Oraison funèbre de très-haute princesse Marie-Amélie de Saxe, reine d'Espagne , prononcée dans l'église de Paris le 9 juillet 1761 par messire Armand de Roquelaure,...

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A. M. Lottin l'aîné (Paris). 1761. 40 p. : ill. ; in-4.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1761
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Oc 760
ORAISON FUNÈBRE
DE TRÈS-HAUTE E
DE TRÈS-HAUTE, TRÈS-PUISSANTE ET TRÈS-EXCELLENTE
PRINCESSE,
MARIE-AMÉLIE DE SAXE,
REINE D'ESPAGNE;
Prononcée dans l'Eglise de Paris, le 9 Juillet 1761,
Par Messire ARMAND DE ROQUE LAURE,
Evéque de Senlis.
A PARIS,
Chez AUGUSTIN - MARTIN LOTTIN, l'aîné, Libraire
& Imprimeur de Monfeigneur le Duc de B E R R Y ,
rue S. Jacques, près S. Yves, au Coq.
MDCCLXI.
AVEC APPROBATION ET PERMISSION.
a
ORAISON FUNÈBRE
DE
MARIE AMÉLIE DE SAXE,
,", REINE D'ESPAGNE.
, Justorum autem semita, quasi lux splendens, procedit & crescit usque
- ad perfectam diem. ,
Les traces lumineufes, dont est marquée la route des Juftes, sem-
blables d'abord à l'Aurore , redoublent fans cesse leur éclat, jufqu'au
grand jour de l'Eternité. (Au Livre des Proverbes y Ch. 4 , y. 18).
M ON SEIGNEUR,
IL ÉTOIT réfervé à la Religion, qui de voit don-
ner à l'Homme la plus grande idée de la Sagesse,
* Monfeigneur
LE DAUPHIN.
A ij
4 ORAISON FUNÈBRE
de l'exprimer en même-temps par les images les
plus fublimes. Que l'on compare le langage de
l'Ecriture à celui de la Raifon humaine, la Philo-
fophie la plus fuperbe fera contrainte d'avouer Ton
infuffifance; & l'Ame fidèle, inftruite que ces traits
nobles & énergiques font empruntés de la Divi-
nité même , y reconnoîtra avec plaifir fon cara-
ctère & fon empreinte. Mais , tandis que la Reli-
gion nous préfente un Tableau fi magnifique de la
Juftice Chrétienne, qu'il eft rare de rencontrer des
hommes qui retracent ce modéle fi augufie dans
leur conduite & dans leurs mœurs i Au milieu des
grandeurs & des profpérités du fiécle, dans le fein
de la pauvreté & de la misère, qu'on oublie aifé-
ment le Seigneur : Les uns l'irritent par leur infen-
fibilité, leur molleffe , leur orgueil ; les autres
l'offenfent par leur lâcheté, leurs murmures : ceux-
ci , entraînés par la fougue des paflions, enchaî-
nés par l'habitude , meurent enfin dans l'impéni-
tence, ou le défefpoir : ceux-là, effrayés à la vue
du glaive de la Juftice dans la main d'un Dieu
vengeur , ofent lui offrir les reftes d'une vieillefTe
languissante, pour expier des jours fans nombre,
confumés dans le Crime.
Pour venger l'honneur de fon culte profané par
tant de coupables , le Ciel donne de temps en
DE LA REINE D'ESPAGNE,
temps à la terre des Ames héroïques, qui , fur-
montant les obftacles dont elles font environnées,
marchent d'un pas ferme & assuré dans les (en-
tiers de la Juftice. Pour faire éclater fa gloire , &
pour fignaler leur courage , Dieu les éprouve par
le feu des tribulations ; il les envoie au milieu de
la fournaife ; que dis-je ? il les fait affeoir fur le
Trône l C'eft-là que l'Univers les contemple don-
nant le grand & rare fpeâacle de l'union de toutes
les vertus naturelles , embellies & épurées par la
Religion.
