Nouveau traité du change... par Edmond Degrange,...

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Hocquart (Paris). 1801. In-8° , VIII-403 p..
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Publié le : jeudi 1 janvier 1801
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NOUVEAU TRAITÉ
DU CHANGE,
DE L'IMPRIMERIE DE LARAN.
A N 10.
CONTENANT un cours com plet d'opérations et
d'arbitrages de banque , un traité du pair des
changes étrangers, et de la valeur intrinsèque
et numéraire des monnaies , etc.;
PAR EDMOND DEGRANGE,
Auteur de LA TENUE DES LIVRES, RENDUE FACILE,
Professeur et Arbitre en matière de Commerce,
à Bordeaux.
PRIX: 5 francs 25 cent. à Paris et à Bordeaux.
Et 6 fr. 5o cent. , franc de port, pour toute la France.
AJF AU S,
Chez , Jjibraire , rue de la Harpe , N°. 23g,
vfs^a-vis la rue serpente.
A BORDEAUX,
- Chez~ CHAPUIS, place de la Liberté, n°. 11.
Chez~ L'AUTEUR, même maison, entrée par l'Impasse.
~FILLIATRE, frères, au Chapeau rouge.
AVERTISSEMENT.
CE nouveau traité du change suppose au lec-
teur la connaissance des règles les plus usitées
de l'arithmétique ( * ) ; mais les opérations de
banque présentent tant d'objets particuliers
d'étude, qu'un ouvrage qui les développerait
avec ordre, avec clarté et précision, serait d'une
grande utilité.
Une infinité de cahiers incohérens de chiffres ;
de prétendues explications entassées pêle-mêle,
sans ordre et sans liaison; des enseignemens re-
butans par leur nature et leur obscurité , dont
on a composé d'énormes volumes sous le nom
de Cours d'opérations de banque ou de chan-
(*)Je publieraiincessamment mon Arithmétique
appliquée à tous les usages du commerce; cet ouvrage;
le Traité du Change et ma nouvelle méthode d'en-
seigner la tenue des livres, connue sous le titre de
TENUE DES LIVRES , RENDUE FACILE , etc. , doivent com-
poser un cours complet d'instructions sur la compta-
bilité des négocians, qui sera suivi d'un Traité des
monnaies et d'un Essai sur la Législation du Com-
merce ; mais comme je ne puis donner à ces derniers
ouvrages que les courts momens d'intervalle que me
laissent les devoirs de mon état, ils ne paraîtront que
successivement.
iv A V E R T I S S E M E N T.
ge, etc. , ont dégoûté depuis long-tems les bons
esprits des ouvrages écrits sur cette matière.
J'ai cru devoir me frayer une route nouvelle ;
j'ai défini le Change en lui-même; j'ai recherché
les causes de ses variations; j'ai essayé de les
démontrer , d'expliquer les principes de ses
différentes opérations, ptr le secours de l'ana-
lyse, et j'ai observé un ordre didactique dont
ce sujet n'avait pas encore paru susceptible,
afin de rendre la lecture de ce nouveau Traité,
utile et commode pour les personnes instruites;
et afin que les explications qu'il renferme fussent
en même tems assez claires et assez élémentaires
pour être à la portée des élèves qui ont l'esprit
le moins exercé.
C'est principalement pour l'usage de ces der-
niers que j'ai donné une longue explication de
la règle conjointe, et que je suis entré dans des
détails que j'aurais pu abréger de beaucoup , si
je n'avais pas eu en vue de dissiper tous les
doutes qui retardent ordinairement leurs
progrès.
Il entrait naturellement dans le plan de cet
Ouvrage de traiter de la valeur des monnaies ,
et particulièrement de leur valeur intrinsèque.
Je voulais aussi déterminer la quantité d'or ou
d'argent pur contenue dans les monnaies y qui
AVERTISSEMENT. V
sont le prix d'un certain poids de ces métaux
purs : un tarif fait sur ces principes , et qui au-
rait présenté au premier coup d'œil la quantité
d'or ou d'argent fin monnayé, que les particu-
culiers reçoivent en retour d'un poids donné
d'or ou d'argent pur, hors d'œuvre, me parais-
sait d'une grande utilité ; mais , outre que les
changemens fréquens des poids et des titres des
monnaies m'en ont détourné, je n'ai pas pu me
procurer encore les mémoires nécessaires, et j'ai
été obligé de me borner à quelques exemples ,
en indiquant néanmoins la manière de faire
les opérations arithmétiques, relatives à tous les
exemples semblables que l'on pourrait proposer.
J'ai comparé en plusieurs endroits les mon-
naies de différentes nations aux poids et aux
anciennes monnaies de France , quoiqu'elles ne
scient plus de cours, parce que les étrangers
sont habitués à en faire la comparaison, et que
le rapport des anciens poids français aux nou-
veaux, et des anciennes monnaies aux nouvelles
étant bien déterminé, ils feront plus facilement
la comparaison de ces dernières avec les leurs
par l'intermédiaire des anciennes.
La valeur intrinsèque des monnaies étant la
base de toutes les spéculations de banque, je
, me suis sur-tout attaché à indiquer les moyens
de la connaître et de la déterminer au besoin.
vj AVERTISSEMENT.
J'ai fait toutes les opérations par le moyen
de la règle conjointe , tant parce que les ba-
rèmes et les tables ne peuvent comprendre les
changemens imprévus des titres et des poids
des monnaies , que par la raison qu'un bon
négociant voudra toujours être en état de vé-
rifier, ou même de faire ses opérations de
change sans aucun secours étranger. Ainsi,
quoiqu'il puisse paraître des ouvrages qui pro-
poseront d'abréger ces opérations par des
moyens dignes d'être adoptés, la règle con-
jointe sera toujours utile à toutes les personnes
qui ne voudront pas s'exposer à être dans l'im-
puissance d'opérer un calcul sans leur barême
ou leurs tables.
J'ai peut-être donné un trop grand nombre
d'exemples de changes étrangers , de changes
indirects, d'arbitrages , etc., etc. ; mais j'ai cru
ne pas devoir abandonner cet avantage à des
auteurs qui ont négligé tous les autres (*), et
(*) Ce Traité de Change contient les changes
dont Ruelle a composé un gros volume, et les
arbitrages dont le même auteur a composé un second
volume; il contient en outre le traité du pair et de
la valeur intrinsèque des monnaies , ainsi que les
explications nécessaires qui composent toute la pre-
mière partie.
AVERTISSEMENT. vij
j'ai tâché de réunir tous les objets de pratique à
ceux du raisonnement.
On sait que la méthode analytique exige une
suite naturelle d'idées simples : je conseille donc
aux personnes qui ne connaissent pas les opéra-
tions de banque, et qui voudront apprendre à
les faire par le moyen de cet ouvrage , d'en lire
avec attention les commencemens, et de ne pas-
ser à l'étude d'un chapitre qu'après avoir bien
entendu ceux par lesquels il est précédé (*).
Je signerai et numéroterai tous les exem-
plaires de cet ouvrage, et j'en ai remis deux à la
bibliothèque Nationale, conformément à la loi.
afin que personne ne se croie en droit de le faire
réimprimer sans ma permission: enfin , je m'en
réserve la propriété exclusive, et je mets cette
édition sous la sauve-garde des bons citovens.
