Petite mythologie

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L. Hachette (Paris). 1838. 1 vol. (70 p.) ; in-18.
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Publié le : lundi 1 janvier 1838
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'ETITE
MYTHOLOGIE.
8'"
Prix y broché, 4 sous; cartonné, 5 sous.
—<t«~
A PARIS,
CHEZ L. HACHETTE,
UBHÀIK* DE L'UNIVERSITÉ RûYàW DE rainci,
rue Pierre-Sarrazin, 12,
1838
, 9
EDB roCSHELCCB, BOEDO CAOISSA^T-B0ÏTM1*Tl» ..1
PETITE
MYTHOLOGIE,
P*WV rt , WVwvVWVWWV W\ WVVWWWWWWW «WIW WWWVWVWWVWVWWWW
INTRODUCTION.
La Mythologie est l'histoire fjbuleuse des dieux ,
Wes demi-dieux et des héros de l'antiquité. Les fables
Mythologiques ont pris naissance clvz les Grecs , aux-
quels les Romains les ont empruntées sans les altérer
beaucoup.
On su, «posait chez les anci ns qu'avant toutes choses-
estait le Chaos, masse infoime daus laquelle le ciel, la
terre, la mer et tous les éléments étaient confondus.
':Les poètes ont fait du Chaos une divinité; mais son rè-
gne a fini dès qu'une intellig nce su erieure eut porté
l 'harmonie dans ce désordre C'est alors que le monde
uut formé, et que les D.eux en prirent po-session.
Le premier â/e est l'âge d'or, époque d'innocence et
il le bonheur, où la terre, éohauffee par un printemps
tternel, produisait sans culture des fruits délicieux, où
1-es hommes ne connaissaient ni la mniadie, ni la pau-
! reté. Ils n'étaient tourmentés ni par l'envie, ni par
t ambition, ni par le désir des richesses. Tuus étaient
gaux, et ils mettaient en commun ce qu'ils possédaient.
Co A l'âge d'or succéda l'âge d'a> gent. Alors l'année fut
distribuée en saisons, et les hommes, qui dégénéraient,
~lurent obligés d'arracher à force de travail du sein de
L terre les fruits dont ils se nourrissaient.
L'âge d'airain donna naissance aux premiers crimes.
cette époque les hommes devinrent violents et que-
elleurs-, ils s'abandonnèrent à leurs passions, néglige-
ant le culte des Dieux, et se firent la guerre.
PETITE
L'âge de fer est le temps où la terre fut souillée par
toutes sortes de crimes. Les dieux du ciel, qui, au rap-
port des poètes, aimaient autrefois à la visiter, quittèrent
un séjour si peu digne d'eux.
Les anciens ayant peuplé de divinités le ciel, la mer,
la terre et les enfers , la mythologie se divise na-
turellement en quatre parties : la première comprend
l'histoire des dieux du ciel;
La seconde celle des dieux de la mer ;
La troisième celle des dieux de la terre ;
La quatrième celle des dieux des enfers.
Une cinquième partie ou appendice est consacrée
- au récit de quelques expéditions qui se rapportent à
l'époque fabuleuse de l'histoire grecque.
QUESTIONS, — Qu'est-ce que la mythologie? — Où les fables mythologiques
ont-elles pris naissance?
Qu'était le Chaos ?—Cette divinîté a-t-elle eu une fin ?—Qu'est-ce que
l'âge d'or ? - l'àge d'argent ? — l'âge d'airain ? — l'âge de fer ?
Comment peut-on diviser la mythologie?
MYTHOLOGIE. 5
PREMIÈRE PARTIE.
DIEUX DU CIEL.
I. Jupiter.
Jupiter était fils de Saturne et de Rhéa; un oracle
ayant prédit à Saturne que ses fils lui ôteraient la cou-
ronne ou la vie , il les dévorait aussitôt après leur
naissance. Déjà Vesta sa fille aînée , Cérès, Junon ,
Piuton et Neptune avaient trouvé leur tombeau dans
les entrailles de leur père. Mais Rhéa voulut sauver
son dernier enfant, etse retira dans de l'îie de Crète où
elle le mit au monde. De retour de ce voyage, elle
trompa son époux en lui présentant une pierre en-
veloppée de langes ; il la dévora.
Cependant Jupiter, tel était le nom de cet enfant ,
était nourri par la chèvre ^malthée; Rhéa l'avait confié
aux soins dés curètes ou prêtres de Pile de Crète, qui
dansaient autour de son berceau , et frappaient leurs
boucliers de leurs lances pour étouffer ses cris. Sa-
turne ignorait donc sa naissance. Dés que Jupiter fut
devenu grand il parvint a faire oublier la ruse qui
lui avait sauvé la vie. Saturne l'accueillit sans répu-
gnance ; niais Jupiter , qui désirait avoir des frères ,
détermina son père à prendre un breuvage qui lui fit
vomir premièrement la pierre qu'il avait avalée, et en-
suite tous les enfants qu'il avait déjà dévorés. C'estalors
que Jupiter, de concert avec Neptune et Pluton, déclara
la guerre à Saturne. Les cyclopes forgèrent pour lui
la foudre, un casque pour Pluton, et pour Neptune un
trident. Avec cesarmesils vainquirent Saturne et le pré-
cipitèrent au fond des enfers, où ils le placèrent sous
la garde degéants aux cent bras. Maitres du monde, les
trois frères le partagèrent entre eux. Jupiter s'adjugea
le ciel; il laissa la mer à Neptune, et les enfers à Pluton.
Mais les géants, fils de la Terre , essayèrent bientôt
6 PETITE
de détrôner Jupiter, et osèrent l'assiéger jusque dans
le ciel. Pour arriver jusqu'à lui, ils entassèrent le mont
Ossa sur le mont Pelion, et.- dans l'assaut qu'ils don-
nèrent au ciel, ils lançaient des rochers et des arbres
enfbmmés. Jupiter appela à son secours tous les dieux
et toutes les dées-es Styx, fille de l'Océan et de Té-
thys, étant arrivée la première , le roi du ciil recon-
naissant décida q e le serment qu'on ferait au nom de
Styx serait lo plus inviolable. Les géants furent vain-
cus , grâce an courage de Bacchus , de Pallas et sur-
tout d'Hercule, qui à lui seul en terrassa plusieurs.
Jupiter eut un grand nombre de femmes, dontlaplus
célèbre est Junon. La liste de ses enfants est encore
plus considérable. Voici les- principaux : Castor et
Pollux , ftlinos et Rhadamantlie, Arcas , Pélasgus ,
Sarpédon Argus, Hercule, Amphion, Persée, Deu-
calion , Dardauus , Proserpine , les neuf Muses ,
Mars , Mercure, Apollon , Diane , Vénus , Minerve j
Bacchus.
Les anciens représentaient ordinairement Jupiter
sous la figure d'un homme plein de majesté, assis sur
un trône , tenant la foudre de !a main. droite, de
l'autre une victoire, et ayant à ses pieds un aible aux
ailfs déployées. 1
On le regardait comme le maître des dieux ; on lui
donnait la qualification de t èsbon et très grand,
de tonnant. d invincible, d'hospitalier. Eiifin on ajou-
tait à son no u les noms des lieux où il était particu-
lièrement ador&; c'était tantôt Jupiter olympien,,1
tantôt Jupiter capitolin, Jupiter Ammon, etc. j
QUESTIONS. — De qui Jupiier était-il fîls? — Comment fut-il SFIIRÉ de LE
mort? — Où et par qui fat-il êl« é? — Comment Jupi'.er cbassa I-il son père
de l'Oljtnpc* — Comment partage;» 1-iJ Je monde? — Quelle part s'e<,-il ré-
servée? — Quelle guern» toi il à soulei-îr?'— Quelle CM In plus cerèèbre de se,
femme»? — Q.jels sont les n-mis de ses enfant*? — Cornaient rt'pitsenie-i-oi.
