Opinion et projets de décrets sur la mendicité, présentés à l'Assemblée nationale ([Reprod.]) / par Louis-Alphonse de Savary de Lancosme,...

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[de l'impr. de Vézard & Le Normant] (Paris). 1790. Pauvres -- Protection, assistance, etc. -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1790
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NBS 10100
(ANSI ond ISO TEST CHARI No. 2)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHM DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
;OPINI0N ET PROJETS
DE DÉCRETS,
V SUR LA M END /CITÉ;
présentés A l'assemblée nationale;
:Par Louis-Alphonse bE Savart
de Lan c os'me député de la province
de Tourai/ie, actuellement département
? d' Indre &
A
OM/NiON Et PROJETS
De décrets,
St/R LA MENDICITÉ},
Présentés A l'assemblée nationale
pAk M. SAVAkt DÈ LASCOStiEt
dlpult de la province de Touraine
cruellement département d* Indre &
MESSIEURS,
J-j'Affcmbtëe nationale av<Jlt à peirte vaincu les oWUctës
ftui Ce préfentoient (ans ceffelà fes vuôjbiénfaifintes qu'elle
s eft.occiip^efam relâche du bonheur & de l'irtéret public.
EU. s'en;, «trtpredée de tourner fis* r«|ards vers les
triaux qui accompagnent toujours la mif«r« dont une
partie des citoyeos eft affligée elle n'a pu voir fans li
plus profonde douleur les fubfiftances manquer pref-
dans tout le royaume le prix des
graijàs., pafvenu à un de^ré où il étoit ditricile que
oluttWif»:. clartés du peuple puffent atteindre long-tem*
dans la plus affreufe indigence «!t« n'a pu
à
voir aller.; fans être vivement affeflée les mendians
Ce multiplier â un point devenu alarmant pour la
tranquillité publique. C'eft pourquoi suffi • tôt que
les circonstances iWt permis elle a nommé un
comité de fubfiftanc» pour fubvenir aux befoins du
moment cruet dans lequel la dirette affreufe des grains
avoit plongé la capitale & plufieurs contrées du royaume.
Sa fageffe a fait cefler cette calamité en y apportant
les remedes les plus prompts & les plus efficaces
alors étendant fes vues elle à jette .les yeux fur la
mendicité enticre & g£ mi (Tant fur l'état ob nos
concitoyens font réduits elle a été alarmée de leur
quantité préfente & de l'augmentation que l'avenir
pourroit amener. Ces motifs l'ont engagés à former
un comité chargé de faire les recherches & prendre
les renfeignemens néce(Taires, afin de préfenrtf des
projets de décrets tendans à aflurer les fecours publics
aux citoyens qui ont droit d'y prétendre, & de letir
procurer en même ̃ tenu des moyens de travail, fars
lcfquelsNils tombent dans une pauvreté forcée qu il
eft encore de fa fagetfe de les mettre a même d'é-
viter. Sa prévoyance s'eft encore étendue plus loin,
en confidérant que dans l'état de mendicité, tl pouvoit
y avoir de faux pauvres qui, accoutumés ce genre
de vie par l'attrait qu'en offre l'oifiveté ne voudroient
plus le quitter & ce«iendi oient par- là onéreux &
nuifibles à la foci«té elle a charge également fon
comité de présenter ks moyens de les réprimer, afin
d'affurer totalement la tranquillité publique.
Le comité de mendicité, pour remplir les vues de
raflTèmbléc & fe montrer digne de fa confiance a
déjà fait desrapoorti qui çrcuvent fon zèle & (es lu-
mières acquîtes fur 'cet objet. Il eft fûtement encore
prêt à lui en faire d'autres, qu'il lui auroit déjà éga-
Iement fournis s'il avoit qu'elle put fe diftraire
des affaires importantes qui ^occupent & n'attend
fans doute que le moment ob il pourraj. les pré-
Permettcz-moi meneurs de vous obferrwilqull
feroit bien infttjit & très int^reffant que vous'fluif-
5
A a
fin dcnner quelques féance* à la décîfion des projets
de décrets qui vous feront préfencés cet égard.
