Plan de municipalité populaire et civique à l'usage de Paris, propre à servir de base aux citoyens vertueux qui s'occupent de la régénération du régime municipal ([Reprod.]) / par M. le chevalier de Closquinet de la Roche,...

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[Le Becq] (Paris). 1790. Administration communale -- France -- Paris (France) -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1790
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PL AN
DE MUNICIPALITÉ
POPULAIRE ET CIVIQUE
A L'USAGE DE PARIS,
Propre Jervir de, bafe aux citoyens vertueux qui
s'occupent de la rigénération du régime muni-
cipal.
Par M, le chevalier DE CLOSQUINET DE LA Roche
auteur du premier Plan de Municipalité & d'un
Réglement fur la permanence des Diftricis avec
puis par l'Affembfée nationale.
DÉDIÉ
ET PRÉSENTÉ A M. BAILLY,
Ancien Préfident de TAffemblée nationale Maire de
Paris.
Ecce quàm bonum Sr quim jucundum habitare Jratrcs in
tinum Pf. 131.
Rue Saint-Jean-de-Beauvais, N*.
7 9 o.
959121
n
Aij
A M. B A I L L Y.
MONSIEUR, a| Z^ -J'^
Lorfque j'eus l'honneur de
les premiers jours du mois d'août, l'exquiiïeinu»
plan de municipalité dont vous avez bien voulu
agréer l'hommage je n'avois d'autre ambition que
de jeter, dans le public les vrais principes de régé-
nération pour conftituer & organifer la municipalité
de Paris dont l'ancien régime étoit juftement flétri
dans l'opinion & je ne m'étois déterminé à le faire
auffi promptement, que pour anticiper le tnal dont je
prévoyois le progrès fi on laiffoit le temps aux gêna
corrompus de reproduire fous des noms différens
Se des formes plus ou moins vifibles le poifon anti-i
facial & inquifkorial qui a caufé notre défaftre, &
que le vœu public la raifon & la juflice profcrivent.
Je m'étois réfervé de donner un développement fufli--
fant à cette exquifle mais fi d'un côté ma mauvaife
fanté ne m'a pas permis de remplir plutôt cet engage»
ment eicré en partageant avec tous les bons ci-
toyens, le déplaifir de n'avoir encore rien vu éclore
il
de (athhitant fur une matière eépendant fi împof*
tante je me trouve affez heureux d'être encore à
temps pour produire un travail qui a pour mérite
eflentiel de n'être point altéré dans fa pureté ni par
la palfion, ni par l'intérêt ni par aucuns motifs per-
fonnels & qui paroiiîant fous vos aufpices Mon-
fieur obtiendra fans doute, quelque confiance je
n'ai rien omis pour l'en rendre digne. Je ne me fuis
point diûlmulé combien la tâche que je me fuis impo-*
fée eft au-deflus des forces & des moyens ordinaires.
Il s'agit de s'élever fur un nouvel ordre de chofes il
faut voir ce qui n'eft pas ne plus voir ce qui eft, fe
dépouiller à l'infant de toutes fes habitudes, des pré-
jugés dans lefquels on a été élevé il y auroit fan.
doute de la témérité à imaginer pouvoir fuivre une
telle marche fans quelques faux pas. Perfonne n'eft
plus convaincu que moi de fa foibleffe & je vous ai
fait, Monfieur l'aveu ingénu & fincere que je réitere
dans ce moment que j'ai mis beaucoup plus de con-
fiance dans votre indulgence dans celle du public
bien veillant dans la force des principes qui me fer~
vent de bafe & dans la jutlice des droits du citoyen,
fur lefquels mon plan eft fondé que dans mon peu
de talent. Je me fuis livré tout entier à l'infpiration
de la juftice & de la vérité, qui font les vertus chéries
de mon coeur & ce que je puis avoir acquis de lu.