Jupiter ? — Qu-is surnoms lui a l-ou donnés ?
1
MYTHOLOGIE. ?
II. Junon. — Saturne.
Junon était, comme Jupiter, fille de Saturne et de
Rhéa. Plusieurs pays se disputaient l'honneur de lui
avoir donné le jour; c'était surtout Samos et Argos
qui réclamaient cette gloire. Elle fut nourrie, dit-on,
par l'Océan et par Téthys sa femme.
Jupiter l'épousa et les noces furent célébrées dans le
territoire desGnossiens, près du fleme Thérène. Pour
les rendre plus solennelles, Mercure fut chargé par
Jupiter d'y inviter tous les d.ieux, tous les hommes et
tous les animaux. Personne ne manqua à l'invitation
du maître des dieux, excepté une nymphe nommée
Chéloné. Mercùre l'ayant trouvée dans son habitation
qui était construite sur le bord d'un fleuve, l'y pré-
cipita avec sa maison pour la punir, et la changea en
tortue.
Les deux époux vécurent rarement en bonne intel-
ligence. Au rapport des poètes, Junon était d'une hu-
meur jalouse et acariâtre. On dit qu'un jour elle quitta
l'Olympe et se retira dans Itte d'Eubée. A cette nou-
velle Jupiter feint de vouloir épouser une autre femme,
fait revêtir ure statue d'habits de noces, et la préten-
due fiancée parcourut les rues de Platée, sur un char
attelé de bœufs. Junon, instruite qu'une rivale allait
prendre sa place, sort de sa retraite, s'approche du
char. et dans sa colère met en pièces les habits de la
mariée. Elle s'aperçut alors que ce n'était qu'une statue,
et pardonna à son époux.
Dans une autre circonstance, Jupiter, fatigué des
querelles qu'elle lui suscitait sans cesse, l'attacha entre
le ciel et la terre avec une chaîne d'or, et d'un coup
de pied prècipiade l'Olympe sur la terre Vulcain, qui
avait voulu la délivrer. Mais Junon trouvait toujours
le secret de rentrer en grâce auprès de son époux.
On lui attribue d'ordinaire quatre enfants : Hébé,
Vénus, Lucine et Vulcain.
On la représentait sous la figure d'une femme assise
sur un trône, tenant d'une main un sceptre, de l'au-
t
5 PETITE
tre un fuseau, et ayant sur la tête une couronne rayon-
nante. Un paon était à ses pieds.
Elle présidait aux royaumes et aux empires, aux ma-
- riages et aux naissances. On avait coutume de lui don-
ner la qualification de reine.
Le culte de Junon était fort répandu; on l'hono-
rait particulièrement à Samos, à Argos et à Carthage.
Saturne, fils d'Uranus ou du Ciel et de la Terre,
qu'on appelait aussi Titéa, était, dit-on, le plus jeune
de ses frères, auxquels on donnait le nom de Titans.
Il régna sur la Crète après avoir chassé du trône son
père Uranus ; mais il s'était engagé à n'élever aucun
enfant mâle; c'est pour cela qu'il les dévorait, comme
nous l'avons dit précédemment. Jupiter son fils, qui
avait échappé àla mort, par les soins de Rhéa sa mère,
détrôna Saturne comme Saturne avait détrôné Uranus.
Les uns prétendent que ce prince déchu fut précipité
dans les enfers ; les autres soutiennent qu'il se réfugia
en Italie, où régnait alors Janus, et que ce Janus par-
tagea avec lui l'autorité souveraine.
Saturne, exilé du ciel, voulut, dit-on, récompenser
par des bienfaits les hommes qui lui avaient accordé
un asile ; il les civilisa, Ipur donna des lois et leur ap-
prit à cultiver la terre. Les hommes étaient si heureux
et si bons à cette époque, qu'on nomma ce siècle l'âge
d'or. Nous en avons parlé plus haut.
Pour perpétuer la mémoire de cet heureux temps,
les Romains avaient institué des fêtes qu'on appelait
aaturnalcs) et qu'on célébrait au mois de décembre
de chaque année. C'était une époque de folle joie et
de liberté ; les esclaves étaient servis par leurs maîtres;
tous les travaux étaient suspendus ; on s'envoyait des
présents comme parmi nous au jour de l'an.
Quoique Saturne soit le père de Jupiter, il n'est ce-
pendant pas regardé comme le plus grand des dieux.
Son culte était beaucoup moins répandu que celui de
son fils. Cependant on 1 honorait principalement à
Rome et à Carthage; dans cette dernière ville on lui'
-offrait des victimes humaines.
MYTHOLOGIE. 9
On le représente ordinairement sous la figure d'un
vieillard accablé par le poids des ans et des infirmi-
tés; il tient -d'une main une faux, et de l'autre une
clepsydre. Les anciens l'adoraient comme le Dieu du
temps.
QCBSTIOXS. — De qui Junon élait*elle fille? —» Où dit-on qu'elle naqnit ? —
Pat qui fut-elle élevée? - Où ses noces aTee Jupiter furent-elles célébrées ? —
Comment blerture se wngpa t il Je l'absence dune nymphe qui avait été in-
'TiLi:e à cette !Dlcuni!,;? — CommcnllU11011 ,i,ail,ellc avec son ? — Quels
furent ses eofauls? — Comment la reprcs(jiile-(-on ? - Quelles étaient ses
«illributions principales? — Uù l'adorait-on particulièrf-PKMJt ?
De qui Salurue était-il fils? — A quoi sVtait-il f'tJ;":,,;':t- apn*s avoir détrôné
son p_tre? - Où Saturne se rtfupia-t-il après avoir éie cha«é du ciel? —
Qu'étaient les Saturnales} - Le culte de Salurui; Liait-il très ,é['andu? -
Comment n préîente-l-oa cc dieu?
III. Minerve.
Minerve était fille de Jupiter ; on dit que celui-ci
ayant épousé la sage et prudente Metis , la dévora pen-
dant qu'elle était enceinte, craignant qu'elle ne lui
donnàtdes enfants plus sages que lui ; mais tout-à-coup
il se sentit une violente douleur ."u cerveau. Vulcain
lui ayant fendu la tête d'un coup de haclp, Minerve en
sortit tout armée et déjà capable de manier la lance;
elle défendit en effet son père dans la lutte qu il eut à
soutenir contre les géants et se distingua par son cou-
rage. Aussi fut-elle admise dans l'assemblée des dieux,
où elle occupait une place importante.
Minerve n'aimait pas seulement la guerre; elle cul-
tivait encore les arts ; elle inventa , dit-on , la flûte ;
mais un jour qu'elle s'amusait à jouer de cet instru-
ment, elle s'aperçut qu'elle faisait rire Junon et Vénus;
s'étant convaincue, en se mirant dans l'eau d'une
fontaine , qu'elle ne pouvait jouer de la flûte qu'en se
torturant le visage, elle jeta cet instrument avec colère
et voua à une mort funeste celui qui le trouverait. Mal-
gré son habileté en toutes choses, Arachnéeosa la défier
dans les travaux de son sexe ; le défi fut accepté ; mais
Minerve voyant que le travail de sa rivale était d'une
beauté achevée, lui jeta sa navette à la tète. Arachnée,
10 PETITE
ne pouvant survivre à cet affront, se pendit de déses-
poir, et le dieux toucjiés de compassion la changèrent
en-araignée.
