Observations sur les enfants trouvés de la généralité de Soissons ([Reprod.]) / par M. de Montlinot

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de l'impr. royale (Paris). 1790. Enfants trouvés -- France -- Soissons (Aisne) -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1790
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTIONFRANÇAISE
OBSERVATIONS
DE LAM3ÉNÉRALITÉ
D E SOISSON S*
Par M. D E MONTLINOT*
A PAR
C> E L' IMPRIMERIE RO Y A L El
M. DCG. "XÇà
A
OBSERVATIONS
Chargé par M. le de
rechercher quelles pouvoient être les caufes de la pro-
gression énorme des enfans trouvés dé la généralité de
Soiflbns, depuis la loi publiée en j'acceptai avec
honorable je
pas que ce travail (! cher au coeur d'un
pénibles; je m'y livrai fans
ré/crve. Je commençai d'abord de l'exif-
tence des enfaris placés dans les villes Si le* campagnes
je "les les fis vifiter par de! per-
Tonnes sûres on interrogea les nourrices & quand. j'eus
tous les faits
qui font Spécialement
formai
fi je ne rapprochois parties
ifolées de mon travail en donnant à la réflexion une
maffë plus confidérable de faits *les de-
viennent plus faciles & les idées s'-agrandifljênt.
Il eft entré dans les hôpitaux de la généralité pendant le
cours de huit années, trois mille deuîfcent Quarante enfans
iliéjdtimes ou abandonna ftvoir, 1 65 1 garçons &
que 89 j garçons & 871 filles ,en total 1766 individus.
On voit par ce premier calcul qu'il eft né tin peu lus de
garçons que de filles, & que la mortalité a été d'un
moins forte que celle fixée par M. Dupré de Saint-
Maur qui établit, que la moitié des enfans qui natfTent,
meurent avant Tâge de quatre ans révolus
Il importe peu dans les circonftances actuelles de
favoir quelle feroit la répartition des enfans-trouvés fi
les*feigneurs avoient été chargés de leur entretien
^rnais comme\objet de curiofité on jieut cependant ap-
que fi la loi concernant les hauts jufticiers,
dont le gouvernement a follicité la promulgation f| avoit
eu lieu, le Roi auroit les
Seigneurs
particuliers 550. Si de nouveaux
Aij
rapports de nouvelles vues à
divi/èr la charge des c on prévoit
qu'elle pourrait à l'avenir être divifée par tiers entre
Celui qui calculerait la dépravation d'une province
dont la .population eft par
ramener bienfaisance qu'elle a dû
prescrire a cédé à i'impulfioiï que donna à
fon fiècle le vertueux il eft néceflaire
de dégager de la mafTejotale des encans 5 trouvés d'une
province ceux que la misère eft venue dépofèr dans Tes
hôpitaux, ou ceux que le' défaut de policé a laides en-
trer dans le royaume iI ne reliera alors que les enfans
illégitimes. En Ce trouvant feule
population du libertinage ou de la foiblefle > peut-être'
nous fèra-t-il poffible d'aflîgner quelques-uhes des caufes
morales qui donnent au nombre des enfans reçus dans
Sur abandonnés, on en trouve 470
dont connue mais bien loin
d'avoir toute' entière. Combien
curer fait mention dans
nos .rapports dé po-
liée & nous nous gommes plaints de toutes les formules
(4)
un les
abandons dénaturés mais bien plus fouyent la misère a
loi n'a pas reconnus. Le pauvre poftr
lequel Couvent l'égalité n'efl qu'un moti& la liberté un
piège. le pauvre qui peuple fans avoir joui, élève
fes enfans & meurt fans avoir fenti les dou-
ceurs de la paternité le pauvre des ca pagnes
fur-tout auquel on fait l'aumône avec fi peu de charité
Quand l'imagination fè porte vers tant de
eft comme effrayée de la grandeur du jnal, peu
de reflburces qui c'efl alors que
la bienfai/ànce ne pouvant contempler le tableau 'entier
de la misère d'un royaume auflivafte
fes regards & foulage ce qui l'entoure delà les diftribu-
tions d'aumônes qui tranquillifènt les fèn-
fibles. Il réfulte fans doute un grand bien de tant de
bonnes actions privées; mais tout ce que l'on fait pour le
pauvre ne produit qu'un
aux cris de fà douleur & on ne fait rien dans les mo-
mens ,de calme pour, lui donner des mjœurs ',de' la
patience. On la beaucoup promis au peuple, mais on n'a
encore jeté dans la foule aucun qui pé-
i
La caufe de fa misère la plus diffi-
cile à prévenir c'eft la fécondité
l'abandon
il faut donc commencer par fè-
courir les ménages pauvres non par des aumônes mais
en honorant la fécondité; car la misère des journaliers 1
à la campagne eft extrême, quand ils font
fans en bas âge. La pauvreté fimple peuple mais l'indi-
gence abfolue détruit.
