Notice des travaux de la société académique du département de l'aube, qui ont rapport à l'agriculture et aux sciences économiques. N° Ier

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Imp. de Sainton père et fils (Troyes). 1806. In-8°.
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Publié le : mercredi 1 janvier 1806
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NOTICE
DES TRAVAUX
DE LA
SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE
DU DÉPARTEMENT DE L'AUBE,
Qui ont rapport à l'agriculture et aux
Sciences économiques.
N°. Ier.
A TROYES,
De l'Imprimerie de SAINTON , Père et Fils,
Imprimeurs de la Société académique.
1806.
NOTICE
DES Travaux de la Société académique
du Département de l'Aube , qui ont
rapport à l'Agriculture et aux Sciences
économiques.
MONSIEUR le Préfet du département de
l'Aube a invité la Société académique à
donner toute la publicité possible au pro-
gramme des prix proposés par la Société
d'encouragement, pour diverses branches de
l'agriculture. La Société académique a sé-
paré de ce programme les articles dont la
publication ne pouvait intéresser le départe-
ment. Elle s'empresse de livrer les autres à
l'impression , et d'engager les cultivateurs
à concourir pour quelqu'un de ces prix : ils
sont tous assez considérables pour récom-
penser l'agriculteur de ses travaux , et des
avances qu'il serait obligé de faire pour par-
venir au résultat proposé : deux articles
même , l'Almanach du Cultivateur et le
Registre demandé par la Société , n'exigent
aucune dépense. Le premier ne peut être
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écrit, à la vérité, que par un homme profon-
dément instruit de l'agriculture, qui en pos-
sède toutes les branches , qui joigne à ces
connaissances quelques notions d'astrono-
mie , et qui soit capable de tracer d'une main
sûre l'ensemble , l'ordre des travaux agri-
coles , et la meilleure méthode à suivre,
pour arriver constamment aux résultats les
plus favorables. Nous ne dissimulerons pas
toute la difficulté d'une pareille entreprise.
Mais cette raison excitera encore la noble
émulation de nos écrivains agronomes :
A vaincre sans péril , on triomphe sans gloire.
Le registre proposé pour l'année 1808 est,
au contraire , à la portée de tous les culti-
vateurs qui ont déjà l'habitude de se rendre
compte de toutes leurs opérations , qui com-
parent annuellement les dépenses et les
produits, les différens travaux et les résultats
qu'ils ont obtenus. Tout ce qu'on leur de-
mande , c'est de chercher eux-mêmes le
moyen le plus simple , le plus commode de
constater ces observations , de les balancer
entr'elles, et d'en appercevoir, pour ainsi
dire , l'ensemble au, premier coup-d'oeil.
Qu'ils tiennent donc leurs registres jour par
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jour sous la forme qui leur aura para la plus
utile ; et s'ils n'obtiennent pas le prix qui
est offert, ils ne peuvent se dissimuler qu'une
attention plus suivie donnée de leur part à
ce travail , ne sera pas sans quelque fruit
pour eux. Qui doute d'ailleurs que de pareils
registres envoyés de tous les points de la
France, ne donnent à la Société d'encou-
ragement un moyen de plus de juger des
progrès de l'agriculture, et de répandre de
nouvelles lumières sur cet art dans toutes les
parties de l'Empire.
Les prix proposés pour l'abolition des
jachères , annoncent l'importance que la
Société met à cet objet. Si beaucoup d'agri-
culteurs ne peuvent concourir pour ces prix ,
les uns parce qu'ils ne cultivent pas le nom-
bre d'hectares exigé par le programme , les
autres parce que la saison étant déja avan-
cée , ils ne peuvent se procurer les graines
nécessaires pour ensemencer les sombres, et
former les prairies artificielles indiquées par
la nature de leur sol , que tous au moins
commencent à comprendre combien il leur
serait utile de former de ces prairies, d'aug-
menter par-là le nombre de leurs bestiaux ,
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et do rendre à la culture le tiers de leurs
possessions, dont ils ne tirent aucune ré-
colte.
Nous n'ajouterons rien à ce que dit le
programme , de la pratique de l'irrigation
des prés. Personne n'ignore dans notre dé-
partement qu'une prairie arrosée rend au
propriétaire une récolte double au moins
de celle qui ne l'est pas.
