Oeuvres de M. Bosc d'Antic, contenant plusieurs mémoires sur l'art de la verrerie, sur la faïencerie, la poterie, l'art des forges, la minéralogie, l'électricité et sur la médecine ([Reprod.])

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rue et hôtel Serpente (Paris). 1780. Verrerie -- Ouvrages avant 1800. 5 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : samedi 1 janvier 1780
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
Headington Hill Hall, Oxford OX3 0BW, UK
M. BOSC D’ANTIC,
DOCTEUR en Médecine, Médecin dn
Roi par quartier, ancien Corref-
pondanc de l’Académie Royale des
— Sciences; Membre de l’Académie de
Clermont-Ferrand, & de la Société
des Arts de Londres.
CONTENANT plusieurs Mémoires sur
l’art de la Verrerie, sur la Faiencerie.
la Poterie, l’art des Forges, la
Médecine.
TOME PRE MIE R.
Rue & Hôtel Serpente.
M. DCC. LXXX.
PRÉLIMINAIRE,
Introduction à l’étude des
Arts utiles.
TRAVAILLER à perfectionner
les arts utiles ou les moyens qui
assurent aux hommes le néces-
saire & le superflu c’est s’occu-
per du bonheur de ses sembla-
bles. Il semble que ceux qui
étoient le plus faits pour felitir
cette vérité l’aient méconnue
n’en ont été frappés que depuis
a pris la place des systèmes &
des hypothèses.
ij Discours
C’est une des principalement rai-
sons pour lesquelles ta plupart
des arts utiles ont été & seront
rie raisonnée, livrés à une aveu-
gle routine mais ce n’est pas Is
seule.
Les hommes n’ont dû sentir
la nécessité de perfectionner les
moyens de satisfaire leurs be-
soins qu’a proportion que ces
befbins se sont multipliés &
que le luxe leur en a fait de
nouveaux.
Les personnes qui s’occupent
lepîus des arts utiles qui sont
le plus a portée d’en fuivre les
opérations, sont ordinairement
les moins propres à les perfec-
tionner. Elles manquent des lu-
mières nécessaires pour en dé-
velopper la nature & en établir
les vrais principes.
préliminaire. iij
arts utiles," pour contribuer ef-
ficacement à leur perfection.
Les expériences qu’on fait dans
ordinaire sont l’expression sou-
jours imparfaite de celles qui se
font dans les attelier même
iv Discours
les principes aux opérations.
d’acquérir la connoissance des
principes que celle des circons-
tances des opérations, & que
d’en faire une heureuse appli-
cation. Le vrai physicien chy-
il ignore communément les pro-
la plupart n’ont que des idées
vagues des circonstances de leurs
opérations. Il en est qui les voient
journellement sans jamais les ob-
server. ta facilité d’appliquer
avec succès les principes aux
opérations, eft un talent que la
nature ou un très long usage
a iij
Un ouvrage sur tous les arts uti-
les, qui, à ces trois conditions 9
réuniroit le plus bel ordre & la
plus grande précision seroit un
n’en connois point de tel & il
ne paroît pas qu’on doive l’at-
tendre de s recherches & des
veilles d’un seul homme. L’en-
treprise ne seroit-elle pas au-
dessus de les forces ?
Deux savans d’un mérite
rare, MM. de Réaumur & Shaw,
en ont eu l’idée. Quelques éten-
dues que fussent leurs lumières,
ils n’ont pu en exécuter que de
Une compagnie de savans du
premier ordre, l’académie royale
chargée d’exécuter le plan de
M. de Réaumur. Il ne pouvoit
rien arriver de plus heureux.
vj
la plus haute idée de l’ouvrage
justice ne m’y forceroit pas je
observations sur son histoire des
Les arts que MM. les acadé-
suivre eux mêmes très-long-
temps d’en voir exactement
& un grand nombre de fois les
construction, la méchanique,
préliminaire. vij
Attendre les mêmes avantages
de ceux qu’ils sont forcés de
composer sur les mémoires qui
leur sont envoyés seroit vou-
loir se tromper. On ne peut
guère supporter que leurs cor-
respondans aient des yeux aussi
les leurs. Quelques-uns de ces.
correspondans manquent des
n’ont pas le talent de bien ob-
server & le plus grand nom-
bre n’est pas né avec le talent
d’appliquer heureusement les
principes aux opérations ou un
donné la facilité d’éclairer la pra-
tique du flambeau d’une théorie
raisonnée. Il est donc au moins
Viij Discours
erreurs d'autant plus dangereux,
compagnie la plus savante leur
aura donné les caractères de la
vérité.