N'ayant pas l'honneur d'être de votre comité mais
animé du même zct« j'ai cru qu'il étoit de moo de-
voir, comme membre de l'aflemblée .& comme ci.
toyen délirant ardemment le fouhgement de fes
frères & le bien de fa patrie de vous foumettre le
projet de décret général que j'ai conçu pour cette
partie. Convaincu de votre amour pour toutes les clafles
du peuple 8c principalement pour celle qui par fa mal-
heurtufe exigence a plus bcfoin de votre bienveil-
lance, je fuis perfuadé que vous le recevrez avec in-
dulgence' & bonté Cette espérance m'a engagé à vous
ne chercherai donc à faire aucun effort en fa faveur
d'ailleuis fi le plan eft bon il n'en a pas befoin
ta mauvais, ceux que j'employerois feroient éga-
lement fuperflus..
Je me contenterai donc feulement d'expofer une
partie des motifs qui m'ont engagé à div°erfes difpofi-
en ce projet mais auparavant, je vais
m'attacher à répondre à une objection que je prévois
que l'on pourra me faire.
« L'enfemblê de ce plan, me dira-t-on, prefente
» une dépenfe annuelle considérable que établir.
» fernens qu'il contient nécefTueront & cette objection
» fera appuyée fans doute tur 1'embarras oa font
» àâuellement les finances de l'état. »
Cette raifon quelque folide qu'elle puifle parole,
n'en que fpécieufe & incapable d'arrêter l'afTemblée
qui doit être convaincue par les différens rapports que
le comité des finances lui a fait que la fituatién
étt finances de l'état Il'eft pas aùflî défefpérante que
l'on a cherché le perfuaaer. D ailleurs cet em-
barras n'eft que momentané les fages réformes
que vous faites tous les jours la grande & utile éco-
nomie que vous y apporterez, le fera bientôt difpi-
roître ce qui mettra par la fuite dans la poflibiliîé
d'augmenter le nombre de ces étabMemens.
Ma .feconde réponfe en émanée d'un* fentiment de
jufticè V«us avez fait, weflieur» rentrer la nation
4
dans la difpofition des biens ecdéGaftiques & donta*
niaux vous Cavet que le principal emploi des pre,
in.ie.rs a toujours été le foulagement & {'entretien. de*
pauvres c e(\ même dans cette vue principale que nos
perts ont faits diverfes fondations qui ont exiftées juf.
qu'à ce jour. Les frais de dépots & de prifons ont
toujours été également une des charges réelles des
féconds. Certainement vous ne difpoferei pas de ces
biens, du moins je ne puis le penler, fans en affecTer
d'abord tout ce qui fera néceffaire pour remplir avec
fexaftitude la plus fcrupuleufe les premières $c fi en'en-
tftlles obligations. »
Votre comité eedéfiaftique a tellement fenti qa»
Vétoit un devoir freré, qu'il s'eft empreffé dans l'em-
ploi des revenus de ces biens au*il vous a préfenté
par fes différens rapports de daftiner aux é!tablifl<*
tnens de charité & au foulagement des pauvres une
fomme de à ao millions fomme bien au deffous
de celle que les pauvres ont droit de prétendre da*\s
la totalité des biens eedéfiaftique» pmfque dans la
diftributaon reconnue depuis lonê-tems le premier tiers
leur étoit toujours deftiné fe fecond étoit pour l'en-
tretien du culte & les autels & le troifieme pour le
falaire des minières. Qr on ne peut difeonvenir que
la fomme que le comité propofe lorf^u'il n'y auront
même que la quart feul auquel Jes pauvres pourrotent
avoir le droit de prétendre, en in6niment au-defTo«|
de ce que la juftice & l'humanité, nous prefcriv nt de Iwr
accorder. Puif u'en fuppoiant .avec votre cojnité ,qu(j
les biens eccléjîaftiques ne valurent que 170 mjlliw$
do revenus y compris la dixme le quart feroit ftu|
de ^^joOjOOO livres, et encore le ne (çais fi par
cette eltintation votre comité i entendu comprendra
dans le.s revenus eccléfiaftiques les biens affeclé» aux
hôpitaux de fondations publiqiies & particulieres, ain/t'
que ceux des différens de charité que lés
divers ci.devant feîgneurs ck^plufieurs riches particuliers
ont fait de tout tems pour le fpulagement des peuples.
