Observations sur l'aménagement des forêts, et particulièrement des forêts nationales présentées à l'Assemblée nationale, par la Société royale d'agriculture, le 9 juin 1791 ([Reprod.]) / [P. C. M. Varenne de Fenille]

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de l'Impr. de "la Feuille du cultivateur" (Paris). 1791. Parcs nationaux -- France -- Ouvrages avant 1800. Forêts -- Exploitation -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : samedi 1 janvier 1791
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
REVOLUTION FRANC AISE
MAXWELL
Headington Hiil Hall,Oxford OX3 OBW, L K
DES FORÊTS NATIONALES;
à
Royale Juin
A PARIS',1.
D2 l'Imprimerie de la Feuiçle^du Cultivateu*^
rue <îes Foffés S?.int-Viflor, nO. la..
1 7 9 »̃
A
OBSERVATIONS
S U R -L'A M É N A G E M E N T
DES FORÊTS,
ET PARTICULIÈREMENT
DES FORÊTS NATIONALES
Royale d'Agriculture.
JL/A B O N D A N C E du bois eft d'une ftéceflité Ci
abfoluè, fa confornmacion fe diverfifie de tant
de manières, & elle eft excitée par tant de befoin3,
fans ceffe renaiffans, qu'il efl incompréhenflble
qu'une Société policéc ait pu cefïer un (eu! infant
de veiller à la confervation à l'aménagement,
à la reproduftion de fes bois & de fes forêts.
Cependant il n'ert quetrop vrai que cette partie
importante de la vigilance publique a toujours
c*>
été négligée pour ne pas dire abandonnée en
France. Le préambule de la fameufeOvdonnanct1.
de fur le fait des Eaux & Forêts, nous
aprènd que, jufqtTà cette époque., « le dèfordrz
>» qui s'était gliiTé dans les Eaux & Forêt* était
& fi invc'tére, que le remède en
La furveillnnce générale, dont cette loi pofd
les principales bafes, était un grand pas vers le
but qu'il était efientiel d'atteindre. Nous devons
même regarder Korn me un commenccment d'a-
mélioration, l'averti flement authentique donné par
le Gouvernement, qu'il avait reconnu l'imminence
du danger, & qu'il regardait comme efficaces les
mefures qu'it avait priies pour en garantir le
Royaume. Si dans le choix de ces mefures de
détail on né fut pas aulïî heureux que dans celui,,
des bafes principales ce fut parce qu'il n'était
pas dû refport de la pénétration humaine. Le
choix, dans ce genre, dépend exclulivement de
principes phyliques qui ne peuvent être faifis &
affermis que par de longues & favantes obferva-
tions & perfonne n'ignore que dans le dernier
fîècle oh ne foupçonnait même pas à quel point
les travaux de celui-ci répandroient de lumière
far les branches de la légiflation, dont une faine
phyfique doit être l'apui.
Des Phyficiens fe font fucceffivement attachés
(3 )
A 2
à démêler, dans la marche de la Nature, les -A
cnufes, nous ne dirons pas de l'inutilité, mais
inféparables de ces moyens de
détail que^prefcrit l'Ordonnance.de pour
la confcrvatioii & J'amtlioration des forêts. Des
1721, Réaumur frappe de ces inconvenrens
cbnfigria, dans les Mémoires de l'Académie des
Sciences, le véûiltac de'fes obfeivations, & ce
îéluttat était effrayant: l'inquiétude eft générale,.
ss dit-il fur le bois du Royaume,
n & peut-être cette inquiétude n'eft-elle que
trop fondée. Par-tout où il y a des établif-
» ft-mens de" forges, de fourneaux à fer, de
» verreries,&c. on craint que/ces ctabliiTe-
mens ne tombent par la fuite, faute du bois
néceflVue à leur entretien. Peut-être que l'on
augnientéla confommation, foit de celui
qui Cil employé pour la charpenre & la me-
ntiiferie ou façonné pour d'autres ouvrages
h foit de celui qu'on brûle L'intérêt de
si l'Etat demanderait qu'au moins la quantité du
bois ne diminuât pas pendant que la confom-
mation augmente. 11 ne ferait pas rayonna'
H ble, ajoute-t-il de fouhaiter que les terres
«devenues labourables furent remifes en bois;
si mais il ferait extrêmement à
terrains laillés en bois, nous donna ffent tenu
celui dont nous avons bi'foin pour nos ufages;
(4)
j» que ces terrains fuffent' parfaitement mis en
» valeur & fur-tout qu'on empêchât hur produit
» de diminuer (i). Réaumùr indique enfuite
les expédiais qu'on pourrait employer, ce les
expériences qu'on pourrait faire
les bois du Royaume, & en quantité'. & en valeur.
