Petit catéchisme d'hygiène à l'usage des maisons d'éducation, par M. le docteur Guirette,... Nouvelle édition...

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C. Fouraut (Paris). 1866. In-18, 108 p..
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Publié le : lundi 1 janvier 1866
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PETIT CATÉCHISME
D'HYGIÈNE
A L'USAGE
- DES PENSIONS, DES ÉCOLES DES DEUX SEXES
PES SALLES D'ASILE, ETC.
PAR
Le Docteur GEIRETTE
Médecin de la Faculté de Paris, ancien membre du Conseil d'hygiène
dans le département des Basses-Pyrénées, chevalier de la Légion
d'honneur.
PARIS
LIBRAIRIE CLASSIQUE DE CH. FOURAUT
r« RUE SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS, 47
PETIT
CATÉCHISME D'HYGIÈNE
Paris. — Typ. PII-I.ET fil, ainé, 6, rue des Grands Anguîiins.
PETIT
CATECHISME D'HYGIÈNE
A L'USAGE
DES MAISONS D'ÉDUCATION
PAR
M. le Docteur GUIRETTE
Médecin de la Faculté de Pari,
inciea membre du' Conseil d'hygiène dans le département
des Basses-Pyrénées,
chevalier de l'ordre impérial de la Légion d'honneur.
Nouvelle édition, corrigée et augmentée.
■ »
PARIS
LIBRAIRIE CLASSIQUE
De CH. FOURAUT
RUE SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS, 47
INTRODUCTION
EN publiant ce petit livre, je n'ai nullement
la prétention de donner un traité complet
d'hygiène; j'ai seulement voulu former un
recueil des connaissances qu'il est indispen-
sable de posséder, et les mettre à la portée
de tout le monde.
Pour remplir ce but, j'ai pensé qu'il se-
rait avantageux d'adopter la forme de Caté-
chisme; cette méthode paraîtra sans doute
sèche et laconique; mais l'attrait qui lui
— 6 —
manquera sera compensé, je l'espère, par la
clarté et la précision auxquelles l'emploi de
demandes et de réponses permet d'atteindre
plus facilement.
Suivant l'ordre qui m'a paru le plus natu-
rel, je diviserai mon travail en cinq parties :
La première comprendra la connaissance
de l'organisation.
La deuxième aura pour objet la bromato-
logie, c'est-à-dire la connaissance des ali-
ments et des boissons, et leur action sur l'é-
conomie animale.
Dans la troisième, je m'occuperai de l'air
et des agents que la nature a répandus dans
ce fluide.
Dans la quatrième, je traiterai des fonc-
tions du cerveau, de leurs effets sur la santé
et des moyens qui agissent sur cet organe.
Dans la cinquième, je ferai connaître les
divers exercices qui pourront être à la portée
- 7 -
des élèves, et leur influence sur les organes
et les fonctions.
Puisse mon travail inspirer le désir de
s'instruire et faire comprendre les avantages
qui résultent des connaissances importantes!
Ainsi j'aurai rempli la tâche que je me suis
imposée, et satisfait mon vœu le plus ardent,
celui d'être utile à la société.
1.
PETIT
CATÉCHISME D'HYGIÈNE
PREMIÈRE PARTIE
De l'Organisme.
Qu'est-ce que l'hygiène?
C'est l'art de conserver la santé.
Quel est l'objet de l'hygiène ?
C'est de nous apprendre à discerner les
choses utiles de celles qui nous sont nuisi-
bles, et à faire tourner les premières au
profit de notre organisme.
— 10 —
Qu'est-ce que l'organisme ?
L'organisme est la connexion des divers
appareils qui composent le corps de l'homme.
Qu entend-on par le mot appareil ?
On entend parce mot l'assemblage de plu-
sieurs organes concourant tous à l'exercice
d'une même fonction.
Qu'est-ce qu'un organe ?
On appelle ainsi chacune des parties con-
stituantes du corps de l'homme.
Ces diverses parties sont-elles semblables
entre elles ?
Non, ces parties ne sont point semblables;
chacune a sa forme, sa structure, sa compo-
sition spéciale, son action, et concourt à sa
manière à la vie de l'homme.
