Plédoyé pour Louis Sèze, fait par le citoyen Jean-Jacque Liberté,... adressé à la Convention natinale, le 20 décembre 1792, l'an premier de la République ([Reprod.])

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chez M. Petit (Paris). 1792. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1792
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PLÉDOYÊ
ait par le Citoyen
JEAN JACQUE LIBERTÉ,
^Laboureur du Département de Lille et V Henné
ADRESSÉ
A LA CONVANTION NATIONALE,
Le 2o Décembre fan premier de la
République Francèfe,
SE 1TR 0 U FE A PARIS,
Chez M. Petit, Libraire, Quai des
Auguftins, N° 3.
PLEDOYER
pour Louis SkzE fait par le citoyep
Jean-Jacque Liberté i laboureur
& adressé ci la Convaniion nationale è
le 20 décembre zjgz, l'an frenderdè
la république J/a/icèsc*
C ONV ANTION NATIONAL,
Je ne some pas zorateur corne te payezaM
du Dan uble, que le bon home la Fontaine
a tant vanté dans sés joly fabie que jaitnon»
mieux que lés sermons de note curé mais
puiscequ'il a été /.antandu dunz le stnà, da
Rome, je devonz être ausy zécûuté danz la.
séna de !a France. Je some pay.ezan corne
lui, & il y a du. bon sahz & de la jeustisce
sure lés bore de la Viléne ou je demeuron»
corne sure lés bore du Danubie que j'avurçz vu
quant je fézions la guère danz noie, junesce. Çà
vien danz note paroisce come la bone herbs*
An fuman note pip je lu.on*. le bultin & la
constitution & je savonz stelle-.cy purceuid
corne- zun législateure & mieux que dès
législateure que je conesçonz. Je. soma
z.ofTcié municipO sànz cabale & j'avonz
jeuré danz note zamë & conda.tlce de mou-
ike, come le paire Siujouo, poure la dtî-
2.
fonce de ta loy & je le ferions s'il te falèt*
Cès pourequaye je trahiscerionz note serman
o convamion national, sy je ne te ferionz
pas les réfléctionz qui nous pousce zan tête
sure le procè dans lequel tu ambrouille le
roy.
Quant nos résonemanz heurterét les tiens,
je pourionz lés fére sans craindre de te
fachére. Care la constitution dit, chapitre V,
article XVI, que la sancure dés pouvoire
constitué ès permise, & tu nés toy qu'un
pouvoire constitué par la nation qui <~s le
seul souvrin. Je some zun mambre de ce
souvrin; & puisceque tout ce que tu fés
peut me fére du mal ou du bien j'avonz
droite & qualité poure louer ou sancurer tés
décret. Cela pozé j'antronz donque zan ma-
tière. Parlonzpeu, mais parlonz rézon, Dieu
me voit & m'antant. Qu'il glace ma langue
& paralyze ma main sy javonz dans la pancé
zautre chioze que l'amoure de la jeuscetice
& de la.. patrye.
Tu dois zétre, o convention national
zun astre bienfézan poure la nation corne le
souleil lés poure la campagne. Il la féconde
& la fructifye & toi tu dois ausy fére
fleurire & fructifyere la nacion. Poure fére
sa prospérité, tu ne dois vouloire ny fére
que ce que l'amoure de jeuscetice & de la
patrye comande à tout les citoyenz. Et stila
te comandë-ty de fére son procè criminel
zau roy ? Voyons ca sans fére de biéle fraze
corne dés législareure qui cherche midye zat
quatorsce heure.
Quéseeque l'amoure de la jeuscetice & de
y
la patrye Ce nés ma foy autre chioze que
l'amoure dés loy, puisceque les loy ne sont
fête que poure zaprandre ce gui és jeusto
ou injuste, & pore fére le Iboneheure cle
la nation qui és la patrye. Je devons regar-
dére corne loy tous lés décret qu'on a lu
zau pronae de nos grande mesce qu'on a
zanregistré dans not municipalité, & que
j'avonz jeuré d'observere come les coman-
demans de D'eu, & sure toute la déclara.
tion dés droits de l'home. 'Scetle-cy es la
source des loy & la boussol dés législateur
lis ne peuve que s'égarere quant ils la perde
de vu. Boutonz donque tout d'abord nos
lunéte sure la déclaration des droit de
l'home.
