Paris, je t'aime

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Chaque histoire, chaque personnage, chaque destin évoqué par Myriam Thibault est guidé par un rêve : habiter Paris, promesse d’une vie romanesque où les couples se font et se défont, où les fantômes rejoignent les vivants, où la musique, le cinéma, la littérature, obsessions de l’auteur depuis l’enfance, sont au centre de tout. Un vent de fraîcheur souffle sur les rues d’un Paris onirique, théâtre intime des espérances et désillusions. Porté par une écriture d’une maturité étonnante, un univers d’écrivain véritable se déploie avec la grâce et la force que donne un talent déjà éclatant.
Myriam Thibault a 16 ans. Elle est en terminale à Tours. Elle joue du piano et de la flûte traversière (dans un big band) ; elle tient également un blog littéraire, Angel-A. Paris, je t’aime est son premier livre.
Publié le : mercredi 24 juin 2015
Lecture(s) : 2
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782756107981
Nombre de pages : 129
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couverture

Myriam Thibault

Paris, je t’aime

 

Chaque histoire, chaque personnage, chaque destin évoqué par Myriam Thibault est guidé par un rêve : habiter Paris, promesse d’une vie romanesque où les couples se font et se défont, où les fantômes rejoignent les vivants, où la musique, le cinéma, la littérature, obsessions de l’auteur depuis l’enfance, sont au centre de tout. Un vent de fraîcheur souffle sur les rues d’un Paris onirique, théâtre intime des espérances et désillusions. Porté par une écriture d’une maturité étonnante, un univers d’écrivain véritable se déploie avec la grâce et la force que donne un talent déjà éclatant.

 

Myriam Thibault a 16 ans. Elle est en terminale à Tours. Elle joue du piano et de la flûte traversière (dans un big band) ; elle tient également un blog littéraire, Angel-A. Paris, je t’aime est son premier livre.

 

Photos : Myriam Thibault par Thierry Rateau 2010 (DR).

 

EAN numérique : 978-2-7561-0798-1

 

EAN livre papier : 9782756102573

 

www.leoscheer.com

 
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© Éditions Léo Scheer, 2010

www.leoscheer.com

 

MYRIAM THIBAULT

 

 

PARIS, JE T’AIME

 

 

Éditions Léo Scheer

 

À mes parents

 

À B.B., qui ne cesse de me soutenir

depuis les premiers mots de cette histoire parisienne

 

À C. S., pour qu’elle puisse s’évader

quand elle en aura besoin

 

Paris est tout petit

c’est là sa vraie grandeur

Tout le monde s’y rencontre

les montagnes aussi

Même un beau jour l’une d’elles

accoucha d’une souris

 

Alors en son honneur

les jardiniers tracèrent

le Parc Montsouris

 

C’est là sa vraie grandeur

Paris est tout petit

 

Jacques Prévert

 

Les livres sont un moyen de parler à ceux

auxquels on est incapable de parler.

 

Frédéric Beigbeder

PARIS JE TAIME

Je regarde Angel-A de monsieur Luc Besson, Paris du grand Cédric Klapisch, ou encore Paris je t’aime. Quelques secondes me suffisent pour voyager dans la capitale.

 

J’écoute Peter Doherty, Little Joy, Wax Tailor, Anja Garbarek, Helmut Fritz, Lily Allen, Nouvelle Vague. Quelques notes et mon corps se retrouve sur les Champs-Élysées, mon ombre portée à Montmartre.

 

Je vois des Repetto, des Richelieu Paul Smith, des lunettes Tom Ford, un sac Louis Vuitton ou Lancel… Mes yeux voient défiler la rue de la Paix, le boulevard Raspail, la rue Saint-Honoré, les Champs-Élysées, la rue de Rivoli, l’avenue Montaigne, la place de l’Opéra…

 

Je lis Thomas Lélu, Boris Bergmann, Frédéric Beigbeder, Zola, Lautréamont, Prévert. Quelques lignes et je me sens parisienne.