Ces organes et ces appareils sont-ils uni-
formes chez tous les individus ?
Non, il existe entre ces organes et ces ap-
— ii-
pareils une prédominance qui varie pour
chaque individu.
En quoi consiste cette prédominance ?
Elle consiste dans la plus ou moins grande
force d'un de ces appareils à l'égard des
autres; c'est cette prédominance qui im-
prime à la constitution un type particulier.
Qu'entend-on par constitution
On entend par constitution, la manière
d'être, l'état d'organisation propre à chaque
individu.
Y a-t-il plusieurs espèces de constitutions f
Oui, sans doute, puisque les constitutions
dépendent du développement plus ou moins
grand d'un de nos appareils.
Quels sont les attributs des constitutions où
prédomine l'appareil digestif? n,
Les individus doués de cette constitution
— 12 —
ont une digestion facile et prompte, le teint
coloré, une contractilité très-forte, et géné-
ralement l'intelligence rapide.
Quels sont les attributs des constitutions où
prédominent les appareils circulatoires et respi-
ratoires ?
Une poitrine large, bien développée ; des
poumons remplissant parfaitement les cavités
de la poitrine ; une physionomie animée ;
une grande chaleur animale, et ordinaire-
ment une conception prompte, une imagi-
nation facile et brillante, tels sont les attri-
buts de cette constitution.
Quels sont les attributs des constitutions dit
domine le système nerveux ?
Les individus doués de cette constitution
ont généralement un corps grêle; les mus-
cles, peu développés, sont incapables d'une
— J3 —
fatigue prolongée ; mais ils peuvent acquérir
momentanément, par la surexcitation, une
puissance d'action et d'activité extraordi-
naires; il faut joindre à ces caractères une
grande sensibilité, et le plus souvent une
grande pénétration d'esprit.
Quels sont les attributs des constitutions où
domine le système locomoteur ?
«
Un développement extrême des membres,
une force extraordinaire, une digestion très-
facile, mais souvent une perception difficile
et peu étendue.
Ces constitutions diverses n'éprouvent-elles
pas des modifications ?
Sans doute, elles en éprouvent selon l'âge,
les habitudes des individus et leur tempéra-
ment particulier, autrement dit leur idiosyn-
crasie.
— 14 —
Quelles sont les modifications que l'âge ap-
porte dans la çonstitution de l'homme ?
Le corps de l'homme, d'une consistance
molle d'abord chez l'enfant, prend de
l'accroissement, et présente des formeftplus
accentuées chez l'adulte ; plus tard viennent
les rides, signes manifestes des outrages du
temas.
Ces changements s'étendent-ils aussi sur les
.$eij ?
Oui, sans doute; la vue, le goût, l'odorat,
faciles dans l'âge viril, perdent de leur per-
fectibilité dans la vieillesse.
li'apflgr-çil loçQmçteur ne se trative-t-il pas
aussi sous cettç influence ?
On ne peut le nier ; car à mesure que
l'homme avance en âge, les contractions
— i5-
musculaires s'affaiblissent, et le corps perd
cette attitude droite qui décore la jeunesse.
Ces divers changements s'appliquent-ils aussi
aux appareils de la vie organique ?
Tout ce qui a été dit s'applique parfaite-
ment à toutes nos fonctions en général.
Qu'entend-on par habitudes ?
On appelle ainsi la répétition volontaire
des mêmes actes, d'où résulte une manière
d'être particulière.
L'habitude exerce-t-elle son influence sur
toutes les fonctions ?
Sans contredit; car l'appétit vient à des
heures réglées, et l'on mange plus ou moins
selon l'habitude que l'on a contractée : on
s'endort et l'on s'éveille aux heures accoutu-
mées.
— 16 —
Les sens sont-ils au-dessus de cette in-
fluence ?
Loin de là : l'ouïe, la vue, le tact subissent
cette influence, comme on peut le démontrer
par ces prisonniers-qui finissent par distin-
guer tous les objets dans un cachot obscur,
et par ces aveugles qui suppléent à la vision
par l'habitude qu'ils acquièrent.
