Opinion de M. Kersaint, député du département de Paris, sur l'artillerie de la marine, prononcée le 12 mai au soir ([Reprod.]) / imprimée par ordre de l'Assemblée nationale

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de l'Impr. nationale (P¨aris). 1792. Artillerie navale -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1792
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PERGAMON PRESS.
UK
OPI N ION
DE M. K E RSAIN T,
Député du Département de Paris
SURL'ARTILLERIE DE LA MARINE,
Prononcée le 1 Mai au Jôir^
NATIONA.LB.
si PARIS,
DE L'IâlhllMERIE NATIONALE.
1 7 9 2.
Marine Ne. 25. A
OPINION
DE M. KERSAINT,
Député du Département de Paris
SUR L'ARTILLERIE DE LA MARINE,
Prononcée le au foin
MESSIEURS,
A. PEINE afîis dans cette Auemblée, je me fuis vu
forcé d'oppofer mon opinion individuelle à celle de
votre comité de marine; cette hardiefle a paru cho-
quer ceux qui placent les confédérations- perfonnelles
avant l'intérêt public je ne m'arrêterai point à m'en
juftifïer mes torts font à moi, mes rairons ieules ap-
partiennent à l'Alfemblée nationale.
A cette tribune, à cette hauteur d'où nousipaflqns
à la France entière j nous ne devons voir que deux.
chofes la patrie & la vérité,
Attentif aux difcours de mes adverfaires j'y chér-
€hols la preuve de mes erreurs j; je, n'y
deux grands motifs de perfifter dans'mon opinion; le
(
premier, qu'ils ne m'avoient pas entendu le Second
qu'ils n'entendoient point la queftion.
Je fais que rien n'ea plus commode que cette mé-
thode de réfutation par laquelle on vous fait dire cet
que vous n'avez pas dit, ou le contraire de ce que
vous avez dit, & à l'aide de,laquelle on vous réfute
enfuite victorieusement mais ce moyen ne peut fé-
duite que l'ignorance ou la dirtradion. Vous avez
prêté votre attention à mes adversaires, vous m'ac.
corderez la même attention pour juger entre eux
& moi.
Qu'ai- je dit dans ce discours, qu'on attaque de
tant de manières &qu'on réfute fi mal f
Que notre armée navale, cette portion împofante
de la force publique devoit avoir comme toutes
les autres, fon principe générateur, dans la Nation
même.
Que les armées chez un peuple libre ne font point
feulement la force du gouvernement mais la puif-
rance de tous; & l'impulfion donnée à notre armée
par le gouvernement ne détruit point ce principe
car nous avons encore l'armée de l'ancien régime;
mais l'armée de la révolution» exifte & celle-là fera
invincible, parce qu'elle eft la force nationale même.
en ce fens que j'ai dit encore que la France
ne pouvant conferver fa confiitution que par la col-
îeâion des forces de tous les Français tout citoyen
devroit être prêt à combattre pour fa liberté fur quel-
qu'élément qu'on ofe l'attaquer.
Eft-ce donc par des déclamations qu'on peut jetter
des doutes fur l'évidence de ces principes f Ce qu'il
falloit prouver, ( mais on ne Ta pas entrepris parce
qu'on en afenti Pimpoflibilité,) c'eft que j'en avois
lait une faufie application.
A a
J'ai attaqué la formation .d'une armée pour le dé-
portement de la marine, forte de pjoo hommes,
officiers; & je vous ai dit qu'avant de vous faire
confentir à cette création on devoit vous en prou-
ver la néceffité. Je vous le demande, Mefljeurs y
a-"t-'on rempli cette condition fans laquelle vous ne
pouvez voter pour le projet que je combats?