S'ils n'y font pas c«mpris ie qui eft,à préfumer,
parce qu'ils n'ont jamais fait partie des véritables biens.
reveqmde ce;
1
&autr« anckns éubliffemensde charité, »ugmenf«roj«{
b"çn confidérablemau les 4i,<oo,ooo livres appartenans
véritablement aux pauvres. Je fuis bien loin de demander
cette (pmme pour rempllr les dépenfes que peut
préfeni«r le plan que je foumets à votre fageffe, et
y comprenant même les feçouts accorder aux muni-
cipajjtcs qui' ne feront pas en état de nourrir & en.
leurs pauvres. Vous feret à même d'en juger
par ..fe table* ci joint de (et dépenfes, d'après lequel
vous ajipercevrei qu'elles ne doivent s'élever qu'à en«
viron de livres; ce qui fait cependant jine
augmentation de à a e> millions de plus que votre
comité \ojspi-opo!e d'accorder aux pzuvtes du royaume;
d'un autre côté, cette fomme de de livres «ft
de vingt millions au moins au-deft'ous de celle qui ap»
pai rient aux pauvres dans les biens «cc1cTia!>iques;c\
quand i's n'y auroient aucun dtoit la nation doit»
elle fe r:fufer à faire la dépen'fe de pareils établiffeinens
que nécelTiteroit un nouvel ordre de chofes fait pour
le foulagetnent général & contribuer entièrement par
là au bonheur & a h tranquillité publique auxquels
cette partie eft fi étroitement liée ?
Que la nation par fes repréfentans regarde de
près à toute la dépenfe dent l'utiiité n'eft pas démontrée
V« grande nécciïité .qu'elle* fupprime mema cer.
tains «ubliffemens qui n'offrent que de médiocre*
avantages, rien dans la portion momentanée de U'-
çêne de nos finances n'eft plus propos & plus louable..
Mais je no puis croire que la nation dont la partie
pauvre eft une des plus nombreufes 9 Ce refufe a des
dépénfes qui a(Turcnî des fecours -d cette clafle mal,
heureufe qui rie peuvent que faire honneur à l'huma-
nité 'd'un peuple libre qui défire fincérement que tous
les individus qui le compofent foient heureux, en éloi.
gnant d'eux le fort défefpérant qu'éprouvent des êtres
abandonnés & privés de toutes les relTources qu'ils
.font en droit d'attendre de leurs con<i!t«yens.
le n'en dirai pas davantage meneurs, à cet égard.
Les efforts que le ferois pour déterminer l'afïemblé*
qui dans tous les tems a, donné des preuves de fa
tendr* folliçihjdç à c« fujet ne pourtoient
6
orTehfanf'potir les fentîmens d'humanité dont elle eft
pénétrée ce qui ne me permet pas de douter un
tn!lant qu'elle ne fera jamais arrête par les vues d'urtS
économie trop ftri&e qui deviendroit alors blâmable
fi elle t'engageoit à rejetter, par cette feule ràifcn
1es plans qui pourroient lui paroitre bons, & mériter
l'exécution. '̃
Il eût peut-être été convenable dam le plan que je pro-
pofe d'y faire entrer ce qui concerne les ittefier* de
charité dont la néceflité eft & fera toujours fende
mais j'ai penfé que cet objet devoit être confié aux
comités de commerce & d'agriculture réunis à celui
de mendicité qui par les lumières qu'ils doivent,noir
fur «tte partie, feront plus à même de déterminer
ce qui fera fufceptible & avantageux d'être attribué
cette date d'établiffemeas dont le but ne doit pas
être fixé à remuer fur les chemins ou dans les ma-
rais de la terre ou de la pierre ce que tous
les pauvre* valides ne font pas ea état de faite
foit par la délicateffe de leur tempérament, foit par
la différence du fexe foit enfin par l'âge trop ou
trop peu avancé. Il cft donc nécenaire de chercher
d'autres moyens de les occuper d'une maniere ucile,
pro6table & en même tems plus analogue à leur*
forces & à leurs Mens,.de manière que les travaux
d,e tous puisent non-feulement produire de quoi les.
payer, mais même, s'il eft poflible, en tirer un pro-
chut allez confidérable pour les augmenter en plus
grand nombre ou faire d'autres établiffemens qui
pourroient être jugés convenables. Or l'agriculture
par fes produirons, & le commerce par fes manufac-
tures en tous genres doivent offrir tous les moyens
d'emploi utites, aont les comités qui font chargés de cette
partie, offriront (urement avecempreflement à Faffemblée
`un réfultat fatisfaifant de leurs connoiffances acqu'fes,
fur ces objets ce qui la mettra à même de ftatuer
fur les choix a faire ainfi que fur les modes d'éta-
bliffemtnt d'ateliers de charité qui au furplus font
entièrement un objet d'adminiftration de département.'
