Nouvelles observations sur la constitution militaire, sur ses rapports avec la défense du dehors, la liberté intérieure, l'égalité des droits, et l'incorporation des milices ; Plan d'organisation comparé avec celui de M. de la Tour-du-Pin ([Reprod.]) / par M. Dubois de Crancé,...

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Impr. nationale (Paris). 1790. France. Armée -- Organisation -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1790
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(ANSI and ISO TES[ CHART No 2V
20-
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PERGAMONPUESS
Ilcadiiigum Ilill H;ill, .Oxford OX3 0BW., UK
O B S ERViTlON S
IA ÇONSTITUTÏOlSr MILITAIRE
Sur ses Rapports avec la du dehors,
et l'incorporation des Milices $
D'UN PLAN (D'ORGANISATION,
comparé avec cclvgL de M. la Tooiv-i>0-Piif
JPjtK Xf. DUBOIS DE CRANCÉ,
Secrétaire du Comité Militaire,
AL'ASSEMBLÉEN AT I O N AL E,
DE
As
AVANT- PROPOS.
J'Avoue que le Mémoire, que je foumets l'opinion
publique réfultat d'un an dx réflexions profondes » abreu-
vées d'amertumes n'était point deftihé a rimpreffion.
ravois fait, avec beaucoup de regret le Sacrifice de
mes idées, à la paix & a l'unanimité qui régnoit depuis
quelque temps dans le Comité Militaire.
Devenu timide à force d'atrocités exercées contre
MIDI j'ai balancé long-temps à publier mon fyftùmc. Je
fentois que les grands changemens ont de grands dan-
gers, & que dans un moment où les efptits faut rai-
gris où 'les principes de la plus exacte juftice ne font
pas encore généralement adoptés, où le Minifrère obtîent
de jour en jour une plus grande influence dans l'Ailem-
blée Nationale où les calomnies les plus noires & les
plus atroces font devenues l'arme habituelle des ennemis
des véritables amis de la, Conftitution ma voix feroit à
peine entendue je nie fuis donc borne à tâcher de .faire
entrer dans le Plan du Comité tout ce qui pouvoit le
rapprocher des principes conftitutionnels de l'Empire j
& je dois cette juftice au Comité; que s?il a cru ne
pouvoir xppliquer l'intégrité de ces principes à l'Etat
Militaire il n'en» eft pas moins que moi ennemi du pou-
voir arbitraire il a feulement cru néceuaire de fe placer
entre l'abus du defpotime des Chefs ,& le refped dt
la confidération qui leur font dûs pour le maintien de
la difcipline exauce fans laquelle il n'exige plus de force
publique.
V
Ce Veft donc pas dans ta vue de blâmer le Plan 4u
Comité Militaire aûuel que j'ai fait imprimer ce Mé-
moire je mç Çiis rendu aux vues %•$ de mes Con-
frères; ,mais je dois à ma réputation, je dois au rôle in-
fime & dangereux que la calomnie a voulu me faire
jouer vis4-vis de l'Armée entière» de juftifier mes In-
tentions.
Si, depuis près d'un an, j'ai fuivi fans relâche un
travail qu'ont accompagné tant de défagréraens il a
rallu quelque courage pour dans des circonftances aufti
orageufes, préfentçr un front? calme la tempête. Je
n'ai fait que mon devoir ma million eft remplie; &
je dois l'exemple de la foumi/îlon à la majorité.
A 3
OBSERVATIONS
LA CONSTITUTION .MILITAIRE^
Svr ses Rapports avec la Défense du
dehors, la Liberté individuelle Véga-
l'incorporation des
Milices,
MESSIEURS,
Les s travaux de tous les Comités s'avancent & touchent
à leur perfeâion j tous les pouvoirs feront inceflàmment
organifes & le eomité Militaire eft encore dans une
forte d'indécifion ic'eft qu'il relte TA (Emblée à1 ré-
foudre plufieurs queftions préliminaires avant que le Go*
mité Militaire puifle commencer, fes opérations.
i
Ci* Questions s onî:
Conftiturion de l'Empire François
doit- 1 IL- avait fur la fore- publique?
qui afl'urë de la récom-
penfc dt:e (es' & pour ijii'cUe foit à-la-fois
Quelle- force doit avoir l'Armée en tcmps de paix?
