Observations sur l'écorce des feuilles et des pétales ([Reprod.]) / [Saussure]

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[s.n.] (Genève). 1762. Écorces. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1762
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A sélective guide to botanical publ,ications and
collections with dates, commentaries and types
Frans A. Stafleu and Richard S. Cowan
Second édition
Taxonomie Literature refers to the title filmed here as foliows:
Saussure, -Horace Bénédict de (i 740-1799), Swiss (Genève) natui alist;: profcssor of
pliilosophy ai Gcucvc 1762-1 7.86; iravcllcd cxtcusivcly" in lhc Alps and other parts of
Gcmialand Souilicrn Euïojjc -beiwccii .1 75,8 antl 1 779,.cspccially inrcrrsted in geology
and mctcorology; asccnded \lom lilanc 178.7. {Saussure)-.
10.352. Observations sur iénree des feuilles el-peldhs. A Genève 1 jlr.». -D.uod. -{'Obsen: écurce
femll.):
Yubl.: I76.2(p. x: t Nov x'-fi-i), p. [i]-xxiii. [xxiv], 1- UV2, :[ 103]. Copies: C, G, \10,
NSL'B, NY.
SUR
DES FEUILLES
DES PÉTALES,
'̃ # iij–
,DU CONSEIL SOUVERAIN'dË
LA RÊPlJfiLrQlJE DE BERNE,
DIRECTEUR DES SALINES,
VICE-GOUVERNEUR D'AIGLE,
PRÉSIDENT PERPÉTUEL DE
LA SOCIETE ROYALE DES
SCIENCES D E GÔTTINGBE
MEMBRE DE; L'ACADÉMIE-
DES SCIENCES DE PARIS DE
CELLES DE LONDRES, DE
BERLIN ,.DE. STOCKHOLM &cw
Je Jouhaitois depuis
trouver quel-
bliques la
que vous.
m'avez,
riojois quelle Je
préfentàt jî- tôt- & je ne
penfois guères que mes re-
cherches fur des
Feuilles
Ces Oh-
qu'avec une forte
ce, &
mettre a votre examen
le /ouve-
nir de vos bontés, vous
E P I T R E. vu
iiij
avez, bien
S 1 E U
les juger de quelque prix
mais cequejétois bien plus
éloigné d'attendre, vous
le dejjein de les donner au,
Public. Rien ne pourrait
plus
que de
muni d'une telle
que la votre
de ces Recueils
ques que vous aveZ tant
Tin E F X'tE Ë.
̃ & enrichis.
ais cette faveur > toute
grande qiCeile me
fhtisferoit partie,
me priveroit.
d'une Qccajlon fi
vous* Permettez, moi donc.
Monsieur de vous pré-
venir & en faifant im-
primer moi-même cet effai^
de vous en faim un hom-
mage. Je n 'entreprendrai
point de dire ici à combien
de titres il vous eft dû.
Fos talens & vos lumières
*;̃ V-
'̃.font trop
peine quelques pas
dans la carrière que vous
plie. Je point
non plus dans le détail de
toutes les bontés que vous
il me
mener oit trop loin & la
publication même de cet
Ouvrage- en preuve
trop peu équivoque. Une me
donc quà vous prier
pu-
bliques du
x EPITRE.-
dévouement fans ^bornes
avec le [quels je ferai toute
ma vie
MONSIEUR,
V*. Novembre
%otr<: très -humble Se très»
obéiflant Serviteur
H. B. Dm Saussure,
vj
T 'Es Observations qui font le
Ja_J fujet de ee petit Ouvrage*
ont été commencées il y a plus
de deux ans. Depuis ce tëms-la
un fcjour continuel à la Campa-
gne & de fréquentes courfes
fur nos Montages les plus fer-
tiles en Plantes m'ont invité fans
cefFe à les fuivre & nf ont fourni
mille moyens de les répéter &
de les varier. Quoique je crufTe
avoir découvert des chofes aiTez
intéreffantes la penfe'e de les
donner au Public ne s'étoit pas
même présentée à moi ̃& je
n'oferois point encore les expofer
à un auili grand jour que celui
̃
de Timpféffion fi le ̃' Suffrage,
dont Mr. DjH aller a bien
voulu les honorer ireroit pas
un gage auffi; afiuré qu'il Teft
de Finilulgence dd Publie. Je ne
nie fuis point diflîrauîé cependant
tout ce que je pouvois devoir à
la bonté dont il m'honore depuis
Sge & une grande ardeur pour
des études femblables lui ont peut
être inspire pour moi mais je
me fuis ftaté.que il Ton aprobation
m'avoit trop prévenu en laveur
de mon Ouvrage, elle feroit
du moins en partie, le même
effet auprès du Ledeur. Qu'il
me pardonne donc, fi j'ofe m'en
parer ici a (es yeux, en publiant
la lettre que je lui écrivis y ce
̃i^P^f^sû^më^
gu'ilrvoulut
& l'autre {n^ieux que tout ce que
je poiirrois dire a iciire /cam-:
.prendre la nature lebutv.ôçles
nfages de ces Recherches fur
FEcorce des Feuilles.