Ayant donc abandonné cette partie le projet de dé.
cret fe trouve rettreint à quatre objet* qui n'ont paru
7
être les feuls utiles à traiter. Le premier traite de la détfr-
inin^tioi dos qualités qui conftituent la vraie pauvret4,
& de l'admiflïon aux fecoun publics.
Le fecond des fecours, de leur percepdon & dîftn-
bution.
Le t,oiGeme, regarde les maîfonsde recours & lts
hôpitau*.
le quatrieme les mai/bas de correction & les dépôts.
Je vais f.aire fur ces quatre objets quelques obfër-
vations, dans lefquelles Je mettrai au jour une partie
des raifons qui m'ont engagé à proposer différens ar.
ticles.
Avant d'établir les différer* modes de fecours en
tous genres qui doivent être accordés au* pauvres il
m'a patu qu étolt néceltaire de déterminer 'd'abord
les quartés qui carailérifeot la vraie pauvreté afin de
^%05f «eux qui peuvent fy. doivent feulement lare
adrm» si la chanté. C'eit le moy «a' d'éloigner les faux
pauvres qui voudroient fe mettra par leur peu de, goût
pour Ij travail, au rang des véritables. Ainfi', âprèi
avoir fait l'énumération des différentes affliclions qui font
le malheur de l'humanité, & qui feules doivent être (on-
iidérM il m'a paru néceflaire d'établir des' régies
de réception à la charité publique oui f«ryiront'<jan>
tous les cas à les éclairer afin qq elle ni devienne
pas en pure perte à'ia charge de tous les citoyens,
A cet égard l'affiche & publication1 du Mrâ jiç R>ui
les pauvres qui demanderont à y être admis eft une pré;
cautwn qui doit être jugéc faj>e elle mettra mem«
de fo.rmîr les opposons convenables pour çmpêcher.
un individu qui pourroit avoir des facultés qui ne fej-
roient connues que de peu de perfoanes de le* pré^-
fenter, par la crainte de les faire découvrir. OA a fait
fur cette difpoGtion plufîears
aux pauvres honteux qui de tous tems ont étéalîirtîi
d'«n« manitre à ménager leur déïicatçffe $( leur amour
pf<>pre, Comment, a-t-on dit les connoîtrez-voiis '&
vïen<Jrw-vous à lear fecours s'ils croient devoir ne, pis
fouffrir l'affiche de leur nom ? car a-t-on ajoutai! eft
elTentieî cependant d'en accorder de ceirains citoyens*,
que des malheurs imprévus ont jettes
fôtivent ia plus àffréufe d'autant plus cruelle qu ils n'y
font quelquefois plongés t qu'après avoir paffi leut \U
dans une honnête arfattcè; que d'ailleurs leur édu*
cation ac divers fentiraens d'honneur aûgmentant tout
emoùr propre & leur timidité, ne les décideroni
mais montrer leur pofitjon aufii publiquement.
On répond 3 ces en partageant leur
embarras & leurs peines que la charité publique de-
vant être éclairée elle ne peut admettre que des
pêrfonnes généralement reconnues pauvres que ce fe-
toit ouvrir la porte digèrent abus dont les dénier»'
publics doivent être l'abri pour n'être pas dilapidés»
ce qui pourroit très-bien arriver par l'infidélité de quct-
ques adminifitrateur* fur le choix de.fquels le publié
1uroit pu ce tromper, qui alors couvrircient léurs dE-
prédation» par des fecours prétendus donnés à des
pauvres honteux* Que ce feroii encore empêcher le
public de uger de la fidélité des comptes de cette
partie Il y tvoit quelque chofe dont la con-^
roiffahee par fa nature dut lui être foUftraite.Ces rai'
fons ont paru faites pour déterminer à ne rien mettre
ci> leur feveur & leur laijTer le foin de trouver des
feflources par les demandes occultes qu'ils feront au!
