Petites nouvelles cruelles

De
Publié par

Cruelles, ces nouvelles le sont par la violence des pensées et des actions des êtres qui les peuplent, par les situations paroxystiques qu’elles mettent en scène, comme par la simple et déchirante souffrance humaine qui les hante. Mais plus encore par le regard sans complaisance que l’auteur jette sur les choses, par sa lucidité, qui n’épargne rien ni personne, et que n’atténue qu’une compassion sourde, pudique – d’autant plus émouvante.
Françoise Rigal est comédienne, traductrice et écrivain. Petites nouvelles cruelles est son premier livre.
Publié le : mercredi 1 avril 2015
Lecture(s) : 0
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782756107189
Nombre de pages : 179
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Françoise Rigal
Petites nouvelles cruelles




Cruelles, ces nouvelles le sont par la violence
des pensées et des actions des êtres qui les
peuplent, par les situations paroxystiques
qu’elles mettent en scène, comme par la simple
et déchirante souffrance humaine qui les hante.
Mais plus encore par le regard sans
complaisance que l’auteur jette sur les choses,
par sa lucidité, qui n’épargne rien ni personne,
et que n’atténue qu’une compassion sourde,
pudique – d’autant plus émouvante.

Françoise Rigal est comédienne, traductrice et
écrivain. Petites nouvelles cruelles est son
premier livre.