:ï^'M('St
a Mr. de H A
MONSIEUR,
rager à
fur F Ecoree-des Feitilles vous irvi^r
vez
découvrir
rites, -qid ont autres
Pbficiens. Il nenfciRotiças-t<mt^~
Mo N s i i^'U r four augmenter
J'ardeur'que iiimjprënt naturelle'
nient ces objets. T'alitât aidé du
Microfcoge ̃ tantôt fans jbn je*
tours y j ai fait wi
fw. Oiiani
je les ai
dc,
les meure en ordre
ra[embhrpour en faire wic cfpcce
i:oir dans le moins
teins
Permettez donc qu'en hs
_envoyant _J£_vous jhplie d\ jcttef–1–
Wh+oup du.il de ¡ne marquer
––fi cJiofe
jugement que vous
décidera CI' les abandonner ou à les'
continuer. A quipuis-jem''adref-
fer qu'à vous MONSIEUR .qui'-
( xvij )
qui con-
noijfez mieux
<^T
-il vous qui n'avez pas dédaigné
de
belles dé-
Animaux ?
,Peut- être vous étonnerez- vous
Monsieur quon ait obfervé fi
longtems les
ait cependant ignoré cette mem-
croire que mes yeux fati-
-gués ont en);, apercevoir ce qui
nexifloit
jours in* ont jeu ¿dans}' erreur?
fofe cependant vous ajjurer que
j'ai objèrvé un
.̃̃ ( XV»)
de toutes les- manières 0 dans tout
tes les pojkions qiie fui pu .ima-'
gîner avcc diffï'rens Micrq.fco*
les 1 les ims fiiTtples les autres:
& ,que hyfqiœ mon Microfiope
ie/i trouvé ajjëz fort lorfq.ue
.l'objet étoit ajfez éclairé & r/z/J
faivù
confîamment cette membrane qui
par fin extrême fnejfe a écliapé
fans doute tous les Obfervateurs
précèdent parce que la ̃pénéira~
îion de Fefprit dans des chofes de
cette nature cède celle des
du corps ) qui efi l'avantage de
?non âge. 'toutes les autres Ob-
feroations je los a\ 'faites avec
le même foin y en forte
( xix )
en du 'moins
on peut compter fur ce que nous ne
jcul de nos feus.
Le refte de mes Obfervatiom
fur la
lesfucs qu exhalent & qiïabjbrhcnt
les
àre-û bien Monsieur y jetter un
coup \Cucil.
point que j'ai travaillé- ce jitj et avec
implaifir (ingulicry pigué par l'at-
trait et une découverte qui efl d'une
^jajjfz-grùitde importance pour la con-
noijjCince des Végétaux1^ earperjon-
ne fi 'ignore que [les Feuilles i^jr fur*
tout leur Ecorce font devenues des
depuis que les expériences de Mrs,
^k^&ii^^j}^
^jj^és;Èdmieiy:bni appris mm
elles
joueiudms la mitrition des Plantes
J^aigneZiMomiEm, parcmi-
'rir, mais fur tout juger ces Qbfcr*
varions r & ajouter cette nouvelle
obligation à celles que vous a déjà
tJïomnie du monde qià ejl avec le
plus de dévoilement de refpecl
Genève, ,&c.
Monsieur,
Votre très-humble êc très-
obéiïïant ferviteurj
H. B De Saussure.
de Mu. de H ALLER.