Îime> charitables quMs (auront être dans le cas 'de
es aflîttef & de pourvoir à leurs befo\ns. S'ils ne
rluflRflteot pas il faut .qu'ils tichent de vaincre toute
àélicateffe qui fèro'it aîon déplacée. D'ailleurs, fi c'ejt
par inconduite qu'ils fe trouvent réduits à. cet état
il eft eflentielle qu'ils foient connus pour .fervir d'exem-
'avertir par-là ceu< qui feroient dans la même
du fort qui les attend. Tout ce qu'il feroit pof>
fible de faire pour eux, c'eft qu'a les officiers raunicî*
baux counoiffatit qu'ils ont des pauvres honteux pour-
joîent demander à l'aflemblée de la commune elle
Veut donner une tomme quelconque peut les affifter
.Jtn lwi annonçant le nombre qu'il peut en exifter dafis
la municipalité de laquelle Comme on la préviendroif,
fi elle y confentoit, qui! n'en feno'it rendu aucun compte.
Les oflwicrs municipaux-là ferolent alors dlftribuer foi-
vant' la c»nnoiffance qu ils auroient de ces pauvres.
Ce(î tout ce qu'il a paru poffiblc de foire en leur;
9
c
faveur, & t'eft encore trop. Jinfirte donc autant qu'.1
./)et\ en moi fur la forme dcs publications qui me paroie
dans tous les cas indifpenfable je patTe aux obferva'
fions' du tit. ae,
Le ptemier article de ce titre contient un principe
d'obligation remplir par les municipalités que l'af-
fembfée m'a paru dans l'intention d'établit. Il
ç oijfifte décréter que chaque municipalité fera tenue
de nourrir & enttetenir fes pauvres, de nourrir &
d'élever les enfans trouvés de leurs arrondiffemens. Une
multitude de raifons en prcuve la fagefle la princi-
pale eft dès que cette regle fera établie qu'il n'eft pas
un pauvre, moins qu'il ne foit un vagabond qui
puifle demander l'aumône hors de fa municipalité
car il doit être bien ftr qu'on la lui réfutera par.
tout oî> il fe préfentera en lui difant votre paroifle
vous nourrit ou doit vous nourrir; fi elle ne le fait
pas, c'ed! que'vraifembjablement vous y avez des fa.
cultes connues ou que vous y avez commis quelques
fautes qui vous obligent de vous expatrier donc fi
vous mendiez, vous êtes un vagabond qui doit être
arrêté & purri. Vraifemblablement il le,,fera au(Ti-tot j
d'?près cela qui voudra s'y' exposer ? ce qui contri'
buera beaucoup 3 la diminution réelle des pauvres.
D'a|lleuts, les habitans fe çonnoiflent orJin,iiremera
entr'eux, & ils (auront parfaitement difünpuer les vrais
pauvres de ceux qui voqdroient uturper cette
qualité.
Ces rairons doivent paroitre (uffifantes d'ailleurs
elles ont paru être le vœu général de l'aflemblce
loriqu'i! a été que(\ion de fentretien des pauvres, pour
lefquels on a même objeflé qu'il y auroit des muni.
cipalités qui ne feroient pas en état de les fecourir
en totalité. Ce cas fera fixement rare mais comme il
eft poffible qu'il le préfente, c*eft alors au départe-
ment â le conltater afin d'en être aiïuré d'une ma-
nière pofitive & de prendre les mefures convenable
pbur y pourvoir.
Le choix des moyens pour parvenir à obtenir
fecours nécefjaires pour l'enfreticn des pauvres dant
chaque municipalité a été peu facile faire car
la
d'un cote il faut fe prémunir contre la maûvaife vô«
lonté de l'autre, chercher à ne pas grever les Peu-
les d'une charge nouvelle qui pourroit excéder leurs
acuités. Ces deux difficultés feront toujours peu allées
à vaincre cependant il faut prendre un parti celui
de la perfuafion & de !a douceur eft toujours le meil-
leur c'eft pourquoi avant d'en venir a un r&Ie de
charité forcée /qui paroît fouvent le plus fimple, il
fera malgré cela (urcment jugé plus convenable &
plus avantageux de préférer d'abord les mefures qui
peuvent tcnJre à rappeller l'obligation que l'on ne
peut fe difpenfer de remplir enrers les pauvre1:. Ceft
ce qui fait l'objet de l'invitation réitérée dont il en
quc(tion dans le titre te. Il eft préfumable, qu'elle aura
le meilleur effet vis-à-vis la majeure partie des citoyens,
qui donneront beaucoup, & avec plaifir fans y Etre
forcés ce qu'ils feroient peut être avcc pUij de diffi-
cuité s'ils y étoient d'abord contraints.