Ce ne fiit pas la seule querelle que Minerve euti
soutenir. 1! s'agi~ss- it de donner un nom à la ville qu'on
aappelée it'¡"li Athedea. Nfptonpet Minerve se dispu-
taient c,1 f li lilleur. Les dieux décidèrent que celui des
deux qui produi ait l'objet le p!us utile donnerait son
nom à la viLe nouvelle. N'ptuue d'un coup de son tri-
dent fit sortir de terre un cheval fongueux, et Minerve
d'un coup de ma lance un olivier : la victoire fut adju-
gée à Minerve.
C'était la déess de la guerre, des arts et de la sa-
gesse. Les Athéniens lui avaient voué un culte tout
particulier, et cé'tbraient en son honneur des fêtes ap-
pelées ~gi Hi des et petites paraihénées, qui attiraient
toute la Grèce : les petites panathenéeiavaient lieu
chaque année, les grandes tous les quatre ans.
C est dans le temple de Minerve a Athènes que Phi-
dias, le plus grand statuaire de l'antiquité, plaça une
statue de ctttc déesse faite d'or et d'ivoire, véritable
chef-d'œuvre de son art.
On représente Minerve sous la figure d'une femme
dont la beauté est simple et sévère. Sa tête est couverte
d'un casque à l'aigrette flottante ; sa main est armée
d'une lance ; elle porte sur sa poitrine l'égide où est
gravée la tète de Meduse. D'ordinaire eJle est assise.
L'olivier parmi les plantes, le coq et la chouette
parmi les animaux, le dragon parmi les reptiles, Lui
étaient consacrés.
QUESTIONS. - De qui Minerve étaii-eUe fille Î — Racontez les circonstances
xîe sa naissance? — Quels services «-(-elle rendus à son pé,, ? — Pourquoi
Minerve cma-t-eHe (le jouer de la flûte d que fit elle de cet instrument —
Quelle flll l'isme de sa lutte Pvec Arachnée ? — Comment obtint elle ie droit,
de donner son Dem à la ville d'âyhèues ? — Quelles Fêtes les Athèniens célé-
braient-ils en SOD honneur ? — ~(juel artisle lui éleva une statue 1 — Comment
la représentait-on ? — Quel arbre et quels animaux lui étaient consacrés?
MYTHOLOGIE. ïi
IV. ~Hais,—Vénus.—Les trois Grâces.
Mars était fils de Jupiter et de Junon. Junon le fit
élever par des prêtres du mont Ida., qui lui apprirent la
danse et les autres exercices du corps comme un pré-
lude de l'art de la guerre. Ballone, sa sœur, conduisait
son char ; la Terreur et l'Effroi ne le quittaient jamais ;
la Fureur le devançait et la Renommée l'accompagnait
et tout lieu.
Mars iri-ifé de ce n'Allirotius, fils de Neptune, avait
offensé Alcippe sa fille, lui ôta la vie. Mais Neptune,
désespéré de' la mort d'A .lirotius, accusa devant l'as-
semblée des dieux Mars, qui se justifia -i complètement
qu'on fut obligé de l'absoudre. Ce jugement futrendu,
dit-on, sur une montagne de l'Anique, qu'on appela
pour cette raison l'Aréopage. (rucher de Mars).
On Lui donne plusieurs enfants, entre autres Rémus
et Romutus, qui furent les fondateurs de Rome.
Chez les Grecs, le culte de Mars n'était pas très
répandu; mais les Romains, qui le regardaient comme
leur protecteur et comme l'auteur de leur race , lui
rendaient des honneurs particuliers ; ils lui avaient
élevé plusieurs temples. L" plus beau est celui qui fut
construit par l'empereur Auguste.
Un college de prêtres chai gés du culte de Mars avait
été institue par Nuraa Pompilius, second roi de Rome.
On les appelait Saliens, et ils portaient de petits bou-
cliers nommés anciles, en mémoire de celui que les
Romains croyaient être tombé du ciel et qu'ils conser-
vaient précieusement dans le temple de Mars.
On représente ce dieu sous la figure d'un homme
armé d'un casque, d'une pique et d'un bonclier ; il
- tient à la main le bàton du commandement. Il est or-
dinairement assis sur un char attelé de deux coursiers,
ni - 1
^^H»s-4ÉtMnfille de Jupiter ; quelques poètes racon-
10.t du sein de la mer, et que Zéphyre la
wr^RHpr.i]jijde Cythère où les Heures se chargè-
'Iirp. -
i2 PETITE
rent de son éducation. Elles la conduisirent ensuite
dans l'Olympe ; dès que Vénus parut au milieu des
dieux, tous furent charmés de sa beauté et se dispu-
tèrent sa main; mais Vulcain obtint la préférence par la
volonté de Jupiter, qui le récompensa ain6i de ce qu'il
avait forgé la foudre. Cette union était au reste assez
mal assortie; car Vulcain était le plus laid et le plus
disgracieux des habitants de rOIympc.
Vénus chercha trop souvent des distractions loin
d'un époux si peu fait pour lui plaire, et parmi tous ceux
qu'elle aima nous nous contenterons de nommer le
berger Adonis, qui périt misérablement sous les coups
d'un sanglier furieux, et qu'elle pleura amèrement. Les
poètes racontent qu'Adonis s'étant un jour piqué avec
l'épine d'une rose , teignit cette fleur de son sang. La
déesse voulut nue la rose cessât alors d'être blanche.
Minerve et Junon usèrent disputer à Vénus le prix
de la beauté ; J jpiter refusa de décider entre elles, et
chargea le berger Paris de donner la palme à la plus
belle ; Pàris l'adjugea à Vénus. Elle possédait, dit-on,
une ceinture merveilleuse qui renfermait toutes les grâ-
ces, et faisait aimer infailliblement celle qui la portait.
Junon la lui emprunta un jour, afin de regagner le
cœur de son époux.
Le plus celèbre de ses enfants s'appelait Cupidon ou
l'Amour. Elle est encore la mère des trois Grâces, des
Jeux et des Ris.
Son culte était répandu par toute la terre; mais on
l'honorait surtout à Cythère, à Paphos, à Cnide et à
Lesbos.
Vénus est ordinairement représentée sur un char
traîné par des colombes, des cygnes ou des moineaux;
son fils Cupidon se tient debout à côté d'elle.
Filles de Vénps aussi birn que l'amour, les Grâces ne
quittaient guère leur mère. Elles sont au nombre de
trois ; voici leurs noms : Eglé, Thalie et Eqphrosine.
Douées d'une jeunesse éternelle et sans autre ornement
que leurs agréments naturels, elles se tenaient toutes
rois par la main, et formaient des danses légères dans
MYTHOLOGIE. 15
les bois enchantés de Céphise dont le séjour leur plai-
sait par dessus tout.
Les Grâces dispensaient aux hommes non seulement
la gaieté et l'égalité d'humeur, mais encore la libéralité
l'éloquence et la sagesse. Cependant la plus belle de
leurs prérogatives était de présider aux bienfaits et à
la reconnaissance.
, Il est tout simple que des divinités si aimables aient
eu des temples nombreux. On les honorait à Sparte, à
Orchomène, à Elis, à Delphes, à Byzance, et les poètes
les invoquaient presqu'aussi souvent que les Muses.
Dans les repas on buvait trois coups en leur honneur.
Les plus grands artistes de l'antiquité ont essayé de re-
produire leurs images. On voyait à Smyrne un tableau
d'Appelle où elles étaient représentées ;Socrate avait
ciselé leurs statues en marbre, et Bupale en or.
