Nouvelle notice des tableaux du muséum d'Angers, département de Maine et Loire,...

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Mame. 1820. 144 p. ; 17 cm.
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Publié le : samedi 1 janvier 1820
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L 5
NOUVELLE NOTICE
DES TABLEAUX
DU MUSÉUM
DANGERS,
DÉPARTEMENT DE MAINE ET LOIRE,
Dont l'exposition aura lieu tous les jours pour
les étrangers ; les dimanches , depuis midi
jusqu'à 3 heures , et les jeudis, depuis Il
heures jusqu'à 2 heures, pour les habitans
de la ville.
PRIX, 75 CENTIMES.
CHEZ AUGUSTE MAME , IMPRIMEUR DU ROI,
1820.
ARRÉTÉ de M. le Maire cle la ville
d-A ngers.
Séance du 13 juillet 1816.
LE Maire de la ville d'Angers, Chevalier
de l'Ordre royal et militaire de S.t-Louis ,
après avoir pris l'avis de MM. ses Ad-
joints ;
Considérant que, pour l'agrément des
personnes qui désirent visiter les établis-
semens publics , et pour leur donner la
facilité de voir en même temps tous les
objets curieux qui se trouvent réunis dans
le local de l'ancien Séminaire de cette
ville, il est nécessaire de fixer, autant que
possible, aux mêmes jour et heure, l'ou-
verture des divers Cabinets de cet établis-
sement , ARRÊTE : V
ARTICLE PREMIER.
Le Muséum de Peinture sera ouvert au
public les dimanche et jeudi de chaque
semaine ; savoir : le dimanche , depuis
midi jusqu'à trois heures, et le jeudi,
depuis onze heures du matin jusqu'à deux
heures de l'après-midi.
(4)
ART. IL'
Le Cabinet d'Histoire Naturelle, vu le
peu de solidité de son plancher, ne pourra
être ouvert aux amateurs , qu'après qu'ils
en auront prévenu d'avance M. le Conser-
vateur.
ART. III.
Pour y être admis , on devra être dé-
cemment vêtu ; et les personnes qui se pré-
senteraient avec cannes, bâtons, baguet-
tes, sabres ou épées , ou avec des chiens,
devront préalablement les laisser chez le
portier, qui ne pourra exiger aucune rétri-
bution pour ces dépôts.
ART. IV.
Les étrangers qui désireront visiter ces
établissemens , pourront seuls être admis
à tous jours, en se conformant toutefois
aux dispositions de l'article III, et en jus-
tifiant, par l'exhibi tion de leurs passeports,
qu'ils n'habitent pas la ville. Le concierge
ne pourra exiger d'eux aucune espèce de
rétribution , mais aura seulement la fa-
culté de recevoir les gratifications qu'ils
voudront bien lui donner.
( 5 )
ART. V.
Il n'est rien changé par le présent aux
jours d'ouverture de la Bibliothèque , qui
continueront toujours d'avoir lieu les lun-
di, mercredi, jeudi et samedi de chaque
semaine, depuis dix heures du matin jus-
qu'à deux heures après midi.
ART. VI.
Le présent Arrêté sera placardé aux
diverses portes d'entrée de l'établissement,
et inséré tant au journal du département,
qu'en tête de la Notice des Tableaux du
Muséum.
A l'Hôtel de la Mairie d'Angers, le 13
juillet 1816.
Signé, DE VILLEMORGE, Maire.
Pour copie conforme,
Le Maire de la ville d'Angers,
Signé, DE VILLEMORGE.
AVERTISSEMENT.
La protection que notre auguste Monarque
daigne accorder aux beaux-arts, et la bien-
veillance particulière dont il honore notre
Muséum, nous procurant sans cesse de nouvel-
les richesses, nous mettent dans l'indispensa-
ble nécessité de donner au public une nouvelle
notice. Elle se fait d'autant mieux sentir ,
que la précédente édition se trouve épuisée,
et que plus de trente nouveaux morceaux,
tant en peinture que sculpture , qui nous sont
arrivés de Paris, sont à ajouter à celle-ci ;
ce qui nous oblige de donner un nouvel ordre
de numéros.
Nous avons suivi dans cette nouvelle édi-
tion le même ordre que dans les précédentes.
La série des Tableaux commence par /'Ecole
Française; elle est suivie de l'Ecole d'Italie,
à la suite de laquelle vient l'Ecole de Flan-
dre : mais à la suite de cette dernière, nous
avons fait un changement qui sera peut-être
approuvé.
Nous possédons depuis long-temps beau-
coup de Tableaux dont nous ne connaissons
point les auteurs; on les avait placés dans les
notices précédentes, soit à la fin de l'Ecole
Française, soit à lafin de PEcole Flamande,
suivant qu'on les jugeait être dans le goût de
l'une ou de l'autre, toutefois sans certitude;
on nous en a même envoyé dernièrement de
Paris f sans aucune apostille; quelques-uns
(8)
avaient été omis dans la notice, parte qu'on
ne savait dans quelle Ecole les placer; cepen-
dant plusieurs de ces Tableaux ont beau-
coup de mérite, et il n'est pas juste de 7? en
point faire mention, parce qu'on ignore le
nom des artistes. Cette considération nous a
déterminés d les placer à la fin sous le titre.
d'Ecole incertaine 5 par ce moyen nous ne
donnerons au public , pour certain que ce qui
est certain ; et pour douteux que ce qui est
douteux. Si cependant nous recevions par la
suite des renseignemens positifs sur les au-
teurs de ces Tableaux, nous nous empres-
serions de les placer dans les notices suivan-
tes , à P Ecole où ils doivent être. Nous au-
rons beaucoup d'obligations à ceux qui vou-
dront nous en procurer.
C'est aussi dans cet article que nous avons
placé les Tableaux de quelques artistes étran-
gers qui vivent et travaillent présentement en
France, et ne sont point encore connus pour
faire partie d'aucune Ecole. Ce n'est point
par mépris que nous les plaçons dans cette
classe; au contraire, nous avouons que nous
avons un très-beau modèle dans ce cas là, *
mais c'est par la difficulté que nous avons
ressentie de les placer dans l'Ecole Françaiset
ou dans celle de leur patrie.
Nous avons fait aussi une augmentation à
cette notice: plusieurs personnes nous ayant
fait observer qu'il serait à propos d'ajouter à
* La Vue du Pont Saint-Ayertin, X.9 ïpa.
(9)
1 *
Varticle de chaque Tableau ses dimensions,
ajin que ceux qui ne sont pas à portée de les'
voir , pussent s'en faire une plus juste idée;
nous avons goûté cet avis d'autant plus vo-
lontiers, que nous avons vu ce moyen établi
dans quelques notices de Paris. En consé-
quence , nous avons marqué à chaque Ta-
bleau sa hauteur et sa largeur, ainsi que la
hauteur des statues.
Nous avons conservé les critiques que M.
Marchand avait fait mettre autrefois à lafin
de chaque Tableau; elles méritent par leur
justesse et leur précision P estime des connais-
seurs et Pattention des élèves. 31. de Lusse
en a fait insérer plusieurs à la suite des Ta-
bleaux nouveaux qui sont arrivés de Paris.
Si l'on compare l'article de la sculpture
avec celui des anciennes éditions, on apèr-
cevra facilement combien cette partie s'est
augmentée. Les Gravures n'offrent rien de
nouveau.
M. de Tussac a revu à Ventier l'article
sur les objets qui composent le Cabinet
d'Histoire Naturelle, et y a donné un peu
plus de détails que dans les précédentes
notices.
