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Notice sur François Villon

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56 pages

ON a beaucoup disputé sur le nom de Villon. Il semblait cependant qu’il n’y eût pas là matière à dispute. Il se nomme au deuxième vers au Petit Testament :

Je François Villon escollier.

Et ce même testament est ainsi souscrit :

Fait au temps de la dite date
Par le bien renommé Villon.

Dans la requête à Monseigneur de Bourbon :

Francoys Villon que travail a dompté...

Dans la Ballade de la Fortune :

Par mon conseil prens tout en gré Villon !

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Auguste Vitu

Notice sur François Villon

D'après des documents nouveaux et inédits tirés des dépôts publics

La présente Notice, livrée à l’impression le jeudi 8 mai 1873, a été achevée d’imprimer le samedi 24 du même mois.

L’auteur constate ces dates, parce qu’il est informé qu’un travail sur le même sujet paraîtra, au commencement de juin, dans une Revue dont la livraison trimestrielle sera datée du mois d’avril.

Cette explication était nécessaire pour maintenir ses titres de priorité.

 

Paris, 24 mai 1873

A.V.

I. — Son Nom

ON a beaucoup disputé sur le nom de Villon. Il semblait cependant qu’il n’y eût pas là matière à dispute. Il se nomme au deuxième vers au Petit Testament :

Je François Villon escollier.

Et ce même testament est ainsi souscrit :

Fait au temps de la dite date
Par le bien renommé Villon.

Dans la requête à Monseigneur de Bourbon :

Francoys Villon que travail a dompté...

Dans la Ballade de la Fortune :

Par mon conseil prens tout en gré Villon !

Dans l’Épître en forme de ballade :

Le lesserez la le povre Villon !

Dans le Grand Testament :

Pourveu qu’ils diront ung psaultier
Pour l’ame du povre Villon.

Voilà bien des signatures authentiques. Il y avait plus de deux cents ans que la postérité avait consacré sous ce nom le souvenir du poëte, lorsque le président Fauchet (De l’origine des chevaliers) prétendit avoir découvert, dans un manuscrit de sa bibliothèque, qu’il ne décrit pas et que personne n’a jamais vu, une variante à l’épitaphe de Villon, commençant par ces quatre vers :

Je suis François, dont ceme poise,
Nommé Corbueil en mon surnom,
Natif d’Anvers empres Ponthoise
Et du commun nommé Willon.

Ce n’est pas ici le lieu de discuter cette variante suspecte, produite cent quarante ans après le texte authentique qu’elle prétend modifier. Il faut cependant noter qu’il existe à quelques pas d’Auvers, sur la rive droite de l’Oise, un petit village nommé Cordeville, dont le nom s’écrivait autrefois Cordeuille. On pourrait lire alors :

Nommé Cordeuille en mon surnom.

Quoi qu’il en soit, l’épitaphe de Fauchet, prise au sérieux par quelques biographes, contestée par le plus grand nombre, avait fini par être généralement abandonnée comme apocryphe, et Villon était redevenu Villon comme devant lorsqu’un érudit moderne, M. Campaux, lui intenta un nouveau procès.

D’après M. Campaux, le nom de Villon est un nom d’emprunt ; car, d’une part, on voit le poëte, dans le Petit Testament, laisser « son bruit », sa renommée à maître Guillaume Villon, en l’honneur de qui elle résonne par le monde. C’est donc un écolier dont la gloire rejaillit sur le nom de son maître. Dans le Grand Testament, il parle du même personnage, devenu cette fois maître Guillaume de Villon, qui a été « son plus que père ». Ce n’est pas son père, car son père est mort, il le dit expressément. Était-ce son parent, son grand-père, par exemple ? M. Campaux se refuse à le croire, parce qu’au huitain XXIII du Grand Testament Villon se plaint d’être abandonné de tous les siens.

J’avoue que j’ai résisté longtemps à l’opinion de ceux qui, comme M. Campaux, et avant lui M. Nagel (Essai critique sur Villon), niaient que Villon fût le vrai nom du poëte. Une de mes meilleures raisons de douter, c’est que M. Campaux appuyait son hypothèse sur une déduction évidemment erronée, relative à Jehan de Calais ; et, de ce que la preuve était mauvaise, j’avais conclu un peu vite que la proposition était fausse.

Mais une découverte très-précieuse que je dus, dès l’année 1859, à l’obligeante libéralité de l’administration des Archives de l’empire, sans expliquer le lien mystérieux de François Villon avec Guillaume de Villon, me fit connaître le vrai nom du poëte ; et s’il n’en résulte pas une complète vérification de l’hypothèse de M. Campaux, j’avoue qu’elle en reçoit un caractère de grande probabilité.

Voici cette pièce inédite. Le monde littéraire en appréciera comme moi la valeur, puisque ce premier, cet unique document authentique concernant notre poëte, m’a donné d’un seul coup ses noms, son âge, sa demeure, et un épisode important de sa vie, hélas ! trop agitée.

(Archives impériales, Chartres, CLXXXVII, 1454-1458 (Charles VII), JJ. 187. — Pièce numérotée CXLIX.)

Charles, par la grace de Dieu roy de France, savoir faisons a tous presens et a venir. Nous avons receu humble supplicacion de maistre Francois des Loges autrement dit de Villon, aagé de vingt six ans ou environ contenant :