Pâris, le choix des autres

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Pâris, le choix des autresest l’histoire de Pâris, héros célèbre de la guerre de Troie, ainsi que de son entourage. Hécube, sa mère, rêve que cet enfant sera la chute de Troie. Abandonné par le roi Priam dans la montagne, le bébé est recueilli par le berger Agélaos. Mais son destin prend un virage exceptionnel lorsqu’il est choisi par les Dieux pour décider quelle déesse sera la plus belle et méritera la Pomme de la Discorde.

C’est ainsi que Pâris découvrira la vérité sur son origine royale, qu’il obtiendra l’amour de la belle Hélène, mais déclenchera par la même occasion la célèbre guerre de Troie...

Ce drame classique quoique moderne pose une question bien difficile : les choix des hommes sont-ils dictés par les dieux ou le destin ? Ou bien est-ce que les hommes sont libres, et rejettent donc leurs erreurs sur les autres, et les dieux en particulier ? Qui est vraiment responsable de nos choix, et par-delà, des conséquences sur l’Histoire ?


Publié le : samedi 1 novembre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782371690059
Nombre de pages : 138
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Direction éditoriale : Sandrine Larbre
Illustration de couverture : Mathieu Arnaud
ISBN : 978-2-37169-003-5
Dépôt légal internet : août 2014
IL ETAIT UN EBOOK SAS Lieu-dit le Martinon 24610 Minzac
« Toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur, ou de ses ayants droit, ou ayants cause, est illicite » (article L. 122-4 du Code de la propriété intellectuelle). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par l’article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle. Aux termes de l’article L. 122-5, le Code de la propriété intellectuelle n’autorise, d'une part, que les copies ou les reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d'autre part, les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration.
Merci à Stéphanie Cardoso.
Merci à Samantha Wrona.
Merci à Véronique Vella (de la Comédie Française).
Il y aura toujours un fautif autre que nous-mêmes.
Nous ne sommes pas maîtres de nos paroles,
nous ne contrôlons pas nos gestes, c’est bien ça ?
Le jour où nous accepterons la responsabilité de nos erreurs
nous deviendrons plus grands que les Dieux.
Cassandre (V, 1)
ACTE PREMIER
INTERMÈDE I
ACTE DEUXIÈME
INTERMÈDE II
ACTE TROISIÈME
INTERMÈDE III
ACTE QUATRIÈME
INTERMÈDE IV
ACTE CINQUIÈME
La NAISSANCE
La POMME
Le JUGEMENT
Le TAUREAU
Les RETROUVAILLES
Les VENTS
L’ENLÈVEMENT
Les ENFERS
La MORT
PRIAM, roi de Troie.
PERSONNAGES
HÉCUBE, femme de Priam, reine de Troie.
ÉTHION, roi de Thèbe de Mysie, allié de Priam, père d’Andromaque.
ANCHISE, cousin et conseiller de Priam.
HÉSIONE, sœur de Priam, mariée à un Grec.
ÉSAQUE, fils de Priam et d’Arisbé, interprète les rêves.
HECTOR,DÉIPHOBE,HÉLÉNOS,PÂRIS, fils de Priam et d’Hécube, princes troyens.
CASSANDRE, fille de Priam.
ÉNÉE, fils d’Anchise, membre de la famille royale de Troie.
HÉLÈNE, femme de Ménélas, reine de Sparte, puis, aimée de Pâris.
ANDROMAQUE, fille d’Éthion, femme d’Hector.
ŒNONE, première femme de Pâris, nymphe guérisseuse.
HÉRA,reine des Dieux, gardienne du mariage, protectrice des femmes.
POSÉIDON, maître des Mers.
HADÈS, maître des Enfers.
APOLLON, Dieu-prophète, gardien de la lumière du Soleil.
HERMÈS, Dieu-messager, dieu-voleur, guide des âmes jusqu’aux Enfers.
ATHÉNA, Déesse de la Sagesse et de la Guerre juste, protectrice des héros.
APHRODITE, Déesse de l’Amour.
ARÈS, Dieu de la Guerre sanguinaire.
BACCHUS, Dieu du Vin.
ÉOLE, maître des Vents.
PAN, Dieu-musicien, protecteur des bergers.
NYX,la Nuit.
LYSSA(la Colère),NÉMÉSIS(la Vengeance),ÉRIS(la Discorde), déesses, filles de Nyx.
HESPÉRIA, une des Hespérides, gardienne des pommes d’or, fille de Nyx.
ATROPOS, une des Moires, celle qui coupe le fil de la vie d’un Homme.
CHARON, passeur des Enfers.