Jamais votre Providence, ô mon Dieu, n'a pro-
digué davantage ces magnifiques exemples & ces
fublimes leçons. Dans ces jours malheureux , où
les ennemis de votre Nom femblent avoir con-
juré la ruine du Sanctuaire , vous faites briller les
prodiges de la Foi la plus vive fur les têtes les plus
auguftes. Une année s'efi à peine écoulée, depuis
que cette Chaire a retenti des louanges fi jufies,
données à la Piété confiance de deux Époux couron-
nés ; & le faint Miniftère , que j'exerce aujourd'hui,
me fournit encore l'occasion d'offrir à vos yeux
les mêmes merveilles, en faifant l'éloge de TRÈS-
HAUTE, TRÈS-PUISSANTE , & TRÈS-EXCELLENTE
PRINCESSE, MARIE-AMELIE DE SAXE, REINE
D'ESPAGNE.
6 ORAISON FUNÈBRE
Vous verrez, Meilleurs , une Héroïne Chré-
tienne, dont les vertus, croiffant toujours avec les
années, ont marqué, par de nouveaux fuccès, tous
les pas de fa carrière. Dès fa plus tendre jeunesse, elle
a donné les efpérances les plus heureufes ; &, fem-
blable à la brillante Aurore, elle a annoncé les plus
beaux jours : Quafi lux splendens. Aussi-tôt qu'elle
fut parvenue au comble des grandeurs humaines,
l'égalité confiante de fes moeurs , une raifpn plus
mûre, des fentimens plus fermes & plus élevés ,
juftifièrent fes progrès : Procedit & crefcit. Enfin,
avant que d'arriver à ce terme fatal qui a mis le
fceau véritable à fa grandeur, & qui a coûté tant
de larmes à deux Royaumes , elle a montré , au
milieu des plus grandes épreuves, cette abondance
de vertus, cette plénitude de force & de fageffè
qui forme le caractère diftinûif des Héros de la
Religion : en un mot AMÉLIE , dans les différens
états où la main du Seigneur l'a placée, par les
présages les plus heureux, par les progrès les plus
marqués, par les fruits d'une sagesse confommée,
a vérifié ces paroles de mon Texte : Quafi lux
fplendens > procedit & crefcit ufque ad perfeclam
diem. , ; ■■
Puiffe, Messieurs, le récit de quelques avions
d'une vie toute Chrétienne , vous enflammer de la
DE LA REINE D'ESPAGNE. 7
fainte ambition de cueillir vous-mêmes les pal-
mes glorieufes qui la couronnent aujourd'hui !
Puiffiez-vous du moins, en voyant moiflonner à la
fleur de fon âge, une des plus grandes Princefles
de l'Univers, être faifis de cette crainte falutaire qui
opère le falut, & vous convaincre enfin pour tou-
jours, que le Monde , fes grandeurs & fes plaifirs
ne font qu'une ombre vaine, & que Dieu feul eft
grand & immuable!
PREMIERE PARTIE.
L E BONHEUR de l'Homme efi fi intimement
attaché à son respect pour fes Maîtres, qu'il femble
difpofé, par la Nature même, à rendre aux Princes
les hommages que la Religion leur affure. On ne
peut envifager lçs Rois, fans être pénétre d'un fen-
timent d'admiration ; &, fi la douceur & la bonté
tempèrent l'éclat de la majefté qui nous éblouit, la
préfence feule du Monarque infpire à tous les Su-
jets la vénération & l'amour. Mais, en examinant
avec foin combien nous fommes prévenus en fa-
veur des Enfans des Rois , nous découvrirons d'une
manière encore plus fenfible , cette difpofirion fi
fage de la Nature. A peine ces auguftes enfans
8 ORAISON FUNÈBRE
laiflent-ils entrevoir les premiers rayons d'une rai-
fon naissante ; à peine appercevons - nous en eux
quelques foibles étincelles de droiture & d'huma-
nité ; alors nous nous abandonnons , fans réferve
au penchant fecret qui nous entraîne ; l'action
la plus fimple, un gefte, un mot qui leur échappe
au bazard, réveille en nous les plus douces efpé-
rances : nous jouiffons déjà de l'avenir le plus heu-
reux , & nos yeux enchantés métamorphofent
tout en prodiges.