Duhamet, Buffon, fe font élancés dans la même
carrière. Ils y ont marché en Phyficiens. attentifs'
& exercés., qui connaiffenr tout le poids' des
obfervations & des expériences, & qui favent de
combien d'élémens il eu. neceffaire de s'afl'urer
pour qu'une expérience foit concluante. M. Télé?
d'Acofta > M. Pannelier d'Annel, M. Plinguet fe
font occupés du même objet, d'apiès des effet»
phyfiques qu'ils ont obfervés. Nous pourrions
groflîr cette lifte du nom de plufieurs autres
observateurs, que leur zèle pour lé bien public a
couduits dans la même route; mais nous croyons
devoir nous borner à citer M. Boncerf, Membre
de la Société Royale d'Agriculture; fon zèle &
fes lumières font connus, & la Société lui doit
un Mémoire direft fur les fuites ficheufes qu'ont
eu les erreurs en phyfique, dans lefquelles font
tombés les Rédafleurs de l'Ordonnance de 1669.
L'importance de la matière la notoriété de l'in.
Voyez les Mémoires de l'Académfe Royale de« Scie«<
tet, année 17a ï pag. 284.
(! )
fufiiCattcç des bois qui nous refont p\>urrépôridfe;
à nos befoins; l'iinpofîîbilité d'élever rapidement ?
la reproduflron au niveau d# la consommation;
ont dirigé les premiers regards dé la Société fur
l'exploitation" des mines de charbons de terre,
& fur les tourbières. Ces moyens de Jupplémeht
lui ont paru d'autant plus dignes d'attention, que
ce font les feuls qui pui lient motiver le retardement
des coupes de quantité:de bois quine font pas
encore parvenus â une croiffance fuffifante & ce
qui efl peut-être plus important encore, les feuls
qui permettent d'attendre fans inquiétude le dé-
veloppement complet des plantations dont la
nécellité eft généralement fentie (i).
La Société, confiante dans fa.marche fur tous
les objets du bien public, liés à la profpérité de
l'Agriculture & de l'économie rurale, a pris des
mèfures pour fe procurer, par fes nombreux
conefpondans au dedans & au dehors du Royau.
me toutes les observations qui pourâicnt la mettre
en état de publier un Avis développé fur les
femis les plantations, l'amélioration & la coi>
fervatioiY des bois & des forêts.
(i) La Société Royale d'Agriculture à qui le Comité
d'Agriculture & de Commcrce de l'Aflcmblée Nationale
a fait t'honneur de la çonfultcr, lui a préfente, au mois
de Décembre des
Mines de Çharbon-dt-ttrre.
Une circonltAfice d'un ordre majeur, celle de
J'aliénation des biens Nationaux la détermine
aujourd'hui à réfcrver le plan de travail qu'elle
fe propofait d'embraser dans toute fon étendue,
& auquel elle n'a pas renoncé. Elle a regardé
comme un devoir de s'attacher dès à prcfent aux
opérations relatives à la confervation l'accroif»
foment & à l'aménagement des bois taill.is, &
des futaies q'ui font partie des~biens Nationaux.
En confluence elle nous a charges, MM.
Lefebvrc Ti.ouin, & moi de raflembler les
Ouvrages qui ont été publiés fur cette matière,
& les Mémoires manufcrits qu'elle a reçus depuis
qu'elle s'occupa du projet de répandre une inf-
truaioii générale fur la partie des bois & des
forets. Après un examen fevere, & de mûres
réflexions fur l'ordre à fuivre dans la rédaction
de notre travail, il nous a paru que le moyen le
plus Jiinplc, le plus expéditif, & le plus propre
à remplir les vues de la Société Royale d'Agri-
turé, feraitdé faire imprimerun Mémoire précieux
que nous avons trouvé dans fon dépôt la première
partie de cet cent traire des taillis, & l'outre des
futaies. Il elt le fruit des ledures dos obfcrvations y
des expérience! & des calculs de M. Varenne, l'un
de fes Il nous a paru que l'Auteur
y avait ralïemblé tout ce que les écrivains qui
l'on devancé avaient donné de plus folide fur un
l?T
A4
projet fi intéreffant; qu'il avait fagement rapro
thé les faite qui pouvaient le garantir de quelques
méprifes qui leuront echapé.Ces méprifes,fu(Tçnt>>
elles plus nombreufes, feraient pour le moins ex-
cufables dans unctongue fuite de travaux qui
forcent tout revoir, â tout vérifier, à tout
ramener aux principes d'une phylique fi récem-
ment peifcclionnée. Enfin il nous a paru que
l'enfeinble du travail de M. Varenne indiquait
la route,la plus profitâble à fuivre, foit pour là
Public foit pour les Propriétaires, dans la ma-
nutention des fuiaies & des taillis. Nous femmes
donc peifuadés que la leclure de ce Mémoire
juftifierà l'opinion que nous en avons conçue
âpre! l'avoii médité.
̃(>̃>̃'̃
M É M O 1 R E
Sur l'Aménagement des Bois, &
des Forées nationales.
PAR M. V A RE N N E-D E-F E N I L L E.
PREMIÈRE P A RT1E, ~tv
Bois taillis.
ce Mémoire v cft de Sonner une méthode pour
dc'tefniiner avec prccifion l'époque où il eft le
plus avantageux de couper les bois, quelle que foi
la future du fond qui les aitproduit; & d'appliquer
les réfultats de cette mahode au meilleur des
ame'nâgetnens dont les bois taillis particuliers &
nationaux font fufceptiblcs en fixant à cet égard
toute incertitude.