( * ) J'ai réduit le reste des opérations relatives au
pair des anciennes monnaies de France, en fractions
ordinaires, afin que les résultats fussent d'une rigou-
reuse exactitude; mais, pour faciliter les opérations
de banque, j'en ai le plus souvent réduit les restes eu
fractions décimales : ainsi, les chiffres qui seront sé-
parés des autres par une virgule, exprimeront des
parties décimales, soit des nouvelles monnaies de
France , ou des monnaies étrangères, à la suite des-
quelles elles se trouveront placées.
EXPLICATION
Des signes et abréviations employés dans cet
Ouvrage.
: Ces deux points signi- 1. s. livre sterling.
fient est à. av. fr. avec frais.
: : Ces qualre points si- s. fr. sans frais.
gnifient comme. - 1. livre.
= Ces deux lignes tit. titre.
sont le signe de l'éga- éc. écu.
lilé. gr. grains.
fr. francs. ryd. ryder.
flo. florins. déd. déduction.
m. marcs. con. comirission.
mara. maravedis. o/o. pour cent.
AVERTISSEMENT.
Les nombres que l'on trouve entre deux paren-
thèses, dans plusieurs endroits dece livre, indiquent
le numéro où on doit aller chercher la démonstration
de la proposition sur laquelle on s'appuie dans ces
endroits.
A l'égard des numéros, ils sont au commence-
ment des alinéa. Malgré l'attention donnée à l'im- >
pression de ce livre, il s'y est glissé quelques
fautes; lorsqu'on les rencontrera, il sera aisé de |
les reconnaître, et il faudra consulter l' Errata. j
!
TRAITÉ
D U C Il A N G E.
PREMIÈRE PARTIE.
DU CHANGE.
LIVRE PREMIER.
SUJET DE LE LIVRE.
LE change a pour objet d'éviter le
transport des monnaies, en opérant le
paiement des dettes réciproques des
nations, par le moyen des lettres de
change.
Il établit un commerce d'argent et de
lettres de change entre les particuliers
qui ont des dettes à payer dans diffé-
rens pays, et ceux qui ont des fonds à
y recouvrer.
1
S DU CHANGE.
Les dettes réciproques des nations
sont Punique cause de ce genre de
commerce , et leur compensation en est
l'effet ou le résultat.
Il faut démontrer ce principe sur le-
quel repose toute la théorie de la science
de la banque , dont les combinaisons
vont être développées.
Mais comme l'objet principal de ce
livre est d'expliquer les opérations de
èhange, il ne sera plus considéré que
sous le rapport du commerce qu'il éta-
blit entre les particuliers.
CHAPITRE PREMIER.
Du change, considéré sous le rapport du
commerce qu'il établit entre les particuliers.
1. ~O N comprend, en général, sous le nom
de change, toutes les manières de troquer ou
de donner un objet pour un autre ; mais on
donne, en particulier, le nom de change au
commerce de l'argent.
LIV. PREM. CHAP. PREM. 5
Le change , ou le commerce de l'argent,
se divise en change menu et en change réel,
que l'on appelle plus simplement le change ou
la banque.
2. Le change menu consiste à prendre des
monnaies défectueuses , étrangères ou hors de
cours, pour des monnaies de cours , moyen-
nant un léger bénéfice.
On ne considère, dans ce commerce, que le
poids et le titre des monnaies que l'on prend,
ou que la valeur intrinsèque (*) de la matière
dont elles sont composées. C'est un achat pur
et simple de métaux fait par des marchands ,
que l'on appelle changeurs.
5. Le change consiste, pour les négocians
de chaque pays (**), à vendre l'argent qui leur
est dû dans différentes villes de leur pays et
de l'étranger, aux personnes qui leur en paient
la valeur (4).
(*) Voyez le numéro (loi).
(**) Le change n'est considéré , dans ce premier
chapitre , que relativement aux opérations aux-
quelles il donne lieu entre les particuliers ; il le sera
dans la suite sous ses rapports généraux (i3). Il est
indispensable qu'il le soit sous le premier aspect,
pour expliquer clairement en qupi consistent ses
opérations pour les particuliers.
4 DU CH ANGE.
On considère, dans ce commerce, la valeur
intrinsèque de l'argent que l'on vend, et celle
de son intérêt, des frais et des risques de son
transport ; parce que toute vente faite dans un
lieu J de l'argent qui doit être reçu dans un
autre lieu , par le moyen des lettres de change y
ayant pour objet d'épargner à l'acheteur ou au
vendeur les frais et les risques du transport de
cet argent, ainsi que la perte d'intérêt qui en
résulte, Vun des deux contraclans exige tou-
jours de l'autre un bénéfice proportionné au
besoin qu'a celui-ci d'éviter ce transport.
Les négocians qui ne font que ce genre de
commerce, sont appelés banquiers.
4. Chacune des ventes qu'un négociant fait
à un autre , des fonds qui lui sont dus dans une
des villes de son pays ou de l'étranger , a lieu
par le moyen des lettres de change.
Les ventes de cette nature constituent ce
que l'on appelle les opérations de banque ou
de change.
LIV. PREM. CHAP. SEC. 5
CHAPITRE SECOND.
Des lettres de change. 1
5. IL E lettre de change est un ordre qu'un
banquier, ou tout autre personne habitant un
pays quelconque , donne à un de ses débiteurs,
ou de ses correspondans d'un autre pays , de
payer , au porteur de cet ordre, la somme qui
y est énoncée, et dont il déclare avoir reçu la
valeur.
Ce qui produit une lettre de change est une
vente d'argent à recevoir dans un autre lien
que celui où la vente en est faite.
Trois choses essentielles sont nécessaires
pour constituer une lettre de change : *
1 °. Il faut qu'elle soit tirée (*) d'une place ,
où sa valeur a été reçue pour être payée dam
une autre place, à une époque déterminée.
Ainsi, une lettre tirée de Paris sur Paris , est
un ordre pur et simple , un mendat ordinaire,
et non pas une lettre de change.
(*) Tirer une lettre de change sur une personne
résidant dans une ville quelconque, c'est écrire une
lettre à cette personne, dans laquelle on lui ordonne
6 DU CHANGE.
2°. Qu'il intervienne trois personnes qui
doivent y être dénommées ; savoir : celle qui
tire la lettre, que l'on appelle le tireur (*),
celle au profit de qui elle est tirée, qu'on
appelle le preneur (**) , et celle sur qui la
lettre a été tirée, c'est-à-dire, à qui elle est
adressée, et qui doit en payer la valeur.
5°. Que la lettre de change porte que le
tireur en a reçu la valeur du preneur, soit en
argent, en marchandises, en compte, en autres
lettres de change ou en toute autre nature d'ef-
fets, dont mention doit être faite.
Autrement elle ne peut être qualifiée du nom
de lettre de change.
En voici la forme la plus ordinaire :
Bordeaux, ce 2 vendémiaire, an 9. B. P. 2ooo Ir.
Dans trois mois fixe de ce jour, payez par
cette première de change (***), à l'ordre du
de payer la somme exprimée dans cette lettre à celui
qui en est porteur.
(*) Le tireur d'une lettre de change est celui qui
vend la somme qui y est exprimée.
(**) Le preneur d'une lettre de change est celui
qui achète la somme qui y est exprimée.
