Pages mêlées, poésies prises au hasard de divers numéros du "Feuilleton de Paris", par F. Fertiault

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impr. de E. et V. Penaud frères (Paris). 1851. In-8° , 8 p..
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Publié le : mercredi 1 janvier 1851
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RAGES MÊLÉES
Poésies prises au hasard" dans divers nuntéros'clu
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PAR
/j DORS EN PAIX!
< / v C: La politique est un gouffre; elle engloutit ceux
" y " C / qui l'abordent. (***)
'~/ ••• Ilcarcereduro,... la morte...
'.■\~~/ , {Maroncelli, Canfalonieri, Andryane,
'•<■ '\^/_ _;• " Silvio Peltico, etc., etc.)
^jLeîenf des passions a dévoré ton âme,
~~€ômme l'ardent simoun à la lèvre de flamme
Dévore nos déserts ;
Et ton corps, la sentant défaillir sous son aile,
Mourut, comme un flambeau d'où fuit l'huile infidèle..
Dors en paix, jeune ami, dors sous tes gazons verts !
Que jusqu'à ton cercueil descende la rosée;
Que du sol et des fleurs quelque haleine arrosée Sf-
T'arrive sous les plis du linceul étouffant, / '
.Comme on voit d'une mère inquiète et chagrine
Le souffle bienfaisant tomber de sa poitrine (
Sur le sommeil de son enfant ! \ k
La terre te doit bien ces dernières caresses, %s>-
A toi qu'elle a porté sans te donner d'ivresses
Que deux baisers d'amour :
L'un d'une mère, hélas! que tu n'as pas connue;
Et l'autre... de l'épouse à ton appel venue,
Et que lu connus un seul jour !
Aussi qu'as-tu voulu, dans ces temps noirs d'orage,
Aux coups de la tourmente opposer ton courage ?
Assez d'autres sans,toiveillaientdel'oeil au camp.
Que,faitgun,cri de plus $ans cent voix qui s'élèvent?
Le bras contre l'esquif que mille vents soulèvent ?
La goutte d'eau sur le volcan ?
C'était te soutenir par un fil sur l'abîme ;
C'était jouer ta vie,,et te voila victime !...
Qui t'enverra les pleurs de quelques repentirs?
Tu marchais dans la lice où nul sort ne s'achève;
Mer qui jette toujours inconnus sur sa grève
Les cadavres de ses martyrs.
Malheureux ceux que Dieu fait dépasser la foule-
Pour ouvrir les chemins d'un siècle, qui s'écoule
En ravageant son lit comme un ardent ruisseau !
Chacun y souffre et meurt sans bâter les phalanges
Du peuple, vieil enfant qui végète en ses langes
Et traîne après lui son berceau.
Mieux t'eût valu le cours d'une vie ignorée,
Les douceurs du foyery uneenfance égarée
Dans ces beaux rêves d'or qui bercent nos vingt ans;
Les courses,dans les bois, les.soirs au clair de lune,
Les contemplations sur la rive, à la brune...
Un automne sans douté eût suivi ton printemps !
Mais un destin fatal avait marqué ta tête ;
Tu devais sous ses coups la dresser comme un faîte...
Il t'a battu, miné, roc aux flancs entr'ouverts :
La chaîne des longs jours ne te fut point donnée;
A ses premiers anneaux tes maux l'ont terminée...
Dors en paix, jeune ami, dors sous tes gazons verts !
— 2 —
CMNQ s onrwJE TS. *
A Julie.
Quand avec moi lu viens, ange et compagne aimée,
Matinale et hâtive et secouant ton sommeil,
Dans la prairie humide et de perles semée,
De la jeune nature épier le réveil ;
Quand tout frissonne et s'ouvre à l'haleine embaumée
Que l'herbe et la poitrine ont un bonjour pareil...
Oh ! je voudrais chanter dans une hymne enflammée
Tout ce que fait éclore un rayon de soleil :
Chanter l'ébat joyeux de l'oiseau sur la branche,
La marche de l'insecte, ou la voix du ruisseau,
La sève qui parcourt le chêne et l'arbrisseau,
La senteur du lilas et l'aubépine blanche,
L'air pur, les fleurs, l'amour... l'amour, celte autre fleur
Que le ciel sème en nous pour parfumer le coeur !
©lUJiii&iL&roii.
Aux lutins des prairies.
Les prés en sont semés ;
Vos corbeilles sont grandes...
Courez, joyeuses bandes ;
Cueillez, les yeux fermés.
Vingt faisceaux parfumés?...
Bien !—Cherchez vos offrandes,
Et tressez des guirlandes
Pour tous les fronts aimés :
Une au front blanc du père ;
Une autre pour la mère;
Et d'autres pour l'enfant,
Pour le frère, et l'amie,
Pour la vierge endormie
Qu'un chaste amour défend !
TO0WE-
A"*
Quand du monde arrive
Ce regard quêteur
Dont l'éclat s'avive
Par un feu moqueur,
Frêle sensitive
Qui des yeux a peur,
La douleur craintive
Fuit au fond du coeur.
Les larmes rentrées
Ne sont plus montrées :
Frais, calme, saveur;
On rit; touts'étoile;...
Le rire est un voile
Sur un front rêveur.
Aï. (La mère parle.)
Dors, mon beau petit ange;
Dors, mon ange adoré ;
Dors; c'est un charme étrange
Pour mon coeur enivré.
Sur ton berceau j'arrange
Le rideau désiré;...
Si ton front se dérange,
Dors, je le soutiendrai.
Comme un ruisseau sans ride
Ton sommeil est limpide;...
Oh ! la fraîche candeur !
En toi le ciel respire...
Dieu prendrait ton sourire
Pour en faire une fleur !
AI. l'abbé H
La nature est un temple où tout prie et rend grâce,
Où tout chante à toute heure un solennel concert;
C'est un autel immense où chaque être a sa place
Pour jeter sa prière au Dieu puissant qu'il sert.
De tous les points du sol on entend dans l'espace
Monter, comme un encens pieusement offert,
Un vaste et doux murmure, hymne fervent qui passe,
Sortant de chaque sein incessamment ouvert :
C'est la voix du brin d'herbe et des mousses cachées,
C'est la voix du haut chêne et du cèdre géant,
C'est la voix des monts verts et du sombre océan,
La voix des fraîches fleurs sur le ruisseau penchées...
— Et l'homme?— Ambitieux, il s'égare aujourd'hui :
Les fleurs, l'herbe, les monts sont plus pieux que lui!
.* Nouvel extrait du recueil qui aura pour titre: le Nid du poSte.

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