Cette queflion eft affez importante pour avoir
de tout.tcms occupé les Agronomes, les Légifla-
tetfrs, mêmes de grands Phyficiens & ce n'ett pas
fans une jatte crainte que je liafarde de traiter un
fujet fur lequel les Re3umur, les Duhamet èc
les Buffon fe font exercés.
( 9)
Mais après avoir porté, a la leflure de leurs
Ouvrages fur les bois, toute l'attention dont j'étais
capable il m'a paru que les principes qu'ils avaient
développes, & les vérités qu'ils avaient établies",
ne donnaient néanmoins qu.e des généralités,
dont l'application biffait encore l'Agriculteur-
pratique dans une fklieufc incertitude. Aucun
de ces célèbres Phyficiens n'a, ce me femble,
confidére la que !lion particulière des taillis fous
Je peint de vue que j'ai faifi, lorfquc je me fuis
propofe d'indiquer une méthode démontrée, par
laquelle un Propriétaire pourra facilement rccon-
naître de combien fon taillis îîtuë en bon comme
en mauvais terrain, aura augmenté chaque année
en valeur intrinfèque.
Le vœu de Buffon était qu'on la trouvât
cette méthode. « En général, a-t-il dit, on peut.
s'alTurer que dans les bons terrains on g*»-
gnera à différer la coupe du bois taillis,
& que dans les terrains où il n'y a pas de fond
» il faut les couper fort jeunes. Mais il ferait à
» fouhaiter qu'on prît donner "de la à
» cette règle, & déterminer eu jufte l'^gc où l'on
doit couper les taillis. Cet âge cil celui où
)1 j'accroiffeinent du bois commence à diminuer.
» Dans les premières années le bois croît de plus
en plus, c'eft-â-dire que la production de la
» féconde année eft plus conikiérablc que celle..
( Vo)
année Taccroiflemenf de \k
» troifième année eft plus grand que celui de la
>> féconde; aïnfi l'accroiffement des bois augmente-
un certain âge, après quoi il diminue;
» pour tirer de fon taillis tout l'avantage & tout
Mais comment le reconnaître
II n'y a que
i> des expériences faites en grand des expériences
» longues & pénibles des expériences telles que
» Rcaumur les a indiquées, qui puiffent nous
» apprendre l'âge où les bois commencent
>> croître de moins en moins (i). >»
BufFon n'était donc pas pleinement fatisfait
des expériences indiquées par Réaumur puifqu'il
les trouvait Elles confident
à faire le choix d'un bois de l'âge de dix ans.
On en coupe un arpent qu'on réduit en fagots
d'une groffeur & .d'une longueur égale, pour
plus- d'exattitude on les pcfe. Cinq ans après on
ccitpc un fccond arpent à côté du premier on
en pèfe égalemeot le produit. Lorlque le premier
arpent à repris dix an? on le coupe pour
h féconde fois, puis pour la troifième fois dix ans
après. Enfin on coupe pour la féconde fois le-
deuxième arpent, celui dont le bois ne doit
à niifîoirc Naiurflie, ;V;-4°. Toni. 2
jî|.
(. i,1 ),.
iéire abattu qu'à quinze ans, & l'ayant égale-
n-cnt pefé on fait la cômparaifon cxafte du
produit d'un taillis coupe trois fois dans trente
ans, ou coupé feulemenr. deux fois. Par là, dit
Réaumur,on fera en état de juger s'il eft plus
avantageux de régler les coupes de ce terrain de
dix ans en
On ne voit pas qu'il foit réfervé un troisième
arpent à côté des deux autres pour ne le couper
qu'à l'âge de trente ans, & pour en comparer le
produit à celui des deux premiers. Pcut-.ctrô
Rcaumur s'eît il fait quelque Tcrupule de pro-
pofer la pefc'c d'un arpent de bois âgé de trente
ans. Quoi qu'ilen foit il n'a point diflimulé les dif-
ficultés que fes expériences éprouveraient dans
l'éxecution. « On ne peut guère çfpérer, dit-il,
• » que l'itnpatience Françaifc permette d'entre*
prendre des expériences de fi longue haleine;
», nous voulons tout favoir, avoir tout fait dans
)) te moment. Des expériences de cette nature
"feraient aufù plus fùremeiu conduites par ceux
qui nous gouvernent. Eiics font un objet
» r<tfez important pour l'Etat pour mériter
» leur attention, & j'ofe dire que ce font des
» plus belles & des plus grandes expériences
» qu'un Prince puilTe faire entreprendre (i)*
( »)'̃
pas feulement à raifon de fon extrême
difficulté que la méthode de Réaurnur me
fcmble peu praticable, & je crois que
rience, comme il la propofe, ferait infurïifante
& fautive.
i°. Si le plus haut point de croyance du
taillis, ce Maximum que l'on cherche, ne
qu'eu tre la dixième ou la quinzième
année, ou entre la quinzième & la trentième,'
comment le reconnaître ?
que l'expérience ait été faite
avec exaflitude qu'apprendrâ»t-ellé? Le meilleur
aménagement du taillis exploité ? C'eit bien peu
pour un aulîî grand appareil. L'aménagement d'un
taillis absolument femblable ? Mais comment le
Propriétaire d'un bois Semblable jugera-t-il de leur
parfaite conformité?