(***) Première de change ; on fait une seconde et
LIV. PRF. M. CHAP. SEC. y
C. Du pré, la somme de trois mille francs,
valeur reçue comptant, que passerez suivant
l'avis de votre serviteur,
D u M E SNI L.
Aux citoyens
MICHEL, frères, Banquiers à Paris.
Les lettres de change forment une sorte d'o-
bligation d'une nature toute particulière, non-
seulement entre les contrats sous seing privé y
mais encore entre tous les autres contrats , en
ce que ces derniers n'assujétissent pas les per-
sonnes de tous les états à la jurisdiction des
tribunaux de commerce, et à la contrainte par
eorps , comme les lettres de change.
Lorsqu'elles sont acceptées (*), elles obligent
au moins trois personnes; savoir: le tireur, le
preneur et l'accepteur (*). Le tireur est obligé
une troisième lettre de change. En cas que la pre-
mière s'égare, on présente l'une des deux autres )
que paie celui sur qui elle est tirée , la première ne
l'étant pas.
(*) Accepter une lettre , c'est s'obliger à la payer.
L'acceptation se fait par la personne sur qui la lettre
est tirée , par ces seuls mots : « Accepté le.
brumaire, an.» suivi de la signature. Celui
qui accepte, est, dès lors , appelé accepteur.
8 DU CHANGE.
de faire acquitter sa lettre de change dans le
tems et le l'eu convenus; et, en cas de non-
paiement , il est contraint, par corps , à en
rembourser le montant au preneur. L'accep-
teur, ou celui sur qui la lettre est tirée , est
obligé de la payer à son échéance, sous la
même peine ; et le preneur doit en recevoir,
ou faire recevoir le montant à son échéance ,
dans le lieu où elle doit être acquittée , ou
faire protester dans le délai prescrit par la loi
contre le défaut de paiement, sous peine de
perdre son recours contre le tireur (*).
6. Une lettre de change payable à une épo-
que déterminée, et revêtue de l'acceptation
de la personne sur laquelle eUe est tirée , est
une représentation exacte de la somme qui y
est énoncée. Par exemple , une lettre de mille
francs 2 tirée de Bordeaux sur Paris , est la
représentation exacte de cette somme métal-
lique de 1000 fr.; elle lui est parfaitement
égale quant au résultat, puisque le porteur de
cette lettre recevra effectivement, par son
moyen , 1000 fr. à Paris, à l'époque de son
échéance : 1000 piastres sur l'Espagne , on
(*) Voyez l'ordonnance de commerce de 1673,.
pour avoir de plus grands détails.
LIV, PREM CHAP. SEC. <)
1000 marcs luhs sur Hambourg, représentent
également les 1000 piastres ou les 1000 marcs
lubs qui y sont énoncés , et ainsi des autres.
7. Les lettres de change sont tellement la
représentation des fonds dont on a fait la ces-
sion par leur moyen , que la vente de ces
fonds et celle des lettres , n'est qu'une même
chose. Par exemple, vendre à Paris 1000 liv.
sterlings (*) , qui doivent être reçues à
Londres , c'est vendre la lettre de change,
par le moyen de laquelle le preneur recevra ,
dans Londres, les 1000 liv. sterl. dont cette
lettre est la représentation; et, réciproquement,
tirer uile lettre de change de 1000 livres sterl.
sur Londres, la vendre, céder ou négocier (**),
c'est vendre les 1000 liv. sterl. que cette lettre
représente.
8. Les lettres de change étant ainsi le signe
(*) La livre sterling est une monnaie idéale (43)
d'Angleterre. La livre sterling vaut 20 s. st. ; le sol
sterl., 12 d. st. Le change étant à 3o d. st., la livre
sterl. vaut 24 liv. tournois.
(**) Tirer une lettre de change , la vendre , céder
ou négocier , sont synonimes dans la langue des
banquiers. Indiquer la vraie signification des termes
dont ils se servent, c'est démontrer tout ce qui
paraît difficile à concevoir dans leurs opérations.
10 DU CHANGE.
représentatif des monnaies (7), ceux qui en
sont porteurs peuvent les employer aux mêmes
usages que l'argent, les donner en paiement
de marchandises ou d'autres lettres de change ,
les céder, transporter , négocier , vendre ou
changer, en écrivant au dos l'ordre pur et
simple (*) de les payer au nouveau preneur,
qui déclare en avoir reçu la valeur, afin que
ce dernier puisse en disposer de la même
manière et ainsi de suite.
9. Le change (5) consistant dans la vente
qu'un négociant fait à un autre des fonds qui
lui sont dus dans différens lieux , et la vente
de ces fonds y ou celle des lettres qui en
sont la représentation n'étant qu'une même
chose (7), il en résulte que le change , le
commerce de l'argent dû aux négocians dans
différens lieux, ou le commerce des lettres de-
change ne sont qu'une même chose.
10. Les lettres reçoivent des noms différens,
selon les rapports sous lesquels on les considère.
Une lettre , tirée par une personne sur un
de ses débiteurs ou de ses correspondans (7),
est appelée une traite ; celle qui est envoyée à
(*) Cet ordre se donne ainsi : « Payez à l'ordre
de. valeur reçue com ptant.
LIV. PREM. CHAP. SEC. 11
quelqu'un qui doiten faire le recouvrement, est
appelée une remise. Dans le premier cas la
lettre est un ordre de payer , dans le second
elle est un ordre au moyen duquel on doit re-
cevoir la somme qui y est énoncée.
11. Les lettres sont toutes payables à vue , à
terme fixe, à un , deux ou trois mois de date ,
ou à une, deux ou trois usances, etc. ( * ).
Les lettres payables à vue ou à terme fixe,
doivent être protestées sans aucun délai, en cas
de non paiement; celles payables à un nombre
déterminé de jours, de mois ou d'usances, jouis-
senten France d'un délai de dix jours de faveur,
après celui de l'échéance, y compris les fêtes ;
de manière qu'il ne faut les faire protester que
le dixième jour après l'échéance, ou la veille
6i le dixième jour est une fête.
Les délais de faveur ne sont pas les mêmes
chez les différentes nations commerçantes ;
l'usance qui est, en France, un terme de trente
jours, a un autre durée dans l'étranger.
Ces, différences seront indiquées dans le cha-
pitre qui traite des monnaies de chaque pays.
(*) L'usance est un tems dont la durée est dé-
terminée suivant l'usage de chaque pays, pour le
paiement des lettres de change. En France , c'est
un terme de trente jours.
12 DU CHANGE.
12. On attribue aux Juifs l'invention des let-
tres de change.
On prétend que s'étant réfugiés en Lombar-
die, après avoir été chassés de France sous
les règnes de Philippe Auguste en 1181 , et de
Philippe Lelong en 1316 , ils donnèrent à des
voyageurs des lettres, portant ordre aux per-
sonnes auxquelles ils avaient confié les fonds
qu ils n'avaient pu emporter de Francede les
remettre à ces voyageurs , lesquels en ayant
payé la valeur, pouvaient en disposer eux-
mêmes en France , soit pour payer les dettes
qu'ils y avaient contractées, ou pour payer les
achats qu'ils avaient a y faire.
D'autres l'attribuent aux Florentins, chassés
d'Italie par les Gibelins.
