Notice sur les eaux minérales de Pougues (Nièvre)

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au siège de l'établissement (Pougues). 1866. In-8°. Pièce.
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Publié le : lundi 1 janvier 1866
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NOTICE MEDIGALE
SDK LES
EAUX MINÉRALES
DE POU GUE S
(NIÈVRE)
POUGITES
AU SliGE DE L'ÉTABLISSEMENT
ET A LA MAISON DE VENTE, 60, RUE CAUMARTIN
PARIS
ÉTABLISSEMENT HYDRO-MINÉRAL
.t
DE FOUGUES
SAISON DU 15 MAI AD 1S OCTOBRE
EAU ALCALINE, FERRUGINEUSE, IODÉE & GAZEUSE
LA PLUS AÏÉRITIVB
et la plus reconstituante de toutes les eaux minérales
CHEMIN DE. FER DE LYON-BOURBONNAIS
STATION SE FOUGUES, A CINQ HEURES DE PARIS
BUREAU DE TÉLÉGRAPHIE PRIVÉE.
Etablissement Itytli'oti»érapiat*e comptée
Service médical : M. le docteur ROUBAUD, médecin-directeur
CASÏNO GRANDIOSE, SALONS DE LECTURE ET DE JEUX
HÔTELS ET APPARTEMENTS MEUBLÉS, BALS, THÉÂTRE, CONCERTS
Pour tous renseignements ou, demandes d'eau minérale,
s'adresser au Directeur de l'Établissement, à Pougues (Nièvre),
ou au dépôt ceatral, 60, ru,e Gaumarlia, à Paris.
EAUX MINÉRALES
DE POUGUES
OUVRAGES
D'HYDROLOGIE MÉDICALE
Du Dr Félix ROUBAUD'
Médecin directeur des Eaui minérales de Pougues.
LES EAUX MINÉRALES DE LA FRANCE, I VOl. in-12 4 »»
L'HYDROTHÉRAPIE, LES BAINS DE MER ET LES EAUX MINÉ-
RALES DE L'ÉTRANGER, 1 vol. in-12 4 »»
POUCL'ES, SES EAUX MINÉRALES ET SES ENVIRONS, 1 VOl.
in-12, 3e édition, orné de gravures 4 »»
TROUBLES DE LA DIGESTION. — MALADIES DES VOIES UIU-
NAIRES AU POINT DE VUE DES EAUX DE POUGUES...... 1 »»
IDENTITÉ D'ORIGINE DE LA GRAVELLE, DE LA GOUTTE,
DU DIABÈTE ET DE L'ALBUMINURIE, in-8° 2 »»
RAPPORTS SUR LE SERVICE MÉDICAL DES EAUX DE POUGUES
(couronnés par l'Académie, impériale de médecine),
in-8° i SO
Tous ces ouvrages se trouvent chez l'éditeur, Librairie-Nouvelle, 15,
boulevard des Italiens, Paris.
NOTICE MEDICALE
SUR LES
EAUX MINÉRALES
DE POUGUES
(NIÈVRE)
POUGUES
AU SIEGE DE L'ÉTABLISSEMENT
ET A LA MAISON DE VENTE, 60, RUE CAUMARTIN
PARIS
—//'//
DÉPÔT DES EAUX DE POUGUES
60, RUE CAUMARTIN, A PARIS
NOTICE MEDICALE
SUR LES
EAUX MINÉRALES
DE POUGUES
NOTICE HISTORIQUE
La petite ville de Pougues, qui |possède les sources
d'eau minérale qui vont nous occuper, est une station
du chemin de fer de Paris à Lyon, ligne du Bourbon-
nais, à égale distance — 12 kilomètres — de Nevers,
chef-lieu du département de la Nièvre, et de la jolie
petite ville de la Charité-sur-Loire.
Les sources de Pougues sont situées au milieu d'une
campagne riche et des plus salubres, dans un pays
coupé par des collines heureusement boisées, de larges
vallées fertiles en produits variés, où l'air, chargé des
principes vivifiants que lui fournissent les bois envi-
ronnants, circule en liberté.