Mais il n'en est pas de même de la culture
du poirier et du pommier à cidre. Nous
habitons une contrée où la vigne fournit une
boisson agréable et abondante : nous sommes
environnés de départemens encore plus for-
tunés que nous pour la qualité de leurs vins.
Au milieu de ces richesses, nous oublions
le parti qu'on peut tirer des pommiers et
poiriers à cidre. Plusieurs communes cepen-
dant voisines de la forêt d'Othe les cultivent
avec succès , et cette récolte est une des prin-
cipales branches de leurs revenus. Que toutes
celles qui sont dans une position pareille
ne rougissent pas d'imiter cet utile exemple.
Que toutes celles même à qui des abris mul-
tipliés permettent de voir leurs coteaux cou-
verts au midi et au levant des pampres de la
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vigne, ne craignent pas de multiplier , sur
un autre revers , les pommiers et les poiriers.
Ces deux récoltes ne se nuiront pas mutuel-
lement ; et lorsque les gelées tardives du
printemps plongeront le vigneron dans l'af-
fliction la plus amère, il trouvera au moins
dans les fruits de ses arbres une ressource à
son malheur. Plantons donc des arbres frui-
tiers par-tout où ils pourront végéter avec
succès. Celui qui tentera l'entreprise pro-
posée par le programme , trouvera dans le
prix qu'elle promet une indemnité de ses
avances ; il jouira un jour d'une récolte
abondante , et son exemple encouragera in-
failliblement les petits propriétaires à l'imi-
ter. Tel est le but de la Société qui a publié
ce programme , et du Gouvernement sage
qui la dirige. Ils ne peuvent récompenser
que des expériences faites en grand. Mais
ils desirent sur-tout exciter un grand nom bre
d'agriculteurs à marcher sur les traces de
ceux qui auront obtenu les prix proposés.
Enfin , il est un objet sur lequel la Société
d'encouragement insiste d'une manière toute
particulière , et que nous devons aussi re-
commander plus spécialement à l'attention
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des cultivateurs ; c'est le perfectionnement
de la charrue. Cet objet est remis au con-
cours , et naguères un simple laboureur des
environs de Paris a lutté , pour obtenir ce
prix , avec le premier magistrat d'un grand
peuple, sans que les efforts de l'un et de
l'autre aient été couronnés du succès. La
charrue champenoise était regardée par le
célèbre Rozier, comme une des meilleures
qui fût venue à sa connaissance. Nous avons
donc un pas de moins à faire pour arriver à
cette perfection si justement desirée. Quelle
gloire pour notre département, si cette pré-
cieuse découverte devenait le prix des ré-
flexions et des tentatives de l'un de nos com-
patriotes !
La Société académique s'empressera de
faire constater les travaux des cultivateurs
qui, d'après le voeu du programme, auraient
besoin de son attache. On pourra également
adresser , quinze jours avant l'époque dési-
gnée dans le programme , les ouvrages et
mémoires destinés pour le concours à son
secrétaire, qui se chargera du soin de les
faire parvenir à la Société d'encourage-
ment,
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EXTRAIT du Programme des Prix pro-
posés par la Société d'Agriculture du
Département, de la Seine.
N.° Ier
PRIX PROPOSÉS POUR L'ANNEE 1806.
La Société saisit l'occasion d'exprimer
publiquement sa reconnaissance à S. E.
Monseigneur Champagny, Ministre de l'In-
térieur , pour l'honorable confiance qu'il a
bien voulu lui témoigner, en mettant cette
année à sa disposition des fonds pour distri-
buer des prix sur, des sujets à son choix, et
qui lui paraîtraient les plus utiles à encou-
rager pour le progrès de notre agriculture.
Elle a pu ainsi accroître le nombre des prix
que le zèle éclairé de M. Frochot, Conseiller
d'Etat, Préfet du département de la Seine,
et celui du Conseil-général du même dépar-
tement , la mettent à même d'offrir chaque
année à l'émulation des agronomes, et elle
provoque leur zèle et appelle leur attention
particulière relativement aux sujets suivans :
1.° Pour un Almanach du Cultivateur.
La Société reconnaissant que l'instruction

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