J'y voyonz ben clére zarticie VII que
nul home ne peut-être accusé, arèté niditedut
que dans les ca^ déterminé^ pare la loy & selon
lrs formes qu'elle a prescrites. J'y voyonz zan-
çore article VIII, que nul ne peut $tre puni
qu'an vt-nu d'une loy ^antérieure au délit & léga-
lement apliquée. Voela mote zà mote ce que
dise ces deuz zartide-là. J'avonz fouillé pen-
dant tout zune semène dans nos bultin poure
cherchére quelque loy qui dise. qu'on peut
zacusere, zarètére & zanprisonére le roy
corne tu l'a fés qui dise qu'on peut le guyoti*
nere, come- tu dis dans lés bultins que tu
le feras, & je le jeurons pare Dieu & pare
le patriotisme que je portons dans note
ceure, que je n'avonz trouvé zaucune loy
qui permet dans aucun caz de fére zun procè
criminele zau roy. Cire donque tu tégare
tu tamblouse puisceque tu ne suit pas la
4
déclaration des droit 'de l'home qui és ton
guide. Esce que je ne résononz pas jeuste ?
O ma foy cjr, & zun anfans de dize zan le
Mais j'avonz zancore ben d'autre résone-
tnans à te fére. Ne te lisce pas de nous zan-
tandre. Quoique je ne some qu'unf>ayezan
tu ne dois pas mépriser la vérité que nous
diiont dans notre grosié jargon non plus
que le blé que nous sémon & qui te nourir
Note vérité te nourira I'atne come not blé
te nourit le core. Zun payezan es zun ci-
toyen corne les zautre. Souviens-tay du bon
payezan du Danuble il fut zécouté ben
tranquitemant pare les romens qui étés, à ce
dise tout le monde des citoyenz ben savans
& ben éloquans.
Peus-tu croyre san bone conciance avoire
le droit de fére son procè criminel zau roy
dès francès ? Oh ça serét drôle ça Tu ne
satires donquç pas la constitution qui doit
avoir forece de loy, juscequ'à ce que la na-
cion ne l'ait aboli pare sa volonté général ?
Elle peut seul abolire zune loy & en fére
zune autre. Ore la constitution ne te defan-
telle pas de fére son procè criminel au roy
qu'elle a étably ? Ah cy bsn nete, ben nete.
J'y voyonz chapitre V article 1 que
te pouvoirc judieiére ne peut en auqun cas être
exercé par le cote législatife. Et tu nés toy qu'un
cors législatife souz le non de convantiolu
Qu'esce que le pouvoirs judicière ? Ce nés
que le droit de jugère quoiqu'un pourequel-
que mauvèze action qu'on lui reproche. Ste
droit-là n'apartiens qu'aus juges de pay,
qu'aus juges de distrique, qu'aus jury. Je
vavons ça, care javons été jury zufie foy.
Cès zun métié qui fet irambier parce qu'il
fés guyotinere les gens tout vite, & il fot
zy voyere ben der pour ça, & avoir zune
bone conciance ben pure. Tu 'nès pas juge
de pay toy ny juge de distrique ny jury.
Tu nés constitué que poure fére dès toy &
jamès on n'a vu dès tégislataures se fére dès
jctge ça répugne zau bon sanze & au bon
ordre. Je concluooz donque de l'article 1 du
chapitre V de la constitution & de tout ce
que je venons de dire à son apuy que tu
ne peus jugere ny guptinere persone pas
même zun chate. Il fot lescer à chaqun son
métié. Quèsce que tu dires zau juge s'ils
savisèç de fére les décret? Tu les sémon-
cerès ben duremant, & tu aurès rézon. Se-
monce -toy donque ausy ben duremant puis-
ce que tu outrepascerès les borne de ton mé-
tié en voulans fére ,zun jugemans conrre
le roy. Tu anjambe pare desure la loy &
il ne tes pas plus permi qu'à nous zauire
plyezans danjambere pare desure la loy sans
te randfe crimioele de lèze nacion ausyeusde
Dieu & des home.