30.' Les Maraudeurs, ou quelque accident im-
prévu, peuvent déranger l'expérience, & pour
peu qu'elle foit altérée, le dommage ne peut
plus s'eftimer, la peine eft perdue :Sil faut
recommencer.
/j.0. Quel moment clioifira-t-orj pour le mefurage
des fagots & pour leur peféc s'il eft vrai, comme
oii n'en faurait douter, que les bois en fe défle-
chant perdent au moins le tiers de'leur poids,
& fouvent un quart de leur volume, & que plus
h bois ell en petit volume plus le défl'ècliement
_( H)
Les obfcivations faites àSaint-Dizier, en Cham*
pagne, par un grand Maître des Eaux & Furets,
M. Telles d'Acolla (i), ne s'accordent point avec
les évaluations de Duhamel. H Ignore dit-il
dans quelle Province & dans quel tems les
faites; mais à Sa'mt-Dizier Paccroiiïement de»
brins de-taillis eft de feize lignes de gros, lorf-
qu'ils font parvenus à 8 pouces de tour (2)
diamètre. Donc la gro!Teur du brin de vingt ans cft à la
groficur du brin de 30 ans, connue le carré de 40 ligncs,
tliaiiètre du buiu de 20 ans par la fuppofition, eft au carrs
de <5o lignes, diamétre du brin de 3o ans. Le carré de.
40 eft 1600, le carré de <5o eft 36oo. Or itfooligiics
font lignes comme i 2o. liv. font a 170 liv. Le cal-
cul de Duhancl eCt donc rigoureusement exact; à cela
près qu'il a oublié que fon taillis cfc 30 ans avait cru de dix
pieds de hauteur pendant. les dix dernières années &
qu'il a omis de mettre ces dix picds en ligne de compte.
Mais cette extrême exactitude prouve en même tems que
fon rëiultat n'elt dû qu'au raifonnement & non à l'ex-
Tout le cette du chapitre., qui cft fort étendu, ne potle
que fur les mêmes bafts & ne part que de la nictre
liypotîièfe; mais on n'cft pas univerfèllcmcnt d'accord que
cette liypotliclc & ces bafesfoient parfaitement confornifs
aux loix que fuit la Nature.
Infnuclions fur les bois de la MâHne. Pans, i-8î,
(2) Du moins c'cft ainri que je l'ai cohçM car la phrafc
< «*)"
& fans couper les baliveaux, pour lefquels M.
d'Acoda témoigne une grande pre'dilecTion contre
c1aire. La voici (pag. « On
» acbftrvé en Champagne que l'accroifleuient des taill's
v eft de plus de fix lignes^par an, à compter de l'année
où il y a 26 ans faits, & 7 à 8 pouces de gros. A 30
» an«'!e taillis a 25 pouces de gros, ce qui fait, 1 pouce 4
paranncc dans l'efface de îo a/is ».
celui de Duhamel & celui
̃' de M. d'Acofta tous deux tr\ bon fond dont l'un ne groffit
que de Clignes annuellement l'autre de 13.
Ce qui paraît plus exuaordinaire encore en comparant
c'eft d'y que l'arpent de Du.
ans compote de brins de
pouces de gros }• ou cinq pouces diamètre, donne
cordes & 1 cent fagots, tandis que l'arpent de Saint-
Di/it-r, également furcharge de ha'ivcaux, & portantdes
brins de pouces de gros, & 8 pouces un tiers de dia-
mètre, rapporte au plus cordes & 12CO fagot!. Comme
les cylindres de même hauteur (ont entre eux coninic les
carrés du diamètre de ltur barc l'arpent fuppofé de
Duhamel eft à l'arpent de Saint-Dizier comme le c&rrc
de 5 eft au carré de 8 -J ou comme 25 eft J. Ainfi
il eft clair, ou que Duhamel s'eft trompe en partant
d'une fauflc fuppofition ou que l'arpent de S.Vm't-Dizier
ne porte pas^co brins, ou qu'il devait donner au moins
47 cordes.
"Ias réfultats des deux Auteurs, fur le produit des ba-
liveaux, font en raifon'inverfe» à-peu-près auffi disparates.
Je crois fuppccflu de s'y anéter.
(.««:.)-̃
l'avis de Réaumur Duhamel & Bufton 8c
malgré les pui (Tantes ̃'râifons- les ol-fervations
fur-tout avait appuyé
for» avis. Voici là tableau des produits d'un arpent
à Saint -Dizi'er.
M. Juge de Saint-Martin, Correfpondânt de la
Société donne fur raccroilTement des taillis un
tableau qui diffère & de celui de Duhamel &
de celui de M. d'Acoila (i).
Tableau des accroijfemens ficceffifs d'un arpent
pendant quarante ails, extrait de l'Ouvrage
de M. Juge de Saint-Martin.
(i) Traité de la euhurodu cliênc. Paris 1788. pag. 206
& Fuir.
<>7>
Ainfi,fuivant cet Auteur, les
feraient moyennement d'une ligne & demie pen-
dant premières années, de
de ligne pendant le;. cinq années fuivantes, d'ure e
lignedepuis r S 20 ans, d'.une ligw un cinquième
de 20 à 25 ans, d'un cinquième de ligne foule ment
de 25 ans, & d'une ligne .juîle depuis 3o
ans.