C'eft dans ce dernier terme de le pauvre
quitte fon domicile & expofè fes enfans en la
preuve dans les états que nous donc
dans les campagnes fur-tout, qu'une nombreufè poftéritc
eft incommode; fur ces Iiabitans précieux pour
l'adminiftration qu'il faut répandre des bienfaits ce Ce.
roit ne rien faire que d'épier la misère profonde pou la
foulager il faut la prévenir & ne pas attendre que les
fentimens les plus doux les plus attachans'fbient dé-'
truits, car alors l'aumône produit peu d'effets';
On ne peut efpérer de détruire l'abandon desenfans l'gi-
times, que par de petites penfions accordées aux ménages
pauvres qui auroient plus de trois enfans en bas âge.
Les mères qui nourrirent aurôient Ja préférence pour
obtenir ce genre de Mon cœur opprefle iè
^foulage que trois
quatre cents mille âmes,
attacheroient quelques du ma-
riage des pauvre le Roi accorderait ces
lui feul peut offrir des dons C'eft;
que de vouloir enorgueillir
l'homme des bienfaits du gouvernement, dans quelque
condition qu'il fe trouve. Lés Empereurs donnoîent feuls
h couronne civique. faut
cent vingt mille livres pour remplir ses vues un Comité
de bienfaisance écabli dans chaque^province pourroit.
réunir ies revenus des fondations dès campagnes &
qui font fans objets d'utilité en y ajoutant les quêtes, les
dons gratuits la réunion de quelques bénéfices Amples
fermant la porte à la protection la
a la plus utile des inftitutions fe trouvera remplie.
Depuis vingt ans on livres
d'impofhion extraordinaire fur la généralité de Soiffons
depuis vingt ans ces fonds font abfbrbés par la conflruc-
tion de l'intendance & des casernes de Laon ces fonds
feront libres en quel motif peut empêcher d'en
les moyens il fèroit aifé de prouver que
la fin de ce rap-
port, des le plan.
la feule l'abandon des
enfans légitimes l'inconduite la pareffe des malheurs
prives, enfin faut-il le dire le défaut de moeurs &
rimprobité dans les pères & mères amènent fe délaif-
fernent qui n'eft plus fpus la auvegarde
de l'honnêteté paternelle. Ici Ce confondent. les générations
des gens emprisonnés ou flétris par la loi
chands fans domicile des défèrteurs, des mehdians &c.
On a déjà fait obfèrver dans le rapport fur l'hôpital de
Laon, que les enfàns des prifonniers dévroient être reçus
dans des
réprimer les hofdes de mar-
nus, des
femmes & des enfans. On ofe propofer une ordonnance -i
réchauffée; comme le fléau des campagnes
Après avoir tenté d'écarter des 'ménages pauvres utie
trop grande misère & diminué
l'abandon des enfans dont les pères font fans domicile il
ne nous refte plus qu'à nous occuper des Orphelins dé-
laiffés par leurs parens ou
Nous rapports les Municipalités
les Communes les gens en place folliciter l'àdmiffion des
uniquement pour
fk décharger d'un fardeau incommode n*eft-ce pas fous
le même- point de vue, engager les du
feul moyen d'une poftérité ge-
nante que l'exemple
ment renforcer cet d'infouciance qui tend à rom-
pre tous les noeuds de, parenté & de fraternité politique
il eftdonc toute part ce principe
'a nourrir terri-
de parenté. Si un
hafard malheureux lai/Te un individu fans aucunes ref-
̃V.îa
(8 )̃'
La Fère
aux
dépens de la Commune
fonds que ici font
du
en fa-
veur des communautés qui feroient
Un moyen plus tranchant & qui attaquerait le mal
dans fa racine eft d'ordonner des informations 'contre
ceux qui abandonnent des enfans far^s
l'on remet dans ies mains de l'adminifiration. Les réfer-
ves le myftèré dont on cherche à entourer les enfans
expofés m'ont toujours paru ne point remplir utilement
Une loi eft incomplette, quand fous prétexte de pré-
venir un crime elle en favorife d'autres. La
J d'état le relâchement des nœuds du^mariage la féeu-
fuites du permet
expofe des enfans.
L'infanticide crime hors de la' nature, beaucoup^
plus rare qu'on ne croit j'établirai ailleurs que es moyens
le préfument trop gratuite-
le prévenir.
Il, l'ad-
mifiion fecrète des une
ni en pré-
voir l'étendue.
Quand de
T p )
B
des
les admettre au nombre
iceuvre charitable;
en ce em-
ployé des fonds qui ne leur étoient pas confiés pour cet
ufage & qu'ils ont confondu
de l'administration générale. i
Sous un rapport politique y c'eft un grantl abus que
de mêler les races profcrites & protégées parla loi,
un plus grand abus encore que d'induire en erreur Je
gouvernement par des aumônes quand il doit
compter & calculer les forces qu'il faut op-
Cette première vue fur les enfan
à l'adminiftration une loi de
gueur & quelques moyens plus douji pour prévenir la
misère des journaliers. Si cependant on trouvoit trop
dur de faire entretenir par les Communes la enfans
abandonnés lur leur territoire on pcjmrroit reftreindre
roient étrangers ou inconnus,
crites appartiéndroient au Roi ou nation
placés dans les hôpitaux aux frais du gouvernement car
ondéfireroit voir les illégitimes fous là tutelle des
Municipalités, pour qu'il n'arrivât plus de confondre ces
d'être
a
étrangers au
nombre vient du pays de Liège. Cette
ville libre peuplée de l'écume des nations cette ville
noble
pour recueillir les générations abandonnées,
par le luxe de fes maîtres & la misère de fes ouvriers. Ce
qui portes du
royaume aggrave inutilement la étreffe des hôpitaux.
