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Paulin Paris et la littérature française au Moyen Âge

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MESSIEURS,

En remontant, il y a quelques mois, dans la chaire d’où un coup bien cruel m’avait écarté, je pris devant mes auditeurs l’engagement d’accomplir aujourd’hui un devoir que l’émotion trop vive ne me permettait pas alors de remplir, et de consacrer ma première leçon de cette année à retracer sommairement les services rendus par mon père à l’étude de la langue et de la littérature françaises au moyen âge. Quand le lien qui m’attache à celui que nous regrettons ne serait pas aussi étroit, je ne devrais pas moins cet hommage au professeur auquel je succède, et qui donna le premier au Collège de France l’enseignement dont je suis maintenant chargé.

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Gaston Paris
Paulin Paris et la littérature française au Moyen Âge
PAULIN PARIS ET LA LITTÉRATURE FRANÇAISE AU MOYEN AGE
LEÇON D’OUVERTURE DU COURS DE LANGUE ET LITTÉRATURE FRANÇAISES DU MOYEN AGE AU COLLÈGE DE FRANCE, LE JEUDI 8 DÉCEMBRE 1881
MESSIEURS,
* * *
En remontant, il y a quelques mois, dans la chaire d’où un coup bien cruel m’avait écarté, je pris devant mes auditeurs l’engagement d’accomplir aujourd’hui un devoir que l’émotion trop vive ne me permettait pas alors de r emplir, et de consacrer ma première leçon de cette année à retracer sommairement les se rvices rendus par mon père à l’étude de la langue et de la littérature française s au moyen âge. Quand le lien qui m’attache à celui que nous regrettons ne serait pas aussi étroit, je ne devrais pas moins cet hommage au professeur auquel je succède, et qui donna le premier au Collège de France l’enseignement dont je suis maintenant charg é. Son nom restera pour toujours associé à cet enseignement, dont il avait, pendant de longues années, cherché à démontrer la nécessité, qu’il a si dignement inaugu ré, qu’il a poursuivi pendant près de vingt ans, et qui ne risque plus de disparaître. Il nous semble, en effet, aujourd’hui, qu’il y aura it une étrange et choquante lacune dans les programmes de ce grand établissement d’instruction supérieure si la langue et la littérature françaises du moyen âge n’y étaient pas représentées. Il semble même, et à juste titre, qu’il ne doit pas être réservé au Collège de France ; nos Facultés des lettres lui ouvrent leurs portes, et nous le verrons installé dans la plupart d’entre elles dès qu’il se trouvera un nombre suffisant de professeurs auxq uels il puisse être confié. Ceux même qui, faute d’avoir une idée juste et de la science et de l’art littéraire, craignant bien à tort que l’une ne nuise à l’autre, voient avec re gret l’envahissement, par ce qu’ils appellent l’érudition, de chaires qui devraient être à leurs yeux les sanctuaires du goût, ne voudraient pas enlever celle-ci à l’étude de nos antiquités, et reconnaissent que, la e langue et la littérature françaises ne datant pas du XVII siècle, il est bon de s’enquérir de ce qu’elles ont été pendant la longue période qui les sépare de leurs origines latines. Il n’en était pas ainsi il y a quarante ans : une résistance tacite, mais obstinée, fermait les portes du, haut enseignement à ce qu’on regardait c omme une sorte de forme pédante du romantisme, et pour triompher de ces préjugés d’autant plus tenaces qu’il était plus embarrassant de les justifier, il fallut, outre cet te lente victoire que le temps gagne chaque jour au profit des idées justes, un concours heureux de circonstances favorables : les plus importantes furent d’abord la grande autorité de Raynouard, secrétaire perpétuel de l’Académie française, qui, ayant remis en honneur les troubadours, s’intéressait nécessairement aux études parallèles sur leurs contemporains du Nord ; puis ce qu’on a appelé la « conversion » de Victor Le Clerc, doyen de la Faculté des lettres, lequel se trouvant attaché à la commission qui, dans l’Académie des Inscriptions, continue l’Histoire littéraire de la Francepar les Bénédictins, commencée étudia le moyen âge par devoir, fut tout étonné d’y prendre plaisir et invita ses collègues universitaires à le suivre sur ce terrain qu’il déc ouvrait et où ils ne l’accompagnèrent d
ailleurs que rarement et de loin ; enfin et surtout la présence au ministère de l’instruction publique d’un littérateur ami de la science, qui av ait lui-même effleuré l’étude de l’art et de la poésie au moyen âge et qui en avait aperçu l’intérêt, C’est à l’initiative de M. Fortoul que fut due la création de cette chaire, dont la première leçon fut prononcée, dans cette er salle et à cette place où je parle, le 1 mars 1853. C’est une date à retenir. La chaire créée, il fallait s’enquérir du titulaire . On peut dire que l’opinion publique désignait celui qui fut choisi. Ce que Paulin Paris avait fait pour la littérature du moyen âge au moment où il fut nommé professeur au Collège de France était considérable et éclatant. D’autres avaient publié plus de textes ; d’autres avaient peut-être serré de plus près certaines questions philologiques, encore, à vrai dire, obscures pour tout le monde en France ; d autres enfin avaient exposé leurs idé es sous une forme plus ample, plus cratoire et plus accessible au grand public ; aucun ne connaissait réellement aussi bien la littérature du moyen âge dans toutes ses variété s, aucun ne l’avait prouvé par des publications aussi diverses, aussi nombreuses et aussi importantes, aucun n’y avait fait autant de découvertes et ouvert autant de voies.
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