EAN numérique : 978-2-7561-0717-2978-2-7561-0718-9

EAN livre papier : 9782756102658

www.leoscheer.com PETITES NOUVELLES CRUELLESCollection M@nuscrits
Collection dirigée par Léo Scheer.
Comité:Florent Georgesco, Julia Curiel,
LaureLimongi, Angie David.
Dans la même collection
Rater mieux,Barberine, 2008
La Chambre,Jean-Clet Martin, 2009
Son absence,Stéphane Darnat, 2009
Adore,Dahlia, 2009
Apprivoiser l’éphémère,Alexandra Varrin, 2009
Les Séditions,Karl Mengel, 2009
Regardez dans la fêlure,Raphaël Ader,2010
Récits d’Ostwand,Éric Meije, 2010
Coke de combat,Rip,2011
Cent mots dire,Alain Baudemont, 2011
Morningside Park,Jean-Clet Martin, 2011
Lolita ne vieillit pas,Julie Oyono, 2011NOTEDEL’ÉDITEUR
Avecl’avènementdel’imprimerie,ilyacinqsiècles,laplanète
Gutenbergapermisl’accèsduplusgrandnombreàlalecture.
Avecl’avènementdunumérique,depuisunedizained’années,
une nouvelle et rapide mutation se déroule sous nos yeux
qui permet l’accès du plus grand nombreàl’écriture.
Nous
assistonsàl’éclosion,surl’Internet,d’unemultituded’écritures,véritableexplosiondecequ’ondésigneparfoiscomme
lablogosphère,termequivientdel’écriturequotidiennedes
blogs, particulièrement répandus dans notrepays.
Comment faireserencontrer la blogosphèreetlaplanète
Gutenberg?C’estunedesquestionsmajeurespourl’édition
de demain.
En novembre2007, le site de notremaison d’édition
www.leoscheer.comacréélapossibilitéderecevoiretdemettre
en ligne les m@nuscrits transmis par courrier électronique.
Il s’agit d’une premièredans le monde de l’édition.
Ces textes sont lus, discutés,commentés,évalués,
recommandés par un nouveau type de comité de lecture, qui
s’est constitué spontanément autour de ces m@nuscrits en
authentique communauté littéraire.
La collection M@nuscrits permet au livreetàlalibrairie
d’accueillir,sur papier,ces nouvelles écritures venues de la
blogosphèreetdel’Internet.Dans le passage de l’écran au papier,dans
cette«rétropublication» qui irrigue de plus en plus l’édition,verra-t-on
apparaîtredenouvelles formes, des enjeux différents, pour
la littérature?
Tellessontlesquestionsqueseproposedetraiterlacollection
M@nuscritsenoffrantauxlecteurslemoyendecommencer
àimaginer etàexplorer la révolution qu’elles annoncent.
Léo ScheerÉditionsLéo Scheer,2011©
www.leoscheer.comFrançoise Rigal
PETITES NOUVELLES CRUELLES
M@nuscrits
Éditions Léo ScheerLAREINE DES NEIGES
Cette nuit, au milieu de la lourdeur du premier sommeil,
alors que je sombrais dans l’oubli, j’ai ressenti une douleur
aiguë, comme un stylet me déchirant le cœur.Jemesuis
réveillé en sursaut. Je ne savais plus où j’étais. Couvertde
sueur,jefrissonnais.Jesuis resté immobiledans l’obscurité
poisseusequi m’enveloppait,analysantfroidementlemalaise
qui m’avait envahi, pour mieux le refouler.J’ai toujours su
cloisonner,contrôler.Jenepermets jamaisàl’angoisse de
me submerger.Cette fois je m’étais laissé surprendredans
l’abandon de la nuit.
L’étreintequimeserraitlecœurmerappelaitunesensation
ancienne, un passé oublié derrièreles innombrables strates
du temps. Soudain quelque choseajailliàmaconscience,
une image:lareine des neiges… Le conte qui me fascinait
quand j’étais petit. J’ai toujours su que le garçon du conte,
c’était moi. Je ressentais la pointe de glace enfoncée,
profonde, dans mon cœur.Elle était là, fichée depuis ma
naissance, me protégeant de tout mal, me plaçantàpart,
armureglaciale d’une froide et indifférente supériorité.
Comment avais-je pu l’oublier?
11La nuit d’hiver bruisse autour de moi. L’air gelé brûle mes
poumons. Jecoursàtraverslaforêt,pistantmaproie. Jene
faisqu’unavecl’obscuritéqui m’enveloppeetlaterrequeje
foule.Uncraquement.Jemefige,auxaguets,tenducomme
la corde de l’arcque je tiensàlamain, tout mon corps
vibrant,dressédanslesrayonsglacésdelapleinelune.Ilest
là. Tout proche. J’entends son souffle affolé, ses hoquets,
ses halètements. Je sens l’âcreodeur de la peur dans mes
narinespalpitantes.Jem’approche,silencieuxetfurtifcomme
une ombre. Je le découvre, dissimulé derrièreunbuisson
d’épines. Épuisé, hagard, tremblant de froid, il tente de se
loverdansuntroudefeuilles.Lavuedesoncorpsnu,couvert