A tu zu comicion de la nation pour fére
son procè criminete zau roy ? Je ne crayons^
pas 5a pare example. Note paroice ne ta pas
done ste comicion là ny les zautre paroice
non plus. Je le savons ben, care jetions
zélecteure & javons ztzne bone vieille mé-
moire. Mais il zy a plus on ne pouvés ste
donere sre comicion là parce que la décla-
fation des droit de l'home le défandés a nous

autre zeleçteure. Care elle dit que mdntpmt
[être puni qu'an vertu d'une loy {antérieure 7mi
délit dont il es acu{l Et il n'y a pas de loy
qui dit qu'on poura fére son procè criminele
zau roy ny le ranfermere ny le banire
ny le guyotinère quant il seret zun diable
zincarné. La rézon diset avanr la déclaration
des droit de l'home & ça ès vray en toute
tere excepté chés les antropofages que pour
randre zun jugemans contre quelqu'un, pour
le condanere à la more, ou à zun banysce-
mant, ou à zun anprisonemant il fot qu'il
y ait zune loy sure, laquele on pouret fondere
ce jugenians-là. Zun jugemans à ce que dit
le cayé du jury que javons ben lu plusieure.
foy, nés zautre chioze que l'aplicacion d'une
loy à celuy qu'on juge & on ne peut aply-
quere zau roy zune loy de banyscemanr
danprisonemant ny de guyotinage, puisce-
qu'il n'y en a zaucune de fête pour lui
donque tu ne peut le juger.
Nous zautre zélecteur ne pouvionz pas fére
que ce qui es mis dans la déclaration des
drois de l'home ne s'y trouve pas. Nous ne
pouvons pas plus la changer que l'ordre des
sézons ny toy bon plus, puisce que sté dé-
claration-là qui es zune chozé sacré, défand
ben nétemant de juger zun home pour un
fet pour lequel il n'y a pas de loy fête, nous
ussions agi contre note conciance de te doner
le pouvoir de juger le roy. Tu aura beau
dire que tu a quarte blanche ste quarte
blanche nès que pour fére le bien & tu
ferés le mal en fésant ce que la déclaration
des drois de l'homme defant à tout le monde.
7
Quant tu pourès !a changer, ce que jenioni
en toute réson, tu ne pourès suivant les
bultins doner un effet retroacnfe à la loy
que tu ferès, ny par conséquance fere le procè
au roy. Tout cela zest aussy cler qu'il est cler
qu'il fet jour en plain midy & il ne faut pas
zavoir tout l'esprit des législateur pour le
voir.
Mais voyons zun peu ce que cès que le
roy. L'article IE de la section première du
chapitre Iï de la constitution, dit que la per-
sone du roy est inviolable. & sacré. Tu ne
peus donque acuzer ny juger Louis Sexe à
aucun pène, sans zamianber zancore par désu
ste loy là, & par conséquance sans fére zun
crime puisceque Louis Seze étét roy dans
le tans que tu dit qu'il a fait les crime que
conte ta. pancarte qui ès affiché à la porre
de note églize & au coin des rus à Renne
car il ne fot pas zètre un sorcié pour savoir
ce que cès qu'une choze sacré. Cès une choze
que tout le monde doit respecter qu'on ne
peus toucher ny detruire sans fere zun crime.