Nous ne parlons ici du Jardin Botanique
que pour indiquer aux étrangers ce que nous
possédons de plus curieux dans notre ville.
Il faut voir ce Jardin , particulièrement pour
juger de sa richesse et de son utilité : il
passe avec raison pour un des plus beaux et
des mieux entretenus de France.
( 10 )
Cette notice se termine par l'article de
la Bibliothèque; il n'est pas ordinaire d'en
voir en province d'aussi volumineuse, ni
d'aussi bien assortie; elle s'augmente dejour
en jour. Nous en devons rendre grace à la
magnificence de notre Roi qui nous laisse
peu de chose à désirer sur les ouvrages mo-
dernes et les éditions nouvelles des anciens
qui paraissent dans la Capitale. Aussi cette
Bibliothèque est-elle visitée par tous les
étrangers curieux, et journellement suivie
par tous ceux de nos concitoyens qui se pi-
quent de littérature.
Les médailles ont été réunies l'année der-
nière à la Bibliothèque, comme formant une
partie essentielle de l'histoire politique, et
n'ayant aucun rapport avec le Cabinet d'His-
toire Naturelle où elles étaient autrefois.
Les corrections et les nombreuses additions
qui ont été faitdi à cette nouvelle édition,
nous donnent lieu d'espérer qu'elle sera reçue
du public avec le même empressement et la
même bienveillance que les précédentes; au
moins, nous pouvons assurer que nous n'avons 1
rien négligé pour la rendre de plus en plus
utile et intéressante.
EXPLICATION
DES TABLEAUX.
vvvvvvvwwvwvvvvwvwvvwvvv
ECOLE FRANÇAISE.
!. ^WV\I\'WW\W>'WVVV^W^V\W
BACHELIER. ,"
i. Un,càtzàrd 'en dant,a"un clou sur
1. Uncânard pendant à un clou sur
une planche de sapin.
( Hr* 2 pieds; 1. * 1 pied 4 pouces et demi. )
CB tableau est peint à l'encaustique.
BARBIER.
DEUX tableaux faisant pendant.
2. L'un représente une partie du Co-
tisée d Rome.
( H. 8 pouces; 1. 1 pied 5 pouces et demi. )
3. L'autre , le Tombeau de Cestius3
aussi à Rome.
■» 11 ■ * !
BERTHELEMY.
4. Eléazar refusant de manger du
cochon.
(H. 9 pieds Il pouces ; 1. 8 pieds, )
ELÉAZAR, vénérable vieillard de Jé-
rusa lem , était un des principaux doc-
* H. veut dire hauteur du tableau ; 1., sa largeur.
( 12 )
teurs de la loi, sous le règne d'Antiochus
Epiphanes, roi de Syrie. Ce prince ayant
voulu lui faire manger de 16 jchair de
porc , il aima mieux perdre la vie que de
transgresser la loi.
Aux pieds de la statue de Bacchus, et
près d'un autel sur lequel brûlent des
parfums, un jeune prêtre de ce dieu, à
genoux devant Eléazar , lui présente un
plat dans lequel est une côte de porc
rôtie. Entouré de soldats, Antiochus,
assis sons un portique élevé, commande
au saint homme de manger de la chair
qu'on lui présente , ou de se résigner à
la mort. A cet ordre cruel, Eléazar fixe
le ciel et se dévoue. Aussitôt les satel-
lites d'Antiochus le prennent par ses
vêtemens, et l'entraînent au supplice.
Ce tableau est bien composé , d'un
bon ton de couleur, peint d'une manière
large et facile. La figure d'Eléazar' est
belle et pleine d'expression. Celles qui
l'entourent, sont bien dessinées ? ont du
mouvement et du caractère.
BERTIN (Nicolas), né à Paris en 1667,
mort dans la même ville en 17^6,
apprit son art sous Verllallsal, père ,
Jouvenet et Boulogne, l'aîné.
5. Jésus-Christ apparaissant à la Ma-
deleine sous la forme d'un jardinier.
( H. 2 pieds 5 pouces; 1. 1 pied 11 pouces et demi.)
( i3 )
BOUCHER (François) , né à Paris en
1704? mort dans la même ville en
1770. Ses succès rapides, sous le cé-
lèbre Lemoine ? lui méritèrent, à
l'âge de 19 ans ? le premier prix de
l'Académie de peinture et l'occasion
de faire le voyage d'Italie, dont il
retira les fruits les plus précieux.
6. La réunion des arts.
( H. 9 pieds 10 pouces ; 1. 9 pieds 10 pouces.)
LES différens génies des arts ? désignés
chacun par les attributs qui les caracté-
risent ? sont rassemblés près d'un arc de
triomphe élevé à leur gloire.
Cette composition est riche; agréable,
pleine de mouvement et de grâces.
BOUCHET (François ).
7. Homère chantant ses poésies.
(H. 4pieds 7 pouces ; 1. 5 pieds 6 pouces.)
DES habitans apportent au poëte des
offrandes. L'auteur a choisi le moment
où Homère décrit les malheurs de Priam.
BOURDON (Sébastien) , né à Mont-
pellier en 1616, mort à Paris en
1671. Il apprit les premiers principes
de son art de son père , qui peignait
( 14)
sur verse, et -qui 4-e «lit -à sept ans
.chez .un peintre à Paris.
8. La chasteté de Joseph.
( H. 2 pieds 6 pouces un tiers ; 1. 3 pieds a pouces. )
JosEpH y fils de Jacobt et de Rathel,
ayant été vendu au général des armées
de Pharaon; nommé Putipliar ne tarda
pas à gagner la confiance de son maî-
tre , qui le fit intendant de ses autres
domestiques. La femme de Putiphar con-
çut pour lui une passion violente. Cette
femme voluptueuse Payant un jour voul u
retenir auprès d'elle dans son apparte-
ment , le jeune Israélite prit Je parti de
se sauver , en lui abandonnant. son
manteau par lequel elle l'arrêtait.
Dans un appartement somptueuse-
ment décoré , la femme de Putiphar.,
presque nue sur un lit, fait de vains
efforts pour retenir Joseph qu'elle n'a pu
parvenir à séduire. Le jeune, homme 7
inquiet, troublé, fuit en lui laissant son
manteau.
Ces figures sont bien dessinées j-ont
de l'expression j celle surtout de la femme
de Putiphar est belle et pleine d'ame ;
mais peut-être, dans celle de Joseph,
désirerait-on un caractère de tête plus
aimable, et une expression moins équi-
voque.
( i5 )
BOUR.
9. Portrait d'un Arménien couvert
d'une pelisse et coiffé d'un turban.
( H. 6 pieds 8 pouces 3/4 ; 1. 5 pieds 3/4-)
10. Portrait d'un jeune Flamand
ayant une cuirasse, une chaîne
d'ory un manteau y et sur la tête
une toque.
CES deux têtes sont d'une jolie couleur
et d'un fini très-précieux.
CASANOVA.
11. Attaque d'un Fort.
LES troupes françaises attaquent un
fort et s'en emparent. Des tourbillons
de feu et de fumée enveloppent les com-
battans , que l'on voit de différens côtés
ou gravir de hautes échelles, ou se pré-
cipiter sur la brèche, mais partout ré-
pandre l'épouvante et la mort. Pendant
ce temps, sur le devant du terrain , et
dans un chemin creux , les grenadiers
de Condéj à cheval, s'avancent fièrement.
(Les deux tableaux ont: b. 6 p. 9 p. 172; 1. 7 p. 3 p.)
12. Un Convoi harcelé par des Hus-
sards.