Onvoudroit détourner votre efprit des folides raï-
fons ,que je vais vous offrir on me préfente à vous
comme un homme qui veut détruire la marine, qui
veut la priver de l'expérience acquife par les foldats
qui font actuellement à fon fervice; on m'a dénoncé
comme attaquant les droits de ceux-là mêmes pour
qui je parle. S'efi-on, en effet, flatté qu'on étouffe'-
roit ma voix à cette tribune ? qu'on dénatureroit mes
idées, qu'on pervertiroit mes fentimens ? Sous unrégime
libre on peut égarer quelques temps l'opinion mais
bientôt la vérité fe fait jour, l'intrigue fe démafque, &
fhomme probe, inftruit& défiqtéreflë reprend fa place,
l'eflime publique le venge de fes calomniateurs.
J'ai parlé pour la marine les foldats -canonnière,
connus fous le nom de canonnievê-matelots nom dont
on abufe, parce qu'on le confond avec celui de ca-
nonnier-marin, trouveront dans mon plan les ménâ-
gemens dus à leurs fervices.,J'en conserverai Pexpé~
rience aux befoins de nos arfenaux & des armées na-
vales. VQiidroit on m'enfeigner ce qui convient', au.
parîait équipement d'un vaifleau de guerre ?. Deux
cents trente-huit mois de fervice fur lesvaifleaux de
r£tat(i), ont pu fuffire mon en ce genre.
(t) L'on compte les fer/ices efFeftifs dans la marine par
«ois, j'auroiî pu dite- 37 ans & l'on auioit pas mutmuté.
( 4)
& je connois peut-être auffi bien que mes adverfaires
le mérite de nos canonniers-foldats. Et comment a-
t on pu les arrrier contre mes idées En les leur dé-
robant, en y fubflituant celles que je n'eus jamais;
enfin en les trompant voici comme je m'exprimois le
6 avril fur ce qui les regarde.
L'Affemblée nationale arrête que le^fifft des troupes d'in.
mer j loin d'éprouver aucune réduction fera au contraire
amélioré, fi que lcsfervices de tous ceux qui ont fait la
guerre i & qui fe font hien conduits depuis cette époque, fe-
ront récompenses. Et c'eft moi qu'on accufe d'ingrati-
tude envers ces hommes & de vouloir vous entral-
ner à méconnottre leurs droits à la reconnoiffance
publique IL me feroit aifé de prouver que ç'eft pour
eux que je parle en combattant le fyftême du rap-
porteur du comité mais qu'il eft difficile de plaider
une telle c?ufe devant nuit cents juges les détails
dans lefquels je ferois forcé d'entrer échapperoient à
votre attention déjà fatiguée par la longueur & l'a-
ridité de la difcufîion mais accordez-moi des arbi-
tres fouffrez que je plaide contradiâoirement cette
caufe bien plus militaire que maritime en préfence
du comité militaire là s'évanouiront les fantômes
dont il en aifé de fasciner les yeux d'une grande Affem-
blée là fe découvrira la vérité toute nue, & les in-
térêts perfonnels fe montreront dans toute leur lai-
deur: là je porterai la conviélion dans les efprits par
les développemens fucceffifs & les détails; & je fouf
cris eavance-au jugement que porteront les arbitres.
Car, ce n'eft point par obflination que je foutiens
mon opinion, mais par la convidion intime de fon
utilité peut-être ferai je aflfez heureux pour vous
en convaincre, fi vous voulez me fuivre dans l'arta-
en
A,3
ljft des motifs qui déterminent mon oppofition au
projet fournis à votre délibération, •
L'opinion où je fuis, que ce plan doit être rejeté
dans fa totalité, me difpenfe d'en combattre les pro-
posions particulières. J'attaque le principe qui lui fert
de bafe; fi je démontre qu il efl vicieux, le projet
j'écroule. Je voulois épargner le temps de l'A fTemblée
nationale en commençant ainfi la difeuflion elle ne
me fa pas permis.
Le projet eft vicieux chns fon principe, il eft oné-
reux à l'état, il bleffe Fintérêt des marins en général,
il tend à déplacer la force principale de vos armées
de mer en ràbaiflânt lés canonniers bourgeois, en
plaçant le citoyen au-deffous du foldat. Le but que
s'eft prepofé le comité peut être atteint par des
moyens plus fimples & plus économiques enfin ce
projet, accroît la force militaire permanente fans né-
ceflité. Telle eft l'opinion que j'entreprends d'établir,
mais dont je ne' puis fuivre tous les développemens
,dans une feule 'de vos féances; car, pour ne laiffer
aucune objedion fans réponfe aucune difficulté fans
folution, il faut dercendre aux plus petits détails de
lacompofition & de l'adion de l'armée navale. Forcé
de mettre des limites à cette difcuflîon, je la dirigerai
vers uri feul point, & j'efpère qu'il en jaillira allez de
lumières pour vous mettre en état de juger tous les
autres.