6 NOTICE MÉDICALE
Outre les beautés naturelles de la vallée, on y trouve
les magnifiques forges de Fourchambault et de Gué-
rigny, qui ne lassent jamais la curiosité des touristes.
Aussi tous les voyageurs qui ont visité Pougues
s'accordent-ils à regarder cette petite ville comme un
séjour privilégié.
Des restes de briques à rebord, des fragments de
colonnes, des débris de marbres étrangers, portant
l'empreinte de leur siècle et de leur origine, ont mon-
tré aux archéologues que les fils de Rome, si fanatiques
des eaux minérales, étaient aussi venus à Pougues.
Le moyen âge, comme partout ailleurs, n'a pas
laissé de traces de son passage, et il faut arriver à
Henri III pour voir les eaux minérales de Pougues
entrer en faveur : « Mon bien-aimé Miron, dit un jour
« le roi à son premier médecin, je me sens tout en-
te voussé (ensorcelé). » « Sire, répondit ce dernier, les
« sorciers qui rendent Votre Majesté malade ne sont
« pas de ceux qui se servent de grimoires ; je suis
« aussi grand sorcier qu'eux, j'ai une eau mcrveil-
« leuse qui jaillit des sources de Pougues, buvez-en et
«( vous guérirez. »
Henri, dans l'intérêt de sa santé, obéit à son mé-
decin, vint à Pougues, et s'en retourna guéri.
Catherine de Médicis y vint également quelques an-
nées plus tard, et sa reconnaissance pour le bien que
lui procurèrent les eaux fut si vive, qu'elle fit bâtir un
couvent près de la principale source. Cet établisse-
SUR LEg EAUX MINÉRALES DE POUGUES. 7
iment a disparu, mais il reste une inscription qui té-
moigne du sentiment'qui détermina sa construction.
Il ne faudrait pas croire que ces pèlerinages royaux
à Pougues fussent isolés ou spontanés; les rois y
avaient été précédés et y furent suivis par leurs sujets;
ils n'y vinrent que sur la recommandation de méde-
cins qui connaissaient la valeur des eaux et avaient
recueilli à leur égard des observations qui pourraient
■encore aujourd'hui servir de modèle; c'est vers cette
•époque que furent écrits les traités spéciaux de Pidoux
et de du Fouiiloux, ouvrages où figure un grand
nombre de faits estimables par la précision d'un dia-
gnostic motivé et de fdéductions sur l'efficacité des
eaux de Pougues.
A une époque un peu plus rapprochée de nous, Jean
Blanc, dans son Histoire générale des eaux de France,
s'exprime ainsi : « Comme les sources de Pougues sont
« les premières potables médicamenteuses, j'ai jugé à
* propos d'en traiter tout oVabord. » Puis suit un éloge
justifié par des faits cliniques.
Deux autres médecins, Costel et Raulin, ont, à peu
d'années de distance, écrit dans un esprit semblable
l'apologie des eaux qui nous occupent. Enfin, pour
clore cette série de citations, nous devons mentionner
l'oeuvre du docteur Courrade, qui, cédant au genre lit-
téraire de son époque, publia Y Hydre Pouguoise, sorte
d'allégorie médicale, où les maladies de la femme sont
rangées sous sept chefs dont les eaux font justice. Sous'
8 NOTICE MÉDICALE
cette forme mytologique, l'auteur a écrit une oeuvre
très-sérieuse, renfermant les preuves d'un grand nom-
bre de guérisons des affections utérines multiples qui
font le tourment de tant de femmes.
Les médecins du temps ayant une idée si avanta-
geuse des eaux de Pougues, il était naturel que les
malades affluassent à ses sources.
L'histoire a eonservé le souvenir des plus illustres.
Henri IV vint prendre les eaux une première fois
en 1603, pour des coliques néphrétiques; puis deux
autres fois pour la goutte, en 1604 et 1605.
Dans la collection de sa correspondance on trouve
plusieurs lettres fort intéressantes, dans lesquelles on
suit, presque jour par jour, les progrès de la guérison
sous l'influence des eaux.
