Notice sur Jean Letellier, peintre du XVIIe siècle... par C. Lecarpentier,...

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impr. de F. Baudry (Rouen). 1817. In-8° , 8 p..
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Publié le : mercredi 1 janvier 1817
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NOTICE
SUR
JEAN LETELLIËR,
DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
NÉ A ROUEN ,
Par C. LECARPENTIER , Professeur de l'Ecole publique de Dessin
et de Peinture de Rouen, de l'Académie royale des Sciences (
Arts et Belles-Lettres, de la Société' d'Emulation de la même
ville, de l'Athénée des Arts, de la Société philothecnitjue de
Paris, de l'Académie de Caen, etc»
LE sort des hommes modestes et salis intrigue est de
rester presque inconnus de leur vivant , même dans leur
propre patrie, et suivant l'adage du celèbre Restaurateur (I)
de la poésie française : la palme naît au pied du cer-
cueil.
L'artiste dont je vais parler $ offre un exemple
frappant de cette etonnante verite. Le peintre Letellier
traversa une carrière assez longue , presque unique-
(I) Malherbe.
aient occupé à decorer de ses tableaux les églises
paroissiales, pour la plupart fort sombres , et celles «de
diverses communautés religieuses de cette ville ; sou*
Vent même dérobés aux regards, au sein de ces asyles
solitaires , ils demeurèrent presque nuls pour sa gloire.
Aucuns des écrivains qui se sont occupés de l'histoire
de Rouen , n'ont rien dit sur cet artiste habile, ni sur. ses
ouvrages; comme si, par une fatalité inconcevable, il
dût être destine' à rester dans l'oubli ; ces écrivains ,
peu sensibles sans doute aux charmes des arts, n'ont pas
manque' de citer avec emphase les mausolées des grands,
et l'épitaphe du plus simple bourgeois.
Letellier, quoique très-occupé à de grands travaux
d'église , a cependant travaille' pour l'intérieur de quel-
ques maisons particulières ; on connaît de lui des sujets
d'histoire enchâssés dans des lambris, et de fort beaux
portraits ; mais ces ouvrages restèrent exclusivement pla-
cés dans l'intérieur des maisons, et on sait assez d'ail-
leurs ce que deviennent les portraits de famille, Iorsqu'a-
près un siècle ou deux le costume en paraît si ridicule
qu'on les envoie du salon au grenier , et souvent leur
dernière destinée est de pourrir dans les sombres réduits
des brocanteurs.
Ainsi lés ouvrages de Letellier restèrent presque igno-
rés jusqu'au moment où les troubles arrivés en France
les révélèrent au grand jour, et l'on fut tout surpris d'une
découverte aussi inattendue.
Le dix-septième siècle, si fertile en grands talents, vit
naître à Rouen Jean Letellier, lequel, suivant Fèlibien (I)
dans sa Vie dès Peintres , fut le neveu , l'élève du Poussin'
et son légataire pour une partie de ses biens.
(I) Tome 2, page 368, édition in- 4°.

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