Les habitudes n'ont-elles pas une influence
assez grande sur la production des maladies ?
L'abus de certaines habitudes peut pro-
duire bon nombre de maladies; c'est ainsi
que l'estomac peut acquérir plusieurs af-
fections par l'usage immodéré du man-
ger.
Il est donc urgent de se défaire de ses habi -
tudes ?
Certainement, puisqu'elles ne peuvent
manquer de troubler d'une manière plus ou
- fi-
moins fâcheuse la régularité de nos fonctions,
et par conséquent de nuire à la santé géné-
rale.
Qu appelle-t-on hérédité f
On appelle ainsi une disposition en vertu
de laquelle les parents transmettent aux
enfants certaines maladies, comme ils leur
transmettent la ressemblance.
Indiquez quelques - unes des maladies qui
peuvent être transmises par voie héréditaire ?
Il y en a un grand nombre ; mais nous
nous contenterons de citer les plus commu-
nes, parmi lesquelles se trouvent : les scrofu-
les, le rachitisme, les dartres, la surdité, la
goutte, le rhumatisme, etc.
Quelle est l'époque à laquelle agit la prédispo-
sition héréditaire?
^B^,-es^*M)le et dépend de circonstances
Il ItotWnbréué^
1 -. 1 «ï -,
— 18 —
Comment les dispositions héréditaires influent-
elles sur la. constitution ?
En procurant aux organes une aptitude
toute spéciale à contracter les maladies que
nous venons de signaler.
Peut-on modifier les mauvais effets de l'héré-
dité ?
On le peut par l'emploi d'un régime appro-
prié, et par des soins hygiéniques.
Faites connaître ces moyens?
Ils consistent dans l'usage d'une alimenta-
tion convenable, dans le choix d'un climat
ou d'une localité appropriée, et dans l'éduca-
tion physique et morale des enfants.
Donnez un exemple pour bien comprendre ?
Si un enfant présente le caractère scrofu-
leux, par exemple, l'éducation physique, en
augmentant, par des exercices judicieux, sa
— 19 —
force musculaire, aidera (si l'on y joint une
alimentation tonique et le séjour dans un pays
sec et chaud) à combattre efficacement les
mauvais effets de sa constitution.
Qu'entend-on par idiosyncrasie ?
Idiosyncrasie veut dire tempérament spé-
cial ; c'est une disposition, une manière d'être
particulière à chaque individu et d'où résul-
tent des répugnances ou des inclinations spé-
ciales.
Comment ces répugnances, ces idiosyncrasies
peuvent - elles agir sur la constitution de
l'homme ?
En .exaltant la sensibilité, et en troublant
les fonctions des organes. Ainsi, par exem-
ple, certains individus éprouvent une telle
répugnance pour le vinaigre, que l'odeur
seule détermine chez eux des vomissements,
et d'autres accidents nerveux.
— 20 —
L'idiosyncrasie est-elle bien importante ?
Elle doit toujours être prise en considéra-
tion, pour la bonne direction de la santé.
Pourquoi ?
Parce que si on l'oubliait ou si l'on voulait
lutter contre elle, on s'exposerait à produire
des maladies fâcheuses.
Il est donc nécessaire de faire disparaître les
idiosyncrasies ?
Sans doute ; mais on n'y parvient qu'en
faisant contracter progressivement et lente-
ment des habitudes nouvelles.
SECONDE PARTIE
Des moyens que nous possédons pour
modifier l'organisation.
Comment appelle-t-on les corps propres à
remplir nos besoins dans Vélat de santé ?
On les appelle moyens, agents, puissances.
D'où viennent ces agents ?
Ils viennent du dehors et agissent sur nous,
soit en s'introduisant dans notre économie,
soit par les impressions qu'ils exercent sur
notre corps.
N'y a-t-il pas un autre ordre de puissances
hygiéniques ?
Il en existe qui dépendent de l'action même
— 22 —
des organes; elles résultent des sécrétions
et des évacuations, de l'exercice des sens, du
cerveau, etc., etc. Nous commencerons par
exposer celles du premier ordre en suivant la
méthode physiologique.
CHAPITRE PREMIER.