F
Quels que foient les défauts du plan que j'attaque,
la connoiflance que j'ai acquife depuis que je fuis
dans le comité de- marine, de la manière dont ce
plan y a été difcuté, m'oblige de commencer par
juftifier le comité de l'avoir adopté. Ce comité ren-
ferme très- peu de marins & les militaires qui s'y trou-
.o
vent ont dû facilement convaincre ceux auxquelséelfe
partie des forces de l'armée navale eft étrangère, qu'il
etoit propre à remédier aux, divers abus de la forma-
tion aâuelle des troupes de l'artillerie attachées à la
marine; & l'on ne me conteftera pas que l'autorité
des militaires n'ait, en quelque forte, entraîné l'opi-
nion du comité & que ce plan n'y ait été adopté
de confiance.^
C'eft un des malheurs de la marine, Menteurs
que prefque tout ce qui a été décrété par l'Aflemblée
conftituante, fur la marine, n'ait éprouvé aucune dif
cuflion. Le temps que vous accordez à celle ci,
prouve que vous avez ienti cet inconvénient. En
vain, veut-on entraîner votre réfolution par des au-
torités perfonnelles ou l'exagération des dangers
d'une plue: longue indéciGon. L'AfTemblée nationale
ne doit céder qu'à la raifon à la démonftration de
la nécefllté des chofes, à l'évidepce de leur utilité
pour l'état; elle doit, fur-tout, s'armer de défiance
contre ces connoiffances part.ielles & partiales d'état
& de métier, bonnes à confulter, fans doute, dans
la formation des loix qui leur font relatives, mais
qu'il faut bien fe garder d'admettre fans contradiction.
Dénuées de patriotifme & de philofophie les con-
noiffances locales deçoivent fouvent le légiflateur,
en le conduifant à favorifer des intérêts particuliers,
lorfqu'il penfe n'agir que pour l'intérêt général/Malgré
votre vigilance, ces intérêts touiours éveillés, ont
prévalu plus d'une fois dans cette afïèmblée craignez,
Meffieurs, .leur influence immédiate & leur afcendant.
Si vous n'y réfifbz, bientôt l'ingénieur couvrira la
France de fortifications; l'officier de cavalerie mettra
notre armée à cheval; leprêtre voudra des féminaires
par-tout l'officier d'artillerie hérifTera la France de
A g
aux.
Eloignons foigneufement de la confedion dps loix,
fur-tout de la formation des infiitutions principales,
ces partialités- d'efprit de profeflîon à cette tribune
& dans cette afîemblée ces divers efprits ces conv
noiffances diverfes doivent fe fondre dans le creufefe
du législateur.
Je ne viens point ici vous parler marine, guerre,
politique mais vous propofer une mefure grande
dans ion objet, plus grande dans fès conféquences
une mefuré digne de vous, une mefure légiflative.
J'ai dit que le projet qu'on vous présente eft oné-
reux à l'Etat; il peut être fuppréé par des moyens
plus fimples* & furtout plus économiques, jk tout
projet, dont le but cft d'étendre rétabtifîement mili-
taire, & d'accroître les charges du peuple, ne peut
être âdrniflible s'il n'eft démontré néceflaire cette
vérité pour obtenir ici l'afferitiment général n'a be-
foin que d'être énoncée.