Les ÉRINYES, Déesses-vengeresses.
L’ÂME d’ACHILLE, héros grec.
GARDES ; HESPÉRIDES ; NYMPHES ; SATYRES ; MOIRES ; VENTS.
ACTE PREMIER – La NAISSANCE
Dans la salle du trône du palais de Priam, à Troie.
SCÈNE PREMIÈRE
Priam, faisant les cent pas, d’un bonheur impatient ;ANCHISE,amusé de le voir ainsi; HERMÈS,habillé en soldat; APOLLON,de même.
PRIAM. – Enfin, ma belle Ilion m’est rendue. Enfin je ne suis plus le roi d’un tas de pierres, de ruines, d’un noir passé. Aujourd’hui ma couronne brille et je pense y voir un futur grandiose pour mon peuple, pour ma famille, mes fils.(Un temps.) Ne nous prêtons pas au jeu des prophéties : d’autres font mieux l’oracle que moi. Ce que je sais en revanche, c’est qu’aujourd’hui est un grand jour pour notre belle cité : la dernière pierre a été déposée sur la dernière tour du dernier rempart.
ANCHISE. – Notre famille va retrouver son prestige.
PRIAM. – Pas seulement Anchise. Troie aussi. Troie redevient grande. Nous avons su nous faire pardonner les blasphèmes de nos parents.
ANCHISE. – Encore quelques heures, et l’attente sera récompensée.
PRIAM. – Oui. Nous n’avons plus qu’à attendre.
ANCHISE. – Quand doivent-ils arriver ?
PRIAM. – Ils devraient déjà être là. Je ne comprends pas.
ANCHISE. – Voyons, Priam ! Si leur mission est un succès, on peut aisément comprendre qu’ils se fussent arrêtés en route pour chanter, danser, boire du bon vin et goûter la chair des jeunes filles de nos régions. Souviens-toi.
PRIAM. – Mais ma sœur est avec eux ! Ils n’oseraient tout de même pas se comporter de la sorte en présence d’une princesse ? La sœur du roi, ma sœur, n’a pas à subir l’humeur de quelques ivrognes.
ANCHISE. – Si elle a retrouvé sa liberté comme tu le dis, je pense qu’elle célèbre aussi ce moment.
PRIAM. – Tu crois ? Tu dois avoir raison, mais je suis si pressé. J’imagine déjà la scène. Le premier qui franchira cette porte m’annoncera le retour imminent de ma sœur, Hésione. Il me dira que les Grecs consentent enfin à lui rendre sa liberté, conscients qu’elle n’y est pour rien dans les vieilles querelles. Crois-tu qu’elle est encore en eau grecque ?
ANCHISE. – Je l’ignore.(Il s’adresse à Hermès, pensant que c’est un garde.)Avons-nous reçu d’autres nouvelles de l’expédition d’Éthion ?
HERMÈS – Non. Nous savons qu’ils ont bien amarré à l’île de Salamine, en Grèce. Vous le saviez déjà. Pour l’instant je n’ai rien d’autre à vous apprendre.
ANCHISE. – Merci.(À Priam.)Ils ont déjà dû rencontrer le roi Télamon.
PRIAM. – Mais bien sûr qu’ils l’ont rencontré. Attends un peu, et tu verras arriver Éthion. Tends bien l’oreille et tu entendras dans la cité les vieillards et les enfants crier : « La sœur du roi Priam est de retour ! Le bateau d’Éthion vient d’accoster. » Ah ! Ces dernières heures me semblent une éternité. Je n’en peux plus.
ANCHISE. – Patience. Va retrouver ta femme et tes enfants. Tu ne verras pas le temps passer.
PRIAM. – Non, impossible… le travail a commencé pour Hécube.
ANCHISE. – Déjà ?
PRIAM. – Oui.(Avec un sourire.)Tu comprends mieux mon état : j’attends aussi cette nouvelle d’une seconde à l’autre. À chaque enfant que me donne Hécube je suis le plus heureux des hommes. Mais la naissance de ce nouveau prince pour Troie sera le signe de paix, de joie et de richesse que je souhaite depuis longtemps pour notre cité. Ah ! On a beau ne pas vouloir se réjouir trop vite, quand le bonheur est à portée de main, on est bien obligé de lui tendre les bras et de sourire en pensant à ce qu’on va vivre de bon.
ANCHISE. – Et le bonheur, pour toi, est chose nouvelle.
PRIAM. – Oui. Et à partir d’aujourd’hui, il ne nous quittera plus.
SCÈNE II
Les MÊMES ; ÉTHION.
ÉTHIONentre, agité et essoufflé. – Seigneur. (Hermès et Apollon, toujours en gardes, sont en alerte.)
