Notice sur les bains de Lamalou (Hérault) suivie de quelques observations médicales par des docteurs de la Faculté de médecine de Montpellier et de Paris...

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1869. In-16.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1869
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NOTICE
••■;\ SUR LES
Mm DE LAMALOU
^(HÉRAULT).
Suivie de quelques observations médicales par
des docteurs de la Faculté de médecine
de Montpellier et de Paris.
GRANDES AMÉLIORATIONS
DESCRIPTIONS DES THERMES
HYDROTHÉRAPIE,
MONTPELLIER
IMPRIMERIE TYPOGRAPHIQUE DE GRAS
1869
NOTICE
sus
IpIA^DE LAMALOU (Hérault)
L'emploi des eaux minérales devient si répandu en
raison des immenses services qu'elles rendent, qu'il est
bon de faire un choix convenable parmi le grand nom-
bre de celles qui, a des titres divers, sont journellement
recommandées.
Combien de personnes qui, sansconsulterunmédecin,.
et sur une renommée quelquefois un peu usurpée, s'ad-
ministrent des eaux sans s'inquiéter si le mal dont elles
vont leur demander la guérison est toujours justiciable
de leur emploi !
Le choix d'une eau minérale est toujours difficile et
souvent grave. Sa composition chimique,dont on peut,à
priori, déduire les propriétés thérapeutiques, et l'expé-
rience, sont les seuls moyens d'en faire connaître toute
la portée médicale.
Le caractère connu des eaux de Lamalou, en général,
et celles de Lamalou-du-Cenlre en particulier, s'adresse
tout d'abord à une certaine classe de maladies caracté-
risées par l'ensemble de phénomènes qui constituent
l'asthénie si variée dans les manifestations, et dont la
plus évidente, comme la plus commune, est la déglobu-
lation, ou l'appauvrissement du sang.
Ordinairement les stations thermales se dépeuplent
_ 2 -
dans les premiers jours d'octobre. Cependant, pour les
ulcères aloniques, les tumeurs indolentes, pour les
tumeurs blanches, etc., l'aclion des eaux est d'applica-
tion logique et efficace avec un air sec et froid.
Les affections nerveuses, soit qu'elles siègent dans
l'appareil ganglionnaire, soilqu'ellesdépendent de quel-
que ébranlement du système nerveux central, trouveront
d'heureuses chances de guérison dans les eaux de La-
malou. Les affections cutanées, lichen-prurigo, etc., sont
combattues avec succès à Lamalou-du-Ccnlre, à moins
que ces accidents ne coïncident avec quelques vices
héréditaires, avec quelque syphilide, auxquels il faut
préalablement opposer une médication spéciale.; les
eaux minérales viennent ensuite terminer la cure.
La chôloro-anémie des jeunes filles, celle desfemmes
épuisées, tous les troubles fonctionnels qui dépendent
de la faiblesse, de l'inertie de l'utérus, l'aménorrhée,
la dysménorrhée, les flux leucorrhéiques abondants, la
stérilité, trouveront d'immenses ressources dans les eaux
de la source Bourges, prises en bains, en douches, en
lotions, lavements, etc., et, pour ces divers cas, la saison
d'automne réussit quelquefois mieux que la saison d'été.
Deux genres de malades fréquentent les eaux : les vrais
malades et les malades d'aventure; ceux-ci d'humeur
fantaisiste, pénétrés de leur omniscience ou guidés par
une sorte d'instinct qui ne peut pas les tromper; ceux-
là, vrais moutons de Panurge, allant à celte source, du
moment que tout le monde y va, décidés, d'après le dire
d'un voisin, d'une commère, interrogeanttoulle monde,
excepté le médecin, ou, s'ils le consultent, le faisant avec
tant de légèreté qu'ils ne sortent pas du vague des pré-
jugés les plus vulgaires. Dans l'ensemble des malades
que nous venons de signaler, se groupent les coureurs
d'eaux, voyageurssansbut sérieux, indifférents à la qua-
lité distinctive des sources, àleur moded'administralion,
mais recherchant les plaisirs qui les accompagnent et les
distractions qu'on peut y trouver.