SUR le bord d'une rivière, plusieurs
voitures, chargées de bagages, d'hom-
(i6)
mes, de femmes et d'enfans, sont arrê-
tées par des hussards sabrant impitoya-
blement tout- ce qui leur fait résistance.
Plusieurs charretiers , paysans ou sol-
dats, déjà victimes de leur fureur, sont
foulés sous les pieds des chevaux, ou
précipités dans la rivière. Pendant que
cette troupe répand ainsi l'épouvante et
la mort, l'artillerie déifle dans la plaine.
Ces tableaux ont de l'éclat 5 on y voit
une grande facilité de pinceau, du mou-
vement, du feu 5 mais on désirerait
qu'ils fussent un peu plus rendus, et
d'une couleur moins factice.
CH ARDIN ( Simon), né à Paris, en
1701 , mort dans la même ville , en
1779-
13. Tableau de fruits, où VOTL voit
des pêches et des prunes.
14. Tableau faisant pendant au pré-
cédent J et où sont une bouteille
de liq ueur, des macarons, un
pot de faïence et une orange.
( H. 7 pouces 112; l. 4 pouces 112.)
15. Tableau de fruits représentant
une corbeille de raisins, des
pommes d'api, une poire et un
massepain.
( H. 11 pouces 1/2; 1. 1 pied 2 pouces 172.)
(#17)
16, Tète dé Vieillard ( au pastel. )
( H. i pied 4 pouces ; 1. 13 pouces. )
COCHIN ( Charles-Nicolas ), le fils.
17. Dessin ( au crayon rouge), repré-
sentant la Ste. Trinité.
( H. 1 pied 3 pouces ; 1. 1 pied. )
CORNEILLE (Michel), né à Paris
en 1642 , mort dans la même ville,
en 11708. Son père, un des douze an-
ciens de l'Académie, fut son maître.
18'. La Vierge ayant devant elle l'en-
fant Jésus debout sur une table,
et à droite le petit St. Jean.
( H. 3 pieds 8 p. 172 ; 1. 2 pieds 8 pouces.)
TABLEAU largement peint , et d'une
- bonne couleur.
COYPEL (Noël), né à Paris en 1629,
mort dans la même ville en 1707.
3 9. Zéphyr èt Flore.
( H. 1 pied 8 pouces 172 ; 1. 2 pieds 5 pouces. )
DANS un bosquet charmant, les jeux
et les amours folâtrent autour de Zéphyr
et de Flore, dont l'attitude et les regards
expriment la tendresse.
20. Esquisse du plafond de la salle
des Gardes du Palais-Royal.
(Il. 5 pieds 11 pouces; 1. a pieds 10 pouces. )
( 18 )
21. Fénus invitant Vulcain à jorger
des armes pour son fils Eriée.
( H. i pied ; 1. 1 pied io pouces. )
DEMARNE.
22. Paysage.
(H. i pied 11 pouces ; 1. 1 pied 5 pouces 112. )
DANS un endroit solitaire, ombragé
par de grands arbres, et près d'une fon-
taine à laquelle une femme vient de pui-
ser de l'eau , deux jeunes personnes se
baignent, pendant qu'une de leurs com-
pagnes garde leurs vêtemens. Dans le
lointain, on voit la rivière serpenter,
un pont la traverser, et quelques mai-
sons se détacher sur un horison mon.
tagneux.
Ce paysage est d'un beau style, et
dans le goût du Poussin.
, DESHAYES ( Jean-Baptiste ) , né à
Rouen en 1729 5 mort à Paris en
1765. Restout et Carle Venloo furent
ses maîtres.
23. Ste. Anne instruisant la Vierge.
( H. 2 pieds II pouces 172 ; 1. 2 pieds 3 pouces.)
CETTB sainte, debout près d'une fe-
nêtre , tient un livre et lit. Devant elle
est la jeune Marie, les mains jointes ,
et l'écoutant avec une extrême attention.
Ce tableau est d'un effet piquant, d'un
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( 19 )
bon ton de couleur, et porte, dans le
faire, un caractère particulier à cet
artiste.
DESPORTES ( François), né en 1661
au village de Champagne ul, en Cham-
pagne, mort à Paris en 1743. Il ma-
nifesta ses talens pour la peinture
durant une maladie. Il était au lit et
s'ennuyait; on lui donna une estampe
qu'il s'amusa à dessiner, et cet essai
indiqua son goût.
Il excellait à peindre les grotesques,
les animaux , des fleurs, des fruits ,
des pa ysages, des chasses , et réussis-
sait dans le portrait.
24, Ckasse aux Renards.
( H. 6 pieds 8 pouces ; 1. 8 pieds 8 pouces. )
A la sortie d'un bois, dans un pay-
sage entrecoupé de rivières, d'arbres,
de rochers et de montagnes, deux re-
nards sont vigoureusement poursuivis.
L'un est prêt d'être étranglé par un
chien dont il mord rudement l'oreille ;
l'autre se retourne en fuyant, ayant -
l'air de s'applaudir de la blessure qu'il
vient de faire à un chien y que l'on voit
renversé sur le dos.
%5. Tableau d'animaux s de fleurs,
de fruits, etc.
(H. 6 pieds4 pouces 112; 1. 4pieds 1 pouce.)
SUR le perron d'un jardin, où l'on
( 20 )
voit d'un côté un oranger , et de l'autre
un rosier dans un vase de bronze , un
chat et un chien sont en arrêt, et s'em-
pêchent réciproquement de toucher à un
faisan et à deux perdrix qui sont à terre,
avec des pêches, des poires , des figues
et un melon. Au pied du rosier , est un
lièvre mort, ayant les pattes en l'air et
la tête pendante.
Une grande vérité, une bonne cou-
leur y un faire large et moëlleux, carac-
térisent ces tableaux , ainsi que tous ceux
de ce maître.
DETROY (François), né à Toulouse
en 1645, mort à Paris en 1730. Il
fut élève de son père, Nicolas Detroy.
François Detroy réunissait dans ses
ouvrages l'expression , la correction ,
le grand fini, la force et l'harmonie
du coloris.
26. Betzabé au bain.
( H. 2 pieds 6 pouces ; 1. 2 pieds. )
BETZABÉ, femme d'Urie , étant au
bain, fut aperçue par David. Ce prince
fut si touché de sa beauté , qu'il la fit
venir dans son palais et en abusa.
Tandis que Betzabé , hors du bain,
et renversée sur des carreaux, se fait
essuyer par une de ses femmes , David,
du haut de son palais, l'aperçoit, et
paraît la considérer avec plaisir.
( 21 )
- Ce tableau a beaucoup de mérite; il
est bien peint, d'un bon ton de couleur,
harmonieux et vrai : mais on désirerait
encore , dans Be.tzabé ,-une attitude plus
heureuse; un plus beau choix de for-
mes, peut-être un peu plus de grâces ,
et que David fut moins imperceptible.
DORBAY.
27. Des Mendians.
( H. 2 pieds 10 pouces ; 1. 3 pieds 7 pouces. )
PLUSIEURS mendians , à la porte d'un
cabaret, entourent une table sur laquelle
il ne reste plus , du repas qu'ils viennent
de faire y qu'un pot, un verre, une pipe
et le papier qui apparemment envelop-
pait le petit salé ou le fromage dont ils
s'étaient munis pour s'exciter à boire.
Le vin a déjà produit en eux des eftets
différens. Le sommeil accable l'un, la
gaieté anime les autres ; le seul qui ne
partage aucun de ces plaisirs , s'appuie
contre un mur, et là, débarrasse son
estomac du trop de liquide dont il l'avait
chargé. Ceux qui paraissent prendre le
moins de part à cette scène bachique ,
sont un chien qui dort, et un enfant
tranquillement assis, qui se gratte.
s8. Les trois petits frères.