à quoi doit telle être deftinée? quels font les moyens
d'amalgimjr a cette Armée, en temps 'de' guerre) les
Milices Nationales, compofévs tic toutes, les claffes de
Citoyens ? enfin, quel en h moyen le plus économique
d'entretenir en p.ùx une Armée cauj jurs prête à faire
la guerre ?
Pour répondre à ces queftions, nous avons pour bafe
l'ancien ét.\t des c'rjfes àuqutl tiennent toittment tous
les hommes- conduits par l'habitude ou, perfon»cllement
ïntérefrés à maintenir les abus dont ils Nous
avons pour motifl la acluelle dt l'Armée, fa
déiorganifation prefque complète & la juftice de lui
faire partager le oienfait de la Conftitution. Nous avons
pour exemple la facilité avec laquelle fe font opérés dans
toutes les autres bnnehes de rAdminiftration des chan-
gemèrts utiles qui auroient étonné des hommes moins
intrépides, moin» psrfuadés de la grandeur de leur ca-
ractère, & dont les principes n'auroi^nr pas été fondés
fur la ration, Il juftice & le b inheur public.
L'xaminorvs d'abord, dans état des chofes»
ce «{u'étoit ce qu'on appelle 'organisation Militaire.
La Cour difpofoit de tous les emplois
de Colonels, de I ieutenans-Colonels,
de Majora, de- Capitaines de Cavalerie, Dragons, Chaf-
feurs, Huftiirds, & l'on a eiTayé d'établir le mène ar-
bitraire daus l'Infanterie par la ctéation des Capitaine^
7
A4
de remplacement. X« Colonels diftribuotcnt les Soui-
Iieutenanccs a leurs connoirtancçs <&, foas
le prétexte les grades de
fou vent donnés a- 1 intrigue, & à ce qu'on appelle dans
les Corps, les Aeens ai l'Eçac-Major, Il eft refaite de
cet ordre de choies, que l'intérêt de tous ceux qui ont
du pouvoir étant de
a avoir ce qu en com.
portent les Troupes les mieux organifées des Puiïfances
qui nous avoifinent.
Je n'étendrai pas plus loin mes réflexions c'eft i la
Nation à juger ce qui èft convenable a fes véritables in-
térêts c'eti à r.ÀUeihblé'e à déciùér fi cette méthode eft
la meilleure pour diftinguer le vrai mérite, le récom-
pcnfer; entretenir la confiance j les rapports d*efttrne &
de refusa: fans leiquels il n'y a ni
véritable difcipiine, ni efpoir de fuccès à la guerre*
Mais en fuppofant, ce que je fuis bien loin de penser,
que cet exercice du pouvoir arbitraife foit le pltts conve-
nable à l'unité de volonté qui doit gouverner le mili-
taire, je demande fï, par cette raifon même le defpo-
tifme exercé fur la force publique n'eft pas le plus dfah-
gereux écueil de là liberté nationale ? Je demande, s'il
n'eft pas de conférer à celui qui, au
nom du Roi/a feùHe droit de commander, les moyens
de mettre fa volonté à la place de, la Loi, & de graduer
Ls récompenfes qui appartiennent au mérite, fur la
complaifance de fes agens.
On oppose A ce terrible argument que la Nation a
le droit de refufer l'impôt, qu'ainfi elle n'a rien à craindre
de l'Armée. Je fuis bien loirr d'être convaincu de la juf-
ticc du principe, Se encore moins de la conféquenec
qu on en tire car un tel moyen, fut-il prariquable fans
danger, cette impolitique reflburce feroit indigne des
LegilUceurs d'un grand Empire. Il ne faut pas de Loi
t
çonftittmonneHe qui
même; & ce
nés braves défenfeurs, {ïos
comme des Jiipendiôires qui
la plus honorable des fondions, comme la plus péril-»
Iflule, ne jouitoient cependant pas même du droit qui
appartient au dernier des François celui de ne dépendre
que de la Loi confervat rice de toutes les propriétés car
un état dévient \i prop riété de celui qui l'a embrafTé
& s'il eft de principe qu< toute carrière doit te ouverte
ait mérite i n'eu pas oins inconteftable que le crime
• feul peut ea légitimer Isi privation.