De la Bromatologia.
Qu'entend-on par bromatologie ?
C'est la partie de l'hygiène qui traite de
tout ce qui concerne les aliments.
Qu'est-ce que l'aliment?
L'aliment est une substance produite par
la nature, propre à réparer les pertes que
nous faisons par l'exercice de nos fonotions,
et qui sert à notre accroissement.
— 23 —
Comment doit-on étudier les aliments ?
On doit les examiner : dans leurs prin-
cipes constituants; dans leur influence sur
l'économie animale ; dans les moyens d'aug-
menter ou de diminuer cette influence pour
la faire servir à notre profit.
CHAPITRE SECOND.
Des aliments en général et de leurs
principes reconnus par la chimie.
Les matières alimentairw ont-elles toutes les
mêmes principes ?
Non, elles diffèrent selon qu'elles sortent
du règne végétal, ou du règne animal.
Leur action sur l'homme doit donc aussi
différer ?
Sans doute, le régime végétal diminue
— 24 —
l'activité de la circulation et la chaleur ani-
male, affaiblit le système nerveux, et en-
traîne après lui une constitution molle et
lâche ; tandis que le régime animal vivifie
nos fonctions, accélère la circulation, active
la nutrition, et procure une constitution
forte et robuste.
CHAPITRE TROISIÈME.
Examen des principes immédiats des
végétaux.
A combien de classes peut-on rattacher les
principes végétaux ?
A trois classes principales; la première,
comprenant les végétaux dans lesquels l'hy-
drogène et l'oxygène sont dans des rapports
plus grands que dans l'eau ; la seconde, ceux
— 25 - 1
2
dans lesquels ces principes sont dans les
mêmes rapports que dans l'eau ; la troi-
sième, ceux dans lesquels la quantité d'oxy-
gène est plus grande que dans l'eau.
Qu'est-ce que l'hydrogène?
L'hydrogène, substance simple qui consti-
tue l'un des éléments de l'eau, est le plus
léger de tous les gaz connus; c'est celui
dont on se sert pour remplir les aérostats.
Quel est son caractère distinctif ?
C'est d'être inflammable, ce qui lui fai-
sait donner autrefois le nom d'air inflam-
mable.
Qu'est-ce que l'oxygène'l
C'est un gaz incolore, inodore, plus lourd
que l'air, et formant le 1/5 du volume de
l'air atmosphérique, les 8/9 du poids de
l'eau j il constitue la base des matières végé-
tales et des matières animales : c'est le sou-
tien de la combustion et de la respiration.
— 26
Qu'est-ce qu'un acide ?
C'est, au point de vue qui nous occupe, le
le principe le plus abondant et le plus sen-
sible au goût.
Quels sont les fruits et les légumes dans les-
quels ce principe domine ?
Ce sont les oranges, les groseilles, les
cerises, les merises, les pommes, les poires et
l'oseille.
Ces fruits sont-ils nutritifs au même degré ?
Non, ils sont plus ou moins nutritifs, selon
que les principes muqueux et sucrés sont
plus ou moins abondants.
Quels sont les principes des végétaux dans les-
quels l'hydrogène et l'oxygène sont dans les
mêmes rapports ?
Ils sont au nombre de neuf; mais nous ne
nous occuperons que de ceux qui sont essen-
— 27 —
tiellement nécessaires, tels que le sucre, la
fécule, la gomme.
Qu'est-ce que le sucre ?
Le sucre est une substance solide ou
liquide, douée d'une saveur douce, soluble
dans l'eau, et qui, seule, a peu d'action sur
l'économie; mais, mêlée à d'autres sub-
stances, elle facilite la digestion.
Quelles sont les substances qui le fournis-
sent ?
C'est principalement la canne ; mais on en
retire aussi de la betterave, de la châtaigne
et du raisin.
Quels sont les fruits les plus sucrés?
Ce sont les figues, les dattes, les raisins,
les prunes, les abricots, auxquels il faut
ajouter les suivants qui contiennent plus ou
moins d'acide : les pêches, les fraises, les
framboises, les mûres, les jujubes, le melon,
les nèfles, les coings.