( H. 2 pieds 5 pouces : I. 2 pieds 11 pouces. )
PAU s un appartement y un petit
( 22 )
Amour relève un rideau pour laisser
passer deux autres Amours portant une
corbeille de fleurs.
FRAGONARD.
529. Mort de Corésus. (Esquisse. )
( H. 3 pieds 11 pouces 172 ; 1.5 pieds 8 pouces 172. )
CORÉSUS, grand-prêtre de Bacchus,
n'ayant pu parvenir à se faire aimer de
Callirhoé, jeune fille de Calydon , s'a-
dressa à Bacchus, pour le venger de
cette insensibilité. Le Dieu frappa les
Calydoniens d'une ivresse qui les rendit
furieux. Le peuple alla consulter l'ora-
cle, qui répondit que ce mal 11e finirait
qu'en immolant Callirhoé ou quel-
qu'autre qui s'offrirait à la mort pour
elle. Personne ne s'étant présenté, on la
conduisit à l'autel. Alors Corésus, privé
de tout espoir , la voyant ornée de fleurs,
et suivie de tout l'appareil d'un sacri-
fice, au lieu de tourner le couteau contre
elle s'en perça lui-même.
Sous un péristile, au fond duquel se
fait remarquer la statue de Bacchus, on
voit les apprêts d'un sacrifice; de jeunes
prètres, portant des bassins, s'avancent
déjà pour recevoir le sang de la victime ;
les spectateurs prosternés conbidère'nt
religieusement celle que le glaive du sa-"
crificateur doit fra pper, lorsque Corésus
I a3 )
troublé , ne pouvant plus soutenir l'as-
pect de celle qu'il aime, étendue à ses
pieds y les mains attachées, le visage
pâle, l'air abattu, oubliant la jalouse
fureur qui lui avait fait désirer sa mort,
et n'écoutant plus que sa tendresse et
son désespoir, au lieu d'immoler la
jeune personne , s'enfonce le couteau
dans la poitrine. Ceux qui l'entourent,
étonnés.,ne peuvent en croire leurs yeux.
Les uns reculent d'effroi , les autres
s'approchent pour s'assurer mieux de ce
qu'ils voient. La seule Callirhoé, anéan-
tie , semble étrangère à cette scène san-
glante, ou avoir elle-même reçu le coup
fatal.
Ce tableau est harmonieux d'effet et
de couleur. les figures principales sont
bien à leur place, portent le caractère
qu'elles doivent avoir ; la composition a
du mouvement, de l'intérêt, et en est
bien pensée 5 aussi doit-on regretter que
ce morceau intéressant ne soit qu'une
esquisse.
GARNIER (Etienne-Barthélemy.)
3o. Eponine et Sabinus.
( H. 7 pieds 7 pouces ; 1. 9 pieds 2 pouces.)
RETIRÉ dans un souterrain pour se
dérober à la poursuite de Tespasien ,
contre lequel il avait repris les armes,
Sabinus, jeune seigneur gaulois, recevait
( 24 )
souvent dans ce triste asyle les consola-
tions de la belle vet douce Eponine/ son
épouse. Le bruit de sa naort, adroitement
semé après lui y couvrait ainsi leurs fur-
tives caresses 5 mais comme Eponine ne
pouvait s'empêcher de paraître et de dis-
paraître assez souvent, on finit par soup-
çonner quelque mystère : des regards
jaloux se fixèrent sur elle 5 elle fut épiée,
surprise 5 et ce Vespasien, à qui l'his-
toire pourtant accorde une réputation de
clémence, sembla , dans cette circons-
tance , le disputer de férocité aux em-
pereurs les plus barbares.
Ce que l'infortune a de plus touchant,
l'innocence de plus doux, la tendresse
conjugale de plus sublime , ne fut rien
pour lui. La sensible Eponine, son
Epoux, deux innocentes créatures, nées
de leurs em brassemens au fond même
de cette espèce de sépulcre, n'en sorti-
rent , tous ensemble, que pour marcher
au supplice.;
L'artiste nous les représente au mo-
ment où les émissaires de l'empereur
rôdent autour de leur retraite. On
vient d'y surprendre vraisemblable-
ment un des enfans d'Eponine 3 on
se dirige sur ses pas 5 déjà même on
s'est engagé dans le sentier étroit et
ténébreux qui conduit au souterrain.
La marche pesante des soldats y le
bruit de leurs armes, les cris de l'en-
(.. 25 )
a
faut flfbnt on s'est saisi , tout conspire
à jeter l'effroi dans cette solitude.
Eponine , Sabinus ? l'autre petit en-
fant demeuré près d'eux , expriment
ce sentiment au plus haut degré.
Une touche moelleuse et facile, un
coloris suave., une parfaite- entente du
clair-obscur , sont les qualités qui dis-
tinguent d'ailleurs cette composition
du génie sentimental de M. Garnier.
GERARD.
Si. Joseph reconnu par ses frères.
H. 3 pieds 5 pouces ; 1. 4 pieds 5 pouces. )
GIRODET.
32. Romulus faisant tuer Tatius.
( H. 3 pieds 5 ponces ; 1. 4 pieds 5 pouces. )
TA TIUS , roi des Sabins, fit la guerre
à Romulus , pour venger l'enlèvement
des Sabines. Dans un combat où Ro-
mulus était près de succomber , les
femmes se jetant au milieu des combat-
tans qui étaient leurs pères ou leurs frè-
res et leurs époux, vinrent à bout de les
séparer. La paix fut conclue, à condi-
tion qu'il partagerait le trône de Rome
avec le fondateur de cette ville, qui ,
fâché de ce partage, fit tuer Tatius six
- ( 26 ) u, -
ans après , lorsqu'il allait chez les La-
viniens pour assister à un sacrifice.
Romuhis y debout près d'un autel ,
entouré de sacrificateurs , se disposant à
immoler un bouc , par son geste, a l'air
de dire à l'un des assassins de suspendre
un instant ses coups , afin de le faire
jouir plus long-temps de l'horreur de ce
spectacle. Ses trois satellites ont déjà
renversé Tatius , qui , s'appuyant sur
une main , s'efforce avec l'autre de re-
pousser le fer qu'un des trois scélérats
est près de lui enfoncer dans le corps.
Près de lui sont sa couronne ? sa bande-
lette , signes de la royauté ? et un vase
renversé, dont s"écoule le vin destiné
au sacrifice.
Ce tableau est bien composé, le groupe
principal est heureux, les figures en sont
bien dessinées, et il règne dans le tout
un bon ton de couleur et un assez grand
caractère.
~, 'l ..t.,,.., fL J
,;
GREUSE ( Jean-Baptiste ).
33. Portrait d'une jeune personne
ayant sur elle un petit chien
épagneul, qu'elle entoure d'une
couronne de fleurs.
( H. 2 pieds 2 pouces ; 1. 1 pied 9 pouces. )
CETTE tête est bien peinte et d'une
grande vérité. /}<■'-
andeventé.. /-'~ -
-, 1 1 Il l,
:- ',::' ,,-; , 'f 1- - oÔ /,(
( 27 )
HOUEL.
34. Paysage où l'on voit un paysan
et des enfans jouant avec un
masque et une chèvre.
( H. 8 pouces 6 lignes ; 1. 11 pouces 6 lignes. )
HUE.
35. Marine représentant le combat du
Formidable dans la rade d'Al-
gésiras.
