Notice géologique, météorologique, etc. sur le département de l'Orne / par la Commission météorologique départementale

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impr. E. de Broise (Alençon). 1871. 19 p.-[2] f. de pl. : carte et fig. en coul. ; 25 cm.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1871
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NOTICE
GÉOLOGIQUE, MÉTÉOROLOGIQUE, ETC.
suit LE
Département de l'Orne.
C'est une chose fâcheuse que de voir
la science pure forcée d'abdiquer la
direction de l'activité industrielle et
agricole d'une époque ; car c'est l'ère
des tâtonnements, des erreurs et des
mécomptes
E. Bouit.
Sur la demande de M. le Directeur de l'Observatoire de
Paris, une Commission météorologique fut formée en 1865
dans le département de l'Orne, dans le but de réunir et de dis-
cuter les résultats des diverses observations faites sur la mar-
che, sur l'intensité, etc., des tempêtes et des orages formés
à la surface du département de l'Orne. Cette Commission se
compose de :
L'Ingénieur en chef du département, président;
Un Professeur du Lycée, M. Letellier, Membre ; et de l'In-
génieur des ponts et chaussées, en résidence à Alençon,
Rapporteur.
Depuis 1866, le Conseil général du département désireux
de s'associer à celte oeuvre si importante au point de vue de
la marine et de l'agriculture a pourvu à l'ensemble des menues
dépenses par une allocation qui en 6 ans a été de 515 fr. Des
résultats sérieux, relatifs aux orages, ont déjà été obtenus et
publiés dans l'Atlas météorologique de l'Observatoire; mais il
est intéressant de rendre spécialement compte au Conseil
général de l'Orne des résultats constatés jusqu'à ce jour. Au
point de vue spécial de l'Agriculture l'étude des orages ne
suffit pas 5 la température, la pression atmosphérique, l'état
du ciel, la quantité, la durée et la fréquence des pluies, etc..
ne jouent pas un rôle moins important qu'il est indispensable
— 2 —
de bien apprécier afin de pouvoir dans l'avenir, prévoir avec une
certaine approximation les perturbations que les agriculteurs
auraient tant d'intérêt à connaître.
En 1870 sur la demande de la Commission le département
autorisa l'achat de 12 Udomèlres qui sont aujourd'hui ins-
tallés à :
Argentan, M. Leblanc, conducteur des ponts et chaussées,
observateur.
Tîellême, M. Hardy, conducteur des ponts et chaussées, obser-
vateur.
Briouze, M. Humbert, conducteur des ponts et chaussées,
•observateur.
Champhaut, M. Bodey, curé de Champhaut observateur.
Domfront, M. Legrain, conducteur des ponts et chaussées,
observateur,
Fiers, M. Dupont, conducteur des ponts et chaussées, obser-
vateur.
Gacé, M. Lamy, conducteur des ponts et chaussées, oberva-
teur.
La Ferté-Macé, M. Rivière, conducteur des ponts et chaus-
sées, observateur.
Laigle, M. Gautier, conducteur des ponts et chaussées,
•observateur.
Mortagne, M. Bretteville, conducteur des ponts et chaussées,
observateur.
Rémalard, M. Carré, chef cantonnier des ponts et chaussées,
observateur.
Seèz, M. Chauvin, conducteur des ponts et chaussées, obser-
vateur.