Les Florentins réfugiés en France, y intro-
duisirent en effet l'usage des lettres de change.
Les négocians de Lyon paraissent avoir été
les premiers à l'adopter.
Ce qui est certain , c'est que le change n'a
été assez connu en France pour que le gouver-
nement s'en occupât, que vers la fin du treizième
siècle , et il n'a été généralement adopté que
dans le quatorzième (+).
(*) La plus ancienne ordonnance où il soit parlé
du change, est de Louis XI, du mois de mars, 1462
LIV. PREM. CHAr. TROIS. 15
CHAPITRE TROISIÈME.
De l 'origine ou des causes du change, de sa
nature, de son objet et de ses effets (*).
13. LE change n'a pas été connu des anciens;
toutes ses opérations ne peuvent avoir lieu que
par le moyen des lettres de change , dont l'in-
vention est due aux modernes (i '2). Cependant,
pour remonter à son origine, et se former une
idée exacte de sa nature, de son objet et de ses
effets, relativement aux sociétés politiques , il
faut remonter aux conimencemens du com-
merce.
Celle de 1673 est la première qui ait établi, à leur
égard , des règles fixes et invariables jusqu'à nos
jours.
Leur usage n'a été introduit , dans le principe,
qu'entre les marchands et négocians. Il a été étendu
ensuite aux receveurs publics , et enfin aux person-
nes de tous les états.
(*) Une partie de ce chapitre est due à M. v. de
L. M. F.
14 DU CHANGE.
Le premier commerce entre les hommes se
fit par échange, et il ne consiste encore entre les
nations qu'en un échange des productions de la
nature et de l'art. Son premier effet fut d'aug-
menter les denrées de chaque pays, en augmen-
tant dans tous , les besoins de se procurer des
objets d'échange.
Quoiqu'il en soit, bientôt une nation se trouva
moins de marchandises à échanger que de be-
soins y ou celles qu'elle pouvait donner ne con-
venaient pas à la nation de qui elle en recevait ;
ou enfin à mesure que les objets , servant aux
échanges , se multiplièrent, leur appréciation
réciproque , devenue difficile, fit sentir la né-
cessité d'adopter des signes propres à fixer et à
représenter leur valeur.
Afin que ces signes fussent durables, suscep-
tibles de beaucoup de divisions, sans se détruire,
d'une même nature , ainsi que d'une même va-
leur dans tous les climats , on choisit les mé-
taux ; et on choisit ceux qui sont du moindre
volume , relativement à leur poids, pour en fa-
ciliter le transport.
L'or et l'argent devinrent la mesure com-
mune de la valeur des denrées dans tous les
pays commerçans, parce que la valeur intria-
LIV. PREM. CHAP. TROIS. 15
sèque ( * 1 des portions de ces métaux, intro-
duites dans le commerce, est nécessairement la
même en tous lieux.
Pour en faciliter la circulation et l'usage ,
entre les sujets d'un même état, et pour épar-
gner l'em barras de vérifier, lors de chaque
échange, le poids et le titre de la matière re-
présentative des valeurs réelles, on fixa le poids
et le titre que devaient avoir les morceaux d'or
et d'argent qui serviraient aux échanges, et
quoique chaque nation ait établi des règles par-
ticulières et différentes les unes des autres ,
quant aux quotités fixées, il en est toujours ré.
sulté les effets d'une loi générale, puisque le
poids et le titre de celles qui ont cours chez
chacune d'elles, ont été fixés et garantis par
l'empreinte des gouvememens.
i4. Ces portions d'or et d'argent , d'un cer-
tain titre et d'un certain poids, garantis par
l'empreinte des gouvernemens qui leur ont
(*) La valeur intrinsèque des portions de métaux
introduites dans le commerce , n'est autre chose que
leur poids en matière pure. Par exemple, la valeur
intrinsèque d'un marc d'or ou d'argent pur , n'est
autre chose qu'un marc d'or ou d'argent pur, et ne
peut être payée qu'avec une quantité de monnaies
Composées d'un marc d'or ou d'argent pur.
i t) - DU CHANGE.
donne cours (i5), sont ce qu'on appelle des
monnaies ; et les échanges qui se font des den-
rées pour des monnaies, sont appelés des achats
et des ventes , pour les distinguer des trocs
primitifs.
L'invention des monnaies fut ainsi le second
effet du commerce ; et en lui donnant des faci-
lités nouvelles , elle en augmenta rapidement,
en tous lieux , les progrès.
A mesure que le commerce s'étendit, le trans-
port des monnaies devint pénible. Les négo-
cians de différens pays contractèrent des dettes
entr'eux : bientôt un pays se trouva tout-à-la-
fois débiteur et créancier d'un autre pays,
parce que chacun achète des marchandises ainsi
qu'il en vend. On pouvait dès lors échanger ces
dettes réciproques , en donnant celles qu'on
avait à recevoir dans un pays , en paiement de
celles qu'on y devait : cependant ces dettes se
sont multipliées, et ont marqué long-tems le
dernier terme des progrès du commerce; parce
que les particuliers qui les avaient contrac-
tées , étant étrangers les uns aux autres , ne
voyaient pas comment cet échange peut avoir
lieu , et ne connaissaient d'autre moyen de se
libérer qu'en faisant transporter des fonds chez-
leurs créanciers.
LIV. PREM. CHAP. TROIS. 17
2
On inventa enfin les lettres de change (12).
Depuis les négocians qui ont des dettes à payer
dans des lieux éloignés, achètent ou prennent
des lettres de change aux personnes auxquelles il
est dû des fonds dans ces mêmes lieux, et ils
y envoient ces lettres en paiement de ce qu'ils
y doivent. Par ce moyen, l'argent que les né-
gocians d'un pays quelconque doivent dans
l'étranger, ne sort pas de leur pays, et sert à
payer les dettes qui y ont été contractées par
les étrangers, sur lesquels ils prennent des let-
tres de change, et réciproquement ces derniers,
en acquittant les lettres tirées sur eux , acquit-
tent dans leur pays les dettes que des étrangers
y avaient contractées .,. en paiement de celles
qu'ils avaient eux-mêmes dans d'autres pays. -
D'où il suit que les uns et les autres évitent
l'exportation de leurs fonds. p
14. La multiplicité des dettes réciproques est
donc l'origine du change; mais il n'a pu être
connu que depuis l'invention des lettres de
change, par le moyen desquelles toutes ses opé- ,
rations se font.
15. Sa nature consiste dans l'échange des
dettes réciproques. Si les dettes n'étaient pas
réciproques, toute opération de (h nge serait
impossible, et le paiement des marchandises ne
18 DU CHANGE.
pourrait être effectué que par le moyen drt
transport des monnaies; car comment pourrait-
on se procurer des lettres de change sur un pays
qui n'aurait lui-même aucune dette à payer?
ou quelle utilité résulterait-il de ces lettres , si
on les tirait à titre d'emprunt, puisqu'il fau-
drait ensuite en faire les fonds, en faisant trans-
porter des monnaies sur les lieux ; le rem bour-
sement de ces fonds ne pouvant y être fait avec
d'autres lettres qui ire seraient que de nouveaux
emprunts, ni même avec des marchandises,
attendu que dans la supposition de la non-réci-
procité des dettes, ces marchandises n'y se-
raient pas demandées.