La fituation géographique de ta France commande aux
Français d'être armés pour combattre fur mer comme
fur terre; cette double obligation peut être confidérée
comme une condition onéreufe de leur poution ter-
ritoriale & maritime & le prix des avantages qu'elle,
leur procure. C'eft à la remplier de la manière là
moins à charge à la- nation que nous devons tous
nos foins il ne s'agit^ pas de décréter des accroiflè-
mens de troupes 011 de vaineaux, avant d'en aug-,
menter le nombre fâchons tirer te meilleur parti
pofiible de ce que nous avons tel doit être le but
du corps législatif le dis plus, fan devoir, & les
ferions de ce grand corps fes comités doivent
être animés du même efprit.
Vous avez- Se vous
( 8 )
d'avoir, au fein de la paix. même, une grande armée;'
& c'eft un des inconvènjens 'de l'ambition jaloufe
des divers états qui vous environnent, & de la na-
ture de Fart de la guerre moderne que, quelque
qu'on fa fie, l'apnée demeurera toujours plus
lortn qifil ne feroit befoiri pour la sûreté intérieure
cîii royaume cela elt vrai fur-tout dans les parties
où l'art de la fcience prédominent, comme dans les
corps du génie & de l'artillerie que l'on ne peut
augmenter au befoin lorfqùe la guerre l'exige.
Je prie PAflemblée de fe rappeler que je combats
un projet de formation de dix mille hommes en deux
corps l'un d'artillerie & l'autre d'infanterie pour
l'armée navale, lefquels feroient permanens & indé-
pendans du corps de t'armée de terre, & fufcéptibles
de s'accroître en temps de guerre.
Cependant, il n'y a rien dans le fervice attquel
on deïîine ces dix mille hommes qui ne puiffe être
& qui n'ait été déjà rempli par l'infanterie & l'artil-
lerie de notre armée. L'artillerie de l'armée de terre
a fervi depuis 32 ans, à .compter du miniilère de
M. de Ch'difeul il recruter & à réformer l'artillerie
&: l'infanterie de la marine. Ce fait, Meilleurs, jette
un grand jour fur la queftion. Car fi l'artillerie de la
guerre a été. l'école de ceux qui dirigent aâuelle-
iftent, & qui ont dirigé depuis plus de 3p ans les
canonniers des clafles, les corps militaires & les
travaux de l'artillerie' dans- les arfenaux, dans les co»
lonies les côtes '8c fur les vaifleaux 5 quelle né-
KJeïfité trouveriez -vous à former un corps particu-
lier: que vous ne pouvez créer fans une augmenta-
tion cônfidéraSle de dépenfe pour le département
e la mariné, dépenfe. dont il ne réfulteroit cepen-
(9)
navales f La fcience de fe
modifie & s'applique à différens cas & réduction
de I artilleur doit les lui pséfenter alternativement;
ceft la même arme & fart de fondre les canons
pour l'ufage des vaifieaûx ou des lièges, ou des ram-
parts, ou des Eotes, eft le même.
Vous venez Meffieurs, de décréter une artillerie
a cheval mais elle demeure attachée à l'artillerie à
pied vous ne la détachez point du tronc, & c'efi
ce qu on vous peut être
avions un miniflre de la cavalerie. QuWefa-'fcifr
f vous iuivez un autre principe pour fe
vous fonderez deux écoles fur la même
a dixe que vous ouvrirez un théâtre à la eontroveriel
où les découvertes les plus utiles faites dans 4'une
feront combattues & rejetées par l'antre. L'ennemi
ne du génie, eft Tefprit de corps; Nous n'avons qu'une
académie pour toutes les fcierîcts une même école
devroit être auffi fondée pour les corps favans mais
ce -qui doit, vous frapper le« plus vivement, vous
Se.6 inUtiIe C°ÛteUre qui deviendra
Vous fortifierez un pouvoir déjà-trop puifTant en
lui donnant de nouveaux moyens de corrompre; car
on corrompt plus aifément îes hommes par l'efpé-
rance-que par les dons, & cette foule de places à la
,nomination du roi que préfente le plan Sa comité"
exige que vous foyez convaincus avant d'y donner
votreaprobafon, que le falut de l'armée navale en dé
5e te* manque rexamen approfondi
que LP nVft deC1.fif de, Miieftion vous convainc
que fans tout cet
cchaffaiKl vous pouvez affurer l'arrrieïnent &. j,é_
Tout ce qui dirige à ce moment notre artillerie
de mer infpefteurs, dire&eurs officiers & ouvriers,
font tous fortis de l'artillerie de terre pourroit-on
abuftr affez de la parole pour vous perfuader qu'il y
a du danger à les y faire rentrer ?