•f
f nne près de vingt années
dis fans vanité je crois le tenir de la raifon. Il y a
fans doute dans mon plan beaucoup d'imperfeetions
des articles à réformer d'autres à étendre des ob-
jets très-importans peut-être omis c'eft aulit pour
cette raifon que je le foumet à la cenfure publique
dans la perfuafion où je fuis que mes idées combat.:
tues étendues corrigées & perfeélionnées par
tous ceux, qui, comme moi, s'intéreffent de coeur &
en vérité aù bien de la patrie offriront une bafe
ibliue, fur laquelle on verra enfin s'élever au milieu
des applaudiffemens & à la fatisfaftion publique
l'édifice majettueux & fur-tout durable de la liberté
un monument de paix de concorde & de juftice
digne de la fageue d'un peuple policé & généreux,
régénérateur de fes mœurs & de fon gouvernement,
enfin du peuple François & en particulier de celui
de fa capitale qui étant le centre des lumieres le
trône du génie & le palais de la fortune a des droits
acquis par la révolution qui doit changer l'ordre des
chofes par des oppofitions complexes des vertus
aux vices à devenir l'exemple de la fageffe qui doit
un jour diftinguer l'empire & montrer enfin que les
talens & la fortune ne font plus la fource des crimes
ni le poifon deilrufteur de l'union fociale. Oui je
l'ai penfé & mon efpérance ne fera point trompée
w
mon scie fera fonteira mes idées feront appro/bnJ
dies & mes plans perfectionnée on verra de» hom-
mes plus jaloux du bonheur public immortel, quede
l'intérêt perfonnel journellement pcriflable mettre
toute leur gloire à fauve!- le peuple de la captivité, à
rompre fes fers pour toujours,&àraffranchirà jamais
«lujoùg des tyrans ils ne proposeront d'autres loix
que celles de la juitice d'autre joug que celui de la
raifon, &ue traceront d'autres routes que cellesde la
vérité qui toujours éclairée & sûre conduit à la
licite. On verra riaa hommes généreux des héros
patriotes, enflammés du télé de la patrie, fuire lesfub-
tilités que les efprits de difcorde & les méchans our-
àiiïem dans les ténebres il leur fuffira de fuivre les
mouvemens de leur coeur vous ayant à leur tète
guidés par le flambeau de votre génie environnés de
ros vertus, & foutenus par leur propre courage, vous
marcherez Monfieur d'un pas ferme & afluré
les écueils les précipices les pièges rien ne
vous arrêtera animés de cette force que la pu-«
reté de confcience & la protection du ciel donne aux
gens d'honneur & de probité vous arriverez au but
que vous vous êtes propofé vous conftiturez une mu-
nicipalité populaire & bienfaifante qui ne foumet-
tant l'homme qu'à la lui naturelle gravée dans fon
coeur qui commande à fa raifon dirige fa penfée &
*J
fregle tes aclioas établira un heureux rapport, entre
ceux qui font chargés de faire obferver la loi, & ceux
qui s'y font foumis; la confiance des uns & des autres
fera fondée fur une réciprocité de convenances & de
juftice, les uns ne pouvant étendre la loi fuivant leurs
caprices ou d'après les fuggeffions des pallions A
particulièrement de l'avarice & les autres n'ayant
aucuns motifs pour ne point obéir à ce qui pour lors
eftjufte & raifonnable. Pénétré de cette jufte confi-
dération, Monfieur & plein de confiance dans vos
vctus vos lumieres votre pénétration & fur la
eonnoiffance de l'application heureufe, que vous en
avez toujours fait au bonheur de la fociété vous qui
lui avez facrifié tous les initans d'une vie que vous
femblez n'avoir reçu que pour fon utilité dont le
printems fut employé à raflembler par l'étude &
l'obfervation une maffe de connoiflances & les lu-
jnieresdel'expériencedes tems; dont la maturité de
ï'âgeprocure les reffeurcesd'un génie bienfaifant, drs
maximes de fageffe, des principes d'union & de paix,
des exemples de charité des leçons d'humanité &
dont il refte au déclin la gloire de jouir dans la féli-
cité publique du prix de fes travaux & de celui de
fes vertus. Je puis croire que le regard de la pofté-
rité fe fixant fur le tableau impofant que l'hifloire
«ffrira de notre régénération admirera en vous uu
àj
de ces ctie* d'oeuvres que la naturene prwhiic'qu*
dans des momens de complaifance. Il reconnaîtra
dans vos vertus vos talens & dans i'ufage que vous
en avez fait la main qui forme les coeurs pures &
les efprits de juftice & on rendra grace la Provi..