16. L'objet du change est d'éviter le trans-
port des monnaies
Ses effets sont: 1°. la création d'un signe re-
présentatif des monnaies, c'est-à-dire, la créa-
tion des lettres de change, dont la circulation,
dans le commerce, est susceptible du plus grand
degré possible de rapidité 3
2°. Le paiement des dettes réciproques de$
nations, sans qu'elles exportent leurs fonds.
LIV. PREM. CHAP. QUAT. 1 t)
CHAPITRE QUATRIÈME.
Des dijférens rapports, sous lesquels on con-
sidère le change.
17. ~Il résulte de ce qui précède : i Il. que le
change considéré dans toutes les opérations
auxquelles il donne lieu entre les particuliers,
n'est autre chose que le commerce des lettres
de change, ou, en d'autres termes, que le com-
merce de l'argent, qui doit être reçu dans diffé-
rens lieux, par le moyen des lettres de change.
Et c'est sous ce rapport particulier, qu'il en
sera traité dans toute la suite de cet ouvrage ,
dont l'unique objet est d'expliquer les opéra-
tions de banque ou de change.
18. 2°. Que si on le considère dans ses résul-
tats pour les nations , sa nature consiste dans
l'échange de leurs dettes réciproques.
5". Que sous l'un et l'autre rapport, le paie-
ment de ce que les nations se doivent mutuelle-
ment, est opéré sans qu'elles exportent leurs
fonds , par l'effet naturel du commerce des leL-
tres de change,
:!J'O DU CHANGE.
19. On distingue le commerce des lettres de
change tirées dans chaque état sur les' villes
de l'intérieur, de celui des lettres tirées sur
l'étranger. Le premier comprend toutes les
opérations des changes intérieurs, et le second
toutes celles des changes étrangers.
20. Les opérations des changes de l'intérieur
consistent, dans chaque nation, à vendre oti
a céder des lettres dont la valeur doit être
reçue dans d'autres villes de la même nation
en même monnaie que celle qui a été donnée
pour les acquérir. Par exemple : le change in-
térieur consiste, pour les Français, à vendre
ou à céder des lettres de change sur différentes
villes de France, où les sommes énoncées dans
ces lettres seront payées à ceux qui en sont
porteurs, en monnaies de cours égales à celles
qui en ont été le prix.
21. Les changes étrangers consistent pour
les né'gocians de tous les pa ys, à vendre ou à
àcheter des lettres sur l'étranger, ce qui n'est
autre chose que vendre ou acheter les mon-
naies étrangères qu'elles représentent; car, par
exemple : prendre ou acheter en France une
lettre de change sur l'Angleterte, c'est acheter
et payer en argent de France une créance sur
l'Angleterre, ou plutôt c'est acheter des mon-
LIV. PREM. CHAP. QUAT. 21
l~ A ---l ------ --.&-
naies d'Angleterre , puisque cette créance doit
être acquitée en monnaies de cours de ce
pays là.
22. On * distingue deux objets principaux
dans le change : la vente faite dans un lieu
de l'argent qui doit être reçu dans un autre
lieu, et le prix auquel cette vente est faite,
que l'on appelle le prix du change.
LIVRE SECOND.
CHAPITRE PREMIER.
DU PRIX DU CHANGE.
>
ON distingue le prix des changes de
l'intérieur du prix des changes étrangers,
CHAPITRE PREMIER.
Du prix des changes intérieurs.
23. LORSQUE certaines circonstances, qui
vont être développées, n'influent pas sur la
valeur des lettres tirées dans chaque nation
sur des villes de l'intérieur, ces lettres ne
perdent ou ne gagnent rien à être échangées
pour l'argent qu'elles représentent. On en
donne la même somme de monnaie que 1 011
doit recevoir par leur moyen à leur échéance.
Celte parfaite égalité de valeur entre les
lettres et l'argent qu'elles, représentent, est ce
qu'on appelle le pair du change intérieur
LIV. SEC. CHAP. PREM. 23
Ainsi, lorsque le change entre deux villes
d'une même nation est au pair, les lettres de
l'une de ces deux villes sur l'autre n'ont d'autre
prix dans chacune que les sommes même qui
sont énoncées dans ces lettres. Par exemple : le
prix d'une lettre de change de 1000 fr., que
l'on veut échanger au pair en France, est
1000 fr. en argent. Le prix d'une lettre de
100 liv. sterl. , que l'on veut négocier en
Angleterre, est 100 liv. sterl. au pair; celui
d'une lettre de 100 florins, tirée d'une ville
de la Hollande sur une autre, est également
au pair, 100 florins en Hollande , et ainsi de
suite (*).
24. Mais le plus ou le moins grand besoin
que l'on a d'échanger les lettres pour de l'ar-
gent , et réciproquement d'échanger l'argent
pour des lettres , les facilités ou les difficultés
(*) Conséquemment les lettres de change sur de^
villes de l'intérieur, représentent, dans chaque
nation , le même poids d'or ou d'argent que celui
qui a été donné pour les obtenir , lorsque le change
est au pair ; car , par exemple , les 1000 francs que
l'on recevra en France, par le moyen d'une lettre
de pareille somme , seront payés en monnaies d'or
ou d'argent de même poids et de même titre que
celles qui ont été données pour payer le prix dQ
cette lettre.
24 DU PRIX DU CHANGE.
de cet échange, les frais du transport des
métaux qu'il épargne à l'un des deux contrac-
lans, les risques qu'il fait éviter, en un mot
sa convenance et ses frais ont une valeur dans
le commerce qui influe sur celles des lettres.
Ainsi elles gagnent ou elles perdent la plupart
du tems quelque chose à être échangées pour
de l'argent.
25. Le bénéfice ou la perte que fait sur la
valeur d'une lettre celui qui l'échange, la
cède ou la vend pour de l'argent, est ce qu'on
appelle le prix du change intérieur, ou plus
simplement le change.
Cette perte ou ce bénéfice n 'est ainsi nommé
que parce qu'il change presqu'à chaque cour-
rier, ou qu'il est sujet à des variations jour-
nalières.
CIIAPITRE SECOND.
Des causes des variations du prix des changes
de l'intérieur (*).
pi-iticipp-ie cause de ces variations eu
de l'altération du pair du change intérieur,
(*) M. v. de C. M. F., encyclo., art. du change.
LIV. SEC. CIIAr. SEC. 25
est l'abondance ou la rareté des créances des
villesd'un pays, sur d'autres villes du mémepays.
Ce qui va suivre en est la démonstration.
27. L'inégalité des ventes réciproques est
l'origine des dettes contractées dans chaque
ville par ses lial)itans , au-dessus de ce qui
leur est dû.
28. Si les dettes réciproques de deux villes
ne sont pas égales , l'échange des débiteurs ne
paiera qu'une partie des dettes de l'une de
ces deux villes ; elle sera obligée de payer le
surplus à l'autre en argent.
29. L'objet du change est d'épargner le trans-
port des métaux, parce qu'il est coûteux et
sujet à des risques ; par conséquent, chaque
particulier, avant de s'y déterminer, cherche
des créances sur le pays où il doit.
Ces créances sont plus difficiles à acquérir à
mesure qu 'elles sont plus rares : par consé-
quent, pour en obtenir la préférence, on les
paie au-dessus de leur valeur; si elles sont
communes , on les paie au-dessous.