( H. 6 pieds 11 pouces ; 1. 9 pieds 5 pouces. )
LE vaisseau le Formidable, com-
mandé par M. Amable-Gilles Troude ,
capitaine de frégate , à la sortie du com-
bat d'Algésiras , n'aynnt pour huniers
que ses mâts de perroquet, est rencon-
tré à la vue de Cadix par trois vaisseaux
anglais aux ordres du contre - amiral
Sommaret ; après une heure et demie
de combat, il démâte un de ces vais-
seaux , et force les autres à l'abandon-
ner.
Le ciel, les eaux , les vaisseaux , les
lointains, l'étonnante profondeur de
l'espace, sont d'une vérité frappante
dans ce tableau. Tout y est en harmo-
nie , tout concourt à l'effet; le ton , le
mouvement, les reflets, la dégradation,
les ombres , la couleur. Nous n'avons
( 28 )
rien à dire du sujet qui, par sa nationa-
lité, si l'on peut s'exprimer ainsi y a dû
contribuer encore à exciter le pinceau
du digne et savant émule de l'immor-
tel Vernet.
JOLLAIN.
56. AIphée et Aréthuse.
( H. 1 pied 11 pouces 172 *, 1. 2 pieds 5 pouces 172. )
ARÉTHUSE , une des compagnes de
Diane, se baignant dans un ruisseau,
fut aperçue par Alphée. Se sentant vive-
ment poursuivie par le fleuve amou-
reux, elle implora le secours de Diane,
qui la métamorphosa en fontaine : mais
Alphée ayant reconnu son amante sous
ce déguisement, ne s'en unit que plus
intimement avec elle, en mêlant son
onde aux siennes.
Aréthuse poursuivie par Alphée, ne
pouvant plus fuir, et prête d'être atteinte
par le Dieu, tombe en implorant Diane.
La Déesse , portée sur un nuage , ac-
court , repousse le fleuve , et garantit
Aréthuse de ses importunités. Près d'elle,
l'Amour confus s'envole.
Ce tableau , un des meilleurs de cet
artiste , est bien composé, d'un effet pi-
quant, et d'une couleur agréable.
( 29 )
LACROIX.
37. Paysage représentant le matin.
( H. 1 pied 9 pouces ; 1. 1 pied 5 pouces. )
Aux pieds de rochers escarpés , coule
une rivière , sur le bord de laquelle on
voit des hommes pêcher.
Ce tableau est d'une couleur argen-
tine , d'un pinceau large, moelleux et
ragoûtant.
LAFOSSE ( Charles de ) y né à Paris en
1640, mort dans la même ville en
1716. Il fut élève de Lebrun.
58. Vénus.
( H. 7 pouces; 1. 9 pouces. )
DANS un paysage un peu sérieux,
V énus , étendue nonchalamment sur le
gazon, considère l'Amour aiguisant ses
flèches.
39. Diane.
( H. 7 pouces ; 1. 9 pouces. )
Sous une touffe d'arbres ? cette Dées-
se y la tête appuyée sur une main , et de
l'autre caressant un chien , regarde l'A-
mour accourant avec deux lévriers. Les
armes de ce petit Dieu sont auprès d'elle.
( 30 )
LAGRENÉE , aîné.
4o. Alexandre visitant la famille de
Darius.
( H. 10 pieds ; 1.13 pieds i pouce. )
QUELQUE temps après la bataille d'Is-
sus et la mort de Darius , Alexandre
se rendit à la tente de ses captives. Il
les trouva s'abandonnant au désespoir.
La femme de Darius mourante, sa
mère livrée à la plus sombre douleur, sa
fille anéantie par le chagrin; le plus
jeune de ses enfans, joignant ses larmes
à celles de ses parens , de leurs princi-
paux officiers et domestiques. Voilà la
scène déchirante qui s'ùffrit aux yeux
d'Alexandre , et que l'artiste a rendue
de la manière la plus intéressante dans
ce tableau.
A l'entrée d'une tente, Alexandre,
accompagné d'Ephestion , s'arrête y tend
une main vers Sysigambis , et semble
l'assurer qu'en lui elle a retrouvé un fils
qui la respectera et la chérira autant
que celui qu'elle a perdu. Cette prin-
cesse , étendue par terre, s'appuyant sur
une espèce de table, près de laquelle est
son petit-fils sanglottant et se frottant
les yeux, écarte son voile, se détourne,
et fixant Alexandre d'un air fier et avec
des yeux rouges encore des pleurs qu'elle
( 31 )
ne cesse de répandre , semble l'écouter
avec peine et lui reprocher ses malheurs.
Près d'elle est sa petite-fille, la tête pen-
chée et appuyée sur sa main , tellement
absorbée dans sa douleur, qu'elle paraît
ne prendre aucune part à ce qui se passe
autour d'elle, ni même voir Alexandre.
Au milieu de la tente , et sur un lit
dont un nègre écarte les rideaux, la
femme de Darius est mourante. Une
jeune personne presse une de ses mains
qu'elle arrose de larmes, pendant qu'un
esclave, abîmé de douleur, à genoux aux
pieds du lit, se cache le visage et tend
les bras vers Alexandre. D'autres per-
sonnages , tant hommes que femmes,
remplissent le reste de la tente , dans
uns des côtés de laquelle on aperçoit,
sur un coussin de velours , la couronne
de Statira. Par terre sont différens vases
d'or et d'argent; et, à quelque distance,
dans la campagne, on voit les chevaux
d'Alexandre et d'Epliestion, tenus par
des esclaves.
Ce tableau , bien pensé et rendu avec
le plus grand soin , réunit une infinité
de beautés , mais de ces beautés que tout
le monde peut sentir, et qui, pour être
aperçues, ne demandent que des yeux;
car, quel est celui qui, en voyant Sysi-
gambis , ne sera pas frappé de son ex-
pression ? Qui n'y verra pas cette noble
fierté que les grandes ames conservent
(32)
jusques dans l'adversité? Qui pourra iie
pas être touché de cette douleur profonde
répandue dans tous ses traits , et qu'ex-
priment si bien ses yeux appesantis et
rouges de pleurs qu'ils ont versés ? Pour-
ra-t-on ne pas voir que ces mêmes yeux y
en fixant Alexandre, cherchent à pé-
nétrer en son ame' et à découvrir si les
sentimens que sa bouche exprime, sont
bien ceux de son cœur ? Quel est encore
celui qui, en regardant la jeune Statira,
pourra ne pas s'écrier : ah ! qu'elle est
belle ! comme elle intéresse ! Certes il
n'est pas qu'Alexandre qui se sente ému
en la voyant, et qui prenne part à son
affliction. Et ce petit enfant, n'a-t-il
pas aussi des droits à notre admiration?
Que son attitude est naturelle et bien
(t'accord avec le sentiment qui doit af-
fecter son ame naissante ! Que ses lar-
mes sont innocentes ! Et cette petite
main qui cherche à les écarter de ses
yeux, ne semble-t-elle pas se mouvoir ?
Quelle vérité dans la posture de cet es-
clave ! Quelle expression dans le mou-
vement de ses bras ! Que l'on entend
bien ce qu'ils disent ! Enfin il n'est au-
cune partie de cet intéressant tableau
qui ne mérite des éloges 5 mais je n'en-
treprendrai pas d'entrer dans plus de
détails sur les beautés sans nombre que
l'on y peut admirer , je me bornerai à
dire qu'on ne saurait; après l'avoir fixé
( 33 )
2 *
un moment, se persuader n'avoir qu'une
peinture devant les yeux , et ne pas
- croire voir cette scène se passer réelle-
41. Mercure confiant Bacchus aux
nymphes de Vile de Naxos.
( H. 3 pieds 6 pouces; 1. a pieds 5 pouces 112.)