Or de quel crime a:cufera-t~on l'Armée, /orfque
agiffant fous le nom & l'autorité du Roi, elle obéira à
des ordres fupérieurs ? omment ce délit
ar qui te faire juger la 'force tienr la Légiflature
fous fon empire ? &r en iuppofantque, libre de le faire,
cette Léginature rompe avec l'armée tout engagement,
fi elle veut la priver de toars moyens de fubfiftance fi
enfin elle la traite en ennemie, quels désordres ne peu
vent-ils pas en réfulter ?
Pouvons- nous douter qu'il ne fe présente un jour des
Minières ambitieux qui ayeront de persuader au Chef
de la Nation qu'il doit u être le maure; & qui, dif-
pofant, malgré les Déciets de rAflèmblée légiflative
de toutes les grâces & de tous les emplois, auront pré-
paré dans le filence de l'intrigue une contre-Révolution
a laquelle doit contribuer tout homme qui y trouvera
fon avantage.
B eft de l'edence du Pouvoir exécutif de tendre à la
domination abfolue; d'un autre côté, nous devons faire
un devoir aux Troupes d'obéir lents Chefs.
Donc la Liberté nationale toujours fous la main d'un
petit nombre d'hommes, court le danger d'être envahie
-̃^̃̃̃-
tôt ou tard, 6 la
n'oppose dans de l'armée une bar-
fière, infurmontable aux atroces prétentions de l'orgueil
fci la du Defpotifme. Ainfi, ce feroit un
comme un foécifique contre d'auûV
l'armée ne fe JanTera pts licencier, &
faura bien forcer le paiement àcs Miniftre
auffi adroit qu'ambitieux parvient a lui pcrfuader que
cet exercice légitime du droit du Peuple eft une rébel-
lion contre l'autorité fouveraine. Il feroit au moins im-
prudent d'expofer ta France Aune fubverfion entière & 1
tons les maux plus
légitime propriété & il ne faut pas fans doute que des
circonstances très-faciles à prçvoir puiflent un jour rendre
comminatoire un article conftitutionnel fur lequel repo-
feroient uniquement le bonheur & la tranquillité de la
Nation Françoife,
C'eft parce que j*ai été profondément frappé de ces
réflexions long-temps avant que la Révolution s'opérât,
que j'ai propofé dés bafes nouvelles pour rorganifatipn de,
1 Armée, dès le mois de Juin dernier. Mon opinion a
pu paroîtrc prématurée, & ç'eft aifez pour que les uns
ne l'ayent pas approfondie > & que d'autres en ayent été
choqués.
Je fuis toujours étonné lorsque* j'entends répéter que
per(ônne ne pouvoir prévoir la Révolution. Il eft vrai que
les détails qui ront accompagnée ont dépendu de mille
circonftances imprévues mais quant au fond quant
aux principes, je crois que tout homme un peu réfléchi,
tout homme uniquement guidé par l'intérêt pnblic &
dégagé detoutefprit de corps de tout intérêt personnel,
n'a jamais pu en douter. Ceux qui ont voulu comparer
çetre révolution à des insurrection! populaires ou aux
le)
évènemens très- incertains que fournit En\
pires, fc font bien abufés, Pans toutes les de*
Nations » dans c«Ues mêmes qui ont changé le$ dynaftîes »
le Peuple n'a jamais été qu'un
quelque intérêt privé. Mais, dans
uniquement pout fa pour Tes droits «5c pour la
juftice'1 qu'il î. eft armé. Lh! ou iont les chefs |de cabale
où font quel
ne pour étoutrti" abufé ciui
n'a pris ks armes que pouf fervir un chef de parti ?
où font les ennemis de la Royauté ? Il n'en eft point»-
"& il n'y en aura jamais en France mais tous ont etl
horreur le Defpotifme miniftériel.
Que les détracteurs de uds opérations votent comme
au 'milieu de cette infimcdfcion le Roi eft adoré du
Peuple qu'il:; .dirent s'il a jamais cène de l'être même
dans ces inftans critiques où l.s ennemis dî la liberté
publique ont le plus abufé de fon autorité Je leur rap-
pellerai les témoignages de refpcd & de tendrefïè de
rAflemblée National^ lorfqu'après les terreurs qui ont
précédé la fournée du 1 Juillet» cils reçut fon Roi
dans fon fem & le recouduidt à fon Palais mêlant fes
larmes avec et. Iles de tout le Peuple de Verfailles.