Nous avons un grand-nombre
mais il me paroît que nous en
avons peu où l'on fasse de l'art
une clefcription claire & précise,
& encore un plus-petit nombre
où l'on trouve des vues pro-
pres à le perfectionner. De quel
avantage peuvent être. à l'art
des forges & aux fouderles en
cuivre, les traités du fer & du
cuivre de Swademborg ? Les
erreurs les plus grossières y font
données pour des vérités incon-
plus puériles d'ouvrier pour
Si les arts utiles n'ont pas fait
préliminaire. ix
av
de grands progrès font encore
imparfaits, c'est que l'étude en
eft très-difficile, qu'elle suppose
dés talens, des lumières & des
dispositions très-rares, & qu'elle
exige des sacrifices que peu de
personnes se sentent le courage
de faire.
J'aurois sans doute porte cette
étude au plus haut degré de per-
fection, si les Circonstances lieu-
reufes où je me fuis trouvé, le
travail opiniâtre que j'y ai em-
ployé la passion de la chose
dont j'ai toujours été animé, un
séjour de près trente années
dans les manufactures à feu
pou voient suppleer les grands
talens qu'eue demande
X Discours
portans à ceux qui, par état ou
par goût, se destinent cette
1° Leur premier foin doit
être de nourrir leur esprit des
vrais principes de la physique
expérimentale, de la chymie &
de la minéralogie; ceux de la
première de ces fcieraces les
faire exécuter avec avantage
toutes les machines que les arts
miles emploient. Ils trouveront
tout ce qui leur est nécessarie à
cet égard, dans les ouvrages
du docteur Défaguliers, de Be-
licior & de l'abbé Nollet, &c. Les.,
vrais principes de la chymie
leur donneront une juste idée
de la la nature de l'action du feu,
de le diriger, de la construction
des fourneaux, de la préparation
préliminaire. xj
vj.
& compotition des matières
& de la fabrication des marc
difes. Ils peuvent les puifer dans
les ouvrages du célèbre Pott,
traduits pour lé plus grand nom-
bre par M. de Machy, & dans les
élémens de chymie des savans
cymistes de Bijon MM. de
Morveau, Maret & Durande,
&c. &c.
La minéralogie leur fera con-
noître la nature,
& décomposition naturelles &
artificielles des matières pre-
mières des arts utiles. Je ne fau-
rois, fur cet objet important
leur indiquer une source plus
pure & plus. abondante que les-
sciences, soient continuellement
en garde contre les préjuges,
ment de bonne heure à sacrifier
le brillant au solide, le merveil-
leux au vrai. S'ils portoient
dans les manufactures, au lieu
& des hypothèses, ils n'iroient
surement pas loin dans la belle
pas moins des obstacles insur-
montables aux progrès de l'é-
préliminaire. xiij
circonstances beaucoup plus
avantageuses que celles où nous
nous fommes trouvés. Il leur est
infinement plus facile d'échap-
pèr aux préjugés aux faulles
rent dirigés par aucun guide par-
faitement fûr. Les vrais princi-
pes de la chymie n'étoient assu-
rément pas aussi connus, aussi-
bien développes qu'ils le font
ralogie. Depuis trente ans ces
deux sciences ont fait des pro-
dangereuse d'imaginer que dans
un simple laboratoire on peut
pliquer avec succès les vrais
xiv Discours
sultats des expériences en grand
ne répondent jamais que très-
imparfaitement aux résultats des
expérience en petit. L'art de
convertir le fer forgé en acier,
& d'adoucir le fer fondu du
célèbre M. de Réaumur a été
regardé comme un chef-dœu-
vre, & il l'est à plusieurs égards;
rien d'essentiel ne paioît y être
oublié. Ce grand homme semble
y marcher fans cesse; le slambeau
de l'experience à a main. Ses
recherches & Ces confeils n'ont
cependant mis. perfonne ea éeat
de convertir le fer de France ?