dence de n'avoir pas abandonné tous les gens à ta«
lens de ce fiecle pervers qui a irrité fa colere & pro» >
voqué fa vengeance à la nullité fociale & au ridicule <
,de la vanité.
Le Chev. DE CtOSQUIKET DE LA ROCHE*
DISCOURS
b
B
D I S C O U R S
P RÉLIMINA IR E.
Ecce quant honum & qu*m jucundnm habitare fratres in
unum t IH. 13».
LE Plan de municipalité que je propofe eft le fruit
d'une profonde méditation fur les droits facrés du ci-
tcyen je me fuis tenu en garde contre les élans de
l'imagination j'ai tout puifé dans les principes de la
juttice & de la raifon & je me fuis particuliérement
appliqué à ne pas courir à l'extrémité, opDofée à celle
dont on a à fe plaindre j'ai pris une moyenne pro-
portionnelle. Long temps avant la révolution je
m'étois occupé d'un projet de réforme fur les abus
certes je le confeffe je me fuis fouvent reproché
la perte d'un temps précieux à un travail qui ne me
paroiffoit propre qu'a former un chapitre impuiffant
de moral. Je regardais cela comme un fend de bi-
bliothèque, ou comme de ces plans d'édifices publics,
fur-tout utiles d'hôpitaux *par exempte qu'on ne
crayonne que pour orner les quais & faire gagner
quelcju'argent à des marchands d'eltampes, Tout le
monde difoit cependant les chofes ne peuvent aller
long- temps comme clies vont le mal eft à fon com-
ble. Le gouvernement eft une patraque détraquée
un chacun en pille les débris cette carcaffe va loin-
ber & fe brii'et gard les têtes I Pour moi élené
*»»» les anciens préjugés
dans les proverbes & je penfois qu'un pot felé par
exemple dure autant qu'un neuf que notre gou-
vernement, tout mauvais qu'il était poarroit, avec
Jalluce aninittérielle, nom piller, & manger peut-êcre
encore quatorze cents ans. Jenevoyois peut-être pas
mal & cette observation eft fuffifamment fondée fur
l'expérience pour juftifier le charmant efpoir que
j'avois de nous voir naître vivre & mourir malheu-
reux. L'événement contraire eft abfolument contre
l'ordre des chofes ordinxires car en matière de gou-
vernement une fatalité attachée aux créations hu-
maines fait que ce qu'il y a de plus mauvais eft te
plus durable.
Tel eût donc fubnné notre trrfte pontion fi la pnn
vidence ne nous eut regardé en pitié l'éternel du
naut des cieux a lancé un coup-d'oeil courroucé contre
nos tyrans, pour déconcerter leurs projets criminels,
il lui a fuffit de les abandonner à leur néant il a
donné une truelle à l'un il a mis l'oifeaux fur le dos
de t'autre ordonnant celui-ci de faire du mortier
& à l'autre de traîner la brouette il les a mis en
chantier pour la conftruétion d'une nouvelle tour
de Babel c'eft-i-dire enbon françois qu'il en a fait
des bêtes. L'injuftiee des hommes pervers a provoqué
fa vengeance & il a réfolu dans fa colère de con»
trafter l'audace de ces petits geans en les faifant
pigrnées(*). Il lui a fuâit de les abandonner à leur fot
(♦) Les pigmées fuivant les anciens auteurs,
étoient un peuple deThrace, de la hauteur d'une
n
Et ij
orgueil au difordre de leur dépravation Se slor*
Îa folie a cpnçue leurs projets l'extravagance les a
tière s'eft révoltée, le peuple les a profcrits &le
plus juûe des Rois un Roi homme & honnête hom-
me, ,là d'être joué par cette fçientifique canaille iL
a pris le bon parti celui de chafler leafeélérats.