Eft-ce à une fîireur populaire l'afpeft de ce bon Roi
qu'il faut attribuer TiviciTe de îa ville de Paris, le 17,
que des méchans avoienr abuféc ? A quel évènement com-
pareront-ilv cette aiaffe de ;00 mille Citoyens armés à la
hâte de fufiîs, de piques, de croiiïans & crinnr le lehde-
main, avec le même enrhoulîafme Vive le Roi! vive fa
Nation. vive la Liberté
Oui, tous ces évùnemens ihtéreflfans, toutes ces Adrelfes
hanches, planes d'exprcilions fignes d'un Peuple qui
veut terc libre mais qui chérir, qui rcfpeâre fon Roi
font -des témoins irrécufables & qni traduits au juge-
ment de la poftériu vengeronr la Nation Françoife de
ti
taweV les calommcs de tous les libelles, & de toutes
les obfcuees intrigues de f<&$ ennemis.Nous devons'done
être bien convaincus que la Révolution émit légitime»
néetflake # qu'aucune fur tçiré ne peut em-
pêcher libres, &, de reprendre toute
la dignité qui appartient à une auflî grande Nation; mais
il eft toujours plus fiicile de faire des conquêtes que de
les conserver; & l'Àflemblée Nationale de n'aurait
fait à nos neveux qu'un ptëfent fa fa-
vgefle elle ne fondait pas fur le fur des
convenances de réciprocité, le contre-poids néceffaire à
ta force, darts le cas où Fintrigue & rambition eflaye-
roient de la diriger contre l'intérêt commun.
Sans doute la tranquillité de»
Hâtions, il feroit à defirer que tes Rois appriflen^ enfin
que fart de gouverner n eft pas celui d agrandir leurs
Etats, de multiplier leurs efclaves » d'épuift;r le fang ';&
la Se d'inutiles con-
quêtes, pour venger des. querelles particulières ou enfin,
pour fatisfàire l'ambition fecrète de quelques Agens fubal-
ternes. ̃ '̃̃' • vttt
Entrautres malheurs nés de rambition de Louis XIV
nous avons droit de compter celui de la défiance mu-
tuelle des PuiCances Européennes qui toujours agitées
par la crainte ou la perfidie, que ,1)on décore du beau
nom de politique 3 ont cru néce (Taire ^entretenir des
armées norabreufes, & ont tyrannîfé leurs peuples ioos
prétexte de les défendce,
L'histoire de pr-efqué toutes les guerres, les motifs
connus qui les ont déterminées, font frémir tout homme
honnête &c fenfible. De quelle horreur ne feroit-on pas
faifi fi 1'on pouvoit développer les caufes infâmes Se
îberètes qui agitent les Cours .& bouleverfent (1 racile-
ment la Surface du globe La Nation Françoife vient
de donner au monde un grand exemple elle peut lui
̃».
offrir un grand bienfait c'eft celui de l'union fraternelle
d'un pôle £ l'autre mais pour y parvenir, il lui refte
un pas a franchir c'eft de fe réferver conftitutionttelie*
ment le Droit défaire la Guerre ou. la Paix,
Songez Meflïéurs que vous avez refpon-
facilité des Miniftres; mais que cette refponfabiliré le:
roit
de fu ivre un déprédateur dans le labyrinthe de fon ad-
minift ration ordinaire., avoient à lutter contre les em-
barras de détail de marchés, d'entreprifes d'opërationt
au foutien de l'honneur d'un pa-
villon que ron fera toujours infuher au moment d'une
conviction pour y échapper.
Vous allez régler 6c fixer les dépenfes de tous les Dé-
partemens; rien n'eft plus facile que d'en fimplifter la
coniptabilicé & alors quelle renource reftera- t^-il à l'homme
ptiiflant pour folder f^s créatures (la guerre) puce que
ies détails ouvrent la porte à tous les abus.