Les vrais malades ne procèdent point ainsi : long-
temps d'avance ils consultent un médecin, et, une fois
— 3 -
fixés sur la situation thermale qui semble devoir réunir
le plus de chances favorables, ils s'enquièrent d'un pra-
ticien local, capable de les bien diriger; d'un logement
commode et gai, situé hygiéniquement; d'une bonne
pension et du temps du séjour qu'il faut y rester. Tel ou
tel logement n'est pas indifférent sous le rapport de
l'hygiène; les maisons généralement petites ne devraient
contenir qu'un nombre de personnes en rapport avec
leur étendue, mais le contraire a lieu souvent; aussi,
lorsque plusieurs personnes habitent la nuit une pièce
trop petite, voit-on quelquefois des accidents dus au
manque d'air respirable; ces accidents se manifestent
plus généralement chez de jeunes enfants ou de jeunes
gens faibles ou débilités par des affections chroniques.
Ce genre d'indisposition ne se limite pas aux organes
respiratoires, mais également à ceux qui sont déjà affai-
blis par un état morbide plus ou moins ancien. Il n'est
pas besoin d'ajouter qu'une saison de bains passée dans
des conditions semblables ne doit être que peu favorable;
on ne saurait donc trop recommander aux malades d'évi-
ter de s'entasser en nombre sous la même habitation, et
de choisir de préférence des pièces grandes et bien aérées.
RÉGIME A SUIVRE AUX EAUX
Extrait du manuscrit de M. le Dr PÂTISSIER
«Alimentation. — Dans le traitement des affections
chroniques, le régime alimentaire joue le principal rôle ;
c'est le point capital de la cure. La diététique alimentaire
doit coïncider avec l'emploi des eaux minérales; ses rè-
gles doivent être formulées avec soin, car elles concou-
rent puissamment au résultat que l'on recherche. Nous
ne connaissons pas de médicament ni de source miné-
rale qui puisse guérir une affection lente sans assujettir
celui qui la porte à des modifications plus ou moins gê-
nantes dans sa manière de vivre. Sans un régime alimen-
taire bien ordonné, les eaux minérales n'ont qu'une
puissance très-restreinte; en effet, bien qu'elles soient
un stimulant nécessaire pour solliciter l'emploi des for-
ces, pour exciter un effort salutaire de la nature, elles ne
fortifient point, à proprement parler : une alimentation
appropriée peut seule augmenter le fond des forces; il
est donc essentiel de la faire concourir avec le traite-
ment thermal. Plus une source minérale est active, plus
il faut avoir égard à la nourriture. En France, dans la plu-
part de nos thermes, on se prévaut trop de l'efficacité du
remède et pas assez du moyen nécessaire à le secon-
der. On mange généralement trop.
» Une grande sobriété dans les repas doit donc être
le mol d'ordre dans les thermes; en mangeant peu, on
ne porte pas dans le sang de nouveaux matériaux d'irri-
tation; on favorise l'absorption inlcrsticielle et la réso-
lution des engorgements chroniques; les organes diges-
tifs n'étant pas fatigués, les eaux minérales passent bien
et les substances alimentaires sont mieux élaborées. Ce-
pendant, manger moins dans les thermes que chez
soi, est un précepte inapplicable dans la pratique et au-
quel peu de valétudinaires peuvent obéir, parce que, les
eaux convenablement employées ayant la propriété d'é-
veiller promptemenl l'appétit, de faciliter la digestion, le
besoin d'une nourriture plus copieuse devient plus im-
périeux ; seulement cet appétit doit être satisfait dans
de justes limites, et la quantité d'aliments doit être
proportionnée à la force digeslive.
» Les aliments qu'on doit préférer sont ceux qui pas-
sent bien, qui se digèrent facilement. On a l'habitude
de défendre l'usage des légumes, et surtout des fruits,
qui, dit-on, s'accordent mal avec l'action des eaux mi-
nérales. Cette prohibition ne nous paraît fondée ni sur
le raisonnement ni sur l'expérience; à notre sens, c'est
à tort que l'on impose aux malades de semblables
privations. Les eaux thermales déterminent presque tou-
jours dans l'économie de la chaleur et un certain degré
d'excitation; l'usage de fruits bien mûrs et de légumes
frais ajoutés aux viandes ne peut que modérer cette ex-
citation. Le régime mixte estceluiqui convientle mieux:
en effet, la physiologie a démontré que la véritable nu-
— 5 —
trilion résulte, non d'une seule substance alimentaire,
mais du concours de substances azotées et végétales.