Ceux qui commandent cette partie dans nos arfe-
naux, & s'y font créés un empire indépendant, opo-
feront fans doute leurs efforts à ce retour vers es
corps dont ils ont été détachés retour qui les
replaceroit dans l'utile & très-nécefraire fubordination
des chefs éclairés de notre artillerie .principa e
Je dérange, je le fais plufieurs combinai fans par-
ticulières mais je crois défendre l'intérêt général.
Jaflure à cette portion eflentielle des forces de 1 armée
navale tout l'appui du favoir du corps militaire le plus
inftruit de l'Europe; je préviens le dépcrifiement de
la fcience en confervant une communication libre
entre fon tronc & tes branches & je fauve notre
artillerie de mer de l'inconvénient que MM. les -offi-
ciers de l'artillerie de terre, appelés dans nos ports &
préfentement attachés à la marine lui ont fi amère-
ment reproché dans leur mémoire. Je citerai parti-
culièrement celui de M. du Bouchage s'il faut 1 en
croire l'artillerie de la marine étoit tombée dans une
honteufe ignorance, tout y étoit négligé tout à re-
faire ou à corriger au moment où il fut appelé dans
nos arfenanx. M. Manfon, infpe&eur général d'artillerie
de marine, a penfé & parlé dans le même fens. Que
font ces deux officiers? de§'officiers de l'artillerie de
terre. Où ces officiers ont-ils appris leur mctier ? dans
l'artillerie de l'armée de terre. Ou bien ils ont eu tort
dans tout ce qu'ils ont dit de l'état de notre artillerie
dans la marine ou ils ont eu raifon dans le premier
cas, il faudroit fe mettre en garde contre la propofi-
tion du comité qui efl abfolument leur opinion;
1 1( il ii T
dans'le fécond on en forcé de convenir'qu'ayant puifé
leurs connoiifances dans l'artillerie de l'armée de terre,
j'ai pu dire que cette artillerie de,voit fuffire à .l'armée
navale, & je puis répéter que c'eft un double em-
ploi que d'en créer'une particulière & que rAfiem-
blée doit rejeter fans balancier ce projet ruineux.
Je penfe que tout homme non prévenu fera frappé
de la jufteiîe & de la fimplicité de ce rationnement,
qui n'exige, pour être fenti, que le (impie bon fens;
mais je puis lui donner une nouvelle force &: par
d'autre citations & par l'autorité des exemples.
Chacun fe rappelle les malheurs & la honte de la
guerre de 1 7 j M. de. Choifeul qui la termina par
de fi grands focrificés avoit été frappé du fpe&a-
cle de tant de défaites & de défaftres il en avoit la
caufe lûus les yeux,- dans les intrigues dans la cor-
ruption, dans la baffeffe & dans l'orgueil de ces
hommes avides qui enveloppoient alors le gouver-
ment; l'ignorance des généraux & des minières, les
défôrdres de la cour avoient tout fait le foldat, le
mateiot s'étoient bien' battus l'officier fubalterne
avoit fait fon devoir les Français étoient les mêmes;
mais la claffe privilégiée qui ordonnoit & dirigeoit
tout, n'étoit capable de rien.
Nous avions alors, non pas l'artillerie la mieux faite
de l'Europe mais? la mieux fervie nos canonniers
marins formaient la clafTe la plus diflinguée des équi-
pages de nos vauTeaux ils avoient de la réputation en
Europe employés dans la guerre de dans
les fiéges de Flandres ils s'y éloient fait..d ¡flinguer
doublement parleur valeur & par leur adrefle: & dans
le cours des malheurs & des défaites de la guerre de
*7ÎJ, leur zèle & leur courage pe s'étoient point
démentis; mais ce qu'on appelloit les foldats de marine

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