Tianm. Vous avez fait quelque
qu'on iejl
vile de la plante & de ranimai..
ingratitude à
Vc'garâ de l'homme, qui fans elle
méneroit une vie' de mifére & de
fourmens. On méprife Fepiderme
par la douleur & qu'elle renaît
'̃ff^{û'?y-y-v^:7^y^a: ;S::
qucdkê; ae ijiioi -ejîimef la modejle
V fi coi]folaiite qid mus fert dcins
importance par aucune
par aucune douleur..
trouve des parties
une organisation des forces nia-*
d Ftpiderme des plantes
̃ nous., comioijïhns ajfez peu celle de
l'homme, &: nous -ferions bien
obligés au/Tipficien qui ̃voudrait'
étudier une membrane donc les
̃ ufages font fi connus & la Jim*
dure fi peu dévelopée. •
Acceptez en attendant Mon*
fleur mes pour Piii'
Jîmâion que vous, m'avez procu.
rée, Je me hâterai avec 'votre
$crnn[j}on de paxtager
:r: ;̃̃> --v £;xxiïj: ;> ̃ c:P\- :y
public les que
approbation lui vaudra fans -/doute
de nouveaux prcfens de votre part.
Un homme qui a Jenti comme: vous -̃-
les attraits de la vérité ̃> &:qid
ci été admis à fis faveurs ncfaw*
roit en négliger les charmes.
Roche, &c.
HALLER.
A
OBSERVATIONS,
S U R
L'ECORCE DES FEUILLES
ET DES PÉTALES.
CHAPITRE PREMIER.
De 1"écorce des feuilles • &: des
-pétales confidérée et ,la fimgle
les parties des végétaux ont une
écorce qui leur eft propre ils
ont obfervé & décrit avec grand
foin celle des branches du tronc
& des racines; mais ils n'ont pas
donné à cet égard la même at-
tention aux feuilles & aux pétales.
É
G'efl ce qui m'a faire
des recherches
& fur l'ufoge de l'écorce dans ces j
deux inte'reflantes parties des
végétaux. ̃̃̃̃
Quelques Botaniftes même
des plus célèbres ont donné à
renvelope de la feuille le nom
d'épiderme, parce qu'ils ont cru
qu'elle n'était qu'une fimple
membrane mais je me fuis con-
vaincu que c'étoit une erreur
j'ai vu que cette envelope etoit
une véritable écorce qui avoit
elle-même fon épiderme; c'cft
ce qui m'a engage a Tapeller
Ceux des Naturalifies dont les
ouvrages font parvenus à ma
çonnoiffance, n'ont obfci vé qu'au
microfcope l'écorce des feuilles-"
& des pétales cependant la iira-
pie vue fuffit pour nous faire
découvrir bien des iaks
il 1)
Jâns au fujèt de cette écorce..
^rl/expofé de ces laits fera le Tfb]et-
de ce chapitre.
Si l'on prend une feuille d'ef
trag"o% de Pozrreau, ou de jafhwii^^
qu'on la tienne ^orizontaleinënt*
& qu%ri la déchire doucement
dans ta longueur avec les doigts
en tenant une des mains plus
haute que l'autre qu%nfuite on
examine le bord extérieur de la
déchirure, on y verra une rrieni-
brane ou pellicule d'un gris ti-
rant fur le blanc fort fine de-
mi tranlparente c'eil cette
membrane qui conftitue Xécorce
de la feuille, 6c qui la recouvre
exafement de toutes parts.
La partie de la feuille dont
on a enlevé l'écorce paroît d'un
verd plus fonce que le refte,
maià mat & fans laftre. On lui
rend fon éclat oc (a couleur en
y apliquant de nouveau l'écorce
dont oa 1 a ucpounkc.