La convocation des Etats-Généraux fiât le premier
fign.i) du décret falutsire que la providence avoit
prononcé pour la régération de la France c'étoit te
figue vi6ble de la grâce i»WWe qui alloit fe répandre
fur le peuple cela s'appelle un Sacrement il étoit
pour la France L'axdievêque
e Sens venoit de î adminiftrer aux motiranics iixian-
ces tout fe traitoit alors A la hufarde & il paroiffoit
auifi parfaitement égal tant tout étoit défefpéré
d'être foigné par un doéteur de Reiras ou par un
alchiœifle. Les médecin,s d'états n'étoient que des
empiriques les bons recettes fans doute étoic-nr.
ép,uifés, il ne refloit en pot que du poifon à prendre,
& le moins puniffable de toute cette fequelle traitante
ou confultante pouvoit à peine paffer pour charlatan
du quai.
Cette convocation de prétendus Etats-Génér.iuJt fe
montra d'abord dans le torrent de tant de belles pro-
meffes miniftérielles Matériellement faufles mora-
lement abunves & habituellement infulcames que
coudée à qui les grues font la guerre, & qui font
vieux huit ans or nous fommes déjà vieux a vingt
ans, relle à favoir fi les moineaux ne fe décideront pas
aulfi quelque jours nous laite la chafle.
m
leauns, fans difficulté l'ont jugée pore omette;
ment de confiant étoit le défefpoîr & le NEC PLUS
ULTRA de l'avarice emprumeufe & fans s'en plus
s'occupe d'une lettre
,̃ qui le menace de prendre
un froc, périnée enfin ne 'croyoit que ces Etats-
Généraux', fi pompeufement annoncés entrent ja-
mais lieu. 4<cs gens en crédit & en autorité étaient
d'ailleurs tamiiiaîrifés avec la honte & l'ini'Ainié ils
avoient comme il a été dit depuis par un homme que
s'y connoit au contre-fens de l'application prés ils
avaient le COURAGE DE LA HONTE. L'audace tenait
lieu de mérité' la fcélérateffe d'efprit & l'intrigue
det.ilenr; quand les chofes tn font-l.\ H ^ratqur la
bombe crevé & là fameufe journée du juiltet
étoir bien indique, attrnppe la fève qui pourra les
uns pour les autres contre Dieu pour tous ce qui
eft pigé eft palTé on fait une conflitution & des loix;
le, ciel fera, ,fans doute de nouvelles ames de
bons efprits & fur-tout des'coeurs purs. C'eft dans
cette perfuafion que le ciel pour fa part & ce n'eîft
pas la môindre, changera le fpirituel & moral humain
que je me fuis rifqué tracer quelques idées relatives
à la régénération nationale. La municipalité de l'aris
m'a paru l'objet le plus infant, & mériter la préfé-
rence fur toute autre matière également importante
d'abord parce que la capitale eft d'un exemple ef
fentiel pour toutes les parties de l'empire & parce
que le nombre confidérable de citoyens., qui peuvent
y vivre en bonne fociété eft une trop puilfante confi-
dération pour quelqu'un qui comme moi s'efi ap-
*j
i l'étude des moyen» âe régéné-
rarioiw qui lui font propres &. dont on ne peut afftz
de lui offrir au moins l'occaûon de jouir fi
ion bonheur le permet, & que
gens l'emporte fur la perfidie des de bien
Je fuis le premier qui ait mis en
propofitions tendantes à l'organifation
palite populaire, & qui ait ofé demander la perma-
nence des Di«ricls, & juftificr cette demande par
des moyens de jnftlce & d'utilité publique. te mo-
ment preflbit lorfque j'ai tenté de femer dans la ca-
pitale quelques idées de confolation & •"?« principes
d'organifqtîon faits pour lui infpirer de la confiance
& lui donner l'efpérance d'un régime tibie & popu-
hire, tel que la raifon l'exige, & que des hommes
qui ont rompus 1rs chaines des préjugés & tes fers des
tyrans ont droit de l'exiger.