denouvellesécorchuresetdeboue,accentuemonexcitation.
Quandilm’aperçoit,saboucheetsesyeuxs’agrandissentde
terreur.Lehurlement se bloque dans sa gorge, il ne réussit
qu’à gémir d’horreur.Jelui ai coupé la langue ilyadeux
jours. Ma premièreflèche l’atteintàl’épaule, la seconde lui
perce la cuisse. Les six autres dessinent une composition
hétéroclite pendant qu’il se torddedouleur sous leurs
impacts. Bientôt il ne bouge plus. Seule sa poitrine se lève
et s’abaisseàunrythme ralenti.Jem’approche lentement.
Je saisis ses cheveux rougis, je baise sa bouche sanglante,
pleine de terre, je caresse sa peau douce, humide de sueur,
et retrouvesous mes doigts les balafres que mon couteau y
atracées. Sondos et ses fesses tailladés saignent encore. Il
est si beau ainsi. Je le possède une dernièrefois, les genoux
plantés dans la boue froide et gluante. Je force sa chair
torturée et les spasmes de l’agonie accentuent ma jouissance.
Enfin je saisis mon couteau et l’égorge. Ilaété courageux,
il mérite que je le délivre.
12Du plus loin que je me souvienne, j’ai la sensation de vivre
derrièreunevitreépaisse,d’êtreséparé.Lesimages,lessons
meparviennentdécalés,déformés,commel’échodeplanètes
lointainesàtravers un télescope. Les êtres qui s’agitent de
l’autrecôtédelavitrem’étonnentquelquefois, m’indiffèrent
toujours, je ne peux les atteindre, ils ne peuvent me
comprendre… J’ai toujours eu l’impression que mon univers,
derrièrelavitre,étaitaussiriche,aussivaste,aussicomplexe,
aussimultipleetsurprenantquelerestedumondeetqueje
n’aurai jamais fini de l’explorer,del’appréhender.Qu’ai-je
besoin des autres hommes quand je suis une galaxieàmoi
seul?Ils ne peuvent servir qu’à mon plaisir.
De la petite enfance, je n’ai que de vagues souvenirs. Mes
besoinsprimitifsontétéassouvis,j’aitété,j’aidormi,j’aiété
lavé, changé, onasoutenu mes premiers pas… et pourtant
jen’engardeaucunesensation,aucuneémotion. L’imagede
ma mèren’évoque pour moi qu’une femme effacée,
sans
relief,etdemonpèrejenemerappellequelasombrehébétude d’une brute avinée. Il ne m’apourtant jamais battu,
jamais abusé. Ne cherchezpas d’explication simpliste. Je
crois que la médiocrité de mes géniteurs n’est pour rien
dans ce qu’onapuqualifier chezmoi de monstrueux. Que
les hommes sont étranges!Ils nommentuosité ce
qui est une caractéristiqueunique de l’espèce humaine:la
cruauté. Je ne suis pas un monstre, malheureusement pour
eux. J’ai affronté plus lucidement cette partdesoi qu’ils
s’obstinentànier,c’est tout. Je suis allé au bout de ma
nature, de mon instinct, de mes appétits.
Jusqu’à présent je m’étais refuséàtoute introspection. Je
déteste cet exercice minable d’autosatisfaction ou
d’autoflagellation,cequirevientaumême.J’aiinlassablementvisé
13la discipline absolue de mes pulsions, de mon mental. Ici,
je continueàm’exténuer par des heures d’exercices
ininterrompus,àcontrôlermonsouffle,àmeconcentrer,àméditer.
Je n’abdique rien. Je ne perds pas mon tempsàressasser ou
àanalyser.Mais cette nuit la reine des neiges m’asaisi. Elle
mepousseàrevenirsurlepassé,àconsidérersans
complaisance la trace sanglante de ma vie.
Alorsquejemevautredanslesangdemadernièrevictime,
réapparaît le souvenir du premier.Jevenais d’acheter un
camping-car.Jel’avais aménagé soigneusement. J’en avais
faitunrefuge,uneplacefortemobilequimepermettraitde
sillonner le pays et d’échapperàlaroutine. Je ne
soupçonnais pas encoreconsciemmentàquoi il me servirait, mais
mon instinct le savait.
Je le croisai alors que je partais en vacances. Il était là sous
la pluie, planté au borddelaroute,àunkilomètredela
caserne.Jereconnusunappeléquej’avaisremarquéquelques
joursauparavant.C’étaitungrandgarçonblond,àlamèche
épaisseretombantsurdesyeuxdeporcelaine,auregardnaïf
de gamin. Je lui proposai de le déposeràlagare.
J’en garde un souvenir presque attendri. Plus tard, j’ai
découvertson nom dans le journal. J’avais oublié de le lui
demander.J’ai parcouruunimmense chemin avec lui. Je
lui ai fait traverser des abîmes, je l’ai transfiguré, lui faisant
explorer en quelques jours toute la palette des sensations
humaines.D’ungarçoninachevéetgauche,j’aifabriquéun