en bon acier, & d'adoucir uti-
préliminaire. XV
fon en eft évidente c'est que
M. de Réaumur n'avoit vu
dans fqn cabinet Je travail du
fer, qu'il n'avoit pas étudié l'art
des forges dans les forges mê.
méthode dont j'ai si souvent dé-
montré le faux & le danger. Les
physiciens & les chymistes les
plus éclairés ne parlent présente-
ment, dans leurs leçon & dans
leurs ouvrages des manufac-
tures qu'avec une réserve con~
Il est aisé de sentir que ce
n'est que dansées attellers même
des arts qu'on peut fructueuse-
mentétudier les circonstances de
xvj Discours
en font la fuite, ne soit pas
tôt ou tard apperçue par un œil
attentif & bien exercé.
Je dis tut ou tard parce qu'il
est rare qu'on ne soit pas long-
temps le jouet des fausses ap-
au but défiré. Les phénomènes
des arts font très-multipliés, &
d'autant plus difficiles à expli-
quer que là caufe en est rare-
ment simple. Que de choses à
voir, à considérer, a compa-
rer dans des temps & dans des
occurrences différentes Rien
dans une manufacture n'est d'une
petite conséquence les matiè-
res premières, leurs diverses es-
pèces, leurs préparations, leurs
mélanges ne demandent pas
moins d'attention que les cons-
tructions, les ustions, les su-
sions, &c. &c. Le simple histo-
préliminare. xvij
rique des opérations eft im-
menfe. Pour abréger, aurez-
vous recours aux ouvriers? A
'coup fÜr vous chargeriez votre-
mémoire d'erreurs grossières,
de préjuges puériles. 11 importe
de les faire souvent parler, sans
jamais les consulter. Malheur à
quiconque se libre à leur direc-
tion; il est rare que sa conficance
en eux ne cau(e la ruine de l'é-
tablissement dont il eft proprié-
taire, ou qui est confié à fes
foins. La connaissance parfaite
des circonstances des opérations
ne peut donc être que le fruit du
temps., d'une patience a toute
épreuve, d'un travail opiniâtre,
d'une observation aussi variée
que soutenue pendant plusieurs
pendieuses, s'il n'étoit de la plus
déranger le courant du travail
qu'un doit se permettre des in-
changemens le plus léger en
apparence a souvent les fuites
Un directeur de la fumeuse ma-
nufacture des glaces à miroir de
Saint-Gobin, ayant probable-
res, proposa a fin de 1751,
ses commettans, de faire
au lieu detrois qu'on avoit faites
jusqu'à ce moment-là; les inté-
ressés reçurent avec transport
préliminaire. XIX
mentation projetée des coulées.
fit quatre coulées por enfourne-
ment; c'etoit vingt quatre gla-
ces de plus par semaine. On au-
roit peine à appré un tel
sinage du premier ensournement
durerent deux fois plus que les
fontes & affinages des enfourne-
mens à trois coulées de soixante-
dix. soixante-douze heures,
au lieu de vingt- quatre. Cette
différence auroit dû au-moins
donner des soupçons contre la
xx Discours
spécieuses. Le défaut de séche-
préliminaire. XXJ
Ces glaces en brut, cinq ou fix
mois après leur fabrication, ar-
rie put soutenir le douci & le
poli a caufe des petites pier-
res. Celles qui échappèrent à.
ces deux opérations étoient in-
vendables & restèrent dans les
magasins à cause de leur couleur
bune, de leur mauvais affo,age
& du sable dont elles écoient
parfemées.
Ce ne fut pas le seul malheur
que les intéressés éprouvèrent.
Les quatre coulées ne leur don-
nerent pas plus de mauvaises
glaces que les trois coulées ne
leur en donnoient de bonnes,
parce que l'excessive longueur
des fontes & des assinages ne
leur permettoit guère de faire
semaine.
xxij Discours
'Les creusets nécessairement
de trois fois vingt-quatre heu.
res & par le poids d'un quart
de plus de matière étoient
d'une beaucoup plus courte du-
fée. Un de ces creufets qui au-
roit résisté quinze jours, eût été
regardé comme un phénomène
très-rare pendant le travail â
trois couplées il n'y en avoit
point qui ne durât au-moins un
mois & demis
On fent qu'il devoit y avoir
une perte immense de verre,
& que le fourneau de fusion
continuellement inondé de ma-
tières vitrifiées, était beaucoup
plus promptement usé.