̃vS:ç^a^-v.>E^
Toutes les plaiitesTdoiît fai
obfervë les fèuilles m'ont offert
les mêmes a pare n ces par -tout* S:
l'écorce ëft: grife & demi trant :t
parente, tant que les ïeuiUes ibnt
laines i lorfqu'on la voit verte & H
opaque on peut être affure' que
cette couleur vient du •pareil*
chyme, ou de la pulpe ;^qui lui
refie adhérente: par- tout aufiî
la couleur grife de récorce tran{-
parente modifie la couiêur du
parenchyme & par tout la
feuille doit foin îuftre albùécorr
ce; féclat que l'on voit quelque-
fois au parenchyme des ieuiiles
de certaines plantes de jîimm,
par exemple
& ne lui vient que des iucs qui
'étaient contenus dans les vai£
féaux que fon a .'rompus en en-
levant l'ëçorce.
La couleur grife îiaturelle à
)|âis'altère dans
A iij
de l'Automne le verd naturel des
feuilles de certaines efpèces tient
dans quelques unes du moins
en grande partie à leur ecorce.
Le fufain Se V obier en donnent
des exemples.
Cefl: auffi a l'écorce qu'apar-
tiennent quelquefois les taches
de ces fouilles que l'on nomme
pennachées comme celles de la
citrouille par exemple d'autres
fois"& l'ecorce & le parenchyme
y contribuent; c'eft ce que Ton
voit dans le chardon marie. D'au-
tres fois enfin & ce qui ctt plus
fréquent L varicie des couleurs
dépend cn'ieVement du paren-
chyme c'tfl ce qui a lieu dans
les les
J'ai trouve une feule efpèce
dont les feuilles ,¡voient conftani"1
W:rfi&&:Mr^ï
ment une écorce colorée c'eft
le cyclamen oii pain Ut pourceau
de nos montagnes. Le dtfïiis de
lès feuilles, en: verd & lé deï^
fous eft d'un beau rouge. Ce
rouge tient absolument a l'écor-
ce ;,le parenchyme eft entie're-*
mentverd.
Lorfque j'ai parlé de la façon
dont on enlève l'écorce des ieuil-
'les j'ai donne' pour exemple
celles de
& du jqjtnini parce qu'elles font
du nombre de celles dont l'écorce
fe détache avec le plus de faci-
lité. il y en a plufieurs auxquelles
elle adhère fi fortement que les
parties qu'on eu fepare ne font,
pour l'ordinaire, vifibles qu'au
microscope. En général les feuil-
les qui font naturellement dures,
minces & féches ont leur écorce
beaucoup plus adhérence que
celles qui font tendres, épaifîes,
Ôi pleines de fuc.
A iiij
tre tait Tecorce des feuilles eïî
toujours fortement collée aux
\gros vaiiïejaux qui rampent à
leur furtàce & ces yaiiïësqx;
font en beaucoup plus grand
nombre dans les feuilles dont le
eft ferme & ferré que dans
celles qui abondent en paren-
chyme.
Une autre obrervation à
fur l'adhérence de l'e'corcë eft
qu'on voit quelques plantes dans
k (que Iles l'écorce de la fùrtace
fupérieure fe détache aulîi faci-
lement de la feuille que celle de
la inférieure telles font
la juuborlye Yopwitia & d'autres.
dont le tillii ePc tel, que l'écorce
du deiïus de la feuille -.lui adhère
plus fortement que celle du def
tous cette différence eftexîre%
mement iènliblev dans pretque
:tousîes arbres & arfeuftes.
L'ëcorce contribue beaucoup
plus encore à la coloration des
pétales qu'à celles des feuilles
fes vives & riches couleurs de
du
laurier- font leur
écorce car le parenchyme de
presque toutes les Heurs eft blanc.
Mais celles qui font blanches
ont
fans couleur la nature qui ne
fait jamais rien en vain n'a pas
voulu mettre une écorce blanche
fur un parenchyme blanc.
Il y a cependant quelques plan-
tes dont les pétales ont un pa-
renchyme coloré telles font,
par exemple la bourrache &
quelques espèces de cucurbii accès.
On a obfervc; que les épines,
proprement dites des branches
de ces parties. Les poils que l'en
( 9
̃ Av.
voit fur les feuilles & fur les pé-
tales, tiennent auffi a leur écor-
ce je les ai toujours vues fitivre
ïexadiement l'écorce lorfqu'on la
répare des feuilles & des pétales.
Une fingularité de l'écorce des.
feuilles bien digne de l'attention.
des Phyficicnst, eft la force avec
laquelle elle tend à fe rouler fur
elle- même. Il y a quelques plan-
détachée du refte de la 'feuille,
le roule fur elle même de de-
hors en dedans avec une très
grande promptitude. Celle de la,.