êtresublimé par la douleur et la haine. Ilatout vécu, tout
compris, tout connu, jusqu’à une mortdemandée et reçue
dans ce qui pour moi s’apparente le plusàdel’amour.Lui
aussi je l’ai chassé nuàtravers des bois impénétrables,àlui
14aussi j’ai dessiné sur le corps les plus belles arabesquesqui
puissent naîtred’un couteau affûté. Je l’ai fait désespéreret
espérer suivant mon bon plaisir,ilm’a fait jouir de toutes
les façons possibles,àmaintes reprises… Pour la première
fois de ma vie j’ai eu l’impression de toucher un autreêtre
humain.
Pendant de longues années, j’ai accumulé comme une
éponge les milliards d’impressions indécises qui assaillent
une conscience d’enfant. Ne pouvant ressentir d’émotions
automatiques–jeneriais ni ne pleurais jamais –, j’étais
toujours surpris et perplexededécouvrir chezceux qui
m’entouraient les grimaces outrées qui accompagnent la
manifestationdessentiments,unepantomimemeparaissant
proche de la folie. Pour comprendreleurs comportements
je scrutais les êtres humains comme on étudie les mœurs
des coléoptères. Je compris vite les codes et les rites, les
dominances,lesservages,lesforcesetlesfaiblesses.Lacour
de récréation fut mon meilleur champ d’expérimentation.
En observant les autres enfants, tous engagés aveuglément
danslalutteéternelleetdérisoiredeshiérarchiesetdesclans,
jecomprenaiscommentfonctionnelemondedeshommes.
Je sus que je n’yparticiperais pas. Quej’étais«à part».
Pourtant,j’aitoujoursvouluentrerdansl’armée.Maparfaite
condition physique et mon niveau intellectuel largement
suffisant m’ouvrirent grand les portes des commandos.
C’étaitcequejerecherchais.Jevoulaismedépasseretfranchir
une nouvelle étape dans la construction de ma puissance
physiqueetmentale.C’estàl’arméequej’aisuividesstages
desurvie. Perduaumilieudelajungleguyanaise,seul,sans
nourriture, je devais me débrouiller armé de mon couteau
15de chasse. J’y appris également,dans des simulations de
camps de prisonniers,àrésister aux interrogatoires, même
musclés. Ce qui m’abien servi ces derniers mois.
L’armée est un univers où ma personnalité peut s’affirmer.
Les rapports hiérarchiquesysont stéréotypés et facilement
repérables, la progression automatique. Je n’ai pas besoin
d’investir dans les relations humaines pour faireavancer
ma carrière. Personne ne s’intéresseàmavie privée. C’est
un univers d’hommes, donc l’endroit rêvé pour repérer
mon gibier.
Quand je choisis mes proies, je le fais soigneusement. Je
sélectionnedes garçonssolides pour les fairedurer aussi
longtempsquemondésir,vigoureuxpourtirertoutleplaisir
possible de la chasse, et courageux pour jouir de leur
soumissioncomplèteetdeleuranéantissement.Rien n’estplus
excitant que de lirelaterreur dans leurs yeux, d’entendre
leurssupplications,deboirelesgémissementssurleurslèvres,
delécherleursplaiessanglantes.Dansmatêteseconfondent
touslesvisages,touslescorps,touteslesvoix,lesmutilations,
les cicatrices, les cris. Je ne me souviens que des battements
forcenés de mon cœur et des décharges de mon sexe.
C’estàlafindel’adolescencequej’aidécouvertl’exaltation
etlajouissancequemeprocurentladouleuretlesang.D’une
intelligence normale, et même supérieureàlamoyenne, je
n’étais pourtant pas aimé de mes professeurs dont je
désarçonnais toute tentativedecontact par un regardfroid et
vide. Ilsm’oubliaient rapidement au fond de la classe et,
mes notes étant correctes, me fichaient une paix royale.
J’éloignais tout aussi facilement les avances de mes
condisciples.Unjour,enjouantaubasket,jebousculaietfistomber
16un garçon plus grand que moi. C’était un redoublant, un
barbaremassif qui imposait sa loi au plus grand nombreà
coups de pied et de poing. Alors qu’il me balançait un
direct du droitàassommer un bœuf,j’esquivai habilement
etluilançaiunregardsimenaçantqu’ilrecula,impressionné.
Àlasortie, aidé de deux fidèles courtisans, il me donna
la
chasse.J’eusbeautentertouteslesrusespourleuréchapper
etcourircommeundératé,jenepuslessemer.Ilsmerattrapèrent et m’entraînèrent dans un terrain vague. Tandis que
ses sbires me tenaient fermement les bras, il me rossa
méthodiquement. Haletant après une course épuisante,