Mais en employant ces moyens de douceur on ne
peut fe diflîmuler malgré cela, qu'il peut exifter des
nommes dont l'avarice ou linfenfibilité* fur le malheur
des autres feroit portée à un fi haut degré qu'ils f«
refuferoient à remplir les obligations les plus facrées.
Ces hommes ne méritent aucuns égards fur tout ri
leur amour-propre qui doit fe trouver bleffé en voyant
leurs noms affichés comme ayant oubliés de donner
volontairement ne les engageoit pas à donner des
marques d'une plus grande fenfibilité. Alors, fi toutes
les mefures d'invitations réitérées de contribuer h la
charité publique faites a ceux qui feroient lents à rem-
plir ces devoirs ne faifoient aucun effet, il faut ajouter
la honte qu'ils éprouveront le blâme général qu'at-
tirera fur eux la publication de leurs noms comme
ayant entièrement refufés de venir au (ecours de leurs
femblables. Ce moyen quelque dur qu'il pui(fe pa-
t oître opérera fùrement 1 effet falutaire de rappeller
par la fuite, à tous les citoyens, les devoirs qu'ils ont
a remplir vis-à-vis leurs compatriotes & leurs frères,
de maniere que l'année d'après, les noms publiés Si
pflkhés diminueront tout le
lUns Cette çraintc ceurfa alors avec çinpre(T«iiKoe
Il
C a
Bû-deVâflr des diarit&s que les municipalités invitero*
de faire. Malgré tout l'efpoir de la réuffite, que l'on
doit par li obtenir, il peut cependant fe faire qu'il
y ait encore des individus que rien ne pourroit émou-
voir ce qui rendroit fouvent infuflîfant la fbmmedes
charités volontaires qui abroient été trouvées nécef-
Aires fut cet objet par les délibérations de la com-
mune, Il eft donc propos, dans ce cas-)3), .cPauto-;
rifer les Aabitans à faire un rôle forcé de charité,
dans lequel, par juftice, on auroit égard à ceux qui
auroient fait des dons volontaires en faisant entrer
en diminution de leurs taxes & même en ne leur en
donnant aucune fi ces dons abforboient en totalité ce
quoi ils auroient du être împofés & faire rejaillir.
le furplus fur ceux qui ft'aoroient rien voulu donner:
Cet article effentiel a cependant trouvé beaucoup
d improbateurs par le feul but de ménager l'amour-
propre & d'éviter la honte d'une telle publication.
Mais ce ménagement feroit tout-à-fait nuifible parce
quit eft Intéreffant d'éteindre ou réprimer Pinfcnfibilirô
de quelques hommes à qui les maux d'autrui paroifTcnt
des fonges & de leur rappeller l'obligation de remplir
des devoirs dont rien ne peut les -difpenfer. Jinlifte
donc, autant qu'il peut être en moi, fi l'on accepte
ce projet de décret à ce que cet article foit
adopté. Ainfi ce ne fera qu'après avoir épuifé toutes
ks voies de douceur que les communautés feront
autorifées à faire un rôle forcé de charité, auquel on
ne travaillera qu'autant que les habitans y auront coa-
Les aumônes ainft établies & perdues il doit pa-
toitte néceiïaire de leur donner une adminillration
fage. Les bureaux de charité dont la création & le
devoir eft renfermé dans les articles Il i S
& i5, font le meilleur moyen de remplir çet objet
ils indiquent entre autres difpofitions fur la forme
des diflributions, une très eflentielle qui confifte à
accorder toujours les fecours en denrées ou effets, &
non en argenr. Les raifons de cette difpofition en feront
yraifemblablement a(Tei fenties.
i'adrniniftration des aumônes a toujours fait partie
il
des devoirs des paf2eurs; c'cft pourquoi ils dolent
à rooins d'une délibération contraire des communes )
être membres nés dé ces bureaux. Un curé qui eu
cxaO fcs devoirs, cft bien plus permanent que des
officiers municipaux ou tous autres administrateurs qui i
avec les affaires publiques, ont leurs affaires particu* x,
lierts. 11 ddit conneitre davantage lçs facultés & les
befoins de les paroi(Tiens, il doit être par conféquent
bien plus même de régler la diftribution des fecours;
& de veiller l'emploi que les pauvres en feront.