Les intéressés à cette manu-
pendant trois années pour y rap-
peller la bonne fabrication &
xxiij
durant ce même espace de tems,
se virent dans l'impossibilité d'y
faire une glacecouléemarchande;
ils auroieor. été; ruinés fans ref-
fources s'ils n'euffent trouve dans
leurs magafins de Paris des re-
buts d'anciennes glaces assez
épaisse pour qu'on pût en at-
teindre les. défauts par un nou-
veau douci & un nouveau poli-
Cet ancien fond de magasin les
mit en état de soutenir leur
vente & de pourvoir r leurs dé-
Au moment où ce précieux
fond ailoit être épuisé, vers la
fin de 1754, un des plus éclaires
des intéressés me
fit l'honneur de me confultre,
& il me proposa de faire avec lui
Arrivé à la manufacture je
ne fus pas long-temps à décou-
xxiv Discours
vrir que la plus grande capacité
qu'on avoit inconsidérément
donnée aux creusets, étroit l'u-
nique case de tous les malheurs
qu'on avoit éprouvés & qu'oa
éprouvoit encore, Il est sensible
que par ce changement on avoir
détruit la juste proportion qu'il
y avoir, entre le fourneau il les
creusets; que le degré de feu
du fourneau qui étoit suffisant
pour fondre &. affiner convena-
blement en vingt-quatre heu-
res environ, 4800 livres de
verre, étoit insuffisant pour en
bien fondre & affiner 6400 livres
dans le même espace de temps
La cause de la mauvaise fabri-
cation bien connue, il étoit fa-
cile de trouver le remède; on n'a-
voit qu'à remettre les choses fur
l'ancien pied mais fabriquer
préliminaire. xxv
b
& les deffécher convenable-
ment, n'étoit pas l'affaire d'un
jour.Le desséchement desgrands
creufets deman de au moins trois
mois; c'eut été un temps consi-
dérable de dépenfes inutiles. Je
les épargnai aux irrtéreifés à la
i manufactrue.
Par l'addition de 50 livres de
rel alkali fixe de foude à chaque
fritte du poids de 500 livres
la fabrication changea de face
la durée des fontes & des affi-
nages ne fut que de vingt-qua-
tre heures il n'y eut point de
pierres dans les glaces; le verre
en fut beaucoup mieux affiné &
d'une couleur moins d'éfagréa-
ble; j'a vois annoncé ces précieux
avantages, & ils dévoient être
mentation de fondant.
xxvj Dicours
grande quantité de fondant
mais c'étoit un mal nécessaire
momentané pour en détruire un
beaucoup plus grand.
Cet example inspirera sans
doute une utile défiance une
sage retenue sur les innovations
les plus probablement avanta-
geuses aux personnes qui diri-
gent des manufactures.
3°, Les arts ont entr'eux des
rapports plus ou moins marqués,
feprêtent des secours mutuels;
mais celui de la verrerie eH: le
fondement: de prévue tous les
autres singulièrenient de. la
métallurgie & de la poterie
dont les branches font aussi
nombreufes que dignes de la
plus grande attention. Quel-
qu'important que foit cet ar-
ticle nous n'entrerons ici dans
préliminaire. xxvij
aucun détail nous nous borne-
rons à conseiller à nos élèves, s'ils
en ont le choix, de commencer
préférablement par l'étude de
l'art de la verrerie. On trou-
vera le développement des pri n-
cipaux motifs de ce conseil,
dans le premier volume de no-
tre recueil.
