Papiers et correspondance de la famille impériale. Numéro 4

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Saillant (Paris). 1870. France -- 1852-1870 (Second Empire). 1 vol. (136 p.) ; gr. in-8.
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Publié le : samedi 1 janvier 1870
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5 CENTIMES LE NUMER0
N° 4
LE NUMÉRO, CENTIMES, 5
PA P IE R S
ET
CORRESPONDANCE
DE LA FAMILLE IMPÉRIALE
PUBLIÉS
D'APRES L'EDITION DE L'IMPRIMERIE NATIONALE
AVEC NOTES EXPLICATIVES
Sonne avec cette lucidité si remarquable qui
la caractérise sont toujours pour moi du plus
grand prix ; ils émanent du plus grand souve-
rain le notre siècle, qui est certes le meilleur
juge dans des questions aussi difficiles que celles
qui nous préoccupent au Mexique. Du moment
que Votre Majesté a confiance en M. Langlais,
ce digne homme d'Etat peut être sur de la
mienne; son concours est pour moi plus que
nécessaire, puisque la plus grande difficulté
d'une position est le manque complet d'instru-
me nts utiles.
M. Langlais, comme ministre des finances, aura
l'occasion de faire connaître à Votre Majesté la
situation actuelle; elle est difficile, mais pas dé-
sespérée. Ce n'est que la guerre qui dévore les res-
sources ; les autres branches de l'administration
coûtent moins que dans tout autre pays. Dans les
dépenses de la guerre, ce sont ces malheureuses
troupes auxiliaires, que le maréchal croit abso-
lument nécessaires, qui coûtent des sommes
exorbitantes et qui servent, d'après mou juge-
ment, au fond à très-peu de chose. Dans les au-
tres parties de l'administration, il règne presque
de la parcimonie. Le changement qui s'est effec-
tué dans mon ministère vous montrera qu'on
cherche l'harmonie la plus complète et des hom-
mes probes et utiles.
M. Dano aura écrit à son ministre que l'affaire
des réclamations est définitivement arrangée
sur des bases que la reconnaissance du Mexique
envers la France nous a dictées.
M. Dano et le maréchal auront également in-
formé le Gouvernement de Votre Majesté de la
grande circonspection qu'on met ici dans toutes
les questions délicates relatives à nos voisins.
Les nouvelles que nous avons de Washington
sont du reste rassurantes, et l'amitié sincère de
Votre Majesté me donne cette ferme confiance
dans l'avenir qui, seule, rend possible une tâche
si difficile.
Dans les derniers jours, tous nos travaux d'or-
ganisation politique, administrative et judiciaire,
basés sur le statut du 10 avril, ont été terminés
et paraîtront ces jours-ci en plusieurs volumes.
J'espère pouvoir envoyer ce travail à Votre
Majesté avec le prochain courrier français. J'ai
renoncé à mon voyage à Yucatan, où l'Impéra-
trice, ira seule, pour pouvoir me mettre assidû-
ment au travail avec M. Langlais, qui a déjà
gagné toutes mes sympathies. Le maréchal vous
aura envoyé la loi draconienne que j'ai dû don-
ner contre les guerilleres ; le résultat de cette
loi sera favorable.
On aurait déjà pu en finir depuis longtemps
avec ce fléau du pays, si les troupes n'avaient
manqué.
Je prie Votre Majesté de me rappeler au bon
souvenir de l'Impératrice et de croire aux senti-
ments de haute estime et de sincère amitié avec
laquelle je suis,
De Votre Majesté, le bon frère,
MAXIMILIEN.
Chapultepee, le 20 octobre 1865.
Dernière heure.
P. S. J'apprends à l'instant que M. Langlais
ne croit pas pouvoir accepter le portefeuille des
finances avant d'en avoir référé directement à
Votre Majesté. Les motifs qu'il m'allègue pour
décliner pour le moment la direction officielle
que je lui avais donnée me semblent d'une na-
ture si délicate, que je crois devoir prier Votre
Majesté de bien vouloir être l'arbitre dans l'en-
quête scrupuleuse des dépenses faites depuis que
je me trouve à la tête du gouvernement. Les
rapports que M. Langlais adressera successive-
ment à Votre Majesté démontreront la justesse
de ma demande.
Cette loi draconienne que vous avez:
édictée contre les guerilleros, qui défendaient
leur pays avec le courage que nous mettons à
défendre le nôtre, les Prussiens nous l'appli-
quent. Ils refusent de reconnaître nos francs-ti-
reurs comme belligérants. Tous les rois sont les
mêmes; qu'ils le pensent ou non, ils disent :
L'Etat, c'est moi. —
XXVIII. — CONSEIL DE RÉGENCE CONSTITUÉ EN
PRÉVISION DE LA MORT DE L'EMPEREUR.
Quoique le titre de notre publication ne parle
que des papiers saisis aux Tuileries, nous ne
croyons pas devoir nous abstenir de donner
place exceptionnellement à des documents pro-
venant d'une autre source, lorsqu'ils sont inté-
ressants.
26
La pièce suivante a été saisie chez M. Rouher,
président du Sénat. L'enveloppe qui la conte-
nait portait, en écriture pénible et peu lisible,
cette suscription de la main de l'ex-empereur :
Lettres patentes nommant le Conseil de régence.
Ce document, enfermé dans un second pli plus
grand et cacheté soigneusement, avait été remis
aux mains du président du Sénat, le 7 octobre
1869, époque où Napoléon fut très-éprouvé par
la maladie.