Cette occupation eft entièrement analogue à fon état »
6c l'on doit être perfuadé qu'elle ne peut être mieux
placée qu'entre les mains.
Ce titre renferme aufli un établiflfement bien défi*
iable de chirurgiens dans les campagnes. Les perfonnes
qui habitent fans cède la province, dont la demeure
en éloignée des Tilles & par conféquent de toutes
réflources ont dû être témoins ainfi que je l'ai été
de la pofiticM vraiment trifte des malheureux habitons
des campagnes; on les voit languir long'-tems dans
des maladies par une tardive & infuflifaate guérifort
qu'amené à pas lents la nature feule dans des individus
prefque toujours épuifés, J'ai vu la mort moilïbrner.
dans les tems & fur.tout dans le primeras de l'âge»
nos habitans, faute du moindre recours de l'art, ou
être affafïinés par l'ignorance des mauvais chirurgiens
-s'étabt;ffent dans l'intérieur des provinces, lefquel»
averit à .peine faigner & font ignorans au-delà
dc toute expreffion fur ce qui concerne la médecine
qu'ils ofent cependant exercer avec une impudente
Audace ui augmente tous les jours le nombre de
leurs victimes. Ce qui a toujours fait ardemment dé-
firer que les réceptions de chirurgiens foient faites avet
bien plus de foin, que l'uamen foit exempt de toute
faveur, & bien plus fcrupulcufement fait enfirt que
leurs études foient bien plus fuivies, plus approfondies
iqu'ac*luellemcnt car elles.font des plus mauvalfésj &
je ne crois pas inutile de m'éloigner un peu de mon
fujet pour tracer en peu de mots la maniere dont
ceux qui fé devinent cet état le font ce qul
prouvera la nécefGté d'améliorer à cet égard le régime
i j
ait Ecales de chirurgie Les parens des éleves les
placent d'abord chex les chirurgiens des villes
qui les avoifinent ou qu ils habitent lefquels font
fouvent aulTi peu înftruits que ceux qui reftent dans
les campagnes. Ces jeunes, pens après y avoir
refté quelque tems à fervir plutôt de domeftique»
que d écoliers font enfuite éfivoyés foit à Paris i
foit en d'autres villes ou les écoles de chirurgie ont
le plus de réputation. Ils y arrivent prefque toujours
dénués de toutes reflources obligés d'en chercher ils
s'établiflent j tn arrivant, dans la boutique d'un tenu»
quier ou ils s'occupent à rafer à fe diver r à
perdre Ie peu de mœurs & de principes Wils
peuvent avoir reçus de leurs familles dans leur
rnier age, & à les tromper (ur l'emploi de leur tems.
Leurs étudts eft ce qu'ils négligent de plus ils vont
feulement par forme fe montrer trois fois la femaine
aux écoles afin d'en obtenir une atteftatîon d'exaftitude.
D'ailleurs que peuvent ils apprendre réunis entr'eux
dans tes enceintes? ce que l'on y traite eft ordinaire-
trient ce qui e(t le plus étranger à leur attention leur
efprit en toujours occupé des objets de dilTïpatiôn &
de plairir qui doivent remplir le refte de leur journée.
Ils s'y entretien.ment des mefures qu'ils ont à prendre
pour fatisfaire aux dépenfes dans lefquelles cela les en-
treine mefures & moyens quelquefois foit peu ana-
logues 3 la probité ce qui fait alors qu'au lieu d'une
étude utite à la fociété, ils en font une qui lui eft tout-
Hait ccntraire.
Après y avoir atnfi pa(Té quelques années leur mau*
vaife conduite force fcurs parens à les rappeller ou
bien ils font obligés d'abandonner d'eux-mêmes leurs
prétendues études faute de pouvoir s'y foutenir. Ils
5'en retournent énfin daas leurs provinces avec des pro-
vifions de chirurgiens- fouvent achetées ou prefque
toujours données fans affea d'examen. Ceft un repro-
the qu'il eft douloureux de faire aux profelTeurs de
Chirurgie mais U fa trouve juflifïé par la multitude
»J'«leves v quelques exceptions près que l'on voit fortir
de leurs mains, prefque ou point du tout inftruits
tes jeuies gens, avec lçs provifions ou atteftations

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