Si je navois à vous offrir, Messieurs, dans les
premières années de la Reine d'Efpagne, que de
ces lueurs imparfaites, de ces marques équivoques
d'un naturel heureux, que le préjugé interprète à
fon gré, que la flatterie répand avec complaifan-
ce, que la crédulité adopte fans examen, & que
l'expérience ne confirme pas toujours, j'irois cher-
cher dans un âge plus avancé, une matière plus
digne de votre attention & de nos éloges : mais
comme, les ténèbres de l'enfance à peine dissipées,
on apperçut dans la jeune Princeffe de Saxe, des
fignes éclatans de fa future grandeur, je ne crain-
drai point d'expofer à vos yeux des conjectures que
le bonheur de deux Peuples a changées en certi-
tude.
Que
DE LA PLEINE D'ESPAGNE. 9
Que l'on remarque dans un enfant un efprit
férieux sans tristesse, vif fans emportement ; une
imagination brillante & féconde ; un défir infatia-
ble de connoître & d'apprendre ; une docilité aveu-
gle pour fes Maîtres ; l'affection la plus refpeCtueufe
& la plus tendre pour les auteurs de fes jours ; des
inclinations douces & bienfaifantes ; enfin quel-
ques mouvemens fubits & imprévus d'une Ame
noble &: élevée ; nous conclurons, fans balancer)
que cet enfant doit faire les délices de fa Maifon,
6c l'honneur de fa Patrie : mais, fi des qualités fi
rares fe trouvent dans un Prince que la grandeur
de fa naiffance femble avoir défigné pour occuper
un Trône, quel préjugé plus certain de la féli-
cité des Peuples qui doivent un jour obéir à fes
LOIX! En traçant le tableau d'un jeune Prince
accompli, je fens que je renouvelle dans tous les
coeurs la plaie vive & profonde que le temps n'a
pu encore fermer. Détournons nos regards
de cette image douloureufe, & n'augmentons point
la fource de nos regrets.
AMÉLIE, qui avoir reçu de la Nature un fang
mêlé de tout temps avec celui des Empereurs &
des Rois, fe promit bien-tôt l'avenir le plus glo-
rieux ; foit qu'elle fondât fes efpérances fur la ten-
dreffe paternelle , dont elle avoic été le premier
B
IO ORAISON FUNÉBRE
objet ; foit par une fuite de ce preflenriment fecret,
qui avertit prefque toujours les grandes Ames des
saveurs diftinguées que le Ciel leur réferve ; elle
comprit quelle devoit fe préparer à remplir un
jour dignement une de ces Places auguftes & bril-
lantcs, toujours enviées parmi les hommes. Si la
nobleffe de Tes fentimens n'avoit pas répondu à la
grandeur de fes idées, quel défordre n'auroit pas
occafionné en elle une prévention fi forte) & que
tant de motifs rendoient fi vraifemblable ?