Les galice de note paroisce sont des choze
sacré, & si je les boution sous nos piés je
serionz guyotiné tout de suite. Tu es ausy
inviolable toy suivant la constitution & si
jetions assés ozé pour tinsulter, pour te barre
je serionz guyotiné corne de rézon. Cornant
esce que tu ne voy pas toi qui a de l'esprit
come quarante, que tu perdra tôt ou tart
ton inviolabilité, si tu avès la ardiesce dotera
la siene au roy, an le fésant banir, ampri-
soner & guyotiner ? Autant te pant aus
Un vieu proverbe dit, à qui mal veuÈ
8
Revenions
mal arrive. Dieu permet ça pour punire les
méchans.
Quant le roy serèt ausy diabolique que le
conte ta pancarte qui nés propre qu'à mon-
ter la tète des genz simple et credule, fa-
drèt-y pour cela le fére mourir puisceque
la loy ne le permet pas puiscequ'elle te le
défant même ? Il ne nous zest pas défendu à
nous zautre payezan de tuer toute les cou-
leuves, tous les serpans que nous trouvons
dans nos chant nous ne le fezons pas cepen-
dant parce qu'il y pourèt venir de plus mau-
vèse bete qu'euz. Croy-tu que le bon apotre
Dorlean vaut mieuz que Louis Seze? Je ne le
croyons pas nous tautre & ce bon apotre
se met deriére la toile corne zun pleutre pour
mieuz viser la royauté.. Je ly voyon ben
aveque nos lunetes dépuy lontems. Que Dieu
lui fasce miséricorde. Nés ty pas infâme à lui
de vouloir juger lui-même son parant le roy ?
Ca fait horeur za la nature & ca monture
ben lenvy qu'il a duzurper la courone à son
couzin gefmert. Cès un ben mauves parant
que styla, Si jen avions corne lui je les re«i-
rion tout net. Il y a zancore chez toi à ce
que dit tout le monde, & je le voyons par
les bultins beaucoup de serpans. Cependant
tu les garde bien. Par exemple, baratte,
Roberspire, Dantom & compagny sont plus
méehatis que les Vipères & pourtant tu n&
leur fèz pas de procèz; tu ne parle pas de les
guyotiner. Ca, ca ne te fèt pas doneur. Si
javions dans note- paroisce des betes zaussi
velineuze je leur couperions la tete tour rède
dun coup de focilc.
9
n
Revenons Mu pauvre rov il août iès
tonpascion car je ne le croyons pas cou*.
pable coupable come le dit ta pancarte que
tu naurès pas du aficher, paretout come tu
la fés puisceque zun acusé es toujours saticé
inocent jusquà ce qu'il ne soit jugé coupa-
ble, & puisceque ces deshonorer zun hcm«
que de l'aficher corne criminel qnand il nés
pas jugé criminel. Cès ce que dit zan tpure
létre larticle IX de la déclaration des droits
de thome. It y a deuze ans que tout le monde
bénjscés Louis- Sèze cauze qu'il a'7mtlt le
tiere état dalore, à cause qu'il axét boutté
ses deuze mains poure fére rouler la révolu-
tion. Tout les bultin disét qu'il étet La «eSp*
torateure DE LA LIBERTÉ, Sr a présent ité
dize tout le contraire. je n'aimcns pas les
genz qui soufle le fioite & le chau, U v a
chez rnésieus les bultins quelque anguille
dorés qui leur fés changer la note de leur
musique. 1
Décrascôn rtos lunéte qui devienne troubla.
Je croyons que ces les diabie de
Roberpire de Daneton & liur sequeWe qui
les trauble. Fézons le sigœ de cro>x éesùt&
poure les chasser. Care je crayons eu Dieu
nous zantre, en dépit de ton patriarche
Jacob. Ha! <ja ès vray ce sont ces diables &
qui les troublèt care tei) voécy ben elerê
sans les avoir touché. Boutons les sure zune
feuille, la constitution que je eoneseoj»com<y
nos poches; ste feuille la dit. qu'on ne peut fera
de procé critninele zau roy; je la tenons des.
yeuz. Chapitre II de la royauté,
«Mere, Larucle VI dit que, sy h t«r. ft B«t

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