À David d'Angers

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Découvrez le poème "À David d'Angers" écrit par Charles-Augustin Sainte-Beuve (1804-1869) en 1837. "À David d'Angers" de Sainte-Beuve est un poème classique extrait de Pensées d'août. Profitez de ce poème en le découvrant sur cette page. Et n’oubliez pas que vous pouvez télécharger gratuitement en format PDF le poème À David d'Angers et l’imprimer depuis chez vous !
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Publié le : dimanche 1 janvier 1837
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À David d'Angers.

(Sur une statue d'enfant.)


L'enfant ayant aperçu
(À l'insu
De sa mère, à peine absente)
Pendant au premier rameau
De l'ormeau
Une grappe mûrissante ;

L'enfant, à trois ans venu,
Fort et nu,
Qui jouait sur la belle herbe,
N'a pu, sans vite en vouloir,
N'a pu voir
Briller le raisin superbe.

Il a couru ! ses dix doigts
À la fois,
Comme autour d'une corbeille,
Tirent la grappe qui rit
Dans son fruit.
Buvez, buvez, jeune abeille !

La grappe est un peu trop haut ;
Donc il faut
Que l'enfant hausse sa lèvre.
Sa lèvre au fruit déjà prend,
Il s'y pend,
Il y pend comme la chèvre.

Oh ! comme il pousse en dehors
Tout son corps,
Petit ventre de Silène,
Reins cambrés, plus fléchissants
En leur sens
Que la vigne qu'il ramène.

À deux mains le grain foulé
A coulé ;
Douce liqueur étrangère !
Tel, plus jeune, il embrassait
Et pressait
La mamelle de sa mère.

Âge heureux et sans soupçon !
Au gazon
Que vois-je ? un serpent se glisse,
Le même serpent qu'on dit
Qui mordit,
Proche d'Orphée, Eurydice.

Pauvre enfant ! son pied levé
L'a sauvé ;
Rien ne l'avertit encore. —
C'est la vie avec son dard
Tôt ou tard !
C'est l'avenir ! qu'il l'ignore !



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