Supposons que les marchands de Bordeaux
doivent aux fabricans de Paris 5o,ooo francs,
et que ceux-ci doivent 20,000 fr. aux négocians
de Bordeaux ; pour solder ces dettes, il faudra
faire l'échange des 20,000 fr. de créances ré ci-
26 DU PRIX DU CHANGE.
proques , et voiturer les 10,000 fr. excédent,
de Bordeaux à Paris , aux dépens des parti-
culiers de Bordeaux qui les doivent.
Supposons encore que les frais et les risques
de ce transport soient de 20 fr. par 1000 fr.,
ou ce qui est dans la même proportion , de
2 fr. par %, c'est-à-dire, à raison de 2 pour 0/0.
Chacun des marchands de Bordeaux tâchera
de s'épargner cette dépense ; il cherchera une
créance sur Paris, de 1000 fr. Mais comme ces
créances sont rares et recherchées, attendu
qu'il n'en existe que pour 20,000 fr., tandis
que Bordeaux doit à Paris 5o,ooo fr., chacun
des marchands qui a besoin de se les procurer,
en donnera 1010 fr. pour en avoir la préfé-
rence , et il épargnera , par ce moyen , 10 fr.
de frais pour 1000 fr.
Ainsi la rareté des lettres tirées de Bordeaux
sur Paris, fera baisser (58) le change au-
dessous du pair , en raison de 1 pour en
faveur de ces lettres ; et en général elles gagne-
neront plus ou moins à être échangées pour de
l'argent, en proportion de leur rareté.
3o. Le contraire arrive à Paris, où les lettres
de change sur Bordeaux sont communes ; les
fabricans de Paris , qui doivent aux négocians
de Bordeaux, leur donneront ordre de tirer
1.1 V. S F. C. CHAP. SEC. 27
des lettres sur eux , et de négocier ces lettres
à Bordeaux, pour leur compte, parce qu'il
savent qu'elles produiront 1010 fr., et qu'avec
j 000 fr. sur Paris, ils aquitteront par ce moyen
1010 fr. à Bordeaux: ou, s'ils prennent des
lettres sur Bordeaux, pour y acquitter ce qu'ils
doivent, ils les achèteront au même bénéfice
que celles sur Paris donnent à Bordeaux ; ainsi
le change haussera, au préjudice de Bordeaux ,
de 10 fr. par 1000 fr. , ou à raison de 1 pour
0/0 au-dessus du pair, parce que les lettres
sur Bordeaux sont communes ; et celui qui
prendra une de ces lettres de 1000 fr. , n'en
paiera que 990 fr. en argent.
5i. Il est clair que dans le paiement des
dettc& réciproques, Paris aura acquitté 1000 fr.
à Bordeaux avec 990 fr. , et que Bordeaux
n'aura pu acquitter 1000 fr, à Paris qu'avec
1010 fr. , parce que Bordeaux devait à Paris
10,000 fr. au-dessus de ce que Paris devait à
Bordeaux , et que les frais du transport de
cette somme étaient à sa charge.
Ainsi, le prix du change baisse à l'avantage
d'une ville , en proportion de ce qu'on lui doit
de plus qu'elle ne doit elle-même (*), et hausse
(*) Ce qui est dû à une ville ou à une nation au..
28 DU PRIX DU CHANGE.
à son désavantage en proportion de ce qu'elle
doit de plus qu'il ne lui est dû.
52. Si les dettes réciproques de deux villes
étaient égales , le besoin de les échanger étant
égal pour l'une et pour l'autre, le change serait
au pair, et ce n'est que dans ce cas assez rare
qu'il peut être au pair.
Mais comme deux villes qui trafiquent de
leurs denrées, font sans interruption de nou-
velles affaires, qui changent journellement la
somme de leurs dettes , le prix du change doit
nécessairement varier dans les mêmes pro-
portions.
Le change des lettres varie encore comme
les termes de leurs échéances.
Enfin les risques du transport, les sûretés du
paiement, l'intérêt de l'argent, et plusieurs
autres convenances , ayant une valeur dans le
commerce , les variations du prix du change
suivent nécessairement toutes celles de ces va-
leurs , produites par diverses circonstances qui
changent journellement.
53. D'où l'on doit conclure :
delà de ce qu'elle doit, est ce que l'on appelle la
balance de son commerce : il en est de même de ce
qu'elle doit au-delà de ce qui lui est dû.
LIV. SEC. CHAP. TROIS. 29
Que les causes des variations du prix du
change sont la plus ou moins grande rareté
des lettres, ou leur plus ou moins grande quan-
tité; la diversité des termes de leurs échéances,
des risques du transport et du non-paiement ;
et des circonstances qui déterminent à s'en dé-
faire ou à se les procurer.
CHAPITRE TROISIEME.
De la proportion dans laquelle le prix du
change intérieur est déterminé.
54. On a déjà vu que le profit ou la perte
que fait sur la valeur d'une lettre celui qui la
cède, est ce qu'on appelle le prix du change,
ou plus simplement le change.
Ce bénéfice ou cette perte se fixe a raison de
~1 ~4' 1, 2 ou 5 pour o o , plus ou moins.
Ainsi pour calcu ler le profit ou la perte
d'une lettre de 55oo francs, par exemple, à
raison de 2 pour o/o, il faut établir cette
proportion : -
100 : 2 : : 3500 : X Rép. 70 (*).
(*) Voyez le chapitre des changes intérieurs.
DU PRIX DU CHANGE.
Ces 70 fr. doivent être retranchés de la vel-»
leur de la lettre, si elle perd ; et par consé-
quent le preneur ne doit payer celle de 55oo E.
que 3430 fr. Ces 70 fr. doivent au contraire
être ajoutés au capital de la lettre , si elle
gagne; et par conséquent 1~ preneur doit lit
payer, dans ce dernier cas , 5570 fr., toujours
en suivant la supposition de l'exemple proposé.
Ceux qui savent calculer l'escompte d'un
billet, sauront donc calculer le profit ou la
perte d'une lettre de change, qui se détermine
de la même manière, sans qu'il soit néces-
saire d'ajouter ici de nouveaux renseignemens
35. Le profit ou la perte des lettres de
change étant déterminé en proportion de ce
que 100 doit perdre ou gagner , le change est
donc toujours déterminé à raison de deux
termes, dont l'un est fixe, certain ou inva-
riable , et dont l'autre varie seul journelle-
ment. Le terme fixe ou invariable est ioqj
le terme qui varie journellement est ~1/3, t, i 9
~3/4, 1 , 2 ou 3 plus ou moins, c'est-à-dire, est la
perte ou le profit de 100. -
Le premier terme est appelé le certain,
parce qu'il est toujours le même; l'autre est
appelé l'incertain, parce que sa grandeur est
LIV. SEC. CHAT. TROIS. Si
toujours incertaine , attendu qu'il est sujet à
varier à chaque instant.
56. Les négocians des différentes villes d'une
même nation envoient le cours du change des
villes qu'ils habitent, à leurs correspondans ,
ou on insère dans les journaux le cours de
change de chaque ville, comme ci-après:
Cours du change à Paris.
Bordeaux, 2 pour 0/0 perte.
Lyon, ~3/4 bénéfice, à 10 jours de vue.
