échappées aux auteurs qui ont pu-
blié autrefois quelques uns des monumens
de Marseille , on ne prétend diminuer en
rien le mérite de leurs ouvrages. Les fautes
où sont tombés ceux qui ont gravé les des-
sins de ces monumens , doivent sur-tout être
attribuées à l'obscurité des lieux où ils
étaient placés autrefois. Il le sont aujour-
d'hui dans le jour le plus favorable , l'on
peut en appercevoir l'ensemble et tous les
.détails.
On commencera cette notice par les
monumens qui n'ont pas encor été publiés ,
.ou qui l'ont été dans des ouvrages peu
connus.
6
N°. r.
Un Gnomon ou Montre solaire antique.
N®. 2.
4
Trépied de marbre , haut de deux pieds
et demi environ. On voit, sur une de
ses faces , Apollon nud portant une lyre ;
sur chacune des deux autres faces , une
femme dont une tient un thyrse, l'autre
un bâton qui ressemble à un des côtés
d'un arc. L'inscription grecque annonce
que ce trépied votif a été consacré par
Sosimikos , fils d'Evagoras , à Sérapis, à Isis
et à Anubis. ( Ce Trépied est dans la
seconde salle ).
N°. 5.
Très-bel Autel grec, rond, haut de quatre
pieds et demi, et de trois pieds de diamètre.
Il est orné de guirlandes composées de
fleurs et de fruits. Les guirlandes sont
suspendues à quatre têtes de taureaux dont
le .front est orné de larges bandelettes.
T
L'inscription indiquèrait que ce monument
a servi de base à une statue. Il est au fond
de la seconde salle.
N9. 4.
!
Figure égyptienne , dont les jambes ont été
brisées; une large bande qui occupe toute lat
partie postérieure est chargée d'hyérogliphes.
Cette statue était à l'Arsenal. Elle est dans
la seconde salle.
! N°. 5. ,-
4.
Tronçon de colonne antique sculptée en
lignes spirales , sur lequel est posée la figure
égyptienne.
N°. 6.
Ce Bas-relief grec , qui a deux pieds -et
demi de hauteur , est un monument fix
néraire élevé par une femme à son mari
qui se nommait Télesphore. Il est divH
*é en_ deux parties i la partie supwuro
e
présente les bustes d'un homme revêtu d'une
tunique et d'un manteau , et d'une femme
ayant un voile sur la tête. Le Bas-relief
qui est au dessous de l'inscription, repré-
sente un homme couché sur un lit, ayant
devant lui une table à trois pieds, chargée
de fruits : à droite est une femme assise
sur un tabouret.
NO. 7.
Siège en marbre sans appui : ce peut
être aussi un autel à cause du trou carré
qui est au milieu. Il est soutenu par deux
cuisses et deux pattes de lion , qui sont
adossées à un massif très-bien sculpté. On
le voit dans la seconde salle.
N° 8.
: Ce marbre dont la partie supérieure
manque absolument, représente une femme
assise couverte d'une tunique et d'un voile;
ses pieds sont appuyés sur un escabeau ;
elle tient de la main droite la main d'un
homme
9
homme debout , dont le corps est à moitié
couvert par un manteau. On voit par ce qui
reste du centre du bas-relief , qu'il y avait
au milieu des deux personnages , une femme
portant un petit enfant emmailloté : l'enfant
est encore enti er et a la tête couverte d'un
bonnet pointu. Il n'existe plus du troisième
personnage que la main gauche qui sou-
tient l'enfant , et le haut de la draperie
de sa robe.
Ce monument est grec et très-beau ,
quoique fruste. Il a été incrusté dans le
mur du passage qui va à l'escalier de Izt
Bibliothèque.
Nos. 9, 10, ii et 12.
Masque en pierre , trouvé a Aix , sur
le chemin de Toulon , en l'an XI.
Il est appuyé sur un massif de pierre
cotté nO. io , sur lequel sont sculptés des
boucliers et d'autres armes.
11 a été trouvé en même tems et dans
le même local que la tête nO. n , et les
ornemens n°. 12. Je ne crois pas ceux-ci
antiques.
2
lo
N°. *5. ■ : :
Ce tombeau parait être du troisième ou
quatrième siècle. On voit au milieu une
rosace et des lignes sculptées en spirale.
Il a été découvert dans les fouilles qp'a
fait faire M. Thibaudeau, au lieu où Ton
croyait qu'existaient les ruines de l'ancienne ,
ville de Tauroentuim
N°. 14.
y :
Tomheau de Glaucias.
En prairial, an 7 ( juin , 1799), on
trouva à Marseille sous les debris ae l'Ab-
baye de St Victor un tombeau de pierre ,
haut d'environ 5 pieds et demi. Il avait
été fait pour être placé debout et il était
probablement. surmonté d'un buste., On y
voit un inscription grecque de sept vers ,
dont le troisième et le sixième sont hexa-
mètres , les autres pentamètres. Au dessous
de l'inscription , sont deux cornes d'abon-
dance , sculptées en relief et posées en
sautoir. Sur le côte opposé à l'inscription,
n
2 *
est une barque gravée par des lignes larges
et profondes. Sur le troisième côté , on voit
un petit carré en relief , une guirlande ,
deux bandelettes et un ornement qui res-
semble à une armure.
,\, Ce tombeau a été publié et expliqué à
la suite de la notice sur feu M. de St.
Vincens , imprimée à Aix en l'an 8.
Voici la traduction de l'inscription qui
est une pièce vraîment sentimentale:
» C'est ici le tombeau de Glaucias. Son
jeune fils lui a consacré ce monument de
sa piété filiale qu'il a manifestée dès sa
plus tendre enfance. Infortuné Glaucias ,
tu n'as pu jouir de la vue de ton fils !
Il t'eût donné , non pas un tombeau, mais
la nourriture et des consolations dans ta.
vieillesse. La fortune jalouse vous a tous
traités d'une manière bien injuste; elle a
réservé l'affliction et les larmes à une mère
accablée d'années , la viduité à une épouse
désolée , la perte d'un père chéri à un
malheureux orphelin ».

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