démoli par les coups, je ressentis pour la premièrefois la
paniqueetlapeurdelamort.Mesassaillants,emportéspar
la jouissance de la tuerie, finirent par tous s’acharner sur
moi dans une danse insensée. Je me réveillai une heure
après, étendu dans la boue, tremblant sous la pluie qui
s’était miseàtomber drue et froide. Je me traînai jusque
chezmoi, plié en deux, et me glissai dans la salle de bains
sans êtrevudemamère. Je fis couler un bain chaud et me
déshabillai.Jen’avaisriendecassé,àpartquelquescôtesqui
me faisaient gémir au moindremouvement. Monvisage
était presque épargné mais tout mon corps était couvert
d’hématomes. Je me couchai pour recouvrer mes forces.
Quandmamèrem’appelapourledîner,jeréussisàprévenir
sa curiositéencriantàtravers la porte que j’étais fatigué et
ne mangerais pas. Elle n’osait plus entrer dans ma chambre
sans autorisation, ses dernières tentatives ayant été
particulièrement humiliantes.Elle n’avait jamais été de taille à
m’affronter.
Réfugié dans mon lit, je méditais sur ce qui venait de se
passer.Jecomprisqu’étantseul,etdésirantlerester,jedevais
17me forger une armureimpénétrableàlabêtise
etàlabarbarie. J’avais laissé s’introduirepar faiblesse ces larvesdans
mon univers. Ilsavaient tenté de me détruire. Cela ne se
reproduirait pas. Jamais plus je ne serais une proie.
Dorénavant, c’était moi qui ressentiraisl’excitation bestiale du
chasseur.Jefislesiègedemesparentspourqu’ilsmepayent
lescoursd’artmartiauxquisemblaientlemieuxservirmon
dessein.Jecommençaicetentraînementintensif,quiaboutit
àmedonner le plus grand pouvoir sur moi-même.
Je n’avais jamais perdu de vue mes agresseurs. Je me
préparais soigneusement pour eux. Ilsserviraientdepartenaires
involontairesàmon apprentissage. Je testerais sur eux la
valeur de ma ruse, de mon intelligence et de ma cruauté.
Jeprisbeaucoupdeplaisiràmettreaupointleurchâtiment
etàl’exécuter.Personne ne me soupçonna jamais. J’avais
laissé passer assezdetemps pour qu’ils m’aient oublié. Ils
avaientévoluéaucoursdesannéesetdirigeaientmaintenant
la filièreprospèredutrafic de drogue du lycée. Ilsétaient
encoreplus redoutés.
Onretrouvaleurchefnoyédanslecanalquitraversaitlacité.
Comme je m’étais bien amusé avec lui, il était dans un sale
état.Oneutdumalàl’identifier.Lapoliceattribualecrime
àunrèglement de comptes entretrafiquants. Quantàses
deux comparses, des accidentsinexpliqués les réduisirent à
l’état de loques, percluses dans des fauteuils roulants.
Je n’avais jamais approché les femmes. Au lycée les
minauderies et les œillades des filles me laissaient de glace. J’étais
tellement pris par l’élaboration d’un moi invulnérable que
lasexualiténemepréoccupaitpas.C’estàl’armée,ensuivant
les autres en bordée, que je découvris l’amour physique. Je
m’accouplaisansproblèmeavecdesprostituées,maissansen
18TABLE DES MATIÈRES
La reine des neiges .................................................... 11
PortedelaChapelle .................................................. 21
Leboxer.................................................................... 51
Andes ....................................................................... 55
Noyées...................................................................... 57
Un homme ............................................................... 61
1975 ......................................................................... 71
L’attrait des Atrides ................................................... 77
Cloclo ...................................................................... 93
Tania ........................................................................ 97
Les règles .................................................................. 107
Impressions .............................................................. 123Achevé d’imprimer en mars 2011
sur les presses de la Nouvelle Imprimerie Laballery
58500 Clamecy
Dépôt légal:avril 2011
N° d’impression: 103050
Imprimé en France

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Dangereux rêve

de hachette-black-moon

Propofol

de editions-leo-scheer

Place Colette

de editions-leo-scheer

Fors intérieurs

de editions-leo-scheer

suivant