Le printemps leur était spécialement consacré.
QUESTIONS. — De qui Mars était-il fils? — Par qui Junon le fit-elle élever ?
— De quoi se composait son cortège ? - Quelle cause amena la querelle de
Mars et d'Allirotius ? — Gomment se termina-t-elle ? — Pourquoi les Romains
lai accordaient-ils des honneurs particuliers? — En quoi consistait le culte
qu'ils lui rendaient ? — Commeut représente-t on ce Dieu ?
De qui Vénus était-elle fille? — N'y a-t-il pas une autre tradition sur sa
naissance? — Qui Jupiter lui donna-til pour époux? — Cette union fut-elle
heureuse ? - Comment périt Adonis? — A quelles déesses Vénus disputa-
t-elle le prix de la beauté? — Quel berger 1 ef 1 ai adjugea? — Que dit-on de la
ceinture de Vénus ? - Quels sont les nfants de cette déesse ? — Où était-elle
principalement adorée? -Comment la représente-t-on ?
Quels sont les noms des trois Grâces ? - Quelle était leur occupation habi-
tuelle ? — Quelles étaient leurs prérogatives? — Dans quels lieux les adorait-
on ? — Quelle saison leur était spécialement consacrée ?
V. Vuicain. — Mercure. — Iris.
Vulcain était fils de Jupiter et de Junon; on prétend
qu'ayant voulu délivrer sa mère que Jupiter avait sus-
pendue dans les airs avec deux pesantes enclumes aux
pieds, il fut précipité du ciel par le maitre des dieux.
Il roula, dit-on, dans l'espace pendant neuf jours et
tomba dans l'île de Lemnos. Quoique les habitants de
l'ile eussent essayé d'adoucir sa chute, néanmoins il se
cassa -1 jambe et' resta boiteux toute sa vie.
14 PETITE
C'est à Lemnos que Vulcain fixa son séjour ; il s'y bâ-
tit un palais, y éleva des forges et apprit aux Lemniens
l'art de travailler les métaux. Le premier ouvrage qui
sortit de ses mains fut un trône d'or artistement tra-
vaillé. Il envoya à sa mère ce merve lieux produit de
son art; mais dès qu'elle voulut en faire usage, saisie
aussitôt par des ressorts cachés, elle resta clouée ea
quelque sorte sur son siège d'or, et prêta à rire à
l'assemblée des dieux. Aucun effort ne put la délivrer
des bras d'acier qui l'enchaînaient. Vuleain, blessé des
dédains de sa mère, qui ne l'aimait pas à cause de sa lai-
deur, s'était ainsi vengé de ses mépris. Il fallut que
Bacchus l'enivrât pour le décider à venir délivrer Junon.
V ulcain forgeait les foudres de Jupiter et les armures
divines qu'il plaisaitau maître des dieux de doftner aux
hommes. C'était au centre de la terre, dans les entrail-
les des volcans et particulièrement dans le mont Etna
que ce dieu aimait à travailler. '1 se faisait aider par
les Cyclopes.
On le représentait inondé de sueur, les cheveux-en
désordre, tenant de la main droite un marteau et de la
gauche des tenailles. Son aspect était hideux.
Parmi les animaux, le lion lui était consacré, et des
chiens gardaient ses temples.
De tous les peuples anciens, les Egyptiens sont cemx
qui l'honoraient le pins. 11 avait à Memphis un temple
magnifique ; les Romains lui bâtirent aussi plusieurs
temples. On avait institué des fêtes en son honneur
pendant lesquelles il fallait courir a\ec des torches al-
lumées jusqu'à un but déterminé.
Mercure était fils de Jupiter et de Maïa, fille d'Atlas.
Le lendemain même de sa naissance, il donna une
preuve de sa merveilleuse adresse et de ses méchantes
dispositions ; il déroba les bœufs d'Admete que gar-
dait Apollon, etles fit marcher à reculons pour qu'on
ne pût en découvrir la trace. Apollon employa vaine-
ment les prières et les menaces pour savoir de l'enfant
$ùU avait caché son troupeau, et il s'aperçut que peu-
MYTHOLOGIE 13
dant qu'il lui parlait, il venait de lui dérober encore ses
flèches et son carquois.
Mercure, devenu grand, perfectionna ce genre de ta-
lent. Il eut un jour l'audace de voler à Neptume son
trident, à Vénus sa ceinture, à Mars son épée, à Ju-
piter son sceptre, à Vulcin ses tenailles et son marteau.
Jupiter, charmé de son adresse, en fit son messager et
son interprète; mais irrité bientôt de ses continuels
larcins, il le chassa de l'Olympe. On préfend que pour
charmer l'ennui de son exil Mercure inventa la Ivre.
Dans la guerre que Jupiter eut à soutenir contre les
géants, Mercure déploya le plus «,,i-atid cotir-ige, et rega-
gna les bonnes grâces du maître des dieux.
Il était charge d'une multitude de fonctions ; la plus
importante de tou'es consistait à cou iuire aux enfers
les âmes des morts. Mercure était à la fois le négociateur
et l'intendant de l'ulympe; il présidait aux fêtes, si-
gnait les traités depaix et de guerre, recevait Ips am-
bassadeurs* tieur répondait. C'était le dieu le plus oc-
cupé du paganisme : aussi Jupiter lui avait-il mis des
ailes à la tête, aux épaules et aux talons.
On le représentait sous la figure d'un jeune homme,
à la taille élancée, portant un caducée d'une main i t de
l'autre ui e brandie d'olivier. Quelquefois il tient une
bourse. Une chaîne d'or lui sort de la bouche et va s'at-
tacher aux oreille* de ceux qui l'éeoutent. Le coq lui
était spécialement consacré.
Mercure était le dieu des arts, de l'éloquence, du
commen e, des voyageurs et des volt'urs
Son culte était fort répandu ; dans les sacrifices on
lui offrait les langues des victimes, du hit et du miel.
Iris remplissait auprès de Junon les fonctions de
Mercure auprès de Jupiter ; elle était fille Thaumas
et d'Electre. On la voyait constamment debout près
de Jur on. Quand elle avait b(soin de repos, elle s'ap-
puyait contre le trône de sa divine maitresse pour
goûter un instant de sommeil. Junon l'employait Jans
lesniissions 1rs pins delica'tes. Aus'i rapide que Mer-
cure, elle portait les ordres de la reine des dieux aux
16 PETITE
extrémités de la terre; eHe était encore chargée de
couper le fil de la vie des femmes et deconduire leurs
âmes aux enfers. Au rapport des poètes, elle avait soin
de l'appartement de sa maîtresse et faisait son lit; lors-
que Junon revenait des enfers, c'était Iris qui lapuri-
fiait avec des parfums.
'On la représente avec des ailes diaprées des plus
brillantes couleurs. Junon, reconnaissante de ses bons
services, la métamorphosa, dit-on, en arc-en-ciel; et
voulut qu'elle présidât à la formation de ces vapeurs qui -
retombent en pluie sur la terre. Aussi Iris dessine-
t-elle souvent sur les nuées, après l'orage,.les brillan-
tes couleurs dont ses ailes sont ornées.
Quustion5. - Pe qui Vulcain "l"il,il fils ?— Pourquoi Jupiter le précipi-
la-l-i 1 de l'Olympe et quelle Hcssuro se lit il dans cette chute ? — Où Vulcain
fixa-t-il son séjour pendant ton exil - Que h services reudit-il aux humains î
— Comment .e venarea-tôl des dédains ùe sa mère î - Quels trayaux exé-
cutait-il pour Jupiter? - Où avait-il placé ses furges et par quels ouvriers Se
faisait-il ;,ider? — Comment le représentation ? - Quds animaux lui étaient
consacn-s? - Où était-il pai lK ulièrem'-nt honoré ?