Il qu'il feroit utile
au gouvernement d'entretenir /à population avec de pa-
reils individus -cette reflburce ne conviendrait pas même
dans un pays où l'efclavage a que fa
plupart des enfans apportés de Liège font d'une famé
foible communiqué des
enfans de la
courfes & le peu de foin des metteurs. S'il nous étoit
permis de révéler toutes les déclarations qui nous ont été
faites, que d'horreurs on dans ce genre de
trafic où, 'fous le voile du fecret & du myflère fe cache
& l'inhumanité Par-tout où nous avons ren-
contré l'admiflîon des:. par-tout nous
avons dénoncé cet abus nous il'avons eu que des
ment les
employer.
t II')
Bij
nous avons
indiqué quelques
les
les
En dégageant de la mafïè des enfàn^-trouvés
ceux qui' /ont nés en légitime mariage font
étrangers à la généralité nous trouvons un tiers à peu-
près d'individus qui ne devraient pas être à' la charge
du Roi alors que deux taille cent
quatre-vingt-quatre enfans illégitimes, qu'une population
de quatre cent mille habitans a donnés dans
le cours de huit années ou deux cent foixjmte-treize
En fïippofont vingt-quatre millions d'ames ejv France
qui doivent la même proportion il a
fté reçu dans les hôpitaux du royaume pendant ce
terme, environ quinze mille deux
enfans par année!, ou cent vingt-deux mille c^nt douze
en huit années à
fert de bafè fbixante &un mille Ce calcul
vatipns, à faire.
plus considérable que dans ceux de la généralité
V.IapièccN.'II.
les deux mille cent quatre-vingt-
font inconnus.;
Les grandes villes font par la dé*
pravation, avec les campagnes & les villes du troifième &
du quatrième ordre enfin la capitale n'admet aucune
proportion avec le refte du royaume, & on en donne ici
une preuve. Il a Çté reçu à Paris > dans le cours de
quinze années c'eft-à-dire, depuis 1772 jufqu'au
janvier 1788, cent cinq mille dnq centi enfans -trouvés,
dont le nombre le trouvoit réduit à cette époque à
quatorze ''mille quatre cent trente. On né connoiflfoit que
quatre cents garçons placés en métiers & quatre-vingt-
quatorze filles, dont aucune de la Saipétrière.
Que les calculateurs politiques fe faflènt une idée jufte
de la dépenfe énorme du fanV& de l'hypo rifie des^
magnifiques administrons de charité <k qu'ils pronon-
cent s'il eft néceflaire d'y porter quelcpie réforme.
Quatorze mille quatre cent trente individus ont
coûté cependant à l'État à raifon dé 9641 chacun
fans y comprendre les frais d'adminiftra-
tion & il n'exige de cette incalculable opération, que
cinq à fix cents ouvriers. Quelle effrayante confommation
d'hommes 4 d'argent
On doit donc ne pas compter pour la population fur
la tutelle confervatrice des hôpitaux. Tous ces calculs
au refte auxquels nous nous tommes peut-être indifcrè-
tement livrés amènent cependant quelques aperçus
il feroit à défircr que fû|
( ̃*)
j>lus éclairée. Elle compte environ quarante-cinq mille
enfàns-trouvés dans le royaume il y en auroit beaucoup
moins &fi
ce nombre étoit connu.
On doit Sentir combien il fe roi t difficile pour nous de
détailler les caufès morales qui rendent fi communes les
riaiflânces illégitimes. Notre opinion porte fur une infi-
nité de faits ifolés qu'il feroit imprudent d'offrir fans
réfèrve. En pariant des outrages faits aux mœurs publi-
ques, nous deyons oublier le nom des coupables on
peut cependant compter fur les rcfùltats que nous
joignons ici.
'D'après les titres que nous avons eus fous les yeux, &"
Jes renfèignemens que nous nous fommes procurés, on
peut généralement afïurer qu'il n'y a pas dans Ja mafle
des encans-trouvés de la province vingt enfans dont
les mères foient d'un état au-denus de celui de Couturière.
Nous avons reconnu que c'eil dans la cane des
fervantes & des filles de journée que' les corrupteurs
ont été chercher leur proie.
Nous avons rencontré plufieurs filles d'hôpitaux qui font
devenues mères dans un âge peu avancé quelques filles
de mendiantes, très-peu de veuves.
Les villes de garnifons n'ont pas, comme on fe oittenté
de le croire augmenté dans une proportion marquée le
nombre des enfans illégitimes. Il y a douze cents ommes
d'artillerie à. LaFère;,on n'a trouvé dans l'hôpital de cette
dant le terme de huit années on n'y a porté que deux cents

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