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EAN : 9782335054149
©Ligaran 2015
Préface
L’argent ! ! ! mot terrible et charmant, lugubre et gracieux, satanique et divin ; syllabes cabalistiques, qui, comme un immense tableau où se dérouleraient toutes les scènes de la vie, représentent aussitôt à notre imagination toutes les joies et les douleurs d’ici-bas… L’argent ! ! ! mot auquel se rattachent tous les drames et toutes les bouffonneries de ce monde… Entreprendre la physiologie del’argentétait l’œuvre la plus hardie, la plus gigantesque, la plus téméraire qu’on pût concevoir ; c’était vouloirphysiologiertous les hommes.
De Paris à Pékin, du Japon jusqu’à Rome.
C’était vouloir élever un monument colossal, renfermer l’infini dans un cadre où vous serait apparu le genre humain ; vous faire voir tous ces hommes, empereurs, rois, mendiants, faibles et forts, grands et petits, esclaves et maîtres, s’entre-tuant tour à tour.
Cela eût été trop triste, et la tâche était trop difficile.
Notre peine d’ailleurs n’eût-elle pas été perdue ? De quelle utilité cela pouvait-il être pour vous et pour nous ?
Assez de graves penseurs, de philosophes moroses, attristent le lecteur qui cherche une distraction dans un livre… Le lecteur n’en devient ni meilleur, ni plus sage, et ne sait pas bon gré à l’auteur de lui avoir montré des misères qu’il connaissait déjà… Le lecteur n’a peut-être pas tort.
Le siècle tourne à la
camaraderie ;c’est clair, c’est évident !
La camaraderie vous saute aux yeux ; elle vous bourdonne aux oreilles.
La camaraderie se déguise en abeille, en frelon, – souvent en frelon ; elle butine de droite et de gauche, pour elle et pour ses amis, et c’est ainsi que se compose ce miel équivoque qui porte nomesprit. L’esprit de la camaraderie court les rues, car il marche avec elle ; il marche en famille, semblable à quelque tribu nomade. L’un porte le sac aux bons mots. Il s’avance en éclaireur ; c’est levoltigeurde la troupe.
Un autre veille sur le parc des équipages. Sa poitrine est cuirassée de citations. Au défaut de la cuirasse on peut lire le motpédantisme.
Méfiez-vous de l’esprit des pédants ; il tourne à l’histoireancienne. Les contemporains n’en veulent plus ; son temps est fait, et cependant il vit, il pullule, il multiplie à l’infini, grâce à la camaraderie, cettemère des compagnons,pas du non tour de France, mais de l’esprit en commandite.
Un troisième, enfin, porte le sacà malice. C’est le malin de la troupe ; personne ne pourra lui enrevendre. C’est possible ; mais, en revanche, personne ne lui en achète. – Compensation.
Tous ces braves gens ont arboré leur bannière avec cette fameuse devise :
Nous seuls et nos amis nous aurons de l’esprit.
La devise est en gros caractères ; elle est cousue en filblancsur un fondnoir, et cependant elle n’est pas si bête !
Eh bien ! ces braves négociants ont-ils tort ?
Vraiment non ! Quand on est faible, on sefortifie.La cour citoyenne est de cet avis.
Pauvres d’esprit, ralliez-vous, et vous deviendrez riches, excessivement riches !
D’où je conclus que la camaraderie est bonne à quelque chose ; que c’est une denrée qui a cours à la Bourse.
Donc, mes frères en bamboche, soyons camarades nous aussi, et nous marcherons dans notre force et dans notre puissance. Puissance ! Et qui douterait de la nôtre ? L’homme d’argent est fort respectable, sans doute, mais l’homme sans argent l’est-il donc moins ? Non, au contraire, il est aujourd’hui en majorité : majorité tellement respectable qu’elle doit l’emporter sur toute autre, même sur celle des veuves. – Ces dames sont pourtantmajeures,fort majeures !
Cela prouvé, mes frères, je commence mon petit livre, vous priant d’en accepter la dédicace.
Vous ne lepaierezpas, selon votre habitude de ne pas payer. C’est convenu.
Salut et fraternité !
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