 

J’écoute Fabrice Luchini, j’observe Karl Lagerfeld, je mange des macarons Ladurée. Je ne me sens plus parisienne. Je suis parisienne.

UNE JOURNÉE BOULEVARD SAINT-GERMAIN

Tous les matins, je me lève entre 9 et 11 heures. Tout dépend des aléas de la nuit précédente. Vous pourriez en conclure que je n’ai pas d’horaires de travail, et vous auriez raison. J’ai un métier qui me permet de me coucher et de me lever à l’heure que je veux. Mais est-ce seulement un métier ? Je le considère plutôt comme un plaisir, ou comme une occupation qui me permet de gagner ma vie. Et de bien la gagner.

 

Je suis écrivain

 

Après un réveil des plus calmes, je me dirige vers la salle de bain. Je prends une douche, me brosse les dents, me peigne (ou pas, en fonction de mon humeur) et m’habille – la plupart du temps d’une chemise et d’un jean, auquel j’ajoute une ceinture qui, je le reconnais, ne m’est d’aucune utilité, mais qui fait classe. Je prends ma sacoche Longchamp et mon MacBook orné de la pomme croquée par Alan Turing. Je range un minimum mon appartement de Saint-Germain-des-Prés, j’attrape ma veste et sors. Oui, j’habite Saint-Germain. Je vous rappelle que je suis écrivain.

 

J’ai les moyens

 

Deux rues plus loin, je suis sur le boulevard. Je prends mon petit déjeuner au Flore, le café des écrivains, enfin, de ceux qui ont les moyens. Avant de m’installer, j’achète Le Monde et Le Figaro. Je suis enfin équipé pour la journée, ou au moins pour la matinée.

J’entre, tout le monde me connaît. Tous les serveurs me disent bonjour, les plus intimes me serrent la main, les très intimes me font la bise. J’ai ma place, au fond du café, près de la vitre. Je n’ai pas besoin de commander. Dès que je suis installé, Benjamin la semaine, ou Jérôme le week-end, m’apporte deux croissants et un café.

Ce matin, Le Figaro parle de l’affaire Clearstream. Ça change… Le Monde également. Ça m’agace. J’en ai assez lu pour aujourd’hui. Je les range, je les classerai avec les autres dans mon placard. On peut trouver étonnant de garder des journaux. Mais je suis quelqu’un d’étonnant, autant l’être jusqu’au bout.

Mon MacBook est allumé depuis déjà un quart d’heure à la même page d’un texte sur lequel je bug.

J’ouvre une parenthèse.

Selon la définition du Robert, le bug est un petit insecte nuisible.

Je ferme la parenthèse.

Je rectifie donc ma phrase.

Un petit insecte nuit au bon fonctionnement de mon cerveau. Impossible de placer un mot. Pas d’inspiration ce matin. J’observe les passants. Aucun ne m’envoie de flash. Personne ne veut m’aider. Je ferme les yeux. Ça ne marche pas non plus. Dans ces cas-là, j’ouvre ma messagerie et je réponds à mes mails.

Ce n’est pas parce que l’on est un écrivain connu et reconnu que les romans tombent du ciel.

 

Ce n’est pas rien d’être écrivain

 

On croit que les écrivains ont de l’imagination à revendre. Qu’ils peuvent écrire une histoire à tout moment. Qu’écrire trois cents pages, c’est de la rigolade.

Mais il n’y a pas que l’imagination qui entre en compte. Il y a tout le travail d’écriture derrière. Des heures à lire et relire des phrases que l’on n’arrive pas à formuler, à réfléchir à des idées que l’on veut absolument placer, sans savoir où les mettre. Ne parlons pas de ceux qui écrivent des romans historiques, et qui ont besoin de faire des recherches pendant des mois, de consulter des centaines de livres, de rencontrer des dizaines de personnes susceptibles de les aider. Un vrai travail, je vous dis. Un vrai travail, mais une passion. On ne choisit pas forcément d’être caissier chez Auchan. On choisit d’être écrivain.

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