4°.L'étude des arts utiles a
des charmes elle a aussi es épi-
nés. Il n'est fûrement pas agréa-
ble de passer fa vie au milieu des
bois avec des hommes grof
souvent oblige de voyager peu-
dant la pluie &. la neige; d'être
le premier levé & le dernier
couché; d'être dans l'indispen-
sable nécessité de lever &
alarme. sans celle agité par la
xxviij Discours
crainte des accidens qui n'ar-
rivent que trop fréquemment,
fur-tout dans les manufactures
à feu &c. &c. Une volonté bien
déterminée, un courage peu
commun la passion de la chofe,
peuvent feuls triompher de tous
Mais nous ne devons rien dé-
guifer à nos élèves; ils auroient
de justes reproches à nous faire
il nous ne les prévenions de tout
ce qui peut leur arriver.
La fortune n'accompagne pas
toujours les talens & les lumiè-
res il en même rare que les
perfonnes qui nées
pour perfectionner les arts.,
soient assez riches pour avoir
en Propriété des manufactures.
préliminaire. xxix
b iij
homme
tous les fonds & en courir tous
les risques. Il est d'usage de for-
mer, pour exécuter ces gran-
des exploitations, des
Nouveaux sujets de degoût;
nouvelles sources de peines &
de chagrins pour ceux qui se
font confacrés à l'étude des arts
utile. S'ils ne font pas assez
bien partagés du c6té de là for-
tune, pour établir à leur pro-.
fit des manufactures, ils ferant
indifpenfablement obligées d'en
former & d'en régir pour le
compte des autres, ou de s'as-
focier avec etix.
Leur pafl'ion favorite fixant
uniquement leur attention fur
les intérêts des arts, ils négli-
geront nécessairement ceux de
XXX Discours
& de leur fortune passeront lé-
gèrement sur les conditions de
leurs engagemens; n'en appre-
fondiront aucune circouftance
jugeront favorablement des per-
fonnes fur de simples apparen-
ces d'honnêteté; prendront les
politesses affectées de leurs af-
fociés ou de leurs commettans,
pour des témoignages d'estime
& de confiance; ne s'apperce-
vront pas que souvent l'associa-
tion n'a pas été formée pour
l'entreprise, mais pour faciliter
les moyens d'avoir une forte
caisse & d'en abuser; ne pen-
ieront même pas que quelque-
fois l'entreprife est ruineuse
avant que l'exploitation en soit
commencée, incapables de trom-
per, ils n'imagineront pas qu'ils
puissent l'être, &c. &c.
préliminaire. xxxj
b iv
fédés à ce point par l'amour des
tôt ou tard les malheureuses vic-
times de l'ingratitude, de la
la mauvaise foi & de l'injustice
des gens d'affaires.
La plupart des faisant fonds
attachant un beaucoup plus haut
prix à l'argent qu'aux talens &
aux lumières, ne cesseront de
contrarier le directeur de l'en-
treprife; fe feront un plaisir de
le mortifier, ou ne lui marque-
ront qu'une considération affec-
tée. Il eft rare que les compa-
gnies d'affaires connaissent le
devoir facré de la reconnais-
sance, & plus rare encore qu'el-
les le ecmplssent avec exacti-
tude. Si elles se bornaient a l'ou-
bli des bienfaits, les élèves des
arts pourroient' s'en canCale!'
xxxij Discours
temps qu'ils croient en avoif in-
mières font épuisées ? S'il ne
préliminaire. xxxiij
b v
il n'est point d'efpèce de persé-
cutions qu'on ne mette en usage
pour le forcer à la retraite.
Pendant que le directeur cher-
che jour & nuit de nouveaux
moyens pour rendre l'entreprife
plus florissante, la compagnie
traverse fes desseins, excite les
subalternes contre lui, encou-
rage les ouvriers à lui manquer,
interrompt ou laisse languir les
pa.iem,ens de la fabrication, lui
écrit d'une manière désobli-
geante, traite de chimères rui-
neuses fes découvertes les plus
utiles & les mieux constatées ?
