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Nouvelles

De
273 pages
Romancier, critique d’art, auteur de poèmes en prose, Huysmans a également donné dans le récit bref. Cette édition lui rend justice en réunissant l’ensemble de ses nouvelles. Celles-ci sont tout sauf des histoires « extraordinaires » : l’auteur se place sur le terrain de la chronique, au ras des menus événements. Ses personnages sont des héros à la triste figure : soldat égaré (Sac au dos), petit fonctionnaire errant dans les gargotes de la rive gauche (À vau-l’eau) ou en proie aux rituels de l’administration (La Retraite de Monsieur Bougran), jeune femme à l’abandon sur laquelle s’acharnent les représentants du sexe fort (Un dilemme)…
Pour contrecarrer les vicissitudes de l’existence, celui qui a inventé l’expression «humour noir» mobilise les drôleries saumâtres du désenchantement. Prenant le parti de la transposition grotesque, il inaugure un type de récit qui sera cher à des écrivains comme Gogol, Kafka, Céline ou Beckett.
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© Éditions Flammarion,Paris,2007. ISBN :997788--22--008-810275-619361-53-1.
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NOUVELLES
SACAUDOS ÀVAU-LEAU UNDILEMME LARETRAITEDEMONSIEURBOUGRAN
Présentation, notes, notices, annexes, chronologie et bibliographie par Daniel GROJNOWSKI
GF Flammarion
Collection particulière
Joris-Karl Huysmanspar Coll-Toc (Émile Cohl) dansLes Hommes d’aujourd’hui, n° 263, 1885
PRÉSENTATION
HUYSMANS ET L’ART DE LA NOUVELLE
«Inconnu au bataillon», disait-on à propos d’un nom propre qui, à l’armée, ne figurait pas sur la liste d’appel des conscrits. On emploiera la même expres-sion à propos de Joris-Karl Huysmans. Il ne figure pas, en effet, au sommaire d’une anthologie aussi complète et bien informée queNouvelles des siècles : e 44 histoires duXIXsiècle, due à l’un des meilleurs spé-cialistes du récit bref. René Godenne illustre cepen-dant d’abondance ce qu’il considère à juste titre comme un « âge d’or » :
C’est un genre littéraire que recouvrent bizarrement toutes sortes de noms – histoires, contes, récits, nouvelles –, synonymes tour à tour de textes sérieux ou amusants, graves ou farfelus, de textes vrais ou fantastiques, de textes courts ou longs. Ce sont des textes où tout le sel d’une histoire, d’une vie, d’une aventure peut être dit définitivement en quelques pages, car la recherche de l’essentiel s’y articule autour de moments de vie si grands et si bouleversants qu’il ne semble pas que quiconque les ait jamais saisis 1 (selon les mots de Fitzgerald) .
e 1.Nouvelles des siècles : 44 histoires duXIXsiècle, textes réunis et présentés par R. Godenne, Omnibus, 2000. Nous reproduisons les deux premiers paragraphes de la quatrième de couverture.
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NOUVELLES
Au plaisir de retrouver dans un ouvrage les noms des plus célèbres nouvellistes (Mérimée, Villiers de l’Isle-Adam, Maupassant), s’ajoute celui d’en découvrir d’autres moins connus ou parfois oubliés, dont le pré-sentateur considère qu’ils méritent d’être exhumés : Louis Reybaud (« Un bal à bord du Majestic »), Émile Pouvillon (« Zagal »), Maurice Bouchor (« Le Shakes-pearomane »), entre autres exemples. Or les auteurs de e nouvelles français de la deuxième moitié duXIXsiècle partagent les faveurs du public avec bien d’autres, tra-duits notamment de l’anglais (Poe) ou du russe (Tourgueniev), pour mentionner deux noms parmi les plus appréciés. La presse assure leur succès, si bien que cette prolifération estompe des écrits dont la sin-gularité émerge parfois avec retard. En dépit de la réédition régulière du recueil « mani-feste » des écrivains naturalistes,Les Soirées de Médan (1880), l’auteur deSac au dos demeure méconnu, éclipsé par Maupassant qui avec « Boule de suif », au sommaire du recueil, s’est de prime abord imposé 1 par un coup de maître . Les cinq jeunes auteurs qui se placent sous le patronage de Zola feront chacun œuvre de romanciers, un genre considéré comme plus prestigieux, sans qu’ils tiennent pour autant le 2 récit bref pour quantité négligeable . Quoi qu’il en soit, plusieurs raisons expliquent que les nouvelles de Huysmans sont jusqu’à nos jours demeurées dans l’ombre. En premier lieu, il a multiplié les écrits de toutes sortes, poèmes en prose, articles et préfaces, critique
1.Les Soirées de Médan(1880) réunissent, à la suite d’Émile Zola, cinq jeunes disciples dans l’ordre suivant, tiré au hasard, sauf pour le dernier texte, parvenu tardivement à l’éditeur : « Boule de suif » (Guy de Maupassant), « Sac au dos » (Joris-Karl Huysmans), « La Saignée» (Henry Céard), «L’Affaire du Grand 7» (Léon Hen-nique), « Après la bataille » (Paul Alexis). On se reportera à l’édition de C. Becker, Le Livre à venir, 1981. 2. La plupart des collaborateurs desSoirées de Médanont publié des nouvelles, souvent réunies en recueils. Toutefois leurs ambitions les tournent tous vers le roman dont ils attendent succès d’auteur et consécration d’écrivain.