Ces faits difeord^ns, ces différences- énormes
dans les rifultat* ces qualités mat définies de bon
& de mauvais données comme abfolues, tandis
qu'elles ne font que relatives; ces .contradiclifrns
répandes mallieureufement en trop grand nom-
bre dans nos livres fur l'Agriculcuie, defolent
l'Agronome qui veut étendre fe» cotinaiffances,
& rebutent le Propriétaire peu expérimenté qui
cherche à s'inftruire.
Qu'il eût été à défircr, relativement à l'objet
qui nous occupe, ïjue BuiTon ne fe fut pas con-
tente du fouhait qu'il formait pour qu'on donnât
de la précifien à une règle fur l'âge où fon
doit couper les taillis Il n'avait plus qu'un pas
à faire1 pour que fon fouhait fût rempli par lui
même, puifqu'il avait déjà conçu & développé
cette belle idée du point d'accroiffement, de ce
MAXIMUM qu'il faut faifir pour tirer d'un
taillis tout l'avantage £Q$i}>k. 11 ne s'agiffait plus
que de chercher qui mefurât ces
(i8)
duquel o"n pût déterminer ce Maximum par
la voie du calcul.
Mais l'homme de génie confidère
<te l'objet qu'il médite, le contente d'en faifirles
principau x rapports, les décrit en les généralifant,
& s'arrête rarement fur les détails', à moins qu'il
ne fc propofe.de s'élever par eux à de grands
réfultats. L'Agronome, nc'ceffairemem plus timide,
parce que la Plus légère omiflion peut l'entraîner
dans de fortes erreurs, dirige ta marche en Cens
contraire. Aucun détail ne doit lui être indifférent,
& s'il s'élève quelquefois aux grands principes de
la Phyfique, ce n'eft que pour y trouver un point
d'appui d'où il puiffe defeendre avec fureté aux
moindres particularités de l'Art pratique dont il;'
s'occupe. Mais perfuadé qu'on ne peut s'égarer
en fuivant une route que le plus grand Philofophe
du fiècle nous à tracée, ce après m'être pénètre
de fes principes c'eft d'après fes propres idées,
que je vais m'efforcer de réfoudre le problême
que lui môme a propofé.
Développement des données du Problème.
Pour plus de clarté nous réduirons la quéftion
à fes plus fimples élémens. Ainfi je ne confidé-
ïerai les taillis que comme bois de chauffage, je

les autres iiiag^s auxquels
ils pourraient tue employé: Je ferai également
abltraflion des balivoiux ,non feulement parce que
je les crois pKu nuifiblcs
cVplùs iiïrs de
fe procurer des bois de
oiulitc; mais parce que
cette donnée de plus compliquerôit inutilement la
queftion.
Nous commencerons par examiner ce qui ar-
la première année, une quantité innombrable de
furgeonsjdont à peine il doit fubfifter la centième
paitie par la fuite. Comme les fouches ont été-cou-
pées fleur de terre ce qu'il doit fe former de
nouveaux yeux, leur développement caplus tar-
dif quecelui des boutons d'un ancien taillis. Néan-
racines fourni fient
une nourriture furabondante 1'¿lanccmcht des
branches eft plus accéléré, les feuilles font plus
larges, leur fanage eft plus brillant, & le cours de
la fève ne s'arrête qu'à l'approche des premières
gelées. Audi ces jeunes tiges, encore herbacées»-;
fonttrcs-lenfibles aux gelées de l'hiver fuivant ,&
s'il eft rigoureux, il en périt beaucoup. l
I.orfque l'entrée du bois eft foigneufement in-
terdite au bétail, lotfque le terrain eft fertile, &
fur-tout profond lorfque les fouches font très-rap-
(2O)
trochées, comme en Brefie où la plupart des
taillis annexes aux domaines fe coupent tous les
neuf ans le bois dès la quatrième ou la cinquième
année eft fi fourré qu'il eft prefque impénétrable.
Cependant fi vous faites effort pour vous y
introduire vous appercevrez les nuances les plus
fortes dans la grofleur des jeunes poafres vous,
en verrez qui varient depuis un jufqu'.à quatre &
cinil pouces de tour. A cette époque la partie lE;
gricufe a encore peu de denfité & les fortes gelées
font toujours à craindre. On doit s'attendre que
tous le menu bois fera étouffé par la fuite, foit par
défaut d'air foit plutôt encore par défaut de nour-
riture.
̃ A l'âge de huit à dix ans le taillis commence
de lui-même à s'éclaiicir mais il y refte- encore
beaucoup de brindilles qui périraient indubitable-
ment, iî l'on en difleroit la Cbupe. J'ai jugé que les
principaux brins pouvaient ctre alors moyenne-
ment à la diilance de trois pieds entre eux, & que
arpent contiendrait plus de 500o brins, fi le be'-
il le gibier & les maraudeurs n'y portaient au-
c un dommage & s'il ne s'y rencontroit abfolument
aucune clairière; ce qui effort rare.