» Les valétudinaires dont l'estomac n'est générale-
ment pas en bon étal doivent s'abstenir des aci les
forts, des aliments épicés (du gibier), des viandes sa-
lées, fumées, des légumes secs, des pâtisseries et des
boissons trop excitantes.
» S'il faut en croire M. Miathe, l'usage des fruits aci-
des, considéré jusqu'à ce jour comme incompatible
avec le traitement des eaux alcalines, peut être relevé
d'une trop longue proscription; bien plus, si pendant
l'emploi des eaux on fait usage de fruits contenant des
sels alcalins tels qu'en renferment les fraises, le raisin,
et surtout les cerises, Palcalisation de l'économie est
beaucoup plus marquée que si l'eau avait été administrée
seule.
» Loin de les proscrire, il convient au contraire de les
rechercher toutes les fois que les fonctions digestives et
assimilantes le permettent. Ces aliments conviennent
surtout dans le traitement des maladies qui réclament
des eaux alcalines à haute dose; en y ayant recours, on
arrive à une alcalisation suffisante avec une ingestion
moindre d'eaux minérales; par contre dans la cure de la
gravelle par les cerises, et surtout par l'usage du raisin,
on arriverait à des résultats plus prompts et plus satis-
faisants en joignant à ce traitement l'usage de l'eau al-
caline. »
Les eaux de Lamalou, source Bourges, réussissent gé-
néralement dans ces cas.
LAMALOU
Dans la partie nord-ouest du département de l'Hé-
rault, à quelques kilomètres de Béziers et de Bédarieux,
un vallon rétréci, couvert d'une riche végétai ion, s'ouvre
dans la vallée de l'Orb, à côté du joli village du Poujol;
de nombreuses sources d'eaux minérales et thermales
sourdent échelonnées à diverses hauteurs : c'est le
vallon de Lamalou.
Les collines de Lamalou, tantôt abruptes et sauvages
— 6 —
tantôt riches de sites gracieux, offrent un vaste champ
de distractions pour l'esprit et d'exercices propres à
fortifier le corps ; l'air âpre et vivifiant de la montagne,
les courses aux hameaux suspendus sur les pentes ra-
pides et dans les taillis de châtaigniers, sont des auxi-
liaires puissants du traitement médical et une source de
jouissances pour les personnes qui, par devoir ou par
affection, accompagnent les malades.
Le botaniste, l'entomologiste, l'antiquaire, le minéra-
logiste, y trouveront d'amples moissons à faire.
La chasse y est abondante ; on pêche de belles truites
saumonées dans la rivière de l'Orb.
Situé au centre du déparlement, le vallon de Lamalou
est mis en communication directe avec les principales
villes du Midi par de belles routes et par le chemin de
fer de Graissessac, qui se relie à Béziers au chemin de
fer du Midi. Celte heureuse situation lopographique,
l'anéantissement des dislances par l'établissement des
voies ferrées, tout concourt à donner à ce vallon ther-
mal le rang que la valeur thérapeutique de ces eaux doit
lui faire occuper. Un service télégraphique a été établi
et fonctionne depuis peu. Pendant longtemps un seul
établissement de bains a exploité une des diverses sour-
ces auxquelles celte gorge donne naissance; plus lard,
un nouvel établissement fut créé au haut de la vallée, a
1 kilomètre de distance.
Entre ces deux établissements, au milieu de cette
abondance d'eaux thermales ferrugineuses, et au bas
d'une colline ombragée de châtaigniers séculaires, se
trouve Lamalou-du-Cenlre. C'est là qu'une nouvelle
source d'eau thermale a été découverte, il y a quelques
années, d'une manière presque providentielle.
Un vieillard septuagénaire des environs, perclus de
douleurs que rien n'avait pu calmer, fatigué de prendre
d'autres bains sans soulagement, se fit descendre dans le
trou où il avait remarqué cette source.
Nous laissons les autorités locales rapporter ce fait ;
« Nous, soussignés, Ferdinand Ferret, maire de la com-
mune de Villecelle; Delmas et Bernard, conseillers mu-
— 7 —
nicipaux, déclarons el attestons que le sieur Denis, de
l'Orb, âgé de 70 ans, perclus de douleurs qui le privaient
de l'usage de ses membres, se faisait descendre dans le
trou où il avait remarqué la source Bourges, à Lamalou-
du-Centre, el qu'après y avoir pris une trenlaine de
bains, il fut entièrement guéri, jeta ses béquilles, et
marcha comme avant sa paralysie, aux yeux de tout le
public.