Ainfi Meflîéurs ce fléau que l'ambition des Roi»
avoit déjà rendu fi terrible aux Peuples, deviendroit l'inf-
trutnent néceffaire de l'avarice des
d'autant plus cruel qu'il accroîtroit fans ceffe la mefure
de nos maux/& ferenouvelleroit toujours fous quelque
prétexte déguifé, toutes les fois que la Nation voudroit
Sonder la profondeur de l'abîme.
Ileft aonc indifpenfable d'établir, comme bafe conf-
titutionnelle qu'en cas d'attaque ou de difpoiîtion hoftile
de la part de nos votons, tous moyens provifoires de
dêfcnfe appartiennent au Pouvoir exécutif mais qu'alors
vlc Roi fera dans le plus courr délai affèmbler extraor-
dinairement les Repréfentans de la Nation pour leur
exposer les motifs de la guerre qui fe prépare, & que,
fur l'examen de ces motifs, il appartiendra à TAflemblée
Nationale de combiner les avantages & les défavantages
de fa pofition-, de décider fi elle doit entrer en guerte,
M
deux premières campagnes. Ce Décret rendu & fan&ionné
le Roi aura l'entière des moyens d'exécution
Ces bafes pofées la France peut offrir avec loyauté
à toutes les Nations le rameau d'olivier, §c leur propofer
de défarmer concurremment de manière à maintenir
l'équilibre de droits & de puiiïance fans furcharget les
Peuples.
Cette grande & belle opération, digne des lumières
du bon Abbé de Saine Pierre, devient de c en jour
moins problématique, & le chimérique de
difparoitra des que les Nations* rentrées dans leùts-^roits,
feront feules arbitres de leurs véritables intérêts.
Mais, pour nous concentrer dans l'objet actuellement
en difcuftion, & puif^u'il ne s'agit que de i'organifation
de l'Armée, l'avouerai que nous avons pour votons des
Souverains <$ùi peuvent ambitieux que puions,
& que fans Songer les attaquer, nous devons nous
mettre en mefure pour n'en avoir rien £ redouter.
C'eft pour cette raison que M. de la Totir-du^Pin vous
a d'abord préfenté un état de mille hommes de
Troupes foldées & a&ives, & vous demande une Ar-
mée auxiliaire de 100 mille hommes, dont il ne donne
pas les bafes, ina&ive en temps de paix, mais deuinée
a s'incorporer avec Tarmée de ligne pour la guerre, &
a garnir nos places frontières: lorfque cette Armée péné-
trera chez l'ennemi.
(1) Ce Décret eft rendu & «non coeur eft foulagé d'un
rand poids. 0 ma Patrie, quelle exemple tu viens de donner
li
Créft aulfi fous
les moyens de force & de défenfe de la I rahce» & ai
propofé à cet effet trois ligiies bien diftiné^s.
Une première ligne, de tous;tes Gicpy«ns
adifs, pour la garderie leurs foyers} une féconde ligne
de 150 mille Citoyens, dnns toutes les çialTes
(ans diftindtkm de rang Se jufçjuV 4oaRs,
excepté les gtns maries deftinée a ruaintemr la police
intérieure des Villes en temps de paix, & i feivir ,:en
corps d'Armée à li guerre. Enfin, urie troiiième ligne,
compofée de 180 mille hommes de Troues foldées
toujours actives recrutées par engagement volontaire, &'
en tout temps fous la main immédiate du Miniftre de
Ainlî » quoi qu'aient dit de mon Opinion ceux qui
ne l'ont pas ou peur-être pas même lue, je
n'ai au fond que ce que le JVliniftre pro-
reprochée, & à laquelle je n'ai jamais pcnfé dans le fens
qu'on s'fcft tant plu à combattre n'étoit, dans mon Opi-
nion, que ce qu'elle eft aujourd'hui dans celle de M. de
la Tour-du-Pin une ferrant à
anéantir à jam.:is l'ancien tirage au fort des Milices. Je
me fuis mal expliqué fans doute, mais le premier article
du Décret que j'ai. propofé à la fuite de mon Opinion,
portant eh termes exprès l'Armés active & foldée fera
recrutée par engagemens volontaires il ne devoir refter
aucune équivoque, 8c j'ai du moins en la f.nisra&ion de
voir que M. des Pommelles, dans L<n Traire de l'organi-