Un taillis de dix ans reffemblc à un carré de
pépinière dont on n'aurait efpace les arbres qu'a
trois pieds en tout fens. Cet efpace eftfuflifant pour
qii'ilj y acquièrent iix à fept.pouces de gros; mais
̃cW),
B 3
parte ce point ils languirent & gfoflïÏÏent peu,
parce qu'ils fe dérobent mutuellement la nourri-
ture. J'eivaila preuve fous les yeux. J'ai dans mes
pépinières un carré dd frênes* plantés depuis neuf
ans. Ceux qui bordent une allée principale où ils
ont pu étendre leurs racines, ont i 13 pouces
de groffeur, tandis que ceux de 1'intérieur n'ont
que 6 à 7 pouces au plus:
II en cft certainement de même 'd'un taillis. Je
m'en fuis convaincu par une épreuve que j'ai fait
il y a trois ans. Je venais d'acquérir un petit tai!lis
d'environdellx arpens, eflence de chêne, & atte-
nant ma maifon de champagne. Il avair fept ans &
il était très-fourré. Je l'ai fait éclaircir j'ai Jai'fic-
fubfiiîer les plus beaux brins, mais j'ai abattu les
brindilles, & même les brins qui n'étaient pas au
moins la dillance de quatre pieds. J'eftime que
ceux que j'ai laiffe.~fubfi.fter font à fix pieds moyen-
nement, & que l'arpent en contient 14 a 15 cents.
Je puis c'iiïlirer que ce taillis a pris au moins cinq
pieds d'tlovation en trois ans & j'ai été fi fatisfait
de ce fuccès que j'ai fait exécuter depuis de fem*
bhbles éclaircies fur des taillis plus ôgés & plus
étendus ( 1 ).
(t) Ce fait que je rapporte n'a pas été ma première
tentative en ce genre. Dans une terre dont mon j ère lii'a- '̃>
vait cciific i'adminiftrftlon j'avais ouvert, en façc\kîa
luaifon, une allée principale, dont l'un des
Ces eclaircies n'ont tout au plus rendu que le
double des /jais de l'exploitation » & cela devait
une futaie, l'autre ïïW taillis qu'on était dans l'otage de
couper tous les neuf J'en fulpcndis la coupe, & y
fis quelques eclaircies, n)ci.-i«, la vérité, par des rai-
fans d'écbnoniie & d'un meilleur aménagement qu'à
deftèin de donner plus de grâce à l'allée. Ce bois peut
avoir aujourd'hui quarante an1. Je ne dirai pas qu'il foit,
ni aufti élevé; ni aufli biau que l'ancienne futaie, mais
J2 puis dire qu'actuellement les deux cvtés de l'allée font
srt'ez d'accord à l'oeil pour produire un bel effet.
La futaie dont je parle avait été jar'dine'e autrefois iï
ï'y trouvait des clairière!. PctTùadé qu'elles pouvaient être
re'tablies par quelque artifice perfuadé éga'enisnt que
r'cft moins l'ombre qui s'oppofe à la reprife des arbres
«'"ont on v·eut` regarnir les clairières que les racines des.
arbres voifin^qui, rencontrait une -ttrre fràîc'iemenÊ
ameublie, s'y jettent avec abondance & affament le nou-
vel arbre, j'imaginai de ne point planter mes remplace-.
mens dans un creux, mais fur Une élévation. A cet effet
je faifaîs tracer au cordeau deux cercles concentriques
l'un de trois, l'autre de quatre pieds de rayon; -à l'aide
de ce tracé l'on creufait autour du centre commun, où
l'arbre devait être placé, un petit font; d'un pied.de lar-
geur fur dou?e à quinze pouces de profondeur, & l'on
couvrait l'aire du cercle intérieur avec la première couche
de ga'.on extraite da petit fof(V. On plaçait l'arbre, fur
cette terre remuée, de manière que fes racines ;fe trou-
valent fix pouces environ au-d^Aus du fol naturel, qu'on
n'avait garde de défonctr. En achevant le folfé' on en rè<-
B 4.
être, vu la jeunefle du bois & la difficulté que
trouvaient les ouvriers à le façonner &àlcfoitif.
l'arbre parafait p'anté fur Un cône furbaifte ou fur une
large taupière. Cette plantation ne me revenait qu'à en-
le prolongement des racines qui Ce
fofle, en les coupant avec foin.
exécutaient avec afféz d'adrefle »
dans un terrain prive de pierres & de cailloux en fe
/crvancM'une petite bc'clie tris-tranchante qu'ils nomment
J'tiïayai de planter de la forte des ormes, des rôïirjfiers,
des frenc!,dcs tilleuls, despîatanef, du forbicr des oifeîeurs,
des érables, des châtaigniers, des peupliers & jufqu'à
un tulipier. Les châtaigniers ne reprirent pas, quoiqu'il
y m eut de gros dans la futaie; les peupliers après avoir
pouffé, languirent & périrent; les frênes, les ormes,
les ntérifiirs & les platanes réuffirent le mieux. Plufieurs
ormes jeltèrent des branches de p!us' de cinq pieds dès5"
la première année; mais le tulipier, très-rare alors, y fit
des progrès rurprcnans. J'étais attaché à cet arbre, que
j'avais conftaminent cultivé moi même,&que j'avais apporti
de Paris dans un pot. Quoique très-petit lorfque je in'a-
virai de le planter en plein bois, it y avait acquis en
peu d'années plus de qilatre pouces de diamètre, & une
é'évàt'oii proportionnée. Quand la terre fut vendue je
me réfervai la faculté de l'arracher. J'étais abfent, il le
fut mal; il fut iranfj;oité dans un lieu fec, il y a péri.