» Fait à la mairie de Villecelle, le 25 juillet 1857.
» Signé : F. FERRET, maire; DELMAS, BERNARD, adj. »
Depuis lors, un établissement confortable a été créé,
des piscines particulières et communes, sont convenable-
ment aménagées el reçoivent une eau qui se renouvelle
constamment; une galerie de baignoires, plusieurs ca-
binets de douches complètent les thermes.
Un établissement hydrothérapique a été annexé à l'éta-
blissement thermal; en J8G8, des appareils de douches
des plus complets y sont établis ; hydro-mélangeur, avec
douches latérales et bains de pluie, douches en cercles
avec pomme d'arrosoir, partielles el générales ; bains
de vapeur, avec fumigation térébenlhinéc, bains de
siège à eau courante; douches intérieure et extérieure.
Un grand el bel hôtel, à la portée de toules les
bourses, esl mis à la disposition des baigneurs.
Cet hôlel, tenu par le sieur Bourges, ancien cuisinier
du duc d'Orléans, esl le plus confortable de la vallée et
à proximité des trois établissements thermaux.
Le prix des chambres varie de 1 fr. à 4 Ir. par jour;
la table d'hôle, 5 fr. par jour; la deuxième table, 5 fr.
On peut trailer de gré à gré avec les personnes qui
arrivent en famille. Des petites salles à manger sont dis-
posées pour les personnes qui veulent manger en par-
ticulier. On trouve dans l'Etablissement des chambres
avec cuisines pour les personnes qui veulent faire leur
ménage.
L'eau bue sur place est gratuite pour les personnes
logées dans l'Etablissement même.
— 8 —
Prix des Bains et des Douches
Bains de piscines. . If. 25 c.
— de baignoires. 1 50
— de siège ord'°. » 75
— de pied » 50
— de vapeur sim- >
Ele ou téré- 2 s
enthiné.... )
— de siège à eau
courante.... 2 i
Douches simples ... If. » c
— écossaises. 1 25
— ascendan-
tes 1 s
— utérines.. • 1 t
— en cercle.. 2 »
— générales i
du bain ! 2 »
de siège.\ .
En résumé, le prix de séjour à rétablissement varie
entre 6 à 12 fr. par jour, toutes dépenses comprises.
EXTRAIT DU RAPPORT
de la Commission des Eaux minérales
SUR LES EAUX DE LAMALOU-DU-CENTRE
Au commencement de février 1848, M. le Ministre
du commerce consulta l'Académie de médecine sur les
propriétés et la composition chimique de l'Eau minérale
de Lamalou-du-Centre, pour l'exploitation de laquelle
une demande d'aulorisalion avait été faite. M. 0. Henry,
chimiste de l'Académie, à qui la Commission déféra
ce travail, l'attentif contrôle de l'analyse, se plut à recon-
naître que les opérations auxquelles s'étaient livrés les
chimistes de l'Hérault avaient dû les conduire aux ré-
sultats annoncés par eux, et même cette analyse lui
parut si exacte et si méthodique qu'il la prit pour guide
de son propre travail dans le laboratoire de l'Académie.
Il résulte de cette analyse, de M. 0. Henry, que l'eau de
Lamalou-du-Centre est une eau ferrugineuse, alcaline,
carbonalée, sensiblement arsenicale.
Voici de quels éléments M. 0. Henry a trouvé cette
eau composée, et dans quelles proportions il en a con-
staté la présence dans un litre d'eau :
— 9 —
Acide carbonique libre (à Pans) 1/2 volume.
. j Quantité in-
Azote S déterminée .