Un peu plus tard, le Ministre des travaux publics accordait,
sur leur demande, aux ingénieurs du département de l'Orne
1 udomètre totalisateur placé à Alençon (M. Mary dit Lepinne,
conducteur des ponts et chaussées, observateur), 4 thermo-
mètres et 4 baromètres de précision. La plupart de ces ins-
truments et avec eux bien des résultats d'observations ont
— 3 —
malheureusement disparu lors du passage des allemands dans
le département. Quoiqu'il en soit, grâce aux précautions qu'a-
vaient prises les observateurs de conserver copie de leurs
états, on a pu reconstituer pour onze stations, les observa-
tions pluviométriques d'une année entière, depuis le mois de
mai 1870 jusqu'au mois d'avril 1871. Les résultats de ces ob-
servations ont été réunis sur une carte jointe au présent tra-
vail et de la façon suivante :
La quantité de pluie tombée pendant les 12 mois d'observa-
tion est représentée sur la carte parun cercle leintéenbleu pâle
dont le rayon est proportionnel à la hauteur d'eau tombée
(0™,01 par lm,00 d'eau). On voit de cette manière, à la sim-
ple inspection de la carte, qu'il pleut par exemple plus à la
Ferlé-Macé qu'à Laigle. On aperçoit à l'intérieur du cercle
dont nous venons de parler, une courbe teintée en bleu plus
foncé. On l'a obtenue en traçant 12 rayons vecteurs équidis-
tants, représentant chacun des douze mois de l'année, on a
porté sur chacun d'eux à partir du centre une longueur pro-
portionnelle à la hauteur d'eau tombée pendant le mois qu'il
représente et on a joint tontes les extrémités de ces rayons
vecteurs par une courbe dont les sinuosités réprésentent la
marche de la pluie pour chaque mois et même pour chaque
jour de l'année.
Userait évidemment prématuré de vouloir établir des lois
d'après le petit nombre d'observations que nous possédons,
lorsqu'on songe surtout à la multiplicité des éléments qui
peuvent influer sur les indications udométriques. On peut
cependant tirer dès-à-présent quelques conséquences géné-
rales. Avant de le faire, nous allons résumer quelques données
positives de la géographie physique du département de l'Orne,
données d'une importance capitale dans la question météoro-
logique, puisqu'elles sont en corrélation directe avec les ora-
ges et les pluies, et qui constitueront les premiers éléments de
l'Atlas physique du département que la Commission départe ■
mentale à l'intention de dresser.
Le département de l'Orne (1) est borné au Nord par les
départements du Calvados et de l'Eure; à l'Est par ceux d'Eure
et d'Eure-et-Loir ; au Sud par ceux de la Sarthe et de la
Mayenne; à l'Ouest par celui de là Manche.
Son territoire compris entre les deux cercles de latitude
septentrionale 48° 12' et 48° 58' et les deux cercles de longi-*
tude occidentale 1° 20' et 3° 8' mesure une surface de 610,000
hectares environ, et est traversé dé l'Est à l'Ouest par la chaîne
des collines de Normandie qui présente une hauteur moyenne
de 285 m. au-dessus du niveau de la mer et est formée de
deux surfaces à pentes opposées, constituant les versants de
la Manche et de l'Océan Atlantique. Ces deux versants for*"
ment six bassins de même ordre dans les thalwegs desquels
coulent six fleuves ou rivières se jetant directement à la mer.
Ce sont :
1? Dans le versant Sud ou de l'Océan : Le Bassin de la
Loire-, ^
2° Dans le versant Nord ou de la Manche : Les Bassins de
l'Orne, delà Dives, de la Touques, de la Rille et de la Seine.
Des chaînes formant les faîtes séparatifs de ces bassins par-
tent des chaînes secondaires, vassales pour ainsi dire des pre-
mières, courant du faîte au thalweg et constituant des lignes
de faîte de second ordre, donnant elle-mêmes naissance aux
bassins de 2e ordre où coulent les affluents des six fleuves ou
ou rivières fluviatiles que nous venons de nommer. Il existe
de même des lignes de faîte et des bassins de 3e, 4e..., etc.
ordre-, mais, en définitive, on peut, au point de vue de l'écou-
lement général des eaux, assimiler la surface du département
(1) Le chef-lieu du département, Alençon, a une latitude septentrionale de
48° 25' 49" et une longitude Ouest de 2° 44' S2". L'altitude ou élévation
au-dessus du niveau de la mer est de 156m au sol de Notre-Dame. La diffé-
rence des horloges pour tout le département est égale à 7m 42s, car celles
d'Alençon avancent de 5m 32s sur celles de Sainl-Christophé-de-Chaulieu et
retardent de 5m 40s sur celles du Bois-dcs-Défais près Brétoncelles. Alençon
retarde sur Paris de 8m S9S.
à une polyèdre à six faces dans les thalwegs desquelles se
réunissent toutes les eaux pluviales tombées du ciel.