Marseille, au pair.
Cela signifie: 1°. que les lettres tirées su*
Bordeaux perdent 2 pour o o à Paris, pour
être échangées pour de l'argent, et qu'ainsi le
preneur retient pour lui 2 pour o o sur leur
valeur, lorsqu'il la paie en argent.
2°. Que les lettres sur Lyon gagnent pour 0/0
à Paris , et qu'ainsi celui qui les prend, doit
payer pour o/o au banquier pour les obtenir,
outre leur valeur qu'il doit également lui payer
en argent.
5°. Enfin , que les lettres sur Marseille se
négocient au pair à Paris , c'est-à-dire , sans
perte ni profit, et qu'ainsi il faut en payer
exactement la valeur.
5c DU PRIX DU CHANGE.
57. Le cours du change ne contient que le
terme variable du prix du change, ou l'incer-
tain (55). On n'y fait pas mention du terme
iixe et invariable, ou du certain (55), parce
qu'aucun négociant n'ignore que ce terme
est 100.
58. La hausse ou la baisse du change s'en-
tend toujours des lettres de change ou du pays
sur lequel elles sont tirées.
Le change est bas, quand ce pays paie moins
de valeur réelle, en acquittant une lettre, qu'elle
n'en a coûté à l'acquéreur, ou en d'autres
termes , lorsque les lettres tirées sur ce pays
gagnent ( 29 ).
Le change est haut, quand ce pays paie
plus de valeur réelle , en acquittant une lettre,
qu'elle n'en a coûte à l'acquéreur ; c'est-à-
dire, lorsque les lettres sur ce pays perdent (5o).
Conséquemment, le profit ou la perte du
change s'entendent toujours des lettres de
change.
LIV. SEC. CHAP. QUAT. 33
5
CHAPITRE QUATRIEME.
Du prix cles changes étrangers.
39. Ijorsqite l'abondance ou la rareté des
lettres de change sur l'étranger n'influe pas
sur leur valeur, dans les pays où on les négocie,
leur prix est celui de la valeur intrinsèque (101)
des monnaies étrangères dont elles sont la re-
présentation; c'est-à-dire, leur prix est en tout
pays une quantité de monnaies de cours , com-
posées d'un poids d'or ou d'argent pur, égal
à celui des métaux de la même nature, dont
les monnaies, que ces lettres représentent,
sont composées elles-mêmes (*).
(*) Les lettres de change représentent les mon-
naies qui y sont énoncées (6). Les monnaies sont
des portions d'or ou d'argent ( 14 ) 5 les lettres de
change sont donc la représentation d'un certain
poids d'or ou d'argent', déterminé par la quantité
de monnaies qui y est énoncée (23).
Lorsque les lettres de change que l'on prend ou
que l'onnégocie sont, tirées sur des places étran-
gères , et que le change est au pair , la quantité do
monnaies de cours , qui en sont le prix dans le lieu
54 DU PRIX DU CHANGE -
Cette parité de valeur intrinsèque, ou, en
d'autres termes, cette parfaite égalité de poids
en matière pure, entre les monnaies repré-
sentées par les lettres sur l'étranger, et les
monnaies de cours qui en sont le prix dans le
lieu où on les négocie, est ce qu'on appelle le
pair du change.
CHAPITRE CINQUIEME.
De la proportion dans laquelle on détermine
le prix des changes étrangers.
4o. LES lettres sur l'étranger étant la repré-
sentation de plusieurs monnaies d'une même
espèce, comme, par exemple, une lettre de
change de i ooo piastres sur l'Espagne , au de
1000 marcs lubs sur Hambourg (6), et ainsi
des autres ; il suffirait de déterminer une fois
pour toutes , la quantité qu'une nation devrait
où on les négocie, doit donc être composée d'un
poids d'or ou d'argent égal à celui dont ces lettres
sont la représentation.
LIV. SEC. CHAP. CINQ. 35
donner de ses propres monnaies, en paiement
de la valeur intrinsèque d'une monnaie ou
d'une quantité toujours égale de monnaies
d'une autre nation , pour fixer le prix du
change de ces deux nations, s'il n'était pas
sujet à des variations journalières. Mais les
mêmes circonstances qui font varier le prix des
changes de l'intérieur , influent sur celui des
changes étrangers.
Ainsi, de deux nations qui changent en-
semble , l'une donne toujours à l'autre une de
ses monnaies , ou une quantité fixe de ses
monnaies , pour laquelle cette autre lui donno
en retour un prix plus ou moins grand, selon
les circonstances.
4J. Le prix variable qu'une place donne
de l'une des monnaies, ou d'une quantitéfixe
de monnaies de change d'une autre place,
est ce qu'on appelle le prix du change étranger.
42. Lorsque la quantité qu'une nation donne
de ses propres monnaies , pour une quantité
fixe de monnaies étrangères, est d'une valeur
parfaitement égale , par son poids et par son
titre , à celle de ces monnaies étrangères ;
cette parité de valeur intrinsèque (loi), ou
cette parfaite égalité de titre et de poids, est
ce qu'on appelle le pair du change.
56 DU PRIX nu CHANGE.
4«j. Il faut observer ici qu'outre les monnaies
réelles qui ont cours dans chaque état, on y
fait usage de monnaies idéales qui ne sont
proprement que des noms collectifs, qui
comprennent sous eux un certain nombre de
monnaies réelles, ou dont un certain nombre
comprend une monnaie effective, comme, par
exemple, la livre sterling d'Angleterre, qui
n'existe pas, mais qui comprend sous ce nom
,20 schellings ou 4 crowns ( écus), de ôscliellings
pièces, qui sont des monnaies réelles d'argent ;
et la livre tournois, qui n'existe pas non plus,
mais dont les trois comprennent sous le nom
de trois livres, un écu réel d'argent.
44. Ces monnaies établies pour la commodité
des calculs , et qui ne sont, à proprement par-
ler , que les noms que l'on donne dans chaque
état aux monnaies réelles .,, ont une valeur pu-
rement arbitraire, en ce que les gouvernemens
peuvent l'augmenter ou la diminuer d'un ins-
tant à l'autre , en changeant seulement le nom
de leurs monnaies effectives. Par exemple , le
gouvernement français pourrait diminuer de
moitié la valeur du franc , en doublant la
dénomination de l'écu de cinq francs , c'est-à-
dire, en décidant qu'il aurait cours en France
pour dix ( 57 ). j
LIV. SEC. CHAP. CINQ. 37
45. Mais les monnaies idéales n'ont pour les
nations étrangères que la valeur des monnaies
réelles , qu'elles comprennent sous leur déno-
mination ; et comme chaque nation ne prend
les monnaies effectives des autres y qu'au taux
de leur titre et de leur poids, tous les change-
mens de la dénomination des monnaies ne peu-
vent produire , pour celles qui les font, aucun
avantage sur le prix du change.
46. Les monnaies idéales sont appelées mon-
naies de compte ou de change, pour les distin-
guer des monnaies effectives.
On n'a pas cru pouvoir se dispenser d'entrer
ici dans ces détails , qui paraissent appartenir
par leur nature, au chapitre des monnaies ,
parce que le prix du change se détermine la
plus souvent en proportion de la valeur des
monnaies de change.
