Pétition des fabricans de porcelaine, fayences fines et communes du royaume, à l'Assemblée nationale ([Reprod.])

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[de l'impr. de Ve Herissant] (Paris). 1790. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1790
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NBS 1010a
(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LESARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
DES
FABR ICANS
De.
communes du Royaume,
4
P É TITION
D E
FABRICANS
De Porcelaine, Fayences fines &
communes du Royaume.
NATIONALE.
Messieurs,
L'ASSEMBLÉE NATIONALE, dans fort
Adreffe aux Provinces découvre aux François
la perfpedive du bonheur & de la gloire qui
s'ouvre à leurs yeux mais elle ajoute qu'il lui
refte encore quelques pas à faire; ces dernier.
pas, fans doute, étoient réfervés à la reftaura-
tion du Commerce prefque anéanti dans tout
le Royaume,
(if
Ellc fait'auïïï vojr la eau fe ,du., Peuple par-
après dftjnnornbrablcs abus;
mats Meflieurs il en eft un encore qui, pri-
vant la chiffe la plus laborieufe des Citoyens de
fes moyens d'exigence, lui paroît d'autant plus
féconde eri même temps
une Nation à laquelle elle doit fun malheur.
'L'A.çgtètepre poflede des millions à jamais
perdus pour la France., ainfi que l'a judicieufe-
ment rcptijféilté un honorable Membrue de votre
augufte -Affèmbléc les Ouvriers^1 dç-teus états
languiflans faute d'ouvrage, & ne pouvant envi-
fager le terme de leurs maux, font réduits à
frcrtiir'sftt nom de pere lorfqu'ijs portent leur
vue fur lents malheureux en fans.
Les Fabricans premiers foutiens de cette
claffe infortunée, attendaient dans une muette
douleur la fin de cette calamité loin de la
trouver dans le patriotifme que devoit naturel-
lement faire naître la fédération de tous les
Citoyens du Royaume, ils n'y ont vu que de
Nouveaux fujettf de défefpoir.
Témoins de ces repas ott la fraternité ne dif-
tjnguoit plus! de rangs par-tout s'offiroîent à
vaiflelles angloifes, dont la pro-
fufion àfl&ifoEiook du fiel'des regrets, les mets
que h çir<!onftance eût rendus délicieux. Les
{Réputés de toutes les Provinces, fôduits, comme
les habitans de la Capirale, par l'attrait de la
<̃•>
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nouveauté, fubjugiiésr par l'impérieux exempte
des perfonnes élevées aux premieres dignités,
n'ont pn.fe défendre de porter dans leurs foyers
les preuves de leur foib.lefTe,
( t ) L'étranger ne vit alors dans le patrio-
tifme en France qu'une véritable effervef-
cence de l'enthoufiafme il entendit promettre
de verfer fon fang pour le maintien de la li-
berté, fans entrevoir le plus léger facrifice à la
profpérité des Manufactures nationales (i).
De quel oeil un peuple que le commerce feul
a formé peut-il envifager une Nation qui ne
connoiflànt d'autre loi que celle que lui donne
la plus fage des Gonftitutions, voit & n'ofe pré-
venir fà ruine totale, par la fimple appréhension
de manquer a uri traité qu'clle n'a pas fait?
Lorsque deux Nations traitent enfemble, elles
confacrent par un ade authentique leurs voeux
(t) Quantité de Députés ont emporté des marchandifea
angloifes dans leurs Provinces., où elles n'étoient point con-
nues ce qui en a propagé le goût, & l'argent que la Capi-
tale en a reçu eft retourné en Angleterre pour prix du re-
nouvellement des mêmes rnarchandifes.
(a) Lorfque l'Affemblée Nationale donna le premiers
exemple de quitter les boucles d'argent pour adopter celles
de cuivre, des Négocians François furent affez peu patriotes
pour faire venir "d'Angleterre un Vaiffeau prefque chargé
de boucles de métail qui, heureufement, périt dans la tra»
vsrféed
fefpeâjFs 1 celui d'une Nation entière ne peut
être que le contentement unanime de chaque
partie contrée, 6c le traité qui lie les deux
Nations, doit présenter une balance d'avantages
entre elles aurrement l'équilibre n'exiftant
point, il y auroit léfion d'une part ou de l'autre.
Celui fait entre la France & l'Angleterre,
n'ayant reçu pour ainG dire aucune fandion dés
parties intéreiîèes à le confentir ou s'y oppofer,
ne pourroit être valide que dans le cas où cette
balance d'avantage, entre elles, feroit évidem-
ment prouvée.
Or, il n'eft que trop malheureufement dé-
montré, par l'expérience de pluficurs années
que les pertes immenfes éprouvées par le com-
merce françois ont enrichi celui d'Angleterre
avec d'autant plus de progrès & de prompti-
tude qu'il ne fè fait que très-rarement en re-
tour de marchandifes françoifes & jamais pour
les objets dont notre bizarre anglomanie affure
le débit, tels que les fayences & les draps (i).
L'inégalité reconnue ce conftatée rien ne
peut, fans injutticc s'oppofer à la rupture d'un
traité affez vicieux dans fon principe pour il-
légitimer une guerre que la pufillanimité feule
( i ) Nombre de Fabricans & Négocians François peuvent
prouver les divers refus qui leur ont été faits e.n Angleterre
de traiter de cette maniere.

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