Ces faces ont des superficies différentes égales en nombre
rond,à :
294.000 hectares versant leurs eaux dans la Loire.
36,000 hectares — la Seine.
51,000 hectares -*- la Rille.
18,000 hectares — la Touque.
38,000 hectares — la Dives.
173,000 hectares — l'Orne.
En examinant avec attention la carte jointe an présent tra-
vail, on voit que tous les plans dont l'ensemble constitue le
polyèdre qui vient d'être décrit forment une vaste surface
convexe en forme de toit dont l'arrête serait la chaîne des
collines de Normandie et dont les pans, presque également
inclinés vers le Nord et vers le Sud, sont formés par des val-
lons et des coteaux qui viennent, en s'élargissant, se fondre
avec les plaines des départements voisins.
Cette convexité paraît avoir existé quoique très-arrondie,,
en forme de bulle pour ainsi dire, dès l'origine des temps sur
la masse en équilibre constituant le sphéroïde terrestre. Lors-
que cette masse se fut refroidie et fut recouverte d'une croûte
solide, les mouvements intérieurs de la partie encore liquide
se continuant par suite de l'incandescence et vraisemblable-
ment, par suite de l'attraction lunaire et d'un phénomène ana-
logue à celui des marées, cette croûte extérieure se déchira et
livra passage à des roches (porphyriques probablement) quï-
vinrent soulever les premiers dépôts et donner naissance à la
ligne culminante de la chaîne qui sépare les versants de la
Manche et de l'Océan.
Au commencement du monde les eaux recouvraient la sur-
face du département et tenaient en suspension une grande
quantité de matières qui formèrent les premiers dépôts sédi-
mentaires de ce qu'on a appelé la période primitive et la
période de transition. Les terrains déposés comprenaient les;
■— 6 —
couchesdes schistes métamorphiques, des schistes'argileux, du
grès quartzeu blanc, des schistes ampéliteux, desPoudingues,
des schistes rouges et calcaires. Survint, soit un choc plané-
taire qui déplaça l'axe de rotation de la terre et bouleversa
l'état d'équilibre des eaux, soit nn exhaussement qui fit appa-
raître- le monde submergé et, en même temps produisit des
courants d'une énergie considérable qui déchirèrent profon-
dément, suivant une direction variable avec la résistance des-
quelles soulevées ou rompues, les terrains précédemment
déposés et sillonnèrent les faces du polyèdre, des vallées que
nous remarquons aujourd'hui. Le département resta émergé
usqii'à la fin de l'époque Musique où un affaissement de Vé*
corce terrestre permit à la mer de venir recouvrir plus des
3/5 de sa surface et de prendre pour rivage une courbe enla-
çant une ligne droite qui joindrait Alençon à Écouché et serait
prolongée jusqu'à la sortie du département. C'est alors que se
déposèrent les assises de YOolilhe inférieure h savoir : l'àr-
kose (1), les couches de sables, de grès calcaire, de calcaire
sableux 5 puïs vinrent les dépôts de la Grande Ooltthe, c'est-à-
dire les calcaires grenus, lescalcaires tendres et marneux et les
calcaires durs formés par l'agrégation de nombreux fossiles.
A ce moment un affaissement transporta plus à l'Est le rivage
de la mer et réduisit à là moitié environ de la surface totale
du déparlement la partie orientale couverte par les eaux de
la mer, C'est alors que se déposèrent les couches deYOolil/ie
moyenne et supéneufe (désignées par les géologues anglais
sous le nom de Oxford-G/ay, Calcareous-grit., Coral rag et
Kimméridgs Clay) formées d'assises d'argile, d'argiles bleues",
de calcaires argileux et sableux, de calcaire oolithique, de
calcaire compacte, de sables, d'argiles et de calcaires argi-
leux. A la fin de l'époque de l'Oolithe supérieure (Kimméridge-
(I) NOTA. Les arkoses que l'on rencontre à Alnnçon sont des dépôts sili-
ceux sous-marins formés vraisemblablement par des sources thermales analo-
gues aux geysers d'Islande. Les fossiles qu'on y rencontre sont les mêmes
que ceux des marnes calcaires de Condé-sur-Sarthe et de Cuissai.

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