La plantation aue je viens de décrire demande de.
l'entretien. Si l'on n'a pas foin de rafraîchir les fofles ils
fe comblent alors les racines coupées n'en repouiïent
Mais les frais & le produit eurent-ils été au pair,
ces ouvriers ont été employés utilerr.ent pour eux»
marres ck ce menu bois qui auroit péri' fur
place & qui n'eu: fervi qu'à retarder l'accroifie-
ment des brins que
pC;du pour la confommation.
Dans quelques années, fi. je reconnaisque l'é«
paiiïcur des couches fc ralentit, je me propofe de
faire une fécondé éclaircie, & dç donner aux brins'
la dilfonce moyenne de fept pieds. Alors l'arpent
contiendra réellement les brins qu'a fuppofcs
que p!u>i fortement. Les petites buttes exigent auffi d'être
hliourées tous les ans ju(qu'à ce que l'arbre foit fort;
ron fcu'.enunt afin q'j'il^acquxre p!u< d'accroifleincnt
& (le vigueur en moins de .teins, mais afin que la terres
remuée boive l'eau des p!ujé>. Sans cette, précaution l'eau
gliflL fur la butte comme fur un^toit fur-tout fi le
terrain contient de l'argile ,̃& l'arbr,e pc'rit de loi '.Dans
les lieux bas,au contraire les eaux fe'purncnt dans le
fo/lc, morfondent les ra'ines, & la butte fe couvre de
moufle. I/acfjuereur peu inflrtit de ces précautions in-
difpen.'àb!es, les a- négligée: J'ai revu la fuite de ces
épreuves il y a peu' d'an ne'es; plufiturs buttes fubfilla'cnt
encore, quelques arbres plus avantageufi ment placés que
]cs autres téiiioignaicnt de la vigueur, mais la plupart
avaient péri. •
Quoique atte expérience n'ait qu'un faible rapport
avec J'ohjet de ce Mémoire, j'ai cfpéfé qu'on voudrait
bien m'en pafl'er le récit dans une note où }z l'ai relégué-
Duhamel. Cette coupe fera plus lucrative que
la première, parce que
que l'exploitation & la fortie en feront plus facile-
Enfin, f\, lorfquele taillis aura vingt-cinq an*,
orife contente d'enabattre les trois quarts, il refera
par arpent 225 bien venans clan-
ces vigoureux, qu'on pourra ldiffer croître en
futaie en les éclairciffant encore par/la fuite,
jufqu'à ce qu'ils n'en refte plus que
& qui remplaceront avec a/antage ces baliveaux
(1) Une perfonne t.ès-éclai.-ce, .fur-tout
parcourir les bois m'a afïuré qu'elle avait à divcrlcs foîs
le nombre
un arpent de belle futai; k qu'elle avait trouve' pour
Voyez ci-a^rès une méthode
plus detiillee d'établir une futaie fut tiiilis.
(2)' On ne fait pas pourquoi ? Si k1 terrain a peu de
fond quoi bon refcrvcr des baliveaux ? Il n'y croîtra
jtir.tii u» arbre de fervice. Si le terrain a de Ja profondeur
& que le taillis Ce coupe tous les neuf an-> comr.ie en
Brefte, que) lervice attendri d'un arbre à tète de pommier
fur une tige de 10 a t yfcA- d'élévation ? Si le» coupes
ont été renées à îo anV/lk que les taiili ait cru dans
un va!on ferre qu'on noiiiine une cornue en Boulogne,
outre qu'une tige de 20 pieds au plus dédommagera faible- •
• mènt le Propriétaire du terrain qu'elle au!'a occupé elle
entretiendra fur ce va!ol1 une Immidifé pernicieufe, &
Je croîs la méthode que je viens de décrire par-
ticulièrement applicable aux taillis qu'on a été juf-
qu'ici dans l'ufage, enBreffe, de couper tous les
neuf ans. A l'égard des bois dont le? coupes ont
été réglées de tout tems à 20 ou ans,,peut-être
l'e'poquo de la première éc.laircie doit-elle être re-
tardée peut-être même fe"ra-t-il a propos de n'en
faire qu'une, parce que les touches étant plus ré-
parées <k le-î cliiricres plus fréquentes, il y a plus
nourrir les jeunes brins & qu'il y
croît par coniYq'uerit moins de brindilles.