Bicarbonate de d^ j ensemble.; 0,678
— de soude avec trace de potasse 0,420
— de fer, avec crénate el apocrénate. 0,031
SUlfateddee chauvi6—ble • °> 065
Chlorure de sodium 0,010
Silice et sélicate d'alumine i
Manganèse \ 0,025
Principe, phosphate (phosphate d'alumine) ) :
1,229 1/2
Principe arsenical j ^te
Matière organique « j wg,
1 gramme 229 millig. de principe salin par litre
d'eau, c'est peu pour la chimie, qui mesure et pèse;
mais cela est beaucoup pour les organes vivants et sus-
ceptibles, s'ils en reçoivent avec opportunité le contact
et l'action. L'autre source de Lamalou, voisine de celle-
ci, est composée de principes analogues par leur na-
ture ; elle en renferme des quantités encore moindres,
il est donc permis de croire que celle-ci ne lui est pas
inférieure en vertus. Il faut d'ailleurs remarquer que le
principe arsenical a paru plus abondant dans les résidus
ainsi que dans le dépôt ocrasse, puisque MM. Au-
douard, Bernard et Fraisse, si compétents pour de
telles analyses, surtout M. Audouard, de Béziers, n'ont
pas craint d'évaluer la quantité de cet arsenic à 24 par-
ties sur 100,000.
Or, Fowler et Pearson, par leurs formules consacrées,
MM. Biet et Roudin, par leurs expériences, par leur
pratique, nous ont appris quels puissants effets pro-
duit l'arsenic, même à de très-petites doses.
L'eau de Lamalou-du-Centre agit encore en raison
de sa thermahté, ce qui ajoute aussi aux propriétés
inhérentes des principes qu'elle recèle.
Ajoutons encore qu'elle est assez abondante pour ali-
menter un établissement particulier, outre que cet éta-
blissement viendrait en aide à son voisin, alors que
- 10 —
ce|dernier a trop de malades pour la quantité d'eau
dont il dispose.
En résumé, l'abondance des Eaux, leur thermalilé
bien avérée, leur nature ferrugineuse et bicarbonatée,
sont les molifs qui persuadent la Commission des Eaux
minérales de répondre à M. le Ministre qu'il y a lieu
d'auloriser l'exploitation de celle source minérale, la-
quelle paraît destinée à accroître les richesses hydrolo-
giques de l'Hérault.
Vu el adopté en séance publique le 27 octobre 1848.
Le Secrétaire perpétuel,
Signé : DUBOIS.
Paris, le 7 décembre 1848.
Vu le rapport ci-dessus, l'exploitation de cette source
est autorisée en se conformant aux obligations et
aux règlements relatifs aux Eaux minérales.
Le Ministre de l agriculture et du commerce,
Signé : TOUREL.
Par décret impérial, en date du 28 octobre 1808, les
sources minéralo-tbermales de Lamalou-du-Centre ont
été déclarées d'intérêt public, avec périmètre de pro-
tection.
Analyses faites sur les lieux mêmes par les chimistes
désiernés car M. le Préfet de l'Hérault.
BÉSULTAT DE L'ANALYSE :
Acide carbonique i
libre ou formant ! 1 lit. 6866
le bi-carbonate ) r
Azote 0,0084-
Carbon 10 d'amoniaq* 0,0005
Carbonate de soude 0.3677
— de magnésie. 0,0719
Sulfate de soude 0,0428
Chlorure de.sodium... 0,0092
Alumine 0,0055
Carbonate de chaux... 0.4275
Feraveccrén' 0, apocré1". 0,0221
Silice 0.0181
Sulfate de chaux 0,0270
Principe arsenical .... sensible.
Matière organiq» azotée 0,0242
1,0258
ANALYSE CALCULÉE :
Acide carbonique 3,6950
— sulfurique 0,0400
— phosphorique... traces
— cliloridrique 0.0065
— arsénique id.
— borique traces
Silice 0,0181
Alumine traces
Potasse
Soude 0,2197
Lithine
Chaux 0.2505
Magnésie 0,0347
Protoxide de fer 0,0137
Manganèse traces
Matière organique 0,0243
, 0,0000
— 11 —
Aujourd'hui, par des procédés spéciaux, on extrait
des sels naturels de ces Eaux, qui servent à la fabrica-
tion des pastilles et du chocolat ferrugineux, bombons
délicieux employés avec succès dans tous les cas où
l'indication du fer est nécessaire, et la commission
nommée par M. le Préfet de l'Hérault, à l'exposition
du 12 mai 18G3, a décerné à M. Bourges une médaille
d'argent à titre d'encouragement.
Les eaux minérales de la source Bourges s'expédient
partout, à raison de 40 c. la bouteille, verre et embal-
lage compris ; 1 fr. de plus pour les caisses au-dessous
de quarante bouteilles, port à la charge du destinataire.
Elles reviennent, rendues franco à domicile :
65 cent, à Paris, à Nantes, à Strasbourg.