De qui Mercure était-il fils ? - Quelles dispositions montra-t-il dans son en-
fance? — Son goûl pour les larcins change jt-l-N avec Jes années? - De quel
titre fut il revêtu par Jupiter ? —« Pourquoi fut-il chassé de l'Olympe? —
comment renira-l-iL en grace au près du maître des dieux? - De quelles
fonctions etait-il chargé ? — Comment le représentait-on? — Que lui offrait-on
dau..; les .«acrilices?
Q.,l fonction; Iri« rcn»pli«saii-elle auprès de Junon ? -De qui était-elle
li;jc? - Comment let repilsculait-on? - Comrutul fui-elle* métamorphosée
par Junun?
VI. Apollon.
Apollon était fils de Jupiter et de Latone. Junon,
jalouse de Latone, l'avait persécutée avec un tel achar-
nement que cette infortunée ne savait plus où repaser
sa tête. Neptune, touché de ses malheurs, fit sortir d'un
coup de trident l'île de Délos du fond de la mer, et
c'est dans cette île que Latone mit au monde Diane et
Apollon.
Apollon était l'enfant chéri de Jupiter, et dès sa
naissance il fut orné de tous les dons : science, beauté,
sagesse, agilité, courage, jeunesse éternelle; il eut tout
MYTHOLOGIE. ir
en partage. Jupiter voulut qu'il présidât au jour<. Monté
sur un char traîné par i;iiitre coursiers, le front ceint
de rayons brillants, Apollon s'élevait chaque jour sur
1 horizon, et du haut du ciel inondait le monde d'un
torrent de lumière.
Il inventa tous les arts, la poésie, la musique, l'élo-
quence. Sa colère était terrible. Encore enfr-nt; il tua
à coups de flèches le serpént Python que Junon avait
suscité contre lui. Il ne craignit même pas de braver
Jupiter. Irrité de ce qu'Esculape son fils avait été fou-
droyé, il perça de ses traits les Cycloprs qui avaient
forgé les foudres de Jupiter. Le maitre des dieux le
punit en l'exilant de rOlympp. Dépouillé de sa gloire,
Apollon fut réduit à garder les troupeaux d'Admète,
roi deThessalie. Quelque tem; s après, il se mit au ser-
vice de Laomédon, et l'aida à relever les murailles de
Troie ; mais Laomédon lui ayant refusé le salaire con-
venu, il lui jura à lui et à son peuple une haine éter-
nelle.
Cependant Jupiter qui n'avait pas cessr d'aimer son
fils, malgré ses torts, le rappela dans l'Olympe et lui
rendit toute la splendeur de son rang.
Malheur à qui osait lui porter un defi ! Le dieu Pan
eut un jour la fantaisie de comparer sa flûte à la lyre
d'Apollon; les deux rivaux prirent pour jngeTmolus,
roi de Lydie, qui, après les avoir entendus, adjugea
la victoire à Apollon. Midas, roi de Phrygie, avait
assisté à cette lutte, et prétendit que Tmolus n'avait
pas fait preuve de goût. Apollon, pour le punir, lui
donna des oreilles dâne. Le pauvre roi cacha avec
soin cette difformité sous son bonnet phrygien ; mais
son barbier découvrit cet étrange secret. N'osant le
divulguer, dans la crainte d'encourir la colère de son
maître, il brûlait néanmoins d'en parler. Succombant
enfin à la tentation, il alla creuser la terre à une cer-
taine profondeur et lui confia sa dangereuse nouvelle:
« Midas, dit-il tout bas, le roi Midas a des oreilles
d'âne. » Il croyait avoir enseveli son secret dans les
entrailles de la terre ; mais des roseaux poussèrent et
15 PETITE
cet endroit, et on les entendit murmurer : « Midas, le
roi Midas a des oreilles d'âne. »
Le musicien Marsyas fut encore plus malheureux
que Midas. Ce Marsyas était originaire de Célènes,
ville .;t' Plirygie : il s'était rendu célébré par son ta-
lent sur la flùte Fier de ses succès, il osa défier Apol-
lon. Le defi fut accepté, à condition que le vainqueur
infligerait au vaincu la peine qui lui conviendrait.
Apoilon, ayant rtmporté la victoire, condamna son
malheureux rival à être écorché vif, et fit" dit-on, lui-
même cette horrible exécution On prétend que le
sang de Marsyas fut métamorphosé en un fleuve
qui porta son nom.
Niobé , fillede Tantale et sœur de Pélops,éprouva d'une
manière fins cruelle peut-être qu'on ne pouvait braver
impunementle courroux d'Apollon. Mariée à Amphion,
roi de Thèbes, elle voyait avec orgueil sa nombreuse
postérité ; elle avait s; pt fils et sept filles. Latine qu'elle:
méprisait, parce que cette femme n'avait que deux-en-
fants supplia Apollon de venger l'outrage fait à sa mère.
Les fils de Niohé étaient brillants de jeunesse et de
santé; ils avaient l'habitude de courir, montés sur de
magnifiques coursiers, dans les environs de Thèbes.
C'est là qu'Apollon les frappa impitoyablement de ses -
flèches. Les sœurs de ces princes infortunés accourent
sur les remparts en apprenant cette triste nouvelle ; j
elles succombent à leur tour sous les coups invisibles
dn terrible dieu. Niobé ne cessa depuis lors de verser i
des torrents de larmes. Enfin les dieux touchés de sa
douleur la < hangèn nt en rocher ; c'est le mont Sipyle :
en Lydie, qui en effet ressemble de loin à une femme
éplorée.
Apollon, qui avait si douloureusement torturé le
cœur d'une mère, dut éprouver aussi le tourment que
fait endurer la perte d'un fils. Esculape avait été déjà
foudroyé par Jupiter ; l'aventure de Phaëton n'est pas.
moins déplorable. Epaphus, fils de Jupiter, prétendit
un jour qu'Apollon n'était pas son père comme il s'en
Yantait ; Phaëton, piqué de ce reproche, alla s'en plaint
MYTHOLOGIE. 19
dre à sa mère Climène, qui lui ordonna de se rendre
in palais dl,lSo!, il, et de lui demander, pour preuve de
sa glorieuse origine, la pcrmiss'on de conduire son
char pendant un jour. Phaëton suivit les conseils de sa
mère, et supplia le Soleil de lui accorder une grâce
qu'il ne spécifia pas. Apollon, bien loin de soup- -
conner la témérité de son fils, jura par le Styx qu'il
n'avait rien à lui refuser, et Phaëion lui demanda alors
la permission d'éclairer le monde. C'est en vain qu'A-
pollon essaya de le détourner de ce téméraire dessein.
Engagé ptr un serment redoutablp, il n'était plus
le maître de retirer sa prome-se ; il fallut céder. Phaë-
ton monte donc sur le char du Soleil; mais les cour -
siers fougueux, ne reconnaissant plus !a main de celui
qui les conduisait, s'écartent de leur route ordinaire :
tantôt ils s'approchent du ciel et menacent de tout em-
braser ; t ntôt ils rasent la terre et dessèchent sur leur
passage les fontaines et les rivières Jupiter irrité prend
sa foudre, en frappe le jeune téméraire, qui tombe
du haut des airs, et va se noyer dans l'Eridan.
