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Nuit bleue veine

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« Nuit bleue veine » est un recueil qui comporte deux superbes textes : un long poème du même nom, qui nous invite dans la magie de la nuit suivi d’une nouvelle très originale « Tranche de village ».

" Nuit bleue veine "

C’est un univers où les éléments, les moments, la nuit même sont comme des êtres vivants. La nuit s’incarne en une personne, les papiers jonchant le sol sont bibliothèque du temps. Le lampadaire prend vie sous forme d’un phasme géant, les voitures, des fauves à l’affût. Toute la nuit est un peuple en dehors de toute présence humaine. Le fleuve est univers liquide à lui seul. Tel est le fantastique de ce texte.

" Tranche de village "

Cette petite nouvelle présente les coutumes d’un village où le cercueil est le centre de traditions particulières. Quelle fierté de pouvoir se faire inhumer dans un cercueil ayant déjà accueilli la dépouille d’une célébrité, d’un politique, d’un artiste... Mais quelle surprise de constater, de manière rarissime, qu’un cercueil ait pu être griffé de l’intérieur ! Erreur médicale ? Crime ? Ce texte demande à être développé, à recevoir une " patte " littéraire encapsulant toutes ces coutumes !

N’hésitez pas à envoyer un message à la maison d’édition Bookless pour me contacter. À vos plumes et à bientôt !


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Yves Durlin

 

Nuit bleue veine

 

Poésie

 

Suivi de

 

Tranche de Village

 

Nouvelle

 

 

 

 

© Yves Durlin

Bookless-editions

Tous droits réservés

Février 2017

N°Isbn : 978 2 37222 388 1 

Nuit bleue veine

 

 

 

Les gouttières, veines bleues métalliques,

Giclent sur le pavé hémorragique, repu,

La sueur des nuages incestueux hors temps.

 

 

Le crépuscule noie son déchirement céleste

Dans les lambeaux sombres d’une nuit accouchante.

 

 

Maltard arrivera l’œil blafard vidé de son humeur vitreuse

Par un nuage ciselant un futur horizon.

La rue, exsangue de toute présence humaine,

Guette immobile et froide l’ombre des âmes,

Fantômes de mémoires diurnes qui semblent se léviter

De quelques centimètres de hasard au-dessus

Du clavier granitique des trottoirs.

 

 

Un poteau, potence électrique,

Écartèle ses maigres hauts bras.

Là-haut les fils, au courant des rumeurs,

Coupent net le souffle du vent.

Fils hurlants dans la nuit muette.

La rue se casse le dos et plonge, courbée,

Vers un abysse encroûté d’asphalte.

 

 

Là, proche du vide pentu, une rampe,

Cordon ombilical orphelin, semble saisir l’innommable :

Le temps.

Cordon rigide aux extrémités arrondies

Par des paumes confiantes et chaudes

Afin de descendre ou monter ces créneaux de pierres

Ancestrales.

 

 

Mais, cette nuit,

Seule semble monter une incantation lunaire.

Un réverbère, cerbère cyclopéen,

Fixe d’un regard jaunâtre  la pente.

Rampe et réverbère.

Là, le bas de la rue est avalé par cette bouche

Nocturne aux lèvres de halos blanchâtres.

La descente froide et sourde des escaliers

S’apparente à celle d’un cercueil en terre pleine.

 

 

Lentement, marche après marche,

Le dernier pas donne naissance à un talon

Découvrant le contrebas.

Dans le dos s’orchestre, luisant d’humidité,

L’harmonie des marches.

 

 

Une silhouette, en retard d’une étrange avance,

Se verticalise le long du cours d’eau.

Eau noire, mobile,

Où se miroitent d’étranges étoiles aguicheuses.

Des odeurs lentes squattent les abords.

Le bord du fleuve, margelle géante à la manivelle géante

D’un puits reconverti en écluse,

S’engouffre en rampant en silence

Dans cette eau noire phagocytant silencieusement

Tout ce qu’elle touche.

De nouveau la silhouette magiquement réapparue.

Présence semi-lointaine, semi-proche,

Dans cette nocturne situation.

 

 

Le long du quai des squelettes métalliques

Couinent au vent trop pressant.

Cathédrale de labeur le jour,

Purgatoire et prétoire la nuit.

 

 

Un autre œil électrique à l’iris filamenteux

Saint-esprise cet espace magique.

Autel tragique

Où s’incarnent des silences énigmatiques.

 

 

L’eau noire, aux clapots ressuscités du tréfonds,

Semble envoûter ces lieux.

Un autre cordon ombilical,

Une autre étrange rampe souple comme un serpent torsadé,

S’étire en impossible cadence entre le bord gris granit,

Du bord de cette eau noire,

Et l’énigme flottante au pavillon aveugle.

Étrange rampe au cordage d’un autre âge.

Ce lien, au-dessus de cet élément liquide,

Suspend une destination passée et future à la fois.

 

 

La nuit maquille les yeux du hasard.

De nouveau la silhouette réapparut.

 

 

Les plaques de d’égouts sont comme

D’énormes papilles gustatives râpantes

Et suçantes

La moindre foulée,

La moindre enjambée.

 

 

La rue,

Cette langue noire de peste engoudronnée,

Déroule son haleine nocturne.

Les...

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