ration de l'Armée auxiliaire, que M. des Pommelles,
dont les talîns font connus, la critique, inftn:cVive & très-
intérelîànte, après m'avoir combutu a fini par être de
mon avis fur la Confcription Nationale j les
Mais je fuis bien éloigné d"être du fien fur les rap-'
ports qui doivent exifter entre cette efpcce de Milice &
iS
tdus les Péetets que tendre l'Air emblée
Nationale ferait celui qui. accordant au Roi le droit
dt- faire la Paix & la Guerre '.1© iççQnntiilantfeui
bitre de l'organifation de l'Armée de ligne, lui confier
toit de même f entière. & abfohc difpofuion de l'Armée
auxiliaire quelle que fut fa comppfition y & je penfe que
fous ce point-de, rAffèmblée jugera. inpraticable ^C
un proiet qui foumettroit de fait à la
cortfcriptipn militaire la plus cyrànmque les individus
de toutes les claOès; un projet qui au 'Il'ou de lier
le Soldat, & le Citoyen, ne dait tendre, fous le pré-
texte du maintien de la difcipline, qu'à les iéparer. Je
ne puis .applaudir à un fyftême qui ne préfente auSoldaj»
pour domicile que ion Corps, pour amis, que fesÇhe^.
conduite qu'une obéitlance aveugle
& fi tel eft le' dernier degré'de. aiayeuxd^un
Ta^iciert il doit être.formis à un Député de la Ne-
tion de calculer, dans l'avenir les dangers dune Af
fociation de 3 do mille hommes qui pourroient être din-
ges par l'afcendant dit pouvoiV d'un
peuple doux& fans défiance la Conftmi-v
termédiaire entre le Rot & & qu«
de la Liberté d'une Nation ,.a
n'y a qit un pas à franchir; -t
Certainement nous devons beaucoup de reconnoillance
& d'elles à la prudence que
dans cette critique 01Y, alliant k pamo-
tifme avec leur devoir elles onç fu fe maintenir dans le
i ufte & difficile équilibre quc commanàpiént les
ment je crois même quelles ne s^arteront jamais de
ces principes, aujour^hui confacrés par 1 adhefion fi for-
mlledu Roi, & dont un ferment, folemna leur rap-
pcilera ehaclue aonéc.° lc fuuventr. Mais piufque l AS-
»̃*
garantir & nos braves Soldats & leurs Chefs eux-mêmes,
de l'abus qu'un Minière defpore pourroit vouloir faite,
de fon autorité; Ils font armés pour la défenfc de la
Patrie '8:' pour le maintien de la Loi; fouffrirons-nous
qu'ils puiûent être expofés a fervir des intérêts particu-
Il= Conftiturion des cabales ou à
manquer i cette obéiiFance qui eft pour eux un devoir
ngoureux, & devenir viciâmes de leur patriotifme dont
il eft fi facile de leur faire un crime ? Enfin laiflerons-
nous dépendre le fort de xnillions, d'homme* de cette
cruelle & dangereufe alternative ? Non, Meffieurs l'Ar-
mée doit protéger à-la-fois la paix intérieure & la paix
extérieure il faut donc que fon organifation foit et
concordance avec ces deux obligations; il faut qu'elle
réunifie tous les genres d'eftime ôc de confiance il faut
en6n qu'elle foit xonftitimonnellement citoyenne.
Le meilleur moyen d'arriver à ce but félon inox
opinion feroit d'organifer la majeure partie de notre»
Armée, ainfi que je l'ai propofé au mois de Juin der-
nier, de manière que les Régimens fuflànt compofés
d'Oflciers Se Soldats nés Citoyens aétifs, poflTeffeurs de
quelque propriété & du même pays.
D'accorder aux Régimens qui composeront cette
Armée, le Droit de l'Election pour chaque Grade; de
ne les placer, en temps de paix, qu'à peu de diftancede
leurs foyeri; de compofer les Compagnies de Chaffeurs
de ces Bégimens de volontaires liés pour quatre ans au
Service en établiffant que nul ne pourra être fait Ofli-
cier de la Garde Nationale qu'il n'ait paffé quatre ans
dans les troupes de ligne; enfin de leur accorder des
congés de 9 mois fur deux ans, fans aucune retenue
d'appointemens. Pour le furplus ces Corps feront fou-
rnis aux mêmes Réglemcns Si à la même difcipline que
toutes les autres Troupes.