Oa fe rappelle, fans doute que depuis les pre-
miers jours du mois d'Aotlt, époque i laquelle rr-
monte la publication de mon précis de règlement SUR
LA PERMANENCE DES DISTRICTS & L'ORGA-
NISATION DE LA MUNICIPALITÉ DE PARIS, en
fe rappelle dis-je la crife où on fe trouvoit alors
toujours des infurreélions point de confiance les
hefoins fe multiplioient il n'y avoit rien de certain
dans l'opinion l'autorité étoit fans force & 1
peuple trahi ou le croyant être étoit peu difpofé i
écouter d'autres loix que celles de la juftice & de la
raifon que le tems feul peut établir il veut en r*-
connoitre l'évidence, & y trouver fon bien £tre
n'étant plus difpofé à s'en rapporter à 11 bonne lui

humaine trop équivoque dnrts ce fiede corromps y oft
les feui» intriguant ont l'effronferie de l'exiger.
L'efquitfe que je publiai alors n'étoit, & ne poiuroic
être, qu'ùn faible apperçu de ce que je devais donner
avec plus de détail* par la fuite ainfi que j'en avais
prévenu dans un avertiffement d'après lequel on au-
roit dû attendre l'effet de ma promeffe ou que quel-
qu'autre citoyen. également animé du bien de la pa-
trie &, imbu de bons principes mit au jour «Jet
idées plus lumineufes fit au moins quelque chofe de
présentable & qui fût du goût du public qui .rai?
rite bien la peine d'être cpnfuké dans fa caufe.
Le journal de la Ville s'eft hâté de répondre arec
pen de que avant, que le
public avait jugé fufceptibles d'un développement heu-
reux, & que je m'étois engagé de lui produire le plu-
tôt poffible. Ce journal a eu la bonté de paraphrafer,
deux jours de fuite fur mon apperçu la perma-
nence des Diftricb i'ofîufquant autant que l'infpec-
tion publique que je propofois pour fixer le voeu des
citoyens, & empêcher le régime municipal d'y fubt-
tituer l'incertitude de fon opinion qui ne doit pas
être la loi. Ce journal indifcret & encore defpote
au moment ou la liberté ne faifoit que de naître ne
louvant rien réfuter fur le fond de lar chofe malgré
le foin qu'il a pris de préfenter mes proportions &
par lambeaux moitié fous te rideau le tout tron-
qué, fouvent furchargé parlant lui-même dans mon
texte il s'efi fait des phantômes pour le plaifir de
combattre fa conclufion étoit enfin cette a|)ollille
mîniilérielle fi connue & fi cruelle qui renvoyoît
̃̃*?'.
isràinairemenc les bona projets au maaneqain, un
Enfin paru fur l'horifon après d'horribles tra-
bons fens, on au moins une grande perte de tems
un mooftrueux ouvrage rédigé en forme de plan de
municipalité, par M. Briffot de Warville, propofé
modérément, pour le petit effaï de vingt ans, qui
contenoic le voeu des ccmmiflaires de la commune
provisoire de Paris un trés-loag difcours m'émit des
mots en évidence, pour manifeRer les puiffuis motifs
de ces commiflaires pour l'adopter en tout fou con-
tenu cela fuffit pour que le public n'y trouva pas les
liens, il en^Bt grâce A l'auteur, ils étoient dans la
raifon pour n'y rien adopter on put préjuger, &
le fait foutint cette préfomption que difcours
plan titres, articles moyens fu jet matière &
façon te tout ne yaloit pas le cheval de Troyes que
Laocoon avait bien jugé n'être bon qu'à brûler.
