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Paris-Brest

De
177 pages
Il est évident que la fortune pour le moins tardive de ma grand-mère a joué un rôle important dans cette histoire. Sans tout cet argent, mes parents ne seraient jamais revenus s'installer dans le Finistère. Et moi-même sans doute, je n'aurais jamais quitté Brest pour habiter Paris. Mais le vrai problème est encore ailleurs, quand il a fallu revenir des années plus tard et faire le trajet dans l'autre sens, de Paris vers Brest.
« Tanguy Viel est un romancier rare par sa double maîtrise du style et de l’intrigue. On se laisse envoûter par ses phrases verglacées, son suspense joué puis déjoué, ses silhouettes dépareillées. On fait mille détours inutiles puis on est soudain de retour sur les lieux du crime, où tournent dans le ciel des vautours. » (Marie-Laure Delorme, Le Journal du dimanche)
« C’est à Brest que l’écrivain a planté son théâtre, pas au grand air vivifiant de l’océan mais dans celui vicié de maisons aux murs de granit épais. Autant dire au bout du monde, dans ce Finistère où ses personnages sont travaillés à la fois par l’appel du large et par le carcan séculaire des usages provinciaux. Et c’est l’argent qui sera le nerf de la guerre. » (Sabine Audrerie, La Croix)
« En revisitant avec une grande rigueur le roman noir, ce jeune romancier construit une œuvre mélancolique, non sans humour. Son écriture va en se dépouillant, toujours aussi efficace, précise, visuelle, d’une remarquable économie. » (Isabelle Rüf, Le Temps)
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LEBLACKNOTE,roman, 1998 CINÉMA,roman, 1999 L’ABSOLUEPERFECTION DU CRIME,roman, 2001, o (“double”, n 36) o INSOUPÇONNABLE,roman, 2006, (“double”, n 59) PARIS-BREST,roman, 2009 LADISPARITION DEJIMSULLIVAN,roman, 2013
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TANGUY VIEL
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LES ÉDITIONS DE MINUIT
Extrait de la publication
r2009/2013 by L É M ES DITIONS DE INUIT www.leseditionsdeminuit.fr
Extrait de la publication
I
AVEC VUE SUR LA RADE
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1
Il paraît, après la guerre, tandis que Brest était en ruines, qu’un architecte audacieux proposa, tant qu’à reconstruire, que tous les habitants puissent voir la mer : on aurait construit la ville en hémicycle, augmenté la hauteur des immeubles, avancé la ville au rebord de ses plages. En quelque sorte on aurait tout réinventé. On aurait tout réinventé, oui, s’il n’y avait pas eu quelques riches grin-cheux voulant récupérer leur bien, ou non pas leur bien puisque la ville était de cendres, mais l’emplacement de leur bien. Alors à Brest, comme à Lorient, comme à Saint-Nazaire, on n’a rien réinventé du tout, seulement empilé des pierres sur des ruines enfouies. Quand on arrive à Brest, ce qu’on voit c’est la ville un peu blanche en arrière-fond du port, un peu lumineuse aussi, mais plate, cubique et aplatie,
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tranchée comme une pyramide aztèque par un coup de faux horizontal. Voilà la ville qu’on dit avec quelques autres la plus affreuse de France, à cause de cette reconstruction mal-habile qui fait des courants d’air dans les rues, à cause d’une vocation balnéaire ratée (com-plètement ratée même, puisque la seule plage de la ville au fond de la rade se trouve là abandonnée, en contrebas de la quatre-voies tumultueuse qui désengorge la ville), à cause de la pluie souvent, de la pluie persistante que ne savent compenser les grandes lumières du ciel, de sorte que Brest ressemble au cerveau d’un marin, détaché du monde comme une presqu’île. Oui comme une presqu’île, me disait le fils Kermeur, et si tu restes ici tu finiras pareil, tu finiras comme ta grand-mère. Assis en face d’elle dans le bus qui nous ramenait en ville, je me souviens, comme je pouvais lire sur sa peau la fatigue qui sillonnait son visage, elle, les yeux fixes sur dehors et la mer sous nos pieds tandis que le bus s’embar-quait sur la rade, sur le pont au-dessus de la rade, elle comme à chaque fois au retour des promenades, elle posait son index sur la vitre et me disait, regarde. Alors je fixais au loin les fenêtres de chez elle, là-haut sur le boulevard qui dominait le port, les cinq grandes fenêtres de son nouvel appartement, son nouvel appar-tement avec vue sur la rade, ne manquait-elle
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