La France était, disait-on à cette épo-
que, dans la crainte de cette catastrophe. Pour-
quoi Dieu nous en a-t-il préservés? —
Lettres patentes.
Voulant user du droit qui nous est conféré
par le sénatus-consulte du 17 juillet 1856 con-
cernant la régence de l'Empire, nous nommons
par ces présentes les membres du Conseil de ré-
gence.
1° Pour le cas où l'Impératrice serait appelée
à exercer la régence ;
2° pour le cas où, à défaut de l'Impératrice,
la régence serait dévolue au Prince Napoléon
(Jérôme).
Dans le premier cas, c'est-à-dire celui où l'Im-
pératrice serait régente, le Conseil de régence
sera composé de huit membres, et nous nom-
mons pour en faire partie :
4° S. A. I. le Prince Napoléon; 2° M. Rouher,
président du Sénat ; 3° le Premier Président de
la Cour de cassation qui sera en fonctions au
moment do la régence ; 4° le Ministre de la
guerre en fonctions à cette époque; 5° l'amiral
Rigault de Genouilly; 6° le duc de Persigny;
1° l'Archevêque de Paris ; 8° le marquis de La-
valette.
Dans le second cas, celui où le Prince Napo-
léon (Jérôme) serait régent, le Conseil de ré-
gence sera composé de dix membres, et nous
nommons pour en faire partie :
4° M. Rouher, Président du Sénat; 2° le pre-
mier président de la Cour de cassation en exer-
cice; 3° M. le duc de Persigny; 4° l'Archevêque
de Paris; 5° le marquis de Lavalette; 6° le Mi-
nistre de la guerre en fonctions à cette époque:
7° l'amiral Rigault de Genouilly; 8° M. Jérôme
David (1); 9° M. Laity; 10° le Commandant do
l'armée de Paris en exercice.
Les membres du Conseil privé qui existe au-
jourd'hui et dont les noms sont omis dans le
présent acte ne font pas partie du Conseil de
régence.
A défaut de la régence de l'Impératrice, la
garde du Prince Impérial, ou, pour mieux dire,
de l'Empereur mineur (2), est confiée à M. le gé-
néral Frossard.
Fait au Palais de Saint-Cloud, le 7 octobre
1869. NAPOLÉON.
XXIX. — LE SÉNAT ET M. EMILE OLLIVIER.
On a trouvé au Ministère de la Justice les
minutes de dix-huit décrets nommant autant de
sénateurs. Tous ces décrets sont datés de Saint-
Cloud, 27 juillet, et signés de l'ex-empereur et de
M. Emile Ollivier. Cette dernière signature man-
que toutefois au décret relatif à M. Pietri; mais
c'est là un simple oubli, puisque le nom et les
considérants sont, dans ce décret comme dans
les autres, de la main de M. Ollivier.
Voici, comme modèle, le texte intégral de
l'un de ces décrets :
Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté
nationale, Empereur des Français,
A tous présent et à venir salut.
Sur le rapport de notre Garde des sceaux, Mi-
nistre de la Justice et des Cultes;
Vu l'article 24 de la Constitution ;
Considérant les services que M. Emile de Girar-
din a rendus comme plubiscite (1) (sic),
Avons décrété et décrétons ce qui suit :
ARTICLE PREMIER.
M. Emile de Girardin est élevé à la dignité
de sénateur.
ART. SECOND.
Notre Garde des sceaux, Ministre de la Jus-
tice et des Cultes, est chargé de l'exécution du
présent décret.
Fait au Palais de Saint-Cloud, le 27 juillet
1870. NAPOLÉON.
Par l'Empereur :
Le Garde des sceaux, Ministre de la Justice et
des Cultes. EMILE OLLIVIER.
Les dix-sept autres décrets sont identiques en
la forme avec le précédent. L'indication des ser-
vices est partout de la main de M. Ollivier.
Voici les noms des dix-huit sénateurs du 27
juillet, avec le motif de leur nomination.
4 Albuféra (Le duc d'), député, services ren-
dus comme député.
2 Augier (Emile), services rendus par ses pro-
ductions littéraires.
3 Autemarre (Le général d'), services rendus
dans sa carrière militaire.
4 Barbet, services rendus comme ancien dé-
puté.
5 Benoît-Champy, services rendus comme
député et comme président du tribunal de 1re
instance.
6 Camp (Maxime du), services rendus par ses
travaux littéraires et ses études économiques.
7 Darblay, services rendus comme député.
8 Foy (Le comte), services rendus comme
ancien pair de France.
9 Girardin (Emile de), services rendus comme
plubiscite (lire publiciste).
10 La Grandière (L'amiral), services rendus
en acquérant une nouvelle colonie à la France.
11 Lagrange, député, services rendus comme
député.
42 La Motterouge (Le général), services ren-
dus dans sa carrière militaire.
(1) Bien qu'il sût te prix que lui coûtait le dévoue-
ment de ce courtisan, Louis-Napoléon y tenait. Quelle
naïveté, lui qui se targuait de connaître les hommes,
doit reconnaître aujourd'hui qu'il n'en a pas eu pour
son argent.
(2) Les mots en italique sont ajoutés entre les deux
lignes. Comme le reste du manuscrit, ils sont de la
main de Napoléon.
(1) Les mots en italique sont de la main de M. Emile-
Ollivier; la signature Napoléon est de la main de l'ex-
empereur. Tout le reste de la pièce est autographié.

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