L'écueil le plus ordinaire de l'éducation des
Grands, c'eft qu'ils font infiruits trop tôt, que la
plupart des avantages qui excitent l'émulation ,
leur appartiendront comme des priviléges de leur
nailTance , & non pas comme des récompenfes
deftinées à leurs travaux. S'il eft rare de les voir
juftifier par eux-mêmes les hommages rendus à
leur rang, n'en cherchons point d'autre caufe : ils
reçoivent en naiffant, tous les dons qui flattent
l'orgueil & contentent l'amour-propre. Où trouver
des motifs aflez puiffans pour les engager à ac-
quérir, par de pénibles efforts, ces connoiffances
profondes , ces talens distingués, ces qualités hé-
roïques qui , foit dans le tumulte des Armes , foit
dans le calme de la Paix, les rendroient fi utiles à
la Patrie ? Je le fçais, Messieurs , & l'expérience
DE LA REINE D'ESPAGNE. n
de tous les temps l'a confirmé; il eft des Grands
qui , libres du préjugé dont les yeux du Vulgaire
font éblouis, voient écrite, dans les titres mêmes
de leur naiifance , une obligation plus étroite d'i-
miter les vertus de leurs Ayeux : convaincus que
la véritable grandeur conCfte à rendre à l'Etat des
services signalés, & à jouir de l'eftime publique,
ils mettent tout en ufage pour la mériter; elle feule
anime leur ambition, comme elle doit feule fixer
leurs défirs : mais cefentiment fi jufte, ce difcerne-
ment fi fage, pourroit-il fe rencontrer dans la jeu-
neiTe, ce temps d'erreurs & d'illufions, tandis que
nous voyons tous les jours des hommes, même dans
un âge avancé, confondre fi aifément la faufIe gloi-
re avec la véritable ? Fiers de quelques vaines déco-
rations qu'ils ne doivent qu'à la brigue ou à l'ar-
tifice , ils jouiroient de la fécurité la plus profon-
de, fi le murmure public ne venoit troubler leur
yvreffe, & leur apprendre enfin que des honneurs
ufurpés nous couvrent d'une honte réelle.
Quelle eflime ne devons-nous donc pas accor-
der à une jeune Princeffe qui, perfuadée que la
main de la Fortune viendroit un jour la couron-
ner , même dans le fein d'une indolente & molle
oifiveté , facrifie fans peine les plus doux amu-
B ij
12 ORAISON FUNÈBRE
femens de l'enfance, au défîr de s'inftruire ; qui ,
trouvant dans les obftacles mêmes, un nouvel ai-
guillon à fon courage, s'éléve au-dessus de la foi-
bleffe de fon fexe & de fon âge , fe fignale pref-
que en naiffant , par les efforts les plus illuftres.
Quoique la folidite de fon efprit la rendît plus pro-
pre aux études férieufes , elle fe prêta fans répu-
gnance, à l'étude des Arts agréables, plus nécef
faires qu'on ne penfe, pour charmer nos loifirs,
pour adoucir nos peines , pour nous délaffer de
nos travaux, & fur-tout, pour nous défendre con-
tre l'ennui : cette maladie cruelle, attachée à la
condition des Grands rendroit dignes de com-
passion ces Mortels qu'on envie , fi l'on voyoit à
découvert les triftes effets du poifon lent qui les
confume & ne leur laiffe que de l'infenfibilité
pour les dons les plus précieux de la Nature & de
la Fortune. Mais en ornant fon efprit par la culture
de ces Sciences aimables, qui prêtent à la Rai-
fon de nouveaux charmes, & facilitent fon triom-
phe , AMÉLIE rejette avec l'averfion la plus mar-
quée , ces productions frivoles) où les Auteurs
n'ont befoin , pour exciter la curiofité & foutenir
l'attention, que de faire parler la volupté ou le men-
fonge. Toute jeune encore, elle ne pouvoit com-
DE LA REINE D'ESPAGNE. 13
prendre comment tant d'efprits fuperficiels & lé-
gers perdent les plus beaux jours de la vie à fe repaî-
tre d'aventures chimériques de Héros imaginaires :
ouvrages plus dangereux peut-être à l'esprit qu'ils
énervent, qu'au cœur même qu'ils réussissent trop
fouvent à corrompre. L'étude des Langues, l'Histoire
ficrée & profane, la Religion fur-tout, connue &
approfondie ; voilà les grands objets qu'elle crut
dignes de fes méditations & de fes recherches.