— 28 —
Qu'est-ce que la fécule?
C'est une substance que l'analyse chi-
mique a découverte dans une quantité consi-
dérable de graines, et qui se présente sous
la forme d'une poudre blanche, insipide et
inodore.
Quelles sont les matières végétales qui contien-
nent le plus de fécule ?
Ce sont les grains de froment, d'orge, de
seigle, de maïs, la pomme de terre, les ha-
ricots, les fèves, les pois, etc., etc.
Quelle alimentation produit-elle ?
Elle produit une alimentation moyenne.
Qu'est-ce que la gomme ?
C'est un produit incristallisable et inca-
pable d'éprouver la fermentation ; il abonde
dans les matières végétales, et produit une
alimentation relâchante.
— 29 -
Y a-t-il plusieurs espèces de gommes ?
Il y en a plusieurs : la gomme arabique,
la gomme adragante et la gomme du pays.
Quels sont les végétaux où cette substance
domine ?
Ce sont la carotte, la betterave, le panais,
le salsifis, le navet, les asperges, l'épinard,
la mâche, l'artichaud, les pois verts, le con-
combre et le potiron.
Quels sont les principes immédiats des subs-
tances dans lesquelles l'hydrogène est à l'excès
par rapport à l'oxygène?
Ce sont le beurre ; l'huile. qu'on retire de
divers fruits, tels que l'olive, l'amande, la
noix, la faîne ; et différentes graisses que
nous employons, comme celles du porc,
de l'oie.
N'y a-t-il pas d'autres principes à connaître?
H en est qu'on appelle principes végétaux-
— 30 —
animaux et qui sont : l'asparagine, principe
constituant des asperges; le gluten, qui pro-
vient du froment, du seigle, de l'orge, et
qui donne au pain sa bonté, en même temps
qu'il fournit une alimentation nutritive.
CHAPITRE QUATRIÈME.
Examen des principes tirés des corps
organiques niIpux.
PRINCIPES IMMÉDIATS NI GRAS NI ACIDES.
Quels sont ces principes et quelle alimenta-
tion donnent-ils ?
On trouve entre autres, la fibrine, le ca-
séum, rosmazone, substances qui procurent
une alimentation tonique et réparatrice.
Où trouve-t-on la fibrine ?
On la trouve en grande abondance dans
— 31 —
lchairs musculaires ; mais elle n'y est pas
toujours dans les mêmes proportions : c'est
fc qui fait que les chairs blanches sont moins
nutritives que les chairs noires.
Où trouve-t-on l'albumine ?
Dans le sérum du sang et dans le blanc
d'œuf; elle est très-nutritive, mais moins
que la fibrine.
Qu'est-ce que la gélatine?
C'est un principe qui s'obtient en traitant
par l'eau bouillante les chairs, les téguments,
les tendons des animaux. Elle est transpa-
rente, plus nourrissante que la gt mme.
Qu'est-ce que le caséum ?
C'est une substance qui se trouve dans le
tait, et que l'on obtient en abandonnant ce
liquide à lui-même; c'est la partie dominante
du fromage, qui lui emprunte ses qualités
iéparatrices.
— 32 —
Qu'est-ce que l'osmazone ?
L'osmazone est un extrait brun, rou-
geâtre, aromatique, sapide, que l'on trouve
dans les chairs musculaires du bœuf, du
mouton, du chevreuil, du lièvre, de la per-
drix, de la caille, de la bécasse, et dans les
champignons. C'est une matière éminem-
ment réparatrice.
CHAPITRE CINQUIÈME.
Des aliments considérés dans les animaux.
Quelle est la première condition d'un bon'
aliment ?
C'est sa digestibilité.
Les aliments tirés des animaux sont-ils tous
digestibles au même degré ?
Non; car une foule de circonstances
influent sur leurs qualités, telles que le sexe,
— 33 —
l'âge, l'état d'embonpoint de ces animaux;
les climats où ils vivent ; la qualité de nour-
riture qu'on leur donne.
Quels sont les animaux qui servent à notre
alimentation ?
