A CONTRE-VENTS

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Après de nombreuses hésitations, Sara a enfin trouvé les mots justes pour exprimer ce qui autrefois n'était que silence. Itinéraire d'une adolescence passée à chercher des soleils au fin fond des nuits noires, ces poèmes sont autant de cris que de murmures, autant d'amour que de haine. Porté par le vent, rêveuse et en colère, Sara écrit ce qu'elle n'a jamais dit, ce qu'elle ne dira sans doute jamais. Un univers sombre où la lumière vient, par intermittences, y déposer ses secrets, ses espoirs, sa promesse de paix et de sérénité.
Publié le : dimanche 12 juin 2011
Lecture(s) : 214
EAN13 : 9782304002447
Nombre de pages : 125
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À Contre-Vent
1 À Contre-Vents
2 À Contre-Vent

À Contre-Vents
3 À Contre-Vents
4 À Contre-Vent
Sara Bourre
À Contre-Vents
Préface de Xavier Deutsch
Poésie






Éditions Le Manuscrit
5 À Contre-Vents
© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-00244-7 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304002447 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-00245-4 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304002454 (livre numérique)
6 À Contre-Vent
7 À Contre-Vents
8 À Contre-Vent


LA PETITE SŒUR DE LAUTRÉAMONT

Sara Bourre, longtemps avant le matin, re-
garde par la fenêtre : le jour ne se lève pas, ne se
lèvera plus. L’existence est abrasive et noire, elle
ronge les humains comme du solvant, et nous
cherchons à nous réchauffer contre quelques
étincelles.
Sara sort. À la place où se tenait la vie hier
encore, elle dresse un univers lentement,
d’arbres secs, de nuits froides, et de blessures
tenaces.
On a le choix de la suivre, comme lorsqu’un
ami nous propose de marcher dans
l’interminable crépuscule de février. On sait
qu’il faut redresser le col de sa veste, qu’il y aura
du gel au sol, et du grand vent, mais on marche.
On se trouve comme le Petit Poucet, dans une
forêt terrifiante. Des oiseaux craquent au loin.
Un chemin conduit à la mer, et sur le rivage on
entend la grande peur qu’éprouve la création : si
l’hiver ne finissait pas ? L’ami qui nous entraîne
n’a rien promis de consolant. Il faut le suivre en
confiance, mais quelle place est-elle restée à la
confiance ? À la bienveillance des choses ?
Il faut persister à marcher, dans les ténèbres,
regarder à travers nuit jusqu’aux limites de la
souffrance consentie, et songer que, du matin
9 À Contre-Vents
noir au soir blanc, autant que l’on marche, on
conserve la chance d’apercevoir toujours des
lanternes sous la bourrasque. Des étincelles
frottées sur le silex du rivage.
Le vide, la falaise, le soleil de l’autre côté…
Sara se lève à l’aube, considère par la fenêtre
l’interminable nuit de février. Il n’est pas temps
de se résigner, Sara s’accroche aux forces de la
colère qui cherchent à la ronger. Sara tord sa
colère. La colère devient amie, se transforme en
élément. Sara cherche, au fond de sa mine, les
tessons de carbone, les bribes de roches. Les
pupilles s’allument. Les éclats de sang lui mon-
tent à la bouche, elle ne s’en dégoûte point, elle
les recrache utilement. Elle en fera des brasiers
noirâtres qui résistent aux extinctions.
Il en reste une histoire d’amour avec le cré-
puscule, qui semble une comète, nocturne, lu-
mineuse. Comme en créent les écrivains en li-
berté.

Xavier Deutsch

10 À Contre-Vents






Aux souvenirs d'ailleurs,
À ces printemps passés et à ceux qui viendront,
À la vie.

Sara Bourre
11 À Contre-Vents
12

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