n'en 'eroiit que plus fjr.cftos. Les
au plus que' dans
de
ces coupes pro'onâies annpnccnt une
qu'ij
laiîTer croître ce bois, c\Ct en futaie,
• -̃ VM. d'Acolti, l'undssp'us graodbpartiranfdcs baliveaux',
coni'ienr lui même que les M.irclianJs do bois qui apure-
viinnnentPari5,c\p"oirent jour le chiuffdgc, Retirent peu
à 1a ciiarpcnrt. (Vi'c Cy.) Et l'on remarquera que cet
Auteur pa'c d'un canton où !e bois groffit de lignes
annueUeriient. Lorfqu'on fera attention la très-grande
̃cirréj'Cnce entre )e prix d'un pied cube de bois de fervice,
& d'un pied cub-j de bois pour le feu, poara-t-on cour
cevoir coiMinent les adjudicataires des ventes exploitent
pour le chauffage & tirent moins, à' il char, ente fi les
baliveaux fiant d'un auiît excédent iervice que M. d!Aco!îi
ieiltpfofe ̃?"̃
(V)
J'en juge par flufieuts tronche'es (amas d'arbres
étronçcnne's ) que j'ai fait abattre dans mes domai- <
nes pour les transformer en taillis & dont jeton)-
pare les Touches à celles des bois que l'on, ne coupe
ans. Ces nouveaux taillis ne font
devenus touffus qu'après la féconde
je ne me fuis pas bien trouvé d'en avoir éclairci
queiques-uns trop-tôt* Car, pour que les brins
s'élancent en hauteur, & gioiliffent tout la
fuis, il faut qu'ils ne foient ni trop, ni trop peu
ferres.
Ces éclaircies doivent fc faire à-la journée, non
à forfait en prefence du naître, ou tout au moins
d'un homme alîidé. Hile faut jamais abandonner
la dépouille qui -en provient aux ouvriers, en
déduction du prix de leur travail. Les rairons en font
trop fer.fibîes pour qu'il foit befoin de les expli-
quer(i).,
Mes Ouvriers employaient une efpèce (le lape
attenant à un tnanche d'environ lïx pieds qu'il appellent
un ils fe ferrent avec adrefle pour//{//î'r
ks buifibns de ,'Mure, c'efi-à-dirc pour les taiilcr les
re'trîcir & !cs plier loriqu'ils le voyaient gênés ils em-
ployaient la govarde autre ferpe plus petite & qui na
qu'une poignée. Rarement fe'fecvaiïnt-ils du baclion Sr
de la liaclie. Quelqueiois ils raifaient ufage du dwijTani,
efièce de faucille armée d'un long manche, -îcr "qu'il1
étai: quçftion d'abattre j)ir un coup fec'cV s/î'éniî lie bas
(rt)
Mais que les taillis aient été éclaircis ou non,
la îègle que nous allons établir pour connaître l'é-
-poque de leur plus haut point d'accroiffement
leur fera également applicable. On peut feulement
piovoir qu'un bois éclairci & aménage V comme je
viens dc.le décrire, ne parviendra à fort maximum
d'acctoifi'eir.ent, que fort long-tems après le tome,
.OÙ un hois abandonne à lui-même, aurait atteint le:
fier» & -commencé à décroître parce que chaque'
bois, fe trouvant plus au large, participera, en
quoique forte, à l'avantage des arbres ifolés, dont
'1 l'accroiffcmciit toutes choies égales d'ailleurs cfl
le plus rapide de tous.
V, Ccpendjnt il vient un tems enfin où les brins,
.qu'elle
mcnt inpprocliéb les uns des autres, proportionT.cl-
Icmcnt leur grofieur acquife que 1'efpacc qu'ili.
occupent n'eii plus fufiîfaiH leur nourriture. Aîo:s
nécefTaiieir.ciu leur giofliiTement commence à fc
laletuir, c< diiniiiuéenfuite progrell"ivenient; car
taillis, de l'âge de 30 an. à
pieds entre eux fup-
pieds d'élévation ce fept pouces
& demi de diamètre, à raifon de .neuf lignes de
eu haut, une branche nuillb'e rusun brin à conferfer.
̃ïï.cs outils doivent etre abcndans & bien affiles fans ^uii
»
gro(ïi(Tcment moyen par année, on conçoit qu'ils
feraient déja trop rapprochés pour ne fe pas nuire
réciproquement, 6c pour que ceux d'entre eux,
qui fe trouveraient d'un tempe'rammcnt plus fort
ne finilïent pas à la longue par étourfer les plus M-
b!es & c'eft ainfî que s'ctabliffent la plupart des
futaies dans lescantonsde réforve. Mais ces futaies
feraient incomparablement plus belles plutôt
formées, l'on avait la précaution de les éclair-
cir, parce que les pltts foibles difputent long-tems
le tenâin, & ralentirent, pendant plulieurs an-
nées les progrès des brins vigoureux* Auffi voyon»
nous, qu'à terrain égal, le groOîiTement annuel
des arbres d'avenue ou des arbres crùs en futaie:,
s'ils y font fufnfammentefpacés excède du double
& quelquefois du triple, le grolTiffement d'un brin
crû dans un caillis, ou il fe trouve trop gêné ptp->
portionnellemcnt à fon volume..
On reconnaît deux maximum qu'il faut fe
bien garder de confondre. Le maximum d'unar--
bre confidéro individuellement & lé maximum
d'un taillis confidére en maiïe.
IjC maximum individuel fe prolonge jufqu'à l'inf-
tant où l'arbre commence à s'altérer dans le cœur.
Mai» il fera peuqiteftion du maximum individuel
dans ce mémoire puifqu'il ne concerne que les
arbres^de futaie & d'avenue.

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