Le rapport de cette sorte de monnaies avec
les monnaies réelles , sera indiqué au chapitre
des monnaies.
38 DU PRIX DU CHANGE.
CHAPITRE SIXIEME.
Du certain et de l'incertain.
47. EN dernier résultat, le prix du change
est toujours déterminé en raison de deux
termes , dont l'un est fixe ou invaria ble, et
dont l'autre varie journellement.
Le premier est appelé le certain, parce qu'il
est toujours le même ; l'autre est appelé Vin-
certain, parce que sa grandeur est incertaine,
attendu qu'il est sujet à varier à chaque instant.
- 48. Ce que l'on appelle le certain, n'est
autre chose que la monnaie de change, ou que
la quantité fixe de monnaies de change qu'une
place donne aux autres, pour en recevoir un
prix plus ou moins grand, selon les circons-
tances. Par exemple, 100 écus ou 5oo livres
sont le prix certain que Paris donne toujours à
Dantzick, pour en recevoir 71 rixdales , plus
a moins. 100 marcs lubs sont le prix certain
qu'Hambourg donne toujours à Paris, pour
en recevoir 180 fr. , plus ou moins en retour.
Une piastre de change est le prix certain
que Cadix donne à Paris, pour en recevoir
4 fr. 25 c., plus ou moins ; et ainsi des autres.
LIV. SEC. CII A P. SIX. 59
49. Ce qu'on appelle l'incertain, est le prix
variable qu'une place donne de l'une des mon-
naies , ou d'une quantité fixe de monnaies de
change d'une autre place (*).
~52 d. d'Hollande. plus ou moins.
Par exemple:~ 30 d' Angleterre ~plus ou moins.
~499 rées de Portug.~ )
sont les prix incertains que la Hollande, l'An-
gleterre ou le Portugal donnent à la France ,
pour un écu de 3 fr., qui est le prix certain
qu'elle leur donne toujours en retour , et ainsi
des autres.
5o. Les négocians des différentes nations de
l'Europe envoient chaque courrier le cours des
changes de leur nation , à leurs correspondans,
ou on les imprime dans les journaux comme
suit :
Cours des changes ci Paris (**).
Londres 5o d. sterlings.
Amsterdam. 52 de gros.
(*) Lorsque ce prix est exactement celui de la
valeur intrinsèque ( loi) de la quantité fixe de mon-
naies que l'une des deux places donne toujours à
l'autre, ce prix est ce qu'on appelle le pair du
change.
(**) Les prix portés dans cette note du cours des.
40 DU PRIX DU CHANGE,
Lisbonne. 499 rées.
Dantzick. 77 rixdales.
Hambourg 180 francs.
Cadix. 4 fr.25 cent.
Ce qui signifie, 1°. que Paris reçoit de
Londres 5o d. sterl, d'Amsterdam 52 d. de
gros , et de Lis bonne 449 rées pour 5 fr., et
de Dantzick 77 rixdales pour 5oo fr. (49)
2°. Que Paris donne 180 fr. à Hambourg,
pour 100 marcs lubs, et 4 fr. 25 c. à Cadix,
pour 1 piastre ( 48 ).
Comme on le voit, les notes du cours des
changes de chaque place ne contiennent que
le prix variable que celte place reçoit de cha-
cune des autres (49), ou qu'elle donne à cha-
cune. On n'y fait aucune mention de la quan-
tité fixe de monnaies , ou du prix certain que
cette place donne ou reçoit en retour , parce
qu'il est connu de toutes les personnes qui en-
tendent le change.
51. Les deux termes du prix du change,
ou le certain (48) et l'incertain (49), sont les
bases sur lesquelles on calcule toutes les opéra-
tions de banque ou de change.
changes à Paris, ne sont donnés que pour servir
d'exemple : ils varient chaque courrier.
LI V SEC. CHAP. SIX, 41
52. Le pair du change de deux places se
calcule toujours sur la valeur du prix certain
que l'une donne à l'autre, et n'est autre chose
que la valeur intrinsèque de ce prix certain.
55. Le prix incertain du change est égale-
ment celui de la valeur intrinsèque du prix
certain , augmentée ou diminuée de la valeur
des frais , des risques et des retards du trans-
port des monnaies.
54. Le prix incertain est lui-même la base
du calcul de la valeur des lettres de change,
puisque c'est celui sur lequel on règle la valeur
des lettres sur l'étranger lorsqu'on les négocie,
ou, en d'autres termes, sur lequel on calcule la
réduction des monnaies étrangères , que ces
lettres représentent, en monnaies de cours.
55. Il importe de connaître avec exactitude
quel est le prix certain que chaque place de
commerce donne à chacune des autres , et quel
est le prix incertain qu'elle en reçoit en retour;
et comme la plupart donnent l'incertain aux
unes , et le certain à d'autres , il faut absolu-
ment être fixé sur ce point, pour calculer les
opérations du change. --
Lorsqu'on conçoit l'importance de la distinc-
tion qu'il faut faire du certain et de l'incertain,
elle n'offre aucune difficulté , parce que la pra-
42 DU PRIX DU CHANGE.
tique des opérations de change des places avec
lesquelles on opère le plus souvent, fixe le
terme certain dans la mémoire, sans aucun
enuit, et que plusieurs ouvrages peuvent, à
cet égard, suppléer à la mémoire.
On indiquera quel est ce terme pour chaque
place qui le donne , dans le chapitre des mon-
naies , à l'article de chaque place , où l'on
indique la manière dont elle change avec les
autres.
CHAPITRE SEPTIEME.
Des causes des variations du prix des
changes étrangers.
56. L A première des causes des variations du
prix des changes étrangers, est l'altération des
monnaies. Par exemple: si la France refondait
l'écu d'argent de 3 fr., en retranchait la moitié
de l'argent pur dont il est composé , et le rem-
plaçait par un poids égal d'alliage , en conti-
nuant à lui donner cours pour 5 fr. , quoiqu'il
fût réduit par cette opération , à la moitié de
sa valeur intrinsèque, le pair du change avec
LIV. SEC. CHAP. SEPT. 45
Londres , étant supposé à 2U den. , tomberait à
14 den. i.
57. La même chose arriverait dans le cas où
on déciderait en France que l'écu de 5 fr. y
aurait cours pour six, c'est- à - dire, où l'on
doublerait la dénomination des monnaies, sans
rien ajouter ni diminuer à leur valeur intrin-
sèque , le pair du change avec Londres , étant
supposé à 29 d., tomberait à 14 d. ~1/2. D'où il suit
qu'en doublant la dénomination des espèces,
on produit le même effet sur le pair du change,
qu'en remplaçant la moitié de l'argent pur dont
elles sont composées par un poids égal d'alliage,
et que ces opérations ne donnent aucun résul-
tat utile avec l'étranger (45).
Telles sont les uniques causes qui peuvent
faire varier le pair du change ; excepté ces
deux cas , il est immuable.
Quant à celles qui font baisser ou hausser le
change au-dessous ou au- dessus du pair, elles
sont parfaitement les mêmes que celles qui
font perdre ou gagner les lettres sur des villes
de l'intérieur. (29)et suiv.
Comme on sent que l'on paiera l'une des
monnaies représentées par une lettre de change,
un peu au- dessus de sa valeur, pour obtenir
cette lettre, s'il est difficile de se la procurer,

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