CHARMANT tableau pour le faire aima-
ble , les graces et la pureté du dessin.
LAGRENÉE, jeune.
42. Un jeune homme, à genoux, de-
vant un autel, près duquel est un
vieillard, pose une couronne de
fleurs sur la tête d'une jeune fille.
Derrière eux Mercure et Minerve,
à l'ombre de quelques arbres con-
tre lesquels ils s'appuient, pré-
sident ci cette cérémonie.
( H. 3 pieds 6 pouces ; 1. 2 pieds 5 pouces 1/2. )
L'ALLEMAND.
43. Marine au Soleil couchant.
( H. 2 pieds SI pouces ; 1. a pieds a pouces. )
SUR le bord de la mer, non loin d'un
assez bel édifice 1 s'élèvent, sur un ro-
cher ? plusieurs arbres dont la masse
(34)
de feuilles couvre une partie du ciel.
Devant ce rocher, une espèce de gondole
paraît se diriger vers un vaisseau vo-
guant à une certaine distance en mer.
Cette composition y qu'animent encore
quelques pêcheurs, est intéressante, tant
par le bon ton de couleur , que par l'a-
grément de la touche et la vérité des
effets.
LANCRET (Nicolas), né à Paris en
1690, mort dans la même ville en
1745. Les qualités de l'esprit et du cœur
rendaient cet artiste aussi recomman-
dable que ses talens. Il était élève de
Gilot 5 mais il comprit, de bonne heure,
qu'il devait étudier la nature ; et il se
forma sur la manière de Wateau.
44. Le Repas de Noces.
( H. 1 pied 2 pouces 172 : 1. 1 pied 2 pouces. )
DEVANT une maison rustique , à l'om-
bre Je plusieurs arbres , une jeune ma-
riée , placée à une table entre son époux
et son curé , prête une oreille attentive
aux sages avis que le bon pasteur a l'air
de lui donner. La mère de la jeune per-
sonne est près de lui et l'écoute avec
satisfaction , ainsi que ceux qui les en-
tourent. Sur le devant de la scène, ceux
qui ne peuvent être à table, s'amusent
à danser.
( 35 )
45. La Danse de Noces.
( H. i pied 3 pouces 172; 1. 1 pied 6 pouces.)
NoN loin de l'église du village, sur
une place entourée d'arbres, le marié
et son épouse ouvrent la danse. Autour
d'eux est une nombreuse assemblée com-
posée de gens de différens âges et condi-
tions. Parmi tout ce monde, les encans
surtout paraissent se livrer avec plus
d'ardeur au plaisir et à la joie qu'inspire
cette fête.
Ces deux tableaux sont touchés avec
esprit et légèreté.
46. L'Été.
47. IJHiver.
Ces deux tableaux, qui forment pendant, ont cha-
cun h. 2 pieds 2 pouces 172 ; 1. 1 pied 9 ponces
172.
LA VRINCE.
48. Une femme au bain, vue par der-
rière , et retroussant ses cheveux.
( H. 8 pouces ; 1. 5 pouces 1/2. )
4g. Une femme au bain, vue par de-
vant, se frottant avec un linge.
(36)
LEBEL.
50. Trait de Piété filiale.
( H. 2 pieds 7 pouces; 1. 3 pieds 2 pouces. )
EN 1740 > un jeune homme dont la
famille est tom bée dans l'indigence,
s'engage pour délivrer son père prison-
nier pour dettes. Son colonel est témoin
de l'emploi qu'il fait du prix de sa li-
berté. - -- - 1 -, l,' ( ..- r
.- ,,' f "'-.-F,l.,. 11
LEBRUN (Charles), né à Paris en 1619,
mort dans la même ville en 1690. C'est
un de ces hommes rares et extraordinai-
res , nés pour faire honneur à leur art,
à leur patrie , à leur siècle et à l'esprit
humain. Il fut élève de Vouet, le pein-
tre le plus habile de son temps.
51. Diomède mangé par ses chevaux.
( H. 1 pied 9 pouces; 1. 1 pied 2 pouces 172. )
DIOMÈDE, roi de Thrace, nourrissait
ses chevaux de chair humaine.
Hercule, pour le punir de sa cruauté,-
le fit manger lui-même par ses propres
chevaux.
Hercule, ayant renversé Diomède, le
l , (1 t t
,.-~!</
1 i, .,
;,U
(37)
tient sous lui pendant que ses chevaux
le mangent.
52. Combat des Romains et des Sabins.
( Esquisse. )
( H. i pied 5 pouces ip ; 1. 1 pied 2 pouces 314. )
53. Jésus hors du sépulcre. ( Grisaille. )
( H. 3 pouces ; 1. 11 pouces. )
LEBRUN ( Elisabeth. )
54. L'Innocence se réjugiant dans les
bras de la Justice. ( Pastel. )
( H. 3pieds 1 pouce IJ, 1. 3 pieds 11 pouces 112.)
LA Justice, représentée par une fem-
me d'un âge mur, joignant à une figure
noble un air de bonté, accueille affec-
tueusement une jeune personne parais-
sant troublée par quelque objet, dont la
vue excite en elle l'inquiétude et la crain-
te. A la beauté de ses traits ; à l'aimable
candeur qui les caractérise , il est im-
possible de ne pas reconnaître l'Inno-
cence. La blancheur de sa draperie , la
couleur des roses dont est formée sa cou-
ronne, et l'agneau qui est près d'elle,
annoncent la candeur et la pureté de
son ame, et sont en même temps ses
attributs , comme la balance et le fais-
ceau sont ceux de la Justice , dont ils
indiquent la force et l'impartialité.
( 38 )
Ce pastel , un des plus beaux que l'on
connaisse , suffirait pour faire la répu-
tation de l'artiste aimable à qui on le
doit, si le grand nombre de chefs.d'œu-
vre sortis de son pinceau , ne lui en
avaient déjà assuré une à l'épreuve du
temps.
LEMOINE (François), né à Paris en
1688,. mort dans la même ville en 1737,
fut élève de Galloclie.
55. Laban et Rachel.
( H. 2 pieds 1 pouce 172 ; 1. 2 pieds 11 pouces 172. )
LABAN ayant atteint Jacob sur la mon-
tagne de Galaad J ils offrirent ensemble
des sacrifices, et se réconcilièrent. Laban
redemanda seulement à son gendre les
idoles qu'il l'accusa de lui avoir déro-
bées. Jacob qui n'avait aucune connais-
sance de ce vol, lui permit de fouiller
tout son bagage. Rachel, assise dessus ,
s'excusa de « se lever , feignant d'être in-
commodée.
Laban fait sa recherche : on \^it tout
le bagage sens dessus dessous, et beau-
coup de gens occupés à vider ou à rem-
plir des coffres. La seule Rachel est tran-
quillement assise sur une caisse, de des-
sus laquelle , malgré les instances de
Laban , elle ne vent pas se lever.
Ce tableau , quoiqu'une simple es-
(39)
quisse, est intéressant par la grace, le
Inouvement et la vie même que l'ar-
tiste a su donner à sa composition.
LEPRINCE ( Jean-Baptiste ) , né à Metz
en 1733, mort à Paris en 1781 fut élève
de Boucher.
56. Concert russe.
( H. 1 pied 8 pouces; 1. 1 pied 5 pouces. )
Au fond d'un jardin et près d'un
perron, conduisant à un pavillon élé-
gamment décoré , un jeune Russe, sa
femme et quelques autres personnes pa-
raissent jouir délicieusement d'une mu-
sique exécutée par plusieurs musiciens
et musiciennes. Un jeune homme et
une jeune femme en paraissent telle-
ment émus, que, ne pouvant apparem-
ment résister davantage à l'impression
vive qu'elle fait sur leurs sens, pren-
nent 7 pour les calmer, le parti de s'en-
foncer dans le bosquet voisin.