Par l'étude des Langues, je n'entends point ces
Langues fçavantes qui, nous faifant remonter jus-
qu'au berceau du Monde , marquent tous les pas
de l'efprit humain, qui tantôt nous humilie par
fa foibleffe, & tantôt nous étonne par fa vigueur :
le plaifir de contempler, fous les voiles qui les dé-
guifent , ces grands Hommes dont les fuffra-
ges éclairés de tous les fiécles & de toutes les Na-
tions polies ont confacré la mémoire , auroit pu
tenter AMÉLIE : mais on préféra de l'inftruire dans
les Langues modernes , comme plus proportion-
nées à fon âge , à fon fexe & fur - tout aux gran-
des destinées que le Ciel lui préparoit dans les
confeils de fa sagese. Quelle fatisfaâion pour ses
Maîtres, de la voir, avant l'âge de treize ans, parler
& écrire fa Langue maternelle, avec cette facilité,
14 ORAISON FUNÈBRE
cette élégance, cette précifion, qui font des fignes
affurés du jugement le plus fain ôc du goût le plus
exquis ! Quelle agréable furprife pour les Miniftres
des Cours de France , d'Efpagne & d'Italie , de
pouvoir s'entretenir avec elle , dans la Langue
de leur Pays. Une mémoire riche & fidéle , la
tranfportoit, fans guide ôc fans erreur, dans tou-
tes les parties de ce vafte Univers : là , elle s'ap.
pliquoit à connoître les Loix, les moeurs , les
intérêts des différens Peuples , & le caraaère par-
ticulier qui les diftingue. Mais quelle impression
ne faifoit pas fur elle, tant d'actions héroïques qui
ont illuftré tous les âges ? Faits mémorables, que
l'Histoire arrache à l'oubli, en les confignant dans
fes immortelles Archives, pour fervir un jour aux
Hommes, & fur-tout aux Princes, ou de reproche,
ou de modèle.
Pour bien juger des effets furprenans que ces
exemples produifoient dans une imagination vive,
où tous les grands objets laifloient la trace la plus
profonde, je dois , Meffieurs, vous expofer un fait
fingulier > confervé par une tradition fidèle , & qui
caraâérife trop bien la jeune Princeffe, pour le
retrancher de fon éloge. Cette grande Reine que
l'Espagne conferve encore, faifoit admirer depuis
DE LA REINE D'ESPAGNE. 15
long-temps, ce génie fi fécond en projets, fi ha-
bile à les concerter, fi aétif pour les conduire à un
heureux dénouement, fi confiant & fi ferme,
qu'elle a dû quelquefois à fon courage des fuc-
ces qu'elle n'eût pas toujours obtenu de la Pru-
dence. La Cour de Drefde, à l'exemple des autres
Cours de l'Europe, retentifToit des louanges qu'on
accordoit avec plaifir à des qualités fi éminences :
on racontoit comment cette Princeffe, fécondant
les vûes de fon augufte époux , avoit , dans l'ef-
pace de peu d'années, rendu la confiftence & la
force à un grand Royaume ébranlé par les plus
violentes fecouffes, & ravagé , depuis long-temps,
par toutes les horreurs d'une guerre inteftine : on
difoit qu'elle avoit ramené l'abondance dans ces
Climats défolés, fait refleurir les Arts, & ranimé
ces germes précieux d'honneur & de bravoure dans
une Nation guerrière, mais que des malheurs con-
tinuels fembloient avoir abbattue : on ajoutoit en-
fin que , par cette conduite admirable, elle étoit
adorée de fes Sujets ; & que les Nations , jaloufes
de fa gloire , redoutoient fa politique & refpec-
toient fa puissance. Enchantée de ce récit
noble & flatteur , la jeune AMÉLIE, qui comptoir
alors fa dixtéme année) ne peut plus contenir
le mouvement fecret qui l'entraîne, elle s'écrie

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