Ainsi, le 5 juillet 1603, il écrit au landgrave de
Hesse : « Afin que vous sachiez où me trouver, je vous
« dirai que j'ai été assailli d'une espèce de colique né-
« phrétique et que j'achèverai demain de prendre les
« eaux de Pougues, desquelles je vous assure que je me
« trouve merveilleusement bien. »
Guéri de cette maladie, Henri IV est atteint de la
goutte en 1604. Il écrit à M. de Rosny : « Je vais
« partir prendre les eaux de Pougues. »
. 12 juillet (au duc d'Epernon) : « Je continue à
« prendre les eaux de Pougues. »
20 juillet (au même) : « Je prends les eaux et je vais
« de mieux en mieux. »
SUR LES EAUX MINERALES DE POUGUES. 9
25 juillet (au connétable) : « Mon compère, j'ay
« achevé de prendre les eaux de Pougues, de quoy je
« me trouve merveilleusement bien. »
Expression qui s'est déjà rencontrée dans la lettre
de 1603.
Enfin, Henri IV revint en 1605, et il écrivait, le
4 août, à M. de Rosny : « Je n'ay pas laissé de prendre
« mes eaux, que je reconnais m'estre fort utiles et
u salubres. »
Ce sont là de royaux certificats dont Pougues peui
se montrer fier.
Les rois Louis XIH et Louis XIV prirent également
les eaux de Pougues, et ce dernier s'en trouva si satis-
fait qu'il rendit un édit pour que le transport des eaux
fût fidèlement accompli. A côté de ceux des chefs de
l'État, des noms célèbres sont attachés à l'histoire de
Pougues. Marie de Gonzagues, le cardinal de Retz, la
duchesse de Longueville, madame de Montespan, le
prince de Conti, vinrent à ces sources et y laissèrent
des traces de leur reconnaissance.
C'est le prince de Conti qui fit planter la belle avenue
de tilleuls qui conduit aux sources, et qui commença
le parc qui existe aujourd'hui.
A si noble compagnie, il fallait pour directeur des
eaux un homme illustre. Ce poste fut confié à maître
Adam Billaut, le menuisier-poëte de Nevers, ce Vir-
gile au rabot, ainsi qu'on l'appelait alors.
10 NOTICE MÉDICALE.
Maître Adam célébra sa bienvenue par des vers
charmants, qu'on retrouve dans ses oeuvres.
Cette vogue attachée aux eaux de Pougues s'est
toujours conservée aux yeux de nos célébrités médi-
cales modernes. Et au nombre^des médecins qui en-
voient leurs malades à Pougues ou qui recommandent
ses eaux minérales, nous pouvons citer MM. Andral,
Barth, Beau, Bouchardat, Bouchut, Bouillaud, Blache,
Cloquet, Cruveilhier, Danyau, Demarquay, Depaul,
Grisolle, Guersant, Jobert de Lamballe, Maisonneuve,
Marjolin, Michon, Nélaton, Pidoux, Rayer, Ricord,
Rostan, Ségalas, Tardieu, Trousseau, Velpeau, etc.
ANALYSE CHIMIQUE
ET PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES
Pougues possède deux sources : la plus ancienne,
dite Saint-Léger, est destinée à la boisson ; ses eaux,
dont la captation est parfaite, sont très-abondantes en
tout temps de l'année; la deuxième, découverte en
1833, sert à l'administration des bains et des douches.
L'eau pour la boisson est froide et très-gazeuse ; sa
température est de 12 degrés, sa pesanteur spécifique
de 1003°,12; examinée à la source, elle paraît en
ébullition; le bouillonnement est produit par le déga-
gement d'acide carbonique qui s'y rencontre en grande
quantité : puisée dans un verre, elle est limpide, ino-
dore, de saveur aigrelette, piquante, alcaline.
Autrefois ces eaux ont été analysées par Duclos,
Geoffroy, Costel et Hassenfratz.
MM. Boullay et Henry ont entrepris, en 1837, nne
nouvelle analyse, et ont ainsi établi la composition de

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