Digitale à grandes fleurs tachetées^
celle du nuijflc de reau? de la
joubarbe & de plufieurs autres,
efpèces y 1e font déjà très-fenfî-.
blement roulées une ou deux mi-
nutes après avoir été fépare'es de.
la feuille. Cela arrive à l'écorce de
la furiacc Supérieure de la feuille»
auffi-bien qu'à celle de ia fuiface
opofeë dans quelque fèns qu'on
les ait déchirées, & dans quelque
pofition qu'on les mette. Par ce
roulement ,l'écorce tend former
un cytindre à peu près parallèle à
la principale nervure de la feuille,
de manière que la partie exté-
rieure de f-écorçe toit auffi la
partie extérieure du cylindre.
Lorsqu'elle ne peut pas fe replier
dans ce 4ens la & qu'elle eft
libre d'ailleurs, elle maniiefte une
tendance à Je rouler de manière
à former un cylindre petpendi-
eulairea la grande nervure niais
cette tendance eft beaucoup plus
foible que l'autre & toujours la
artie: extérieure de l'écorce eft
la partie extérieure du cylindre
qu'elle forme en fe roulant. Dans
la plupart des efpèces ce mou-
ment ne dépend ni des lier-
vures de la feuille ni du pa-
renebyine j car loxfqu'il refte une
A vj
quantité de celles-là ou de celui-
ci adhérente à l'écorce, ce motivé-
ment en eft extrêmement ralenti.
Cela ne l'empêche cependant pas
totalement car jîai toujours vu
la feuille fe roulér enfin vers le
côté ou l'écorcé, manquoit.
Il faut en excepter le -poirreau
quelques autres liliacées où le pa-
renchyme & les nervures itupri-
ment l'écorce un mouvement
en fèus opoté je veux dire de
dedans en dehors.
Ce roulement ordinaire de de-
hors en dedans en: plus fenfible
encore dans l'éeôrce des pétales?
que dans celle des feuilles. Il eft
fi rapide dans celle des pétales
de la rofe que lorfque je vou-
lois Pobfèrver au microfeope
j'étois obligé d'employer toutes
fortes d'artifices pour la tenir af-
fujettie, autrement elle étoit dans.
un uilant réduite en un petit cy-^
lindre*
:?:=-fei^v->
Les deux écorces {ùpériériré
& inférieure des feuilles & des
pétales tendent donc toujours a
ie rouler en fèm contraires.. Lors-
que le reffort <|e fune l'emporte
fur celui de i'autre la feuille de-
vient concave du côte le plus
faible & convexe de l'autre
mais -lo'rf qu'elles font en équili-
bre la feuille demeure plane,.
G'eft ainii que le repos de nos
membres réiulte de la compen-
tation des forces égales & opo-
fées des munies qui tendent hies
fléchir en iens contraires.
II y a encore d'autres plantes.
dont, les feuilles femblent au pre-
mier coup d'oei! former une ex-
ception à robfervation que je
viens de donner pour universel-
le celles par exemple, des gcra-
la blette
blanche de jardin de la valerici*
m de jardin j. mais cette exeeg»
( Il )
tion tfefï qu'aparente. Dans le
moment où l'on enlève; 'l'écorce
des feuilles de ces plantes elle
le roule iur elle-même de dedans
en dehors aveclyeaucoup dera-
pidicé iurtout fi on ï'enlève lerf-
qu'elles font humides.
Mais des que ïëcorce com-:
mence a Íe ïe de'-
̃rôii'ïe peu a peu, s'étend & ie
roule eniuite en feu), contraire.!
Je m'en fuis aiïuré en fufpen*/1
dant a une corde tendue dans un
lieu fec des portions de leuiiles.
dont rëçorce éioit roulée.
Il y a donc dans l'e'corce méV
me des feuilles deux ïyftèmes,
de vaiffeaux qui tendent à agir
en fens contraire. Les uns ana»
logùes aux cordes de
fe tendent à l'humidité les au-
tres femblables aux cordes de.
boyau, Ce tendent a la féeliereffe.
