Observations pour servir de réponse aux différents faits avancés par les prétendus amis des noirs, et notamment à une lettre du 4 janvier 1790... par les capitaines du Havre-de-Grace naviguant à la côte d'Afrique

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Impr. de P.-F. Didot jeune ((Paris,)). 1790. France -- Colonies -- Histoire. In-8 °. Pièce.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1790
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OBSERVATIONS.
Pour servir de réponse aux différens.
faits avancés par les prétendus amis
des Noirs, et notamment à une lettre
du 4 janvier 1790, qui se trouve dans
le supplément du journal de Paris,
du 13 dudit mois ;
PAR les capitaines du Havre-de-Grace ,
navigans à la côte d'Afrique.
HAVRE, LE âO JANVIER 17790.
OBSERVATIONS
POUR servir de réponse aux différens
faits avancés par les prétendus Amis
des Noirs, et notamment à une lettre
du 4 janvier 1790, qui se trouve dans
le supplément du journal de Paris,
du 13 dudit mois ;
PAR les capitaines du Havre-de-Grace,
navigans à la côte d'Afrique.
Nous respecterions, jusques dans vos er-
reurs, l'intention de votre société, si, avertis
comme vous l'avez été par une foule d'écrits
lumineux, vous aviez au moins eu la sagesse
de douter, le désir de vous éclairer des lu-
mières de ceux qui ne pensent pas comme
A IJ
vous, et de leur communiquer les vôtres, en
mettant respectivement toute l'honnêteté et
l'impartialité qui doivent faire évanouir le
plus léger soupçon d'intérêt,
Nous lisons dans le supplément du journal
de Paris du mercredi 13 janvier, une lettre
datée de Paris , du 4 du même mois , écrite
par un de vos membres aux auteurs du jour-
nal. Cette même lettre est rapportée mot-
à-mot dans la gazette universelle du 19 jan-
vier, comme extraite d'une de Saint-Domin-
gue en date du 13 novembre 1789.
Voilà, Messieurs, une infidélité.
L'auteur de cette lettre sait mauvais gré
à un Colon aisé à connaître , de se cacher
sous le voile de l'anonyme ; et lui-même
ne signe pas : il prodigue des injures au
Colon, qu'il veut désigner, et il se plaint que
l'on débite contre les amis des Noirs mille et
une calornnies. Il veut sans doute se réserver
le privilège exclusif d'injurier et de l'ester
inconnu à ceux qu'il attaque.
Cet ami des Noirs ose avancer que M.
Monneront n'est arrivé à des résultats satis-
faisans , que parce qu'il a supposé prouver
des faits en contestation : il ne veut pas per-
mettre qu'on dise que l'abolition de la Traite
n'épargnaroit pas une larme à l'Afrique; cette
( 3 )
assertion lui paroît étrange et dénuée de
preuve. Eh ! quelle preuve lui faut-il donc?
S'il n'en croit pas les rapports unanimes des
voyageurs qui ont fréquenté les côtes d'A-
frique , nous l'invitons à s'y transporter ; et
il y sera témoin des atrocités que se permet-
tent journellement contre des esclaves Noirs,
des Noirs que nulle loi, nulle autorité ne
contient.
Il y verra la plus légère injure, le soupçon
même d'un mot qui peut déplaire, puni de
mort, et par le genre de mort qu'il plaît au
maître d'inventer. Il y verra les précipices qui
bordent les côtes d'Afrique, remplis des os-
semens des malheureux esclaves que l'âge ou
quelqu'infirmité ont rendus inutiles à leurs
maîtres; il y apprendra que ces barbares ont
mille fois livré aux flammes, ou abandonné
à la dent vorace des bêtes féroces, des fem-
mes même enceintes , sur un simple soupçon
d'infidélité; il y apprendra que les esclaves
qu'on,y achète sont nés esclaves, ou qu'ils
ont perdu la liberté à la guerre; il se con-
vaincra que le commerce arrache ces malheu-
reux prisonniers à la mort , puisqu'on lui
prouvera que ceux qui ne peuvent pas être
vendus, sont impitoyablement massacrés, et
que c'étoit ainsi qu'ils s'affranchissoient du
A IIJ
( 4 )
soin de les nourrir, avant que les Européens
parussent sur leurs côtes ; il saura enfin que
l'homme né libre l'est toujours dans ce pays-
là, à moins qu'ayant commis un crime contre
quelqu'un plus puissant que lui, il ne se
trouve soustrait au supplice par la perte de
sa liberté, dont le prix est payé à celui qui
l'a condamné; il connoîtra Je caractère féro-
ce et vindicatif des Nègres ; il gémira des
cruautés qu'ils exercent de sang froid sur
tout ce qui leur est subordonné ; il frémira
quand il apprendra qu'à quelque distance
des bords de la mer , il y a des boucheries
de chair humaine; que les Nègres, avant de
connoître le commerce , étoient antropo-
phages, et qu'on n'est point encore parvenu
à corriger de cette horrible coutume la nation
appellée Mondongue. C'est alors qu'il bénira
l'industrie Européenne d'avoir trouvé les
moyens de soustraire tant de victimes à la
fureur de leurs tyrans.
Quelque affreux que soit ce tableau , nous
avons dû le tracer ; il n'est malheureuse-
ment que trop fidèle , et nous aimons à
croire que vous n'y serez pas insensible.
Vous conviendrez que, d'après cet expo-
sé , la Traite est un bien pour l'humanité.
Voyons maintenant si elle est aussi un

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