Apollon, bienfaiteur des hommes, dieu des arts et
de l'éloquence, avait partout c!ps temples. Le plus
célèbre ezt celui de Delphes, où une prêtresse rendait
en son nom des oracles.
On le représente sous la figure d'un jeune homme
parfaitement beau ; sa tête est couronnée de rayons;
il tient à la main une lyre. Q je'quefois il est armé d'un
arc, dans l'attitude d'un homme qui vient de lancer
une flèche, le visage légèrement contracté par la co-
1ère.
QUKTIOXI. - De qui Apollon était-il fils? — Quels malheurs accompagné-
Itnt sa udissance. ?— Quels dons Juviitr lui lil-il? — De quelle fonction
principale l'a-t-il chnrge? Quel. ans Apollon a-t-il inventé*? - Sa colère
êlail-tlle terrible? — Pourquoi a-i-il lue 1»- serpent Pythou ? - Commenl s'est-i
attiré la colète de JurUer? - Que lit-il pendant »oo exil? — D'lù Tint.gar
haine contre lis Troyens? — Fui-il "'ppell' dans l'Olympe? — Quel fut le
résultai de sa luite*airec le dieu p"n? — Comment punit-il le roi Midaa de
San nuuvaia goût ? — ';Lmœeut L'iiidiscrêiiau du barbier de llidas fut-elle
reTetfe? — Qu. 11. vengeance Apollon tira-t-il du musicien iiars^as, et de
Riobé J—Qmclle fut la uiste destinée de - Où Apollon était-il
..re? - Quel était le plus célèbre de tes tcmptri? «— Comment i £ £ rt|«i«
te t-on ce Dieu? -
20 PETITE
VII. Diane. — Les Muses.
Diane, qui se souvenait des malheurs de sa mère ,
avait résolu, dit-on, de ne jamais se marier; elle obtint
de Jupiter pour compagnes soixante Océanides et vingt
autres nymphes qui avaient renoncé comme elleau ma-
riage. Diane, entourée de ce brillant cortège, n'avait pas
de plus grand plaisir que de poursuivre les bêtes sau-
nages au milieu des forêts. On ajoute néanmoins qu'elle
ne fut pas insensible aux hommages d'Endymion et
qu'elle l'épousa; mais elle cachait avec soin cette union.
Les anciens l'honoraient sous trois noms différents :
c'était tantôt Diane, tantôt Phébé, tantôt Hécate. Le
plus magnifique des temples qui lui furent élevés est
celui d'Ephèse, brûlé par Erostrate. On la représente
sous la figure d'une femme à la taille élancée; elle est
armée d'un carquois et suivie d'une meute de chiens.
son air est mâle et ses pieds sont chaussés de brode-
quins. Quelquefois elle porte un croissant sur la tête.
Les Muses, au nombre de neuf, étaient filles de Ju-
piter et de Mnémosyne; compagnes assidues d'Apol-
lon , elles habitaient d'ordinaire avec lui les sommets
de l'Hélicon ou du Parnasse : l'Hippocrène, Castalie et
le Permesse leur étaient consacrés. On les peint jeunes,
belles, modestes, vêtues simplement. Voici leurs noms
et les attributs qui les distinguent.
Clio préside à l'histoire ; elle tient delà main droite
une trompette et de la gauche un livre ouvert ; sa tête
est couronnée de lauriers. Calliope préside à l'élo-
quence et à la poésie héroïque; son air est majestueux.
Melpomène préside à la tragédie: elle tient d'une main
des sceptres et des couronnes, et de l'autre un poignard.
Thalie préside à la comédie. Polymnie présidefà l'art de
la déclamatien ; elle semble haranguer, et tient un scep-
tre de la main gauche. Erato préside à la poésie lyrique ;
son air est enjoué, sa tête est couronnée de myrtes et
de roses. Euterpe préside à la musique et à la poésie
MYTHOLOGIE. * 21
pastorale: on voit à ses pieds des instruments de musi-
que. Uranie préside à l'astronomie ; sa tête est couronnée
d'étoiles; elle tient dans ses mains un globe céleste. Ter-
psycaore préside à la danse ; elle joue de la harpe.
Les Muses et les Grâces n'avaient ordinairement
qu'un temple ; mais à Athènes les Muses étaient prin-
cipalement honorées. Les poètes ne manquent jamais
de les invoquer au commencement de leur poème.
Qunirions. - De quelles nymphes le composait le cortège de Diane î -
Pourquoi auil-elle renoncé au mariage? — Quelle était ton occupation
principale ?—Quel époux a-t-elle pris en secret ?-Sous qurls noms les anciens
1 'honoraient-ils? — Quel était le plus magnilique de ses temples? — Com-
ment-la représentait-on?
Combien y avait-il de Muses ? — De qui étaient-elles filles f — Quels lieux
habitaient-elles d'ordinaire ? — Quelles fontaines leur étaient consacrées? —
Comment lei représentait-on? — Quels sont leurs noms et les attributs qui
lej distinguent ?
VIII. Bachus.
Sémélé, fille de Cadmus, roi de Thèbes et mère de
Bacchus, périt victime de la jalousie de Junon. Celle-
ci prit la figure de la nourrice de Sémélé pour mieux
la tromper, et lui conseilla de supplier Jupiter, son
époux, de paraître devant elle dans toute sa gloire. Sé-
mélé, flattée de voir le roi de l'Olympe au milieu du
tonnerre et des éclairs, céda trop facilement à ce fu-
neste avis, et Jupiter mit le feu au palais de Cadmus
avec sa foudre. Sémélé périt dans les flammes. Bacchus,
sauvé de l'incendie par Mercure, fut confié aux soins
des nymphes du mont Nysa et ensuite aux Muses et à
Silène, qui resta son fidèle compagnon. Junon, dont la
mort de Sémélé n'avait pu assouvir la haine, envoya
contre Bacchus encore enfant un serpent à deux tètes
que le fils de Jupiter étouffa dans ses bras ; pui3 elle le
frappa de démence, et Bacchus se mit à errer par
toute la terre; ce ne fut qu'en Phrygie qu'il fut déli-
vré de cette terrible maladie. Pendant sa course vaga-
bonda, s'étant endormi dans l'île de Naxos, il fut enlevé
par des pirates; à son reveil, il les changea eu dau-
22 PETITE
phins, à l'exception de leur chef qui n'avait pas ap-
prouvé cette violence. Puis il entreprit la conquête des
Indes. Suivi du vieux Silène et d'unemultitude d'hom-
mes et de femmes qui t'accompagnaient au son des
tymbales et des tambours, il soumit tout le pays, sans
verser une goutte de sang.
Dans la guerre des géants contre Jupiter, il n'acquit
pas moins de gloire : il se changea en lion, et tua Rhé-
cus le plus redoutable des titans.
Bacchus est le dieu du vin. On le représente d'ordi-
naire sous les traits d'un jeune homme à l'air riant, à.
la chevelure bionde; quelquefois il est assis sur un
tonneau 011 sur un char traîné par des panthères et des
tigres ; sa tête est ceinte d'une couronne de pampre et
- de lierre. Il porte un thyrse à la main. Parmi les oi-
seaux, la pie lui est consacrée.
Son culte était fort rép. ndu dans la Grèce, où lion
célébrait en son honneur des fêtes très bruyantes ap-
pelées Bacchanales. Les prêtresses de Bacchus ou
Bacchantes couraient échevelées en poussant des cris
discordants.
Au reste ce dieu, si l'on en croit la tradition, ne
souffrait pas volontiers qu'on méprisât hon culte. Pen-
thée, petit-fils de Cadmus, ayant voulu s'opposer au
fêtes de Bacchus, fut mis en pieces sur le mont Cithé-
ronpar des bacchantes, qui le prirent pour un lionceau.