Ce joli tableau intéresse par la vérité
et la richesse des costumes 7 et par la
grace de la composition.
LETHIERS.
57. Lafemine adalle"re , aux pieds
de Jésus.
(H. 4 pieds 4 pouces ; 1, 3 pieds 4 pouces. )
( 4° )
LOIR (Nicolas), né à Paris en 1624,
mort dans la même ville en 1679. Il
fit une étude si particulière des ouvra-
ges du Poussin , et les copiait avec tant
d'art, qu'il est difficile de distinguer la
copie d'avec l'original.
58. Moïse sauvé des eaux par la fille
de Pharaon.
59. Eliézer, envoyé par A braham,
demande Rebecca en mariage.
(H. II pouces ; 1. 1 pied 3 pouces 374.)
CES petits tableaux sont bien com-
posés, d'un bon style et d'une couleur
chaude.
LORDON.
60. Hylas attiré par les Nymphes.
( H. 6 pieds 7 pouces ; I. 5 pieds 5 pouces. )
LUCAS.
61. Zéphire et Flore.
62. Bacchus et Ariane.
(H. 1 pied 2 pouces ; 1. 8 pouces 172. )
CES deux tableaux, de même gran-
deur , sont d'une couleur suave et d'un
effet piquant.
(40
MACHY.
65•- UArc de triomphe..
( H. i pied 11 pouces; 1. 2 pieds 5 pouces. )
, DES hommes ? des femmes, et des
animaux, passent sous un arc de triom-
phe à demi-ruiné, et dont plusieurs dé-
bris gisent à l'èntour. Ce riche morceau
d'architecture se détache sur un fond
léger, dans lequel on voit différens édi-
fices et monumens s'élever.
Beaucoup de vérité , une bonne cou-
leur , une composition agréable, et un
bon effet rendent ce tableau intéres-
sant. -
MAUZAISSE.
64. UArabe pleurant son coursier.
(H. 8 pieds 1 pouce; 1. 12 pieds 1 pouce. )
Le peintre a voulu reproduire l'inten-
tion exprimée dans les vers du Chant
élégiaque de M. Millevoye :
« Ce noble ami, plus léger que les vents"
1) Il Jort couché sur les sables mouvans.
» Du meurtrier j'ai puni l'insolence;
m Sa tête horrible aussitôt a roulé;
J) J'ai dans son sang désaltéré ma lance j
» Et sous mes pieds je L'ai long-temps foulé:
M Puis, contemplant mon coursier sans haleine,
» Morne et pensif, je l'appelai trois fois ,
« Hélas ! en vain ; il fut sourd à ma voix ;
» Et j'élevai sa tombe dans la plaine. 13. s
( ¥ )
MÉNAGEOT.
65. Cléopâtre au tombeau de Marc-
- Antoine.
( H. 9 pieds 10 pouces ; 1. 9 pieds 11 pouces. )
ACCABLÉE de douleur , Cléopâtre ;
soutenue par ses femmes, vient rendre
un dernier hommage aux cendres de
son amant, et répandre quelques fleurs
sur son tombeau.
Ce tableau est bien composé, d'un ef-
fet bien analogue au sujet. La figure de
Cléopâtre est belle, a de l'expression,
et ne laisserai t rien à désirer si la tête
avait un peu plus de grâces et de di-
gnité.
66. Astyanax arraché des bras de sa
mère.
( H. 9 pieds 10 pouces; 1. 9 pieds 11 pouces. )
FILS unique d'Hector et d'Andro-
maque, Astyanax perdit très - jeune
son père. Lors de la prise de Troie, sa
mère le cacha avec soiri, parce que les
Grecs avaient répandu le bruit que cet
enfant vengerait la mort de son père.
Ulysse l'ayant découvert , le fit préci-
piter du haut des murs de Troie.
Ulysse debout, dans une attitude fiè-
re } a l'air de commander à ses soldats
( 43 )
de s'emparer d'Astyanax, de l'arracher
même des bras de sa mère , et de ne
point se laisser attendrir par ses larmes.
Désespérée de ne pouvoir fléchir ce prin-
ce , Andromaque , à genoux, fait de
vains efforts pour retenir cet enfant ché-
ri , qui , semblant prévoir le sort qu'on
lui prépare , ne peut se détacher de sa
mère , vers laquelle il tend encore les
bras. Les femmes qui entourent Andro-
maque, attendries, désolées, manifes-
tent , de di verses manières , la douleur
qu'elles éprouvent.
Un air un peu moins portrait à la
tête d'Andromaque , un peu plus d'ef-
fort dans ses bras pour retenir son fils ,
et un moins grand dans le soldat qui
s'en empare , ajouterait beaucoup à la
perfection du tableauetà l'intérêt qu'ins-
pire cette scène attendrissante, bien ren-
due d'ailleurs.
MIGNARD (Pierre), naquit à Troie
en 1610 , et mourut à Paris en 1695.
La nature l'avait fait peintre. Dès l'âge
de douze ans il prit le crayon , et fit
des portraits dont la ressemblance pa-
rut frappante.
67. La Pierge ayant Venfant Jésus
sur ses genoux.
( H. 3. pieds ii pouces ; 1. 2 pieds II pouces. )
LA Vierge tourne la tête vers le petit
(44)
S.-t Jean, à qui elle a l'air de parler.
Pendant ce temps, Jésus quitte le sein
de sa mère, et fixe d'une manière vive
et gracieuse ceux qui le regardent.
Beau tableau, et bien fait pour sou-
tenir la réputation qu'avait cet artiste
de bien faire les Vierges. Celle-ci est
belle y a de superbes mains ; l'enfant Jé-
sus est admirable , tant par la manière
dont il est peint, que par son expression
pleine de vie et. de grâces.
NAIN ( Louis et. Antoine Le ) , frères ,
nés à Laon, morts en 1648.
68. La Nativité.
( H. 1 pied 6 pouces 172 ; 1.1 pied 10 pouces 314. )
LA. sainte Vierge , à l'entrée d'une
étable, reçoit les bergers qui , attirés
par la nouvelle de la naissance de Jé-
sus, viennent lui rendre hommage et
lui oifrir des présens. La plupart sont à
genoux, etadorent le nouveau né. Dans
la partie la plus élevée, des anges se ré-
jouissent de sa venue , et chantent ses
louanges.
L'effet sombre de ce tableau , dont
toute la lumière est fixée sur le groupe
de figures entourant le petit Jésus, donne
à cette composition tout l'air mystérieux
qui convient au sujet.
( 45.)
PAROCEL ( Joseph ) , né à Brignole ,
département du Var, en 1648 ? mort
à Paris en 1704. Cet artiste s'est illus-
tré par le talent de peindre des ba-
tailles.
69. Un combat de cavalerie.
( H. 1 pied 9 pouces ; 1. 2 pieds 5 ponces. )
PAROCEL ( Pierre ) , né à A vignon,
mort en 1739.
70. La Résurrection de Jésus-Christ.
( H. a pieds 5 pouces ; 1. 1 pied 11 pouces 112.)
PATER ( Jean-Baptiste) , né à Valen-
ciennesen 1695, mort à Paris en 1736.
Il apprit sous Wateau.
71. Les Baigneuses.
( H. 1 pied 6 ponces ; 1. 1 pied 10 pouces. )
PRÈs d'une fontaine, plusieurs jeu-
nes personnes se baignent, pendant que
d'autres , sur le bord de l'eau , gardent
leurs vêtemens ou se promènent.