60 cent, à la Rochelle, à Poitiers, à Dijon.
55 cent, à Bordeaux, à Lyon, à Nice.
50 cent, à Toulouse, à Marseille, à Valence.
S'adresser, pour toute demande d'expédition et autres
renseignements, à M. Bourges, propriétaire-gérant, à
Lamalou-du-Cenlre (Hérault).
Pour éviter les frais de relour d'argent, on est prié de
joindre à sa demande un mandat sur la poste franco à
domicile.
L'établissement thermal de Lamalou-du-Centre a été
remanié de fond en comble celte année (18G8). L'ancien
aménagement n'y est plus représenté que par les pis-
cines, encore ont-elles été augmentées, agrandies et revê-
tues de plaques de faïence. De grands cabinets, con-
tenant de spacieuses baignoires, permettent de donner
des bains à la température que l'on veut. Un bassin
d'eau surchauffée a été aménagé pour les personnes
qui veulent prendre les bains en baignoires à une tem-
pérature plus élevée que celle de la source.
— 12 —
Les bains en piscines sont donnés à la température
naturelle : 29 à 30 degrés centigrades.
Deux vastes bassins, l'un d'eau chaude, l'autre d'eau
froide, ont été contruits à 15 mètres au-dessus du
niveau de l'établissement thermal ; ils servent à alimen-
ter les douches, qui sont administrées dans des cabinets
bien installés et munis d'appareils nouveaux et variés ;
un hydro-mélangeur permet de donner des douches à
toutes les températures prescrites.
Un fauteuil à bain de siège à eau courante avec dou-
ches variées en arrosoir et douches utérines (modèle de
l'exposition de 1867 à Paris), un autre fauteuil pour
douches ascendantes rectales (modèle des plus nou-
veaux), et en outre le bassin d'eau froide a été disposé
de façon à alimenlerun service hydrolhérapique. Il com-
munique isolément, quand on le veut, avec les appareils
ci-dessus, et fournit l'eau nécessaire aux douches en cer-
cles composées de sept grandes pommes d'arrosoir, que
l'on peut à volonté remplacer par d'autres jets. Tous ces
appareils sortent de la maison Charles, de Paris.
Un appareil à bain de vapeur simple ou térébenthine
a été installé dans une pièce voisine du cabinet des dou-
ches, et permet de joindre la sudopalhie à l'hydrothé-
rapie. Une petite piscine a été établie dans le cabinet des
douches pour le cas où, après le bain de vapeur, l'im-
mersion dans l'eau froide serait préférable à la douche
hydrolhérapique.
Telle est, dans son ensemble, la nouvelle installation
balnéaire de Lamalou-du-Centre, qui est aujourd'hui la
plus complète et la mieux organisée du vallon de La-
malou.
— 16 —
Une nouvelle médication dont l'efficacité est vraiment
merveilleuse dans plusieurs maladies, telles que les né-
vralgies, la goutte, les rhumatismes et les catarrhes
chroniques sont les bains de vapeur térébenthines as-
sociés à l'hydrothérapie.
Ces bains agissent etpar leur température et par leurs
principes balsamiques, dont l'efficacité est reconnue
depuis très-longtemps dans le traitement de ces affec-
tions. Comme la plupart des remèdes héroïques, c'est le
hasard qui a découvert l'action salutaire des vapeurs
résineuses à une température élevée ; et c'est parmi les
ouvriers occupés à l'extraction de la poix que cette
découverte à pris naissance.
Leur travail consistait à tasser au fond du four les
copeaux résineux en couches superposées, sous une
température de 60 à 70°.
Sous l'influence d'une pareille température, la peau
est vivement stimulée, une diaphorèse abondante ne
tarde pas à s'établir, et, en outre, le patient, plongé dans
une atmosphère de vapeur oléo-résineuse, absorbe une
partie des principes balsamiques, qui exercent, comme
on le sait, une action élective sur la muqueuse des
voies respiratoires el génito-urinaires, sur les tissus
blancs, sur le système nerveux, et enfin sur la vitalité
des organes qu'ils modifient profondément. De là, l'ex-
plication des cures remarquables obtenues par ces bains.
Les ouvriers occupés à cette extraction qui étaient
affligés de douleurs ou de catarrhes rebelles en furent
promptement délivrés.