Ce sont le bœuf, d'une alimentation répa-
ratrice et facile; le veau, le mouton, d'un
usage très-fréquent, d'une chair douce et
très-nourrissante ; l'agneau, d'une grande
délicatesse et d'une alimentation réparatrice
et non excitante ; la chèvre, peu employée ;
le porc, d'une digestion difficile et qui fournit
une graisse dont on fait un grand usage ; le
sanglier, plus digestible que le précédent
à cause de l'arôme dont il est pénétré;
il en est de même du lièvre et du chevreuil,
qui forment des aliments exquis, etc.
Quels sont les oiseaux qui nous fournissent
les matériaux réparateurs?
Ce sont, parmi les animaux domestiques :
— 34 —
le coq, chair blanche, d'une digestion facile ;
la poule, le poulet, le dindon, d'une délica-
tesse extrême; le faisan, le canard, l'oie,
les pigeons, d'une chair noire, d'une ali-
mentation tonique.
Parmi ceux qui vivent indépendants, on
trouve l'alouette, la caille, l'ortolan, la ge-
linotte, aliments savoureux et réparateurs. La
perdrix, la grive, le merle, le coq de bruyère,
le pluvier doré, la bécasse, sont très-estimés
el d'une alimentation tonique et réparatrice.
Quels sont parmi les poissons ceux qui servent
à notre alimentation?
Ce sont l'esturgeon, l'alose, le barbeau, la
brème, la vaudoise, tous d'une facile digestion ;
la perche, le brochet, l'anguille, l'éperlan,
la truite, la carpe, la lotte, le merlan, l'an-
chois, le hareng, la sardine, le thon, la raie, le
maquereau,, le turbot, la limande, auxquels
il faut ajouter les écrevisses et les limaçons.
— 33 —
CHAPITRE SIXIÈjIE.
Des Assaisonnements.
Qu'appelle-t-on assaisonnements?
On appelle ainsi diverses substances peu
nourrissantes destinées à relever la saveur des
aliments.
Quels sont leurs effets?
Us activent l'appétit, mais procurent des
digestions pénibles, irritent la membrane de
l'estomac et enflamment cet organe.
D'où proviennent ces substances ?
Des trois règnes de la nature : du règne
végétal, du règne minéral et du règne ani-
mal.
Nommez quelques-unes de ces substances ?
Il y a la canelle, les câpres, les anchois,
le girofle, la muscade, les cornichons, la
— 36 —
moutarde, le piment, le poivre, le sel marin,
le vinaigre, etc., etc.
CHAPITRE SEPTIÈME.
Aliments considérés sous le rapport de leur
préparation et de leur conservation.
Quels sont les effets des diverses préparations
que l'on fait subir aux aliments?
Ces préparations agissent sur les aliments
en modifiant, soit leur composition, soit leur
action sur les organes.
Donnez un exemple de ce changement?
Il y a des fruits qui perdent leur acidité
par la cuisson, et qui deviennent par là d'une
plus facile digestion ; de ce nombre sont les
diverses marmelades et les gelées.
— 37 —
3
N'y a-t-il pas d'autres substances dans cette
catégorie?
Il en est de même de la fécule qui produit
une alimentation facile et très-réparatrice
quand on la fait bouillir dans l'eau, dans le lait
ou dans le bouillon. On doit ajouter encore le
sagou, le tapioka.
Est-ce la seule préparation qu'on puisse faire
subir à la fécule?
Non ; combinée avec le gluten, elle forme
l'aliment universel qui est le pain.
Y a-t-il plusieurs espèces de pain et peut-il
subir des altérations?
Il y en a de plusieurs espèces qu'il est
inutile d'énumérer. Il suffit de savoir que celui
qu'on fait avec de la farine de froment est
préférable à tout autre, et qu'il est suscep-
tible d'être altéré de plusieurs manières.
— 38 —
CHAPITRE HUITIÈME.
Effets produits sur l'économie animale
par les aliments.
Quel est l'effet premier de l'alimentation?
C'est d'apaiser la faim sans rien ajouter à
notre propre substance.
Comment s opère l'alimentation ?
Par la mastication, ensuite par la combi-
naison de certains sucs que ces aliments at-
tirent dans l'estomac, d'où il résulte une
espèce de bouillie, appelée chyme.