PRIAM,à Hermès et Apollon. – Pas de panique, ce n’est qu’Ethion. Enfin. Mon ami, si tu savais depuis quand j’erre dans ce palais en attendant ta venue, et te voilà !
ANCHISE. – Nous n’avons pas entendu les vieillards ni les enfants crier…
PRIAM,à Éthion. – Ne fais pas attention à Anchise. Alors, vieux soulard ! Où avez-vous passé la nuit ? J’espère que vous n’avez pas trop brutalisé les filles de nos campagnes… Quoique, ce ne serait pas du luxe, un peu de sang noble pour la future génération de paysans ! Et ma sœur ? Comment est-elle ? Est-ce une belle femme ? Est-elle heureuse de revoir son beau pays ?
ÉTHION. – Ainsi, la Renommée n’a pas, de sa voix blanche, fait parvenir mes infortunes jusqu’à la grande Troie…
PRIAM. – Tes infortunes ? Quelques jeunes pucelles qui se refusent à toi, tu appelles cela de l’infortune ? Tu n’es pas mort tout de même !
ÉTHION. – Hélas, mon vieil ami, la mort eût été un sort moins cruel que… Tu m’estimais autrefois mais je ne suis que le serviteur qui s’apprête à te décevoir.
PRIAMcommence à peine à comprendre. – De quoi me parles-tu ? Comment me décevoir ?
Où est Hésione ? Où est ma sœur ?
ÉTHION. – Ton ambassade a été reçue par un peuple traître.
PRIAM,comme un tonnerre. – Parle !
ÉTHION. – Trois jours et deux nuits de festins et de délices en tous genres, des femmes, des fruits, de la viande, du vin. Nous avons été faibles et incapables de résister à ces tentations. Quand le roi Télamon a enfin accepté d’écouter ce que j’avais à lui dire, nous étions si hagards que nous n’avons pas pu nous défendre.
ANCHISE. – Vous défendre de quoi ?
PRIAM. – De qui ?
ÉTHION. – Des Grecs. J’ai vu tous mes compagnons se faire égorger les uns après les autres. Je ne pouvais plus bouger, j’étais paralysé par la peur sans réellement comprendre ce qui se passait.
ANCHISE. – Ils n’ont pas osé ?
PRIAM. – Pourquoi ? Pourquoi de tels actes ?
ÉTHION. – C’est la réponse sanglante que Télamon a choisie pour seul dialogue avec toi. J’étais ton ambassadeur, un messager de paix ; je suis là, le sien, les mains couvertes de sang. Et l’absence d’Hésione qui pèse maintenant sur mes épaules.
PRIAM. – Et Troie tout entière qui se préparait à fêter ton retour.
ÉTHION. – Je sais que je ne suis pas digne de partager ta peine, je sais que mon rôle n’est pas de recueillir tes plaintes. Mais sois bien assuré que ces Grecs paieront de leurs vies cet affront, même si je dois y laisser la mienne.(Silence.)
PRIAM,après un temps, calme. – Éthion, je sais ce que je te dois. Cet échec n’est pas le tien, il ne te sera pas reproché. Comment pourrais-je en vouloir à celui qui a assisté à ce cruel spectacle de ses propres yeux, alors que je ne fais que l’imaginer ? Je sais qui sont mes ennemis. Les Grecs me rendront Hésione, crois-moi. Tu retourneras là-bas quand tu t’en sentiras la force ; tu iras seul et, quand tu auras le roi Télamon face à toi, tu lui diras que ces négociations qui viennent du terrible Priam sont les dernières et que si elles n’étaient pas satisfaites les Troyens embarqueraient sur leurs noirs bateaux pour traverser les mers. Le délire de ses troupes sera alors monstrueux à entendre, les voiles rouges dépliées au vent si ignobles à regarder que même les peuples de Poséidon se cacheront derrière leurs algues infâmes.
ANCHISE. – Priam ?
PRIAM. – Dis-lui bien que nous accosterons d’un pas lourd et résolu sur ses plages impies, que ses cités seront réduites en cendres jusqu’à ce qu’il nous supplie de cesser de faire couler le sang. Qu’il nous rende notre princesse. A défaut de quoi, on parlera encore, durant les millénaires à venir, de la rage des soldats de Priam.
ÉTHION,admiratif.– Te servir prend tout son sens aujourd’hui Priam.
PRIAM. – C’est par le rouge qu’ils vous ont trompés, c’est par le rouge qu’ils paieront leur félonie. Va, Éthion, et reviens embrasser ton roi quand tu seras prêt à partir.
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