Le fameux journal de la Ville n'a pu lui être favo-
rable & c'eit un témoignage non équivoque dé la
parfaite non valeur au moins de ce plan & des
motifs de fes commiffaires rédacteurs il n'a rien dit
(♦) J'invite les citoy ens, amis de la vérité. & qui
e'intÉrefl'ent de cceur & en vérité la régénération de
la France & en particulier à celle du régime mur.
cipalde Paris pour lefquels j'écris à fe procurer les
numéros 14& 15 du journal de la Ville, imprimé chez
Maradan, rue Saim-Andrc-des-Avts & de vouloir
bien confronter le texte de mon précis avec les articles
de ce journal qui me concerne il jugeront de fa fidé-
lité & dtt cas que j'ai du faire de fa panifie critique.
xsj
de trop; une obferTadon générale fur fon contenu,
un grand l'envoie tout entier au tom-
beau (*).
Ce que je dis de ce plan ne paroîtra point fufpe#
ce o'eft point par un motif de jaloufie même d'au-
teur puifqu'au contraire d'en vouloir tirer quelque
piece comme cela fe pratique pour les cbifes qui ont
une valeur c'èft moi, comme premier, occu-
pant en lige qui ai payé la contribution & quoique
cet ouvrage, ait fubi fon jugement fans crainte d'apel
& en dernier reflbrt, j'ai le malheur d'être obligé
dans rappeler l'ombre de l'interpeller & de lui
arracher le peu de bon qui lui fervoit de pane port
i
Voici le jugement du journal de la ville fur le
plan des conjajiffaires du 20 août, N°. sa. ̃* Le
» plan de la municipalité lu l'hôtel-de-vile le ta
» Août, ne fera vraifemblablement pas adopté fans
v de grandes modifications on trouve qu'il s'arroçe
le pouvoir légiflatif l'alliette des impôts qu il
» feroit de Paris uneRépublique indépendante de tout
» pouvoir quelconque tandis qu'il étend d'un côté
» fcs fonétions au-delà des bornes qu'elfes doivent
v avoir; de l'autre les huit objets partageant Ces fens-
» tiens ne renferment pas à beaucoup près tous les
̃» befoins d'une aulfi grande maflè d'hommes réunis
en fociété qu'il tend à mettre un Royaume dans
» un Royaume & déîruiroit l'unité de loi l'unité
de chef unité tjéceffaire pour fimplifier les reports
de tous gouvern'emens quelconque. Enfin il contient
des idées fi contraires à celles que l'opinion gent-
» raie a confacrée ». Ajoutez a la raifon & au bon
fens que des perfonnes refufent de croire du'il
puiffe devenir m matière d'un examen fuivi
Ajoutez la peine d'être lu. Telle eft cette colletle, qui
vaut un bon dej'ROFI.'Ndus,
pour
xvi|
C
ce qui eft toit fe reprend od on le trouve & que j'xl,
d'autant plus de Mifon pour le reprendre, qu'il- eft
F plus au public qu'à moi puifqu'it s'agit de chofe*
utiles & falutaires la patrie.
C'eft autant pour ma justification que pour fatis-
faire à l'engagement que j'ai pris de compléter un tra-
vail, dont je n'ai donné qu'un aperçu infuffifant, &.
dont l'abus peut être dangereux, qu'en réclamant ce
qu'on a pris de mon plan pour en faire l'amorce d'un
autre trop dangereux que je vais rappeler J'ordre de
mes principes, établir mes conféquences & fournir
enfin les moyens néceflaires pour faciliter l'exécution
d'un plan que je n'ai conçu que pour la félicité publi:
que, & nullement pour reproduire fur les cendres
encore fumantes du defpotifme quelque nouveau
régime tyrannique, ou fufceptible de le devenir. Il
fera donc important de prêter beaucoup d'attention à
la fuite de ce difeours qui doit jetter un grand jour
fur le plus grand po:nt peut-être de l'intérêt public;
c'eft-là que vont être expofé avec le plus de précifioa
& de jufteffe qu'il me fera poffible les principes de
raifon d'équité & de vérité fur lefquels doit porter
l'édifice municipal, pour être heureux, favorable &.
durable.