̃ *7
Ceft à que, -dans le. ci»
de guerre, dev'roi* & réunir notre Milice Nationale,
de tous les Citoyens les plus proprés an fer-
vice m lit take fans diftin&on de &ns
effort, fans contrainte tout naturelle-.
ment par Département à des
i oîution de l'A tmée on peut combattre une opinion
fans là calomnier j car cette opération peut fe faire avec
une fecouife inhiumenr moins dçqloufcufe que celle que
pj.opôfe te Premièrement, il
nable de remettre une partie de nos Régi mens ci'Infi\H-
tér'ie à 4 bataillons, & ceux de efeadrons.
L'armée defire cette bien ciiilinguer
d'une incorporation on peut Régi-
mens, attacher un Dép%Ttcnient. ?,ii renouvellement de
chaque bataillon ou efeadron, & faus bnfer ni décom-
pofor rien permettre feulement en ce moment aux
Soldats des échanges réciproques Ôc volon-
taires fans prétendre dépoiféde" n't contrarier perfonne.
Ces échanges volontaires font peu 'être, en ce moment,
le meilleur moyen de rétablir l'ordre & l'unité de prin-
cipes dans les Corps, d'éviter le choc des opinions de
rétablir la ,paix Ôc h difeipline cette opération en: donc
non tourment utile, point tyrannique, mais je la crois
même néctfiàiré'.
De toutes les objections qui ont été fâircs contre ce
plan, une feule m'a paru digne d'attention; c'efl
lire de fecours que chacune de nos Provinces
fourni à PArmée. M. de Pomslles a tas-bien prouvé cens
inégalité: en conféquence, profitant de fon avis, je borne
aujourd'hui ma propofition à prendre pour baie de Cette
formation les Pépirtcrnens dans lefqjitls le gouc ou les
habitudes inspirent aux hommes le moins de zèle pour
le à évaluer le concyigent de c.lia-
B
i8
que Département à un fur *8o, ce qui eft le minimum
des Provinces méridionales; 15 millions d'ames dans
cette hypothèfe, donnent un fonds de mille hommes.
Or, ne portant les Régimens de Départemens en Infan-
terie, Cavalerie Se Artillerie qu'à 75 mille hommes, je
me trouve d'un tîxième au defîous même de: la plus
jeclion. Tel fera donc en teros de Paix le dernier
terme de la Phalange nationale, que Je propofc comme
Armée de Ligne toujours aéVive & recrutée volontaire-
ment y mais c la fiée par Bataillons»
composes d'individus en Officiers & Soldats du même
département ainii, les Régimens, fuppofés de quatre
Bataillons, chaque Département fournira un Bataillon:
il en fera de même de la Cavalerie, dont les Régimens
étant à quatre Efcadrons chaque Département fournira
un Escadron.
Quant aux Rumens d'Artillerie, doii7.e Départemens
formeront enfemble un Régiment, & Paris dans tous
les cas, fera compte pour deux Départemens j ainfi nous
aurons, dans cette hypothefe, vinj*t-un Régimens d'In-
fahteric vingt-un Rcgimens de Cavalerie & fept Régi-
mens d'Artillerie, que j'appelle Troupes de Départemens,
& qui feront composes de manière a faire un total de
mille hommes, compris les Officiers, & à pouvoir doubler
cerre maffe, an premier bruit de guerre, avec notre armée
Auxiliaire en dédoublant ftmplement les Officiers de
chaque Compagnie, car je crois important de laitier fub-
lifter un cadre pour la Guerre, afin que les Soldats qui
arriveront, trouvent des Officiers inftruits pour les com-
mander. CTefl: pour cette raifon efienticlle que je crois
devoir maintenir les Officiers en fécond de tout grade
dans les Compagnies.
Le furplus de l'Armée active fera com pofé comme il
plaira au il idUpcfera de tous les emplois de
ccs 'Régimu;3 qui feront Dragons, Chaflfcurs, Bataillons

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