On augmente beaucoup la
::t:n -;r:
force par laquelle fecôrce des
feuilles tend à fe rouler, en l'a-
procharit du feu & cela réunit
fur celle des pérales, tout comme
fur celle des feuilles. L'écorce
du pécale du muffie de veau, de
la peyée celle de la feuille de
fureau du fioirreau qui ne fe
roulent que lentement loin du
feu, fe recrociuehillenî frès-promp-
tement lor (qu'on les tient au-def-
fus d'un réchaud. Mais cela ne
change rien à la direction de
cette force; le roulement fé fait
toujours danS- le même fens
fous quelque face que l'on pré-
fente au feu l'écorce. L'effet eft
le même lorsqu'on aplique cette
écorce fur du bois ou du metat
¿chauffé; & elle fe roule tou-
jours dans le même fens on eft
oblige' de le redire encore de
quelque façon & de quelque côté
qu'on l'aplique fur ce corps e-
Tout corps chaud ne produit
pas cet £ffet tur l'écorce- des feuil-
les l'eau bouillante bien loin de
favcarafer le roulement de celle;
qu'on y plonge, i'einpéçiie en-
tiéreinent.
Uécorce des feuilles le roule
avec plus de force de viteffe
lorsque les feuilles dont on la dé-
tache ont éLé pendant un jour
ou deux réparées de leur fujet
& qu'elles ont un peu commen-
cé a iè flétrir que lôriqu'elîes
.ïont ♦encore remplies de tout leur
foc & ce mouvement n'eft ja-
mais plus lent que dans des feuil-
les cueillies après une forte pluie.
Il paroît donc &. par cette ob-
fervation & par les précédentes,
que l'humidité diminue le reiTùrt
de l'écorce des feuilles.
Ne feroit-ce point de l'écorce
des feuilles que dépendrait la
propriété qu'elles ont toutes de
'r:
le rouler er| fe léchant ? pro-
priété que Mr. Bonnet a le pre-
mier obferv ée dans fon excellent
ouvrage fur htfage des feuilles
dans les plantes. On y e'rifieroit
cette ccnjedtare fi Fon parve-
noit à s'aiTurer que cette ten-
dance plus
ce de la partie inférieure des
feuilles que dans celle de la
furface fupéiieurer ou qu'il y a
dans le defféchement des feuilles
quelque choie qui favorite plus
le roulement de récorce infé-
rieure que celui de la iupéiieii-
re car il faut que. l'une ou l'au..
tre de ces choies ait lieir, fi le
.roulement des feuilles jféches dé-
pend de leur écorce puisque
ce roulement fe fait toujours de
manière que l'écorce de la par-
tie inférieure de la feuille eft l'ex-
térieure du rouleau. Il faudroit
auIE dépouiller entièrement une.
feuille de l'une & de l'autre de
Tes écorces & obferver fi alors
elle Ce
fens. Mais ces expériences fe-
roient de la plus grande diffi-
cuité, & les observations que
j'ai faites fuffifent bien pour don-
ner à ma conjecture quelque de*
gré de probabilité.
CHAPITRE I-I.
O B S Ë R V A T ION
Sur rêcorce de la Digitale vile
au microfcope.
inicioicopiques fur récorce des
feuilles, par une defcription exac-
te de l'écorce de quelque ieuilie
particuliére. Mon but dt de
donner une idée nette de ia po-
fition refpedive de toutes les par-
ties de cette écorce & de cher-
cher un point fixe d'où je puifï'e
partir pour donner une idée net-
te des observations ge'ne'iales que
je rapqrterai dans la fuite.
Il s'agiiroit de trouver une ci-
'$;$^^0^é
pèce dans laquelle on
ment fëparer des feuilles & fe-
corce,
ferieure > afin de pouvoirs com-
parer entr'elles. J'ai aûffi defir ê
que toutes les parties de l'e'cor-
ce funent bien nettes & bien
diftindtes clans l'efpèce que je
choifirois pour exemple gêne-
ral. J'ai penïe qu'outre les deux
conditions précédentes r ilialloit
que la ftrudture de l'eçorce de
cette plante fût telle que les vé-
ge'taux l'ont te plus communé-
ment. Enfin j'ai (buhaitë qu'elle
ne fût ni exotique ni rare. Je n'ai
pas eu à choifir ces quatre con-
ditions ont déterminé prefque
abfblument cette éfpèce de Di-
gitale y que Mr, de Haller nom-
me dans rénumération des plan-
tes Suiffes, Digitalis foliis calycis
linearibus acutis flore veriofo
inctcûlofo: Elle eftfo rtcomniu-
:ï<v}a?£0ïW.ïÂ
ne fur les montagnes de nos en-
virons les bois de Salève & du
Pour obferver commodément
cette écorce 1 je me fers d'un mi-
crofeope compofe auquel peu-
vent s'adapter des lentillesdedif.