Ces guérisons firent du bruit. Les rhumatisants et les
catarrheux accourraient aux fours à poix pour se gué-
rir deleux maux; mais les cures avaient beau se multi-
plier, leur récit ne sortit pas pendant plus d'un siècle
(tant les innovations, même les plus utiles, ont de la
peine à se faire accepter) de ce coin des Alpes, où naquit
la nouvelle méthode; et ce n'est que depuis quelques
années que l'attention des médecins s'est enfin éveillée
sur cette puissante médication.
Des bains de vapeur térébenthines sont actuellement
— 17 -
établis à Lamalou-du-Centre el rendent déjà des ser-
vices éminents.
Un établissement hydrolhérapique a été annexé à
l'établissement Ihermal ; des douches des plus complètes
et des plus variées y sont établies.
EXTRAIT DU MÉMOIRE DE M. LE D' MOITESSIER
Professeur agrégé, chef des travaux
chimiques à la Faculté de médecine de Montpellier.
« Parmi les nombreuses sources que l'on rencontre
» dans le vallon de Lamalou, quatre seulement ont une
» température suffisamment élevée et sont assez abon-
» dantes pour alimenter des bains. L'identité de com-
» position qui existe entre deux d'entre elles réduit
» même le nombre à trois.
» Les différences relatives à la composition chimique
» de ces sources n'affectent guère que les proportions
i> de quelques éléments et ne peuvent avoir, au point de
» vue médical, qu'une médiocre importance.
» La quantité d'acide carbonique libre est plus fai-
» ble à Lamalou-le-Bas qu'à Lamalou-le-Haut, et plus
» considérable à Lamalou-du-Centre que dans les deux
» autres.
■<> Il est à remarquer que ces variations sont liées à
» celle de la température, et que la source, la moins
» chaude est la plus gazeuse.
» La quantité de gaz que laissent dégager celles de
» Lamalou-du-Centre est la cause d'une différence dans
» les sensations que produisent les bains ; on ne tarde
» pas à voir, en effet, une quantité de bulles gazeuses
» s'appliquer à la surface de la peau et donner lieu à
» un picotement et une rubéfaction plus considérable
" que ne le font les autres sources. Cette Eau présente
» dans sa composition chimique de grandes analogies
» avec celle de Lamalou-le-Bas et surtout avec celle
» de Lamalou-le-Haut. .,.....__
» Une des actions les p),u£"^etManïu-ables des Eaux
» de Lamalou est celle qtfreH-èàm'ierce!ryssur la circu-
- 18—.
» lalion. Dès lus premiers instants du bain celle-ci ac-
» quierl une plus grande activité, et le nombre des pul-
» salions s'accroît généralement de 4 à 5 par minute;
» mais cet effet n'est que passager, et le pouls ne larde
» pas à s'abaisser au-dessous de son rhythme normal,
» pour s'y maintenir pendant loute la durée du bain.
» Les bicarbonates alcalins suivent une progression
» inverse à celle de l'acide carbonique libre, sensible-
» ment égale à Lamalou-du-Cenlre et du Haut ; leurs
>• proportions augmentent d'une manière notable à La-
» malou-du-Bas.
» La proportion du fer est également sujette à quel-
» ques variations ; l'acide phosphorique suit sensible-
» blement les mêmes variations que le fer.
» L'arsenic et le cuivre sont des éléments constants
» dans les trois sources et leurs proporlions semblent
» ne varier que dans d'étroites limites.
» La chaux et la magnésie ne présentent que des dif-
» férences sans importance, et leur quantilé reste à
» peu près constanle.
» En résumé, les sources du Centre el du Haut,
» presque entièrement semblables entre elles, sont plus
» ferrugineuses el plus gazeuses que celle de Lamalou-
» le-Bas, qui est au contraire plus riche en bicarbo-
» nates alcalins et terreux.
>. De nombreuses observations, recueillies dans les
» trois établissements de Lamalou, monlrenl l'efficacité
» incontestable de ces thermes dans le traitement des
» diverses formes de l'affection rhumaLismale et des
» maladies nerveuses essentielles qui ne sont sous la dé-
» pendance d'aucune lésion organique. Elles pro-
» duisent aussi des effetsmerveillenx dans le trailemenl
» de la chlorose et de l'anémie, et guérissent comme
» par enchantement les diverses formes de cet étal
» pathologique.