PRÉSENTATION
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d’art et critique littéraire, hagiographie ou encore mime:une telle profusion brouille les pistes. En second lieu, il a tôt occupé le devant de la scène en publiant des romans qui concernent tour à tour la fille publique, un sujet que la censure juge alors suspect (Marthe) ; l’esthète décadent de la « fin du siècle » (À rebours) ; le satanisme (Là-bas) ; la conversion à la reli-gion catholique (En route,L’Oblat,La Cathédrale). En troisième lieu, Huysmans a publié en volumes – de petitsin-octavo– deux de ses récits,À vau-l’eauetUn dilemme,comme s’il s’agissait de romans brefs. De fait, la notion de genre tend alors à s’estomper au profit desécoles et desmouvements que recense l’his-toire littéraire. Au regard du lecteur, la nature du « récit » est mal définie, elle désigne un genre « non genre », pourrait-on dire. En dernier lieu, Joris-Karl Huysmans est un auteur qui force l’attention par ses incartades, ses outrances, ses polémiques, ses revire-ments. Défenseur deL’Assommoirrompt avec le, il naturalisme;combattant de l’art moderne, il fait l’éloge de peintres réputés académiques comme Gus-tave Moreau, hors du temps comme Odilon Redon, scabreux comme Félicien Rops. Tout en menant des combats qui prônent la « vérité » en art, il se plaît à prendre le contre-pied de l’opinion courante. Éclec-tique, il se fait le porte-parole deCertains, pour men-tionner le titre d’un de ses recueils d’articles. Il qualifie 1 bientôt son « naturalisme » de « mystique ». Parmi ses maîtres à penser et à écrire figurent Baudelaire et Barbey d’Aurevilly. Bref, il se veut inclassable, non pas auteur qui pratique un genre donné mais écrivain de style. Voilà pour l’image publique de celui qui, durant une bonne trentaine d’années, n’a cessé de faire parler lui. Il n’en demeure pas moins que l’appréhension géné-rique des écrits littéraires persiste, tant auprès du public que des éditeurs et des auteurs – et cela jusqu’à nos
1. Huysmans parle aussi de « réalisme surnaturel ». Voir Gallimard, « Folio », 1985, chap.I, p. 35.
Là-bas,
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NOUVELLES
jours. Tous apprécient les récits qui paraissent aussi bien dans la presse à grand tirage que dans des revues d’audience restreinte. Dès 1833, Jules Janin, dansLa Revue de Parisen dérision les contes qui de, tourne toutes parts « tombent comme la grêle ». Le récit bref – conte ou nouvelle–, parce qu’il «prend toutes les formes, parce qu’il se plie à tous les tons », ne manque pas de rencontrer le succès. Facile à lire et facile à écrire, c’est « de la petite monnaie littéraire » accessible à tous (« La centmillième et une et dernière dernière 1 nouvelle »). Les éditeurs, pour leur part, assemblent volontiers en volumes des récits qui ont trouvé leurs adeptes au fil des publications périodiques. Les écri-vains enfin ne peuvent dédaigner le marché qui s’ouvre à leurs fictions. Il leur arrive de faire paraître les mêmes textes à plusieurs reprises, dans des publi-cations diverses, en se faisant à chaque fois rému-nérer, avant de les réunir en volumes. Bien qu’elle soit relativement peu estimée et rarement e théorisée, la nouvelle, auXIXsiècle, et tout particuliè-rement dans les dernières décennies, doit un surcroît de faveur au développement de la presse et des grandes ou des petites revues. Le genre est régulière-ment signalé dans les sommaires, et un auteur comme Huysmans, à défaut de bénéficier des tirages d’un Maupassant ou des succès d’estime d’un Villiers de l’Isle-Adam, s’efforce, à ses débuts, de trouver sa manière. Devenu un écrivain réputé, il consacre cette veine. Dans un volume paru en 1902, en regard de la page-titre, figure au nombre des œuvres « du même auteur » une section « Nouvelles » qui mentionneSac au dos(1880),À vau-l’eau(1882),Un dilemme(1884) – mais nonLa Retraite de Monsieur Bougran (1888), refusée par son commanditaire. De toute évidence, Huysmans fait valoir l’ensemble de ses productions sans établir de hiérarchie.
1. On se reportera à l’anthologie de R. Godenne,op. cit., p. 123-147.