Pour former un plan de municipalité il me paraît
néceffaire de définir, d'une minière claire & precife,
i*. ce qu'on entend par une municipalité a". en
établir les droits d'après les principes de la jiif-
tice & de la raifon fixer les objets fur lefquels
wiij
ils doivent s'étendre enfin indiquer quels /ont
Jet limites qu'on doit refpetler.
La première obfeivation qui fe préfente dans l'exa-
men de ces différentes quêtions, c'eft que l'ordre
pnlitique des chufes eft abfolument troublé & que ce
n'eu plus dans fa place qu'il en faut chercher aucune;
il ne fuffit pas de les prendre comme elles viennent,
J'effentiel, je crois ,eft de les replacer de raccommo-
der ce qui eft défectueux & de changer, i tel prix
que ce foit, ce qui eft mauvais contre du meilleur,
difons ,° & c'eft beaucoup contre du moins mauvais.
Il ne fuffit donc pas de fe contenter, comme le ré-
dacleur des motifs des commïïïalrés de jetter un
,coup-d'oeil rapide fur les objets qui font du reubrt
d'une municipalité un coup-d'oeil rapide n'eft pas ce
qu'il faut ici il faut y voir de près bien regarder
voir plusieurs fois, bien pefer, & ce prononcer qu'a-
vec bonne connoiflance de caufe. S'il fe fût appliqué
plusferieufemenc à voir lui & fes commiffaires ils
n'étoient peut-être pas trop de monde, ils ne fe fe-
roient pas expofés à prendre à tort & à travers fans
compte ni mefure des objets étrangers à fa munici-
palité. N'eft-il pas honteux, par exemple que ce
plan foi-difaut adopté par des commiflaires qui ne
l'ont au moins ,pas lu n'ait d'autre fondement que
la prétention ridicule de vouloir envahir tous les
genres d'autorités quelconque même l'inquifition
miniflérielle f & au moment où toutes les forces de
l'empire réunies font armées pour l'anéantir il faut
convenir que c'eft-là une forte impertinence. L'igno-
rance la parère, une incapacité radicale & faus
*îx
Ci,
feflburce font les feules, excufes à la faveur def-
quels ces commiflaires peuvent efpérer de l'indul-
gence de la part des hommes qui voient, raifonnent
Se. jugent. Il ne s'agit pas de bâtire un édifice de boue
& de crachat, & de fappliqûer aune cheminée,
comme un nid d'hirondelle, il faut, pour des hommes
prudens; de bons bàtimens appuyés fur des bafes
folides au-deffus du niveau des eaux on les de-
mande de pierres crainte de l'incendie & à pré-
fent qu'on veut voir clair il faut des fenêtres, car
on ne prend plus des ventes pour des lanternes.
Sur quoi les commiffaires ofent-ils fe flatter d'avoir
porté une attention SCRUPULEUSE ce n'eu pas
comme ils l'annoncent en faifant dittraction des
chofes étrangeres au régime municipal & en réven-
diquant fes droits ufurpés par les commiffaires du Roi
& fes minières ce fcrupule fe borne à chaiter du
nouveau temple de purté où f égent les repréfentans
de la commune, les changeurs & les agioteurs royaux,
& à renvoyer la politique emprunteufe des minif-
tres au tréfor royal on a peine à croire que le zele
de la maifon fainte puiffe tellement enflammer. Ce
ferupule devoit-il s'emparer fans fcrupule des droits
les plus odieux & flétrir dès fon aurore, avant même
que de naître le régime municipal parle vice radical du
defpotifme dont les cornmiflions font infeétées ce
poifon deftruéleur changera-t-il de nature & fera-t-it
bienfaifant lorfque plus fouvent adminiftré & par
plus de perfonnes plus de monde en fera rongé Ce
fcrupule à fait rejeter du régime municipal tout ce qui
lui ell étranger & ce qui tient au calcul déshonorant
de la polieique & bientôt ce ferupuie pour le rea..

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