lui annonce des pertes immen-
fes lorsqu'il y a des bénéfices
aussi réels que considérables; le
rend garant des événemens qu'il
n'a pu ni prévenir ni même pré-
voir dans le public elle le cou-
vre de toute sorte de ridicules,
xxxiv Discours
lui prête les plus absur-
dites, exagère son esprit pour
faire naître le soupçon qu'il en
a abusé, & pour rendre plus
difficile sa justification, lui donne
n'épargne aucun soin, aucune
peine pour donner contre lui
des impressions défavorables au
gouvernement, le minif-
elle méttroit le comble à son in-
juftice, en cherchant l'excuser
par un coup d'autorité. Si l'en-
treprise manque par des raisons
tout-à-fait étrangères au direc-
teur de l'exploitation, par la
caisse, par l'intrigue & la mal-
versation d'un ou plufieurs inem-
bres de la société, on ne lui en
préliminaire. xxxv
b vj
attribuera pas moins la cause; on
ile le fera pas moins regarder
comme l'auteur de fa ruine on
l'engager, à son insu & sans au-
cun pouvoir, dans des effets de
commerce; on l'enveloppera
on lui fera jouer le rôle le plus
injuste; enfin, s'il a public d'u-
tlles découvertes, si ses ouvra-
'ges ont été favorablement re-
çus du public les frelons de la
république des lettres, ces hom-
mes malheureusement trop côm-
muns, qui ne pouvant rien ti-
rer de leur propre fond, l'au-
ront copié sans le citer, fe join-
dront fes perfécuteurs pour
consommer sa ruine, pour le ren-
Le tableau que nous venons
xxxvj Didcours
de faire n'est point trop chargé,
je ne fuis malheureusement que
trop en état de prouver que tous
les traits en font fidèles. Notre
but ferait certainement manqué
arts utiles dans le plus léger dé-
couragement, ou fi nous avions
fait naître dans leur efprit d'es
soupçons injurieux contre tous
ceux qui ont ou qui font de gran-
des entreprises. Nous n'avons
eu uniquement que l'intention
de leur infpirer de la prudence,
de leur faire éviter les écueils,
en les leur faisant connaître, &
de les engager à ne jamais con-
tracter d'engagement essentiel,
que d'après l'avis détaillé d'un
Nous sommes on ne peut pas
plus éloignés de croire le plus
préliminaire. xxxvij
grand nombre des
d'exploitation, capables des ex-
cès que nous avons décrits. Il
nous feroit facile d'en nommer
plufieurs & l'honneur & la jus-
tice n'ont jamais cessé de régner.
Lesmandans des manufac-
tures ont été plus fou vent la
dupe de leurs mandataires, que
les mandataires ne l'ont été de
leurs mandans. Les compagnies
peuvent aisément se mettre à
couvert de ce rifque elles n'ont
qu'à ne pas confondre les vrais
élèves des arts avec les préten-
dus élèves. Les premiers ont
des talens & des lumières, une
expérience raisonnée & un
amour fincère pour les arts. Les
derniers n'ont que des secrets
souvent imaginaires, de recettes
de routine, une pratique incer-
taine, & n'aiment les arts que
xxxviij Discours
-pour l'argent qu'ils leur procu-
rent. D'après des différences ii
frappantes, pourroit-on se trom-
per fur le choix?
5°. On réunit ordinairement
dans les grandes manufactures
des ouvriers de différentes pro-
vinces, quelquefois de différen-
tes nations & toujours d’un dif-
font honnêtes tranquilles &
constans le plus grand nombre
libertins, adonnes au vin, brouil-
lons cabaleurs, cherchant fans
ceffe à mettre le désordre &
Frets à s’échapper. Cent lieues
de chemin ne font pour eux
qui une promenade. Les uns font
fort intelligens & les autres de
vraies machines.
Comment plier sous une même
règle? faire concourir à un même
but des volontés si diverses ?
préliminaire. xxxix
L’art n'en est assurément pas
facile. La force des lois & la
fimple autorité du chefpeuvent
contenir les ouvriers; mais elles
font infuffifantes pour les con-
traindre au bon travail. Il me
paroît même important de ne
faire usage de ces deux grands
moyens, que dans les cas ex-
trêmes. C’est le vrai secret de les
faire respecter.