», A quels principes chimiques doit-on attribuer les
» effets des eaux île Lamalou ? Quoique leur nature,
» essentiellement ferrugineuse, semble rendre compte
— 19 —
» de quelques-uns de ces effels, on ne saurait cependant
» expliquer leur action par celle des éléments qui la
» constituent isolément ; toujours est-il que les analo-
» gies chimiques qui existent enlre les sources des trois
» établissements sont confirmées par celle de leur ac-
» tion Ihérapeulique, et leur efficacité est la même
» dans le traitement des maladies semblables. Toute-
» fois, au milieu de ces analogies, le médecin dispose
» de quelques éléments variables: la lempéralure et la
» quantité d'acide carbonique libre.
» L'action des eaux de Lamalou adminislrée à l'inté-
» rieur n'est pas moins importante que celle que nous
» venons d'étudier, et le médecin peut tirer de leur em-
» ploi, soit seul, soil combiné avec celui des bains, des
» avantages incontestables.
» Parmi les sources employées comme buvette, la
» source de Capus el la source Bourges, toutes les deux
» situées à Lamalou-du-Cenlre, sont, sans contredit,
» les plus importantes de la vallée.
» L'Eau de Capus, ainsi appelée du nom de son pro-
» priétaire, paraît avoir une origine fort ancienne. Elle
» jaillit à fleur de terre et se rend dans un petit réser-
» voir en pierre, d'où elle s'écoule pour se perdre dans
» le ruisseau.
» Celle Eau, très-ferrugineuse, contient fort peu d'à-
» cide carbonique libre ; de sorte qu'elle ne tarde pas
» à abandonner la plus grande partie du fer qu'elle
» contient en dissolution. Parfaitement limpide à la
» source, elle laisse bientôt déposer un sédiment tort
» abondant, en dégageant une pelite quantité de bulles
» gazeuses; elle ne saurait être conservée, quelque
» soin que l'on prenne à boucher les bouteilles qui la
» renferment, et deux ou trois heures suffisent pour
» lui faire abandonner la plus grande partie de son
» fer: c'est là un grave inconvénient qui ne permet pas
» son transport.
» Ingérée à la dose de quelques verres par jour, elle
— 20 —
» amène généralement au début de la pesanteur de la
» tête et de l'embarras d'estomac ; ses effets purgatifs
» sont peu sensibles, à moins qu'on en fasse un usage
» exagéré; la faible proportion de ses principes minéra-
» lisaleurs rend facilement compte de celle différence
» d'action selon les doses. Enfin, après quelques jours
» de traitement, les malades ne tardent pas à éprouver
» une (unification puissante, qui se traduit de diverses
y manières, selon la nature des états pathologiques. »
La source Bourges, située aussi à Lamalou-du-Centre,
à quelques mètres seulement de celle de Capus, avait
attiré mon attention en 1860. Elle arrive à la surface du
sol par un trou de sonde d'une, profondeur de 25 mètres.
Un dôme de maçonnerie en recouvre l'orifice et met
ainsi, à son émergence, l'Eau minérale à l'abri des in-
fluences athmosphériques. Sur mon invitation, le pro-
priétaire a bien voulu faire découvrir l'orifice du trou de
forage; j'ai alors assisté à un phénomène remarquable
que je n'avais encore observé sur aucune source du
vallon. L'eau s'élève à la surface du sol, entraînant avec
elle une quantité de bulles gazeuses qui lui donnenll'ap-
parence d'un liquide en ébulilion. Après avoir atteint
une hauteur de 30 centimètres au-dessus de l'orifice, le
niveau s'abaisse rapidement, pour remonter à une hau-
teur moindre que la première. Le jaillissement cesse
de nouveau -après quelques secondes et se reproduit en-
suite pour atteindre sa hauteur maximum. Sa tempéra-
ture est de 26°,7 el n'a subi depuis cinq ans aucune va-
riation. Abandonnée au contact de l'air, elle laisse dé-
poser un sédiment oercux. Conservée au contraire dans
des bouteilles bien bouchées, elle ne subit aucune al-
tération, et j'ai pu constater que, même après plusieurs
années, elle n'avait perdu aucune de ses propriétés. Sa
saveur, très-acidulée, est légèrement slyplique. Quanta
sa composition, elle a été aussi invariable que sa tempé-
rature. La nouvelle analyse que je viens d'effectuer con-
corde de la manière la plus complète avec celle que j'ai
déjà publiée en 1860.

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