Les filles de Minée, roi d'Orchomène, furent chan-
gées en chauves-souris pour avoir refusé de prendre
part aux bacchanales. Uu roi de Thrace, nommé Ly-
curgue, tomba dans un tel accès de démence qu'il
coupa les jambes de son fils Dryas en croyant couper
des vignes ; c'était Bacchus qui avait égaré sa raison
pareequ'il avait troublé Us Bacchantes dans l'une de,
leurs orgies.
QUESTIONS. — Comment périt Sémélé, mère de Bacchus? — Qui saUTa-
Bacchus? — A quels soins fut-il conriè ? — Comment Junon se vengea-t-elle
de Sémélé sur Bacchus? — Quel p-lys a-t-il parcouru?— Quelle aventure
lui arriu dans l'île de Naxos ? — Comment a-t il fait la conquête des Indwî
MYTHOLOGIE. 25
— Ne s'est-il pas distingué dans la guerre des géants? — Comment le repré-
._e-l-oo 1 — Quels otfeaux lui étaient consacrés?— Quelles fêtes célébrait-
on en ion hoineur? — Comment ce dieu se Tengea-t-ii de Peathée ? - Dea
tiliel de Minée? — De Lycargue?
JX. Prométhée.—Jaaus.—Atlas.—Les Pléiades.
Prométhée était fils de Japet et de Clymène, fille de
l'Océan. On dit que du limon de la terre il fit un
homme. Minerve charmée de la beauté de cet ouvrage,
lui offrit de contribuer à le rendre encore plus parfait.
Prométhée, conduit par Minerve, dans les régions cé-
lestes , s'aperçut qu'un feu divin animait toute la na-
ture ; il conçut le hardi projet d'en dérober une étin-
celle pour donner la vie à sa statue d'argile.
Fier de ce premier succès , Prométhée essaya de
tromper Jupiter et d'éprouver jusqu'à quel point il
méritait les honneurs divins. Ayant tué deux bœufs ,
il mit dans la peau de l'un d'eux les os, et dans la
peau du second la chair. Jupiter choisit le premier ;
furieux d'avoir été joué par un mortel, il priva les
hommes de l'usage du feu. Mais Prométhée qui con-
naissait le chemin du ciel, en rapporta une seconde
fois le feu divin. Le maître des dieux, plus irrité que
jamais ordonna à Vulcain de former une femme du
limon de la terre et de l'envoyer à Prométhée ; elle
était douée de toutes les perfections, et s'appelait
Pandore • mais en même-temps Jupiter lui avait fait
présent d'une boite qui devait être bien funeste. Pro-
méthée , dont la prudence était consommée, ne voulut
ni de Pandore, n1 de sa boite ; mais son frère Epi-
méthec, beaucoup moins sage, épousa Pandore et ouvrit
la boite fatale. Elle renfermait tous les maux qui inon-
dèrent aussitôt la terre. Epiméthée la referma trop
tard: il ne resta au fond de la boite que l'espérance.
Cependant Jupiter toujours vaincu par Prométhée
résolut enfin de se venger. D'après son ordre, Mer-
cure s'empara de Prométhée , et l'enchaîna sur le
Caucase, où un vautour lui dévorait les entrailles qui re-
- 24 PETITE
naissaient sans cesse sous le bec cruel de Toiseau de
proie. Prométhée avait été condamné à cet horrible sup-
plice pour trente mille ans ; mais Hercule ayant tué te
vautour délivra le malheureux fils de Japet, qui retour-
na dans la Grèce, où il fut honoré comme un Dieu. Les
Athéniens lui élevèrent un autel et célébraient des jeux
en son honneur.
On prétend que Janus régnait en Italie dans le
temps où Saturne, chassé de l'Olympe vint s'y réfugier;
mais qu'il n'était pas originaire de ce pays; il était
venu de la Thessalie, et s'était emparé d'une portion
de territoire voisine du Tibre : il y bâtit une ville qu'il
nomma Janicuie.
Janus était > dit-on , le fils d'Apollon et de Créuse,
fille d'Erechthée , roid'Athènes; même avant l'arri-
vée de Saturne dans le royaume qu'il avait fondé, Ja-
nus avait déjà adouci les mœurs de ses sujets, bâti plu-
sieurs villes et commencé l'âge d'or. C'est après sa
mort qu'il reçut les honneurs divins. Son règne avait été
si paisible qu'on en fit le dieu de la paix. Les Romains
qui l'honoraient d'un culte tout particulier, lui élevè-
rent un temple dont les portes restaient ouvertes en
temps de guerre, on ne les fermait que pendant la paix.
Le premier mois de l'année lui était consacré et
porte encore son nom. On le représentait avec deux
visages , quelquefois avec quatre. Il tenait ordinaire-
ment une clef et une baguette. Sur les médailles on
voit souvent d'un côté Janus, et de l'autre une barque,
un navire ou une couronne.
Atlas, au rapport des poètes, était comme Prométhée
fils de Japet et de Climène ; quelques-uns lui donnent
pour mère Asia, autre fille de l'Océan ; d'autres pré-
tendent qu'il était frère de Saturne. On dit qu'il épousa
la fille d'Hespérus, et qu'il en eut sept filles appelées
Hespérides ou Atlantides. Voici leurs noms : Maïa ,
Electre, Taygète, Astérope, Mérope, Alcyone et Cé-
loeno-Comme elles étaient, d'unebeauté et d'une sagesse
peu communes, Busiris,roi d'Espagne, conçut le dessein
de s'en emparer ; il paya des pirates qui les enlevèrent.
MYTHOLOGIE 23
Mais Hercule surprit les ravisseurs, délivra les Hespéri-
des et les rendit à leur père. Atlas reconnaissant fit
présent à Hercule des pommes d'or de ses jardins.
Ces jardins étaient gardés par un dragon terrible qui
en défendait l'approche.
On prétend que les filles d'Atlas, qu'on appelait aussi
Pléiades du nom de leur mère Pléione, furent méta-
morphosées en étoiles, parceque leur père avait voulu
lire dans les secrets des dieux. Elles forment aujour-
d'hui une constellation composée de six étoiles. La
septième a disparu; c'était Electre, femme de Darda-
nus, quise cacha vers letemps de la guerre de Troie pour:
n'être pas témoin des malheurs de sa famille. Néan-
moins elle apparaît quelquefois aux yeux des hommes,
mais les cheveux épars et sous la forme d'une comète.
Atlas, dit on, fut condamné par Jupiter à porter le
monde sur ses épaules, parcequ'il s'était joint aux Ti-
tans pour lui faire la guerre. Une autre tradition sup-
pose que Persée, fils de Jupiter, étant venu demander.
l'hospitalité à la cour d'Atlas, ne fut pas accueilli par
ce prince, et qu'irrité de sa dureté il lui présenta la
tête de Méduse. Cette tête possédait l'étrange pro-
priété de pétrifier ceux qui la regardaient. Atlas fut
donc changé en une énorme montagne qui traverse le-
nord de l'Afrique dans presque toute sa longueur.
QUESTXOXS.— De qui Prométhée émit-il fils? — De quel ouvrage est-il l'au.
leur? — Quel service Minerve lui a t-elle rendu dans celle circoustance? —
Jusqu'à quel point l'orgueil a-t-il égaré Promélhée? — A quelle épreuve
soumit-il Jupiter lui-même? — Pourquoi- celui-ci priva-t-il les hommes de
l'mage du feu? — CODlDteul Proiné'hée le leur a-t-il rendu? — Qu'était Pan-
dore? — Quel présent Tut-elle chargée d'offrir à Promethée? — Quelles furent
les consèquenees de l'imprudence d'Epiméthée ? — Quelle terrible vengeance
Jupiter tira-t-it de Promsthée? — Qui le delivra? - Quel peuple adora Promé.
thée comme un Dieu ?