férentes portées. Au deflbus du
porte-objet de ce microicope eft
un miroir concave que j'expofe
à la lumière du jour elle m'a
paru fuffire à l'ordinaire pour
faire diftinguer nettement toutes
les parties de l'objet & celle
du Soleil fatigue trop les yeux.
Je dirige le miroir de manière
qu'il réfléchi (Te la. lumière piéci-
fémetat au-de nous de l'écorce que
je veux obferver. Alors je place
le corps même du microicope
au-deflus de cette écorce & je
l'en aproche ou l'en éloigne juf-
qu'à-ce que tous les objets que
j'y découvre y paroiffent bien
âiftindls bien nets & bien ter»
mines.
L'écorce de îa Digitale prîfe ?
fur une ieuillë 'jeune & faine
& placée comme je viens de Je
dire, paroît a une lentiUe d'une;
faible porte'e comme a la fîm^
pie vue une membrane grue de-
mi traniparente mais on voit
de plus de petits points plus obf-
curs que le refte.
A une lentille un peu plus for-
te ces petits points parôiflcnt
oblongs, & l'écorce paroît com-
me ,criblée de petits trous ¡ne.
gaux: 6c de différences figures.
Une '̃lentille un peu plus forte
encore, fait voir entre ces trous
des filets opaques tortueux &
fait apercevoir quelque tranfpa-
rence dans le contour intérieur
des points oblongs.
Une lentille qui groffit encore
davantage, fait vOl que ces 6-
C 22 )
les mailles font d'une forme très-
aboutirent
ordinairement trois ou qmtre fi-
qu'ils ren-
ferment
milieu de
cette aire o cupe' par un corps
obloiig
le propre centre
ci'au-
ce extérieure de quelque maille
& s'y
roit pas parfaitement tranfpa-
rente on y voit quelque apa-
rence de
fur le
que l'on puiffe obferver le bord
croscope, & que l'autre partie
alors
le défaut de pariai
vaincra
;W^K^:V*Ç^Ï
que cette aire
éft reniplifi par une Tnembrane
£érement jaunâtre. Enfin f l'on.
déchire le bord de 1.'écorce pour
emporter îa: partie cjiii s'eft rqti-
lée;d'eHe-TnéiBey 6c qû^on obier-
ve toujours lé bord de la déchi-
de patience à trocuver une place
ou quelque fibre du réieau a été
eraporrée Se permet de voir que
la membrane que)e viensde dé-
crire ne
iriailles de ce réfëau mais qu'en-
core elle le: recouvre- en; entier.
^t/écorce iiipe'rièure offre àpeu
près les mêmes: apparènces,a cette
différence près, quefon y voit
moinis de corps oblongs, &que
les: filets riîoius tortueux forment
des mailles un peu i-noins irié-
gulières,
Japellerai dans la fuite ce ré-
iïiï%ï£m&W.
B
ces corps
Je
voir
attendre.
ze
pturedes, vaiueaux, donneront
&
les
L'ëcorce des feuilles de tou-
parti.
vert par une 'fine.
Comme j'ai eu foin d'o^ryer
un très grand nombre de plan--
C'tes de clafïes de genres & de
climats fort cltïffêmns Je trois
pouvoir en /coridlurre par • analo-
gie, que Fe'Gprce des feuilles ;de
toutes les plantés e0 corapcifee
de iernt)labies parties; Je divi-
Tecorce en trois chapitres, rela-
tiis à (es trois principales par-
ties. L-e premier chapitre traitera
du refëaiiï le ièéond, àe$ glaji-
de$î & le troifiëiîie
me çropmnentditfes tèuiltes.

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