Que devient ce chyme?
Il est bientôt transformé en un fluide connu
sous le nom de chyle, fluide qui, à son tour,
est changé en sang par l'action des organes.
— 39 —
Où se fait l'alimentation?
C'est un secret de la nature qu'il ne nous
est pas donné de dévoiler.
Quelle est l'influence de l'alimentation sur
l'économie animale 9
Cette influence est en raison de l'espèce de
nourriture que l'on prend. C'est ainsi que
le régime végétal affaiblit l'homme, et que
le régime animal augmente les forces phy-
siques.
Doit-on faire exclusivement usage de l'une
de ces alimentations ?
Non ; il est utile d'observer ou de changer
son régime habituel, pour se soustraire aux
maladies que le même régime, longtemps
continué, pourrait occasionner.
Quelle est la quantité de nourriture que
l'homme doit prendre chaque jour?
Elle doit être proportionnée à l'exercice
qu'il se donne, et aux efforts que son travail
— 40 —
exige. L'homme qui, par la nature de ses oc-
cupations, fait une grande dépense de force
musculaire, a nécessairement besoin d'une
alimentation plus abondante que celui dont
les membres demeurent inactifs.
Quelle est donc la meilleure règle à suivre
pour bien se porter ?
C'est de manger peu; car la sobriété, en
exemptant l'homme d'une foule d'infirmités
qui sont les suites de l'intempérance, pro-
longe la vie.
La diète a-t-elle quelque influence sur l'homme?
Oui; l'abstinence favorise l'absorption, fa-
cilite l'animalisation des aliments, et donne à
nos fonctions plus d'activité et d'énergie.
Y a-t-il plusieurs espèces d'alimentation?
Il y en a plusieurs : l'alimentation rafraî-
chissante, celle qu'on appelle tonique, et l'ali-
mentation réparatrice et tonique.
— 41 —
Qu'enteni-on par alimentation rafraîchis*
$.nt ?
#1 entend par là l'usage de substances peu
;mtritives, telles que les fruits acidulés, par
Kemple.
duels sont ses effets sur l'organisation ?
Ils diminuent la trop grande énergie des
organes et la vivacité des passions.
Cette alimentation est-elle propice à toutes les
-cmstitutions ?
Non; les personnes faibles et les scrofu-
leux doivent bien se garder d'en faire un
usage prolongé, parce qu'elle augmenterait
leur débilité originelle.
Qu'appelle-t-on alimentation tonique et répa-
ratrice Y
Cette alimentation consiste dans l'usage
des différentes viandes qui contiennent les
matériaux les plus réparateurs, comme le
— 42 —
bœuf, le mouton, l'oie, le lièvre, le che-
vreuil, le sanglier, etc.
Pourquoi l'appelle-t-on ainsi
Parce qu'elle imprime à l'estomac un sur-
croît d'activité, augmente la nutrition, re-
double l'action des organes, produit l'embon-
point et procure une vigueur, une agilité et
une force remarquables.
En quai consiste l'alimentation tonique peu
réparatrice?
Elle consiste dans l'usage des substances
végétales qui, sous un même volume, con-
tiennent moins de parties nutritives que les
substances animales.
Comment agit cette alimentation?
Par les principes amers que ces substances
contiennent.
Quelle est leur action sur les organes ?
Ces aliments végétaux introduits dans l'es-
— 43 —
tomac, produisent sur cet organe un resser-
rement tonique qui lui donne plus d'énergie
et favorise son action.
Leur usage active la nutrition, et la rend
plus facile sans augmenter l'embonpoint.
CHAPITRE NEUYIÈJJE.
Des Boissons.
Qu'entend-on par boissons?
On entend par boissons, des liquides
propres à étancher la soif.
Y a-t-il plusieurs espèces de boissons f
On en compte plusieurs, parmi lesquelles
sont : l'eau, le vin, la bière, le poiro, le cidre,
l'eau-de-vie et plusieurs autres qui servent a
nos repas.
Qu'est-ce que l'eau?
C'est un liquide transparent, incolore, ino-

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