D'où venait Jauus? — De qui était-il G!s? — Sur quelle partie. de l'Italie
régna-t-il ? - Comment gouverna-t-il ses sujets? - Pourquoi les Romains en
firent-ils un Dieu? — Dans quelle occasiou fermaient-ils les portes de son
temple? — Quel mois lui était consacré? — Comment le rrprésentail-on?
- Quels étaient ses attributs?
De qni Atlas était-il fils? - Qui épousa,t-il? — Combien eut-il de filles el
quels étaient leurs noms ? - Par qui furent-elles enlevées? — Qui les dé-
livra? — Comment Allas temoigna-t-il sa reconnaissance? — Comment
les dieux métamorphosèrent-ils les filles d'Atlas? — Quelle fut la destinée -
d'a il-il ?
go- ?!ÏTITE
DEUXIÈME PARTIE.
DIEUX DE LA MER.
1, L'Océan et Téthys.—Neptune et Amphitrire.
L'Océan étaitiils d'Uranus et de la Terre ; il épousa
Téthys, sa sœur, qui lui donna un grand nombre d'en-
fants, entre autres les trois mille nymphes, connues sous
le nom d'Océanides.. On cite encore comme enfants de
l'Océan et de Téthys les fleuves et les fontaines,
Protée, Nérée, etc. Jupiter, dit-on, ayant été lié et
garrotté par les autres dieux , Téthys parvint à lui
rendre la liberté.
On représentait l'Océan sous la figure d'un vieillard
assis sur les ondes de la mer , le front armé de deux
pinces d'écrevisse, tenant une pique à la main et ayant
à ses côtés un monstre marin. On lui offrait des liba-
tions en le priant d'accorder aux nautonniers un heu-
reux retour. Dans les temps calmes les marins lui im-
molaient des agneaux ou des porcs, et dans les tem-
pêtes un taureau noir.
Neptune, fils de Saturne et de Rhéa, ne fut pas
d'abord aussi heureux que Jupiter. Saturne le dévora
comme plusieurs autres de ses enfants ; mais, grâce au
breuvage que Jupiter fit prendre à son père, Neptune
fut rendu à la vie. Dans le partage du monde, il obtint
l'empire des mers. Il parait que, peu content de son
apanage, il s'unit aux autres dieux pour détrôner son
frère ; le complot ayant été découvert, il fut chassé du
ciel et privé de son rang ; comme Apollon, il se mit
au service de Laomédon,roi de Troie, et l'aida à cons-
truire les murs de cette ville. Mais Laomédon refusa
de lui payer le salaire convenu Quelque temps après
Neptune se réconcilia avec Jupiter et recouvra les hon-
neurs divins. Il profita de son pouvoir pour se vengea
de Laomédon ; la mer en se débordant renversa les
MYTHOLOGIE.. 27
murailles de Troie, et en outre Neptune envoya un
mons'ra marin qui ravagea la Troade. Hercule seul put
en délivrer ce malheureux pays.
Neptune épousa Amphitrite, fille de l'Océan et de
Doris. Son mariage éprouva de grandes difficultés ;
mais un dauphin, qu'il chargea de nég.;cier cette affaire
délicate, parvint à la faire réussir complètement, et
Neptune reconnaissant le plaça parmi les astres.
Comme dieu de la mer, il était après Jupiter le plus
puissant des dieux ; il était adoré presqu'en tous lieux ;
les Romains et les Grecs céléb, aient en son honneur
des fêtes magnifiques. On ie repré entait debout sur
un char en forme de conque et traîné p:¡r des chevaux
marins ou par des chevdux ailes. Il tient un trident à
la main avec lequel il calme ».u soulève les flots de
la mer. Homère supposa qu'en trois pas il parcourt
l'horizon et que le bruit de sa marche fait trembler les
montagnes et les forêts.
QCSSTIOKS. - De qui l'Océan était-il fils? - Qui épousa-til? - Combien
«ut il d'enEanls.— Quel serrée Teth): rendit-tlle à - Commeot
leprésnQiait-on l'Océau ? - Quelles victimes Illi immolait-on ?
De qui Neptune était-il fils? - Commeht ful-il rendu à la vie ? - Pourquoi
fut-il chassé du ciel P — Que fil-il pendant-on exil ?— Comment se tengea-
t-il de 1> mauvaise foi de Laomédonr — Qui Neptune épousa-l-il ? — COffi1
ment récompensa-t-il le Dauphin qui naît négocié sun mariage ? — Où était-
il adoré ? — Comment le représentai t-on ? - Quelle idte Homère donne-t ii
de ce Dieu ?
XX. ETérée,—les Néréides.-Les Tritons.—Frotée,
Nérée était un dieu marin du second ordre; on dit
qu'il était fils de l'Océan et de Téthys, et qu'il épousar
Doris, sa sœur, dont il eut cinquante filles appelées Né-
réides.
Il faisait son séjour ordinaire dans la mer'Egée, où
les Néréides le divertissaient par leurs citants et leurs
danses. Il avait la réputation de prédire l'avenir, et
changeait même souvent de forme pour se soustraire
28 PETITE
aux importunités de ceux qui venaient le consulter.
On prétend qu'il annonca à Pâris, fils de Priam, le
sort funeste qui l'attendait, et que gràce à ses congeils
Hercule obtint les pommes d'or du jardin des Hespé-
rides. On le représentait sous les traits d'un vieillard
avec une longue barbe couleur d'azur.
Quant aux Néréides, on leur dressait principale-
ment des autels sur les bords de la mer ; on décorait
de coquillages l'entrée des grottes où on supposait
qu'elles faisaient leur séjour. Les marins les invoquaient
dans leurs voyages et leur offraient des libations de lait
et de miel. On les représentait sous les traits de jeunes
filles assises sur des Dauphins et tenant en main des
guirlandes de fleurs..
Triton était fils de Neptune et d'Amphitrite ; il pré-
cédait le dieu des mers, et annonçait son approchç en
sonnant de la trompette avec sa conque. Quelquefois
ce nom s'applique à tous les dieux marins qui entou-
raient le char de Neptune ; Us ont le corps de l'homme
et une queue de poisson , des yeux bleus et des na-
geoires au lieu de jambes. , Leurs mains sont couvertes
d'écaillés. -
Protée, fils de l'Océan et de Téthys, gardait les trou-
peaux de Neptune; le dieu des mers pour le recom-
penser de ses services, lui accorda le don de deviner
l'avenir. Il habitait d'ordinaire les grottes de la mer de
Carpathie ou les environs de Paiiènes en Thessalie.
La foule de ceux qui venaient le consulter était si
grande , qu'il voulait, comme Nérée, échapper à tant
d'importunités. Il prenait toutes les formes; c'était
principalement lorsqu'il se reposait sur les bords de
la mer qu'on cherchait à l'interroger. Mais ce dieu
bizarre se métamorphosait en lion, en dragon, en léo-
pard, en sanglier, en eaux, en arbre, pour se sous-
traire à fa curiosité des visiteurs. S'ils se laissaient
effrayer par ces continuelles transformations , Protée
leur échappait, et ils étaient obligés de s'en retourner
sans connaître leur destinée.
Aristée, ayant perdu ses abeilles, alla trouver sa mère

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