Il est très-rare qu’un directeur
éclairé, ferme juste & humain
ne réussisse pas à bien conduire
les ouvriers, à leur faire exécu-
ter avec exactitude ce que le
plus grand bien de la manufac-
ture exige. Celui qui fait bien
commander est sûr d’être obéi-
ses ordres font clairs précis
fans équivoque ne portent ja-
mais à faux ont toujours un
rapport évident au plus grand
xi Discours
avantage del'entreprife: il eft
inflexible fur l’exécution des
ordres qu'il a donnés, n’écoute
aucune représentation sur ce
point euentiel ne souffre au-
cun propos, aucune action con-
traire aux bonnes mœurs il est
persuadé que là où les mœurs ne
sont pas respectées le bon ordre
ne peut régner & que sans le
bon ordre il n’y a point de bon
travail il n’est pas moins ferme
meté avec la dureté, ce feroit
une erreur trop grossière & trop
dangereuse la première est né-
cessaire a les plus heureux ef-
fets la dernière est injuste dé-
courage, révolte. Il n’exige de
préliminaire. xlj
devoir & autant même que leur
santé ne puisse en être altérée
engagement les fait ponctuel-
lement payer a soin que leur
compte soit tenu dans le plus bel
ordre leur en fait délivrer co-
pie toutes les fois qu’ils le defi-
rent prend leur fait & cause
dans les affaires justes, même
vis-a-vis de ses commis ne
donne des marques de confiance,
ne montre des préférences qu’à
ceux qui le méritent par la ré g u-
larité de leur conduite & par
leur bon travail.
S'ils font malades, s'ils ont
de la peine à subsister à cause de
leur nombreuse famille s’ils ont
besoin de conseils il dépose l’ex-
térieur & le langage du maître
pour prendre l’intérieur & le
courage d’un pere aussi tendre
xlij Discours
qu’empressé à secourir ses en-
fans. Il les confole les foutient
les aide de tout son pouvoir,
& avec toutes les démonstra-
tions d'une véntable. affection.
Un tel chef fera indubitablement-
adoré de ses ouvriers aucun n’o-
seroit lui manquer tous fe se-
ront un plaifir d’aller au-devant
de ce qui peut lui plaire:
6°. Dans notre tableau des ma-
nufactures à feu du royaume,
qu'on verra dans notre second
deux moyens qui faciliteroient
infiniment l’étude des arts utiles.
Le premier, consiste à envoyer
dans les manufactures des per-
sonnes aussi profondes dans la
théorie que consommées dans
la pratique dans les manufac-
tures pour instruire les manu-
facturiers ou leurs directeurs
préliminaire. xliij
mais si l'on avoit jeté le gouver-
nement dans l'erreur, fi les per-
sonnes choisies étoient peu ins-
truites cherchoient fous dif-
férens prétextes à tirer des
manufacturiers leurs composi-
tions, leurs procédés les plus
particuliers ce moyen ne se-
roit d’aucune utilité il ne ser-
viroit même qu'a inspirer la dé-
Le fécond moyen le plus effi-
cace fans doute, le plus propre
à' faire faire aux arts les progrès
les plus rapides consisteroit à
établir des écoles où les élèves
feroient instruits dans la théorie
& dans la pratique ou les vrais
principes seroient continuelle-
ment appliqués aux opérations
en grand; mais ces deux moyens
dépendent absolument du gou-
Des Mémoires contenus
dans le premier Volume.
xlv
Chapitre Ier. Ancienneté de l'art
de verrerie conjectures sur la
découverte du verre, paae 153.
Chap. II. Progrès de l'art de la
verrerie en Angleterre, 157.
Chap. III. Progrès de l'art de la
verrerie en France depuis 1760,
Chap. IV. Nature de l'targilë em-
ployée à des four-
neaux de fusion & à la fabrica-
tion des creusets, 166.
Chap. V. Composition des terres;
nouvelle matière à employer à
la construction des fourneaux,
Chap. VI. Inconvénients du gros
ciment 179.
Chap. VII. Mauvais effet des lar-
mes des fourneaux 180.
Chap. VIII. Fourneaux Anglois
xlvj
Chap. X. Fusibilité des différentes
especes de sable conjectures sur
la nature & l’origine du quartz
par la calcination nouvelle
xlvi
Chap. XVI. Des compositions du
verre effets de la terre calcaire
couversion du verre en porce-
laine phénomènes de cette con-
verfion de cette por-
celaine liqueur des cailloux
dans les compositions p. 2 15.

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