Charmant tableau ; d'un fini précieux,
d'un pinceau agréable et léger , d'une
jolie couleur , d'une composition pleine
de vie et de grâces.
(46)
7 2. Le Bal champêtre*
( H. i pied 9 pouces ; I. 2 pieds 2 pouces 172. )
, PLUSIEURS personnes dansent dans un
jardin, près d'un perron où l'on voit un
balcon soutenu par des cariatides. Au-
près de ce perron , des hommes et des
femmes , les uns debout, les autres as-
sis , attendent que leur tour vienne de
danser.
Ce tableau n'est qu'ébauché.
PELLIER.
y3. (Bdipe maudissant son fils Poly-
nice, malgré les supplications
d3 Antigone et d'ismène.
( H. 7 pieds ; 1.8 pieds 3 pouces. )
POUSSIN (Nicolas ) , né à Andely , pe-
tite ville de la Normandie, en 1594,
mort à Rome en 1653. Ce peintre peut
être considéré comme le plus savant
qui ait jamais existé.
74. Le frappement du rocher. (Copie. )
( H. 2 pieds Il pouces ; 1. 4 pieds. )
DANS un vaste désert, la plupart des
Israélites sont près de périr de soif, lors-
que Moïse j frappant de sa verge le ro-
cher d'Horeb , en fait sortir l'eau en
( 47 )
x. telle abondance, qu'aussitôt il s'en for-
me un ruisseau considérable , où ils
trouvent. suffisamment de quoi se désal-
térer. A la vue de ce prodige , ils se
prosternent, remercient l'Eternel ou se
précipitent vers cette source miraculeuse.
Les uns avec des cruches, puisent de
cette eau d'autres , penchés, boivent
avec avidité dans le ruisseau même où
elle coule. Plusieurs , malgré la soif qui
les dévore , s'empressent, avant de la
satisfaire, de soulager celle de leurs pe-
tits enfans. Quelques autres , trop éloi-
gnés de cette eau salutaire, et manquant
de force pour se traîner jusqu'à elle, ex-
pirent , étendus sur la terre.
Malgré la quantité prodigieuse de fi-
gures qui remplissent ce tableau, il n'en
est cependant pas deux qui aient la
même pensée et qui soient dans une at-
titude semblable. Y CAAJLKAAI** -ri
PREVOST.
7 5. Un panier de fleurs et de fruits"
duquel sort un linge blanc.
( H. 1 pied 9 pouces 172 ; 1. 1 pied 6 pouces.)
RABILLON.
76. Tête de femme ( au pastel ).
(H. s pieds 8 pouces 3/4*, 1. a pieds a pouce*.)
(48)
REGNAUD , do Rome.
77* L-' Amour et Psyché.
(H. II pouces i/a ; 1. 9 pouces 17a. )
CUPIDON, amoureux de Psyché, la
fit transporter par Zéphir dans un lieu
de délices où elle demeura long-temps
avec lui sans le voir ni le connaître. Les
sœurs de Psyche, jalouses du bonheur
dont elle jouIssait, lui persuadèrent que
celui avec qui elle habitait était un
monstre hideux , et la décidèrent à le
tuer pendant qu'il dormirait. En consé-
quence 9 une nuit, tenant un poignard
d'une main , et de l'autre une lampe,
elle s'approche doucement du lit, dans
le dessein de lui ôter la vie : mais au
lieu d'un monstre, voyant la figure char-
mante de l'Amour endormi, le poignard
lui échappe de la main , et dans l'excès
de sa surprise, elle fait pencher, sans
s'en apercevoir , la lampe j uiie goutte
d'huile enflammée s'en échappe, torppe
sur le dieu ; la douleur le réveille, et il
s'envole.
Psyché y à peine couverte d'une gaze
légère, ayant une lampe à la main,
s'approche du lit sur lequel elle s'attend
à trouver un monstre. Sa surprise est
extrême en voyant l'Amour dormant
dans l'attitude la plus séduisante j l'é-
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tonnement et le plaisir qu'elle en res-
sent, se manifestent dans tous ses traits.
Joli tableau, d'une composition agréa-
ble, et frais de couleur. Si l'artiste avait
observé d'y répandre la lumière un peu
moins également, et de lui donner un
ton plus vrai , l'effet en serait plus pi-
quant, plus harmonieux , et le tableau
y gagnerait beaucoup.
78. Les trois Graces.
( H. 6 pouces 172 •, I. 5 pouces. )
LES Grâces , se tenant toutes trois ,
et se présentànt de divers côtés et en.
différentes attitudes , offrent ce que peut
avoir de plus Enchanteur le corps d'une
femme : taille élégante , mouvemens
* souples , formes gracieuses , fraîcheur
de coloris , délicatesse de traits, tout en
elles concourt à donner un nouveau
prix à la beauté qui les caractérise, et à
prouver qu'il n'est rien qu'elles ne doi-
: RESTOUT ( Jean), né à Rouen en
1693, mort à Paris en 1768, fut élève
de Jouvenet , et conserva toujours la
manière de peindre de ce peintre jus-
tement célèbre.
79. Le bon Samaritain.
( H. 7 pieds 10 pouces ; 1.5 pieds 8 pouces.)
Un homme dangereusement blessé.
( 50 )
et dans un état peu différent de celui de
la mort , est secouru par un voyageur
qui étanche son sang et applique sur sa
blessure un baume salutaire. Derrière
eux est le cheval de cet homme charita-
ble , et à ses pieds sa valise. Plus loin
on aperçoit un prêtre et un levite qui ,
ayant passé près du blessé sans l'avoir
secouru , poursuivent froidement leur
chemin vers une ville que l'on voit dans
l'éloignement.
Ce tableau est d'un bon effet, peint
largement; les figures en sont bien des-
sinées , bien drapées et d'une bonne
couleur ; cependant, malgré l'intérêt
qu'il inspire , l'œil se prête difficile-
ment à l'effet qu'y produisent trois jam-
bes près les unes des autres, et dans la
même direction.
ROBERT.
80. La fontaine de Minerve à Rome.
( H. 1 pied 5 pouces 172 ; 1. 2 pieds 1 pouce 17a. )
DANS ce tableau l'on retrouve la tou-
che spirituelle , le pinceau facile et la
couleur agréable et vraie de ce peintre.
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(5i)
STELLA (J acques ) , mort à Paris en
1647, âgé de 61 ans. 11 n'eut point de
maître.
81. Saint Joseph tenant un corbeille
de fruits, est assis près de la
Fierge, sur laquelle est l'enfant
Jésus.
(H. 1 pied 6ponces ; 1. 1 pied 10 pouces.)
THEAULON ( N ) , né à Aigues-
Mortes en 1789 , mort en 1781.
82. Offrande à l'Amour.
( H. 1 pied 9 pouces 172; 1. 3 pieds 1 pouce )
PRÈs d'une statue de l'Amour, placée
à l'entrée d'un bosquet solitaire, auquel
un jour sombre donne un air plus mys-
térieux encore, un prêtre reçoit l'offrande
que deux jeunes amans viennent lui
présenter. La jeune fille, prosternée,
entourée de guirlandes de Heurs, cou-
verte d'un voile transparent , et con-
duite par celui qu'elle aime , attend que
le ministre de ce dieu ait mis le comble
à sa félicité en l'unissant à celui que son
cœur a choisi. Derrière elle , une de ses
compagnes , pressée par son amant de
faire le serment de l'aimer toujours,
paraît hésiter et avoir peine à s'y résou-

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