À Délie : Oui ! cette plainte échappe à ma douleur

De
Publié par

Marceline Desbordes-Valmore — É l é g i e sÀ Délie« Oui ! cette plainte échappe à ma douleur » Oui ! cette plainte échappe à ma douleur : Je le sens ...

Publié le : jeudi 19 mai 2011
Lecture(s) : 69
Nombre de pages : 1
Voir plus Voir moins
Marceline Desbordes-ValmoreÉlégies
À Délie « Oui ! cette plainte échappe à ma douleur »
 Oui! cette plainte échappe à ma douleur :  Jele sens, vous m’avez perdue. Vous avez, malgré moi, disposé de mon cœur, Et du vôtre jamais je ne fus entendue.
 Ah! que vous me faites haïr Cette feinte amitié qui coûte tant de larmes !  Jen’étais point jalouse de vos charmes, Cruelle ! de quoi donc vouliez-vous me punir ?  Vossuccès me rendaient heureuse ;  Votrebonheur brillait dans mon chemin ; Et quand je vous voyais attristée ou rêveuse, Pour vous distraire encor j’oubliais mon chagrin. Mais ce perfide amant dont j’évitais l’empire, Que vous avez instruit dans l’art de me séduire, Qui trompa ma raison par des accents si doux,  Jele hais encor plus que vous. Par quelle cruauté me l’avoir fait connaître ? Par quel affreux orgueil voulut-il me charmer ?  Ah! si l’ingrat ne peut aimer,  Àquoi sert l’amour qu’il fait naître ?  Jel’ai prévu, j’ai voulu fuir ;  L’amourjamais n’eut de moi que des larmes :  Vousavez ri de mes alarmes, Et vous riez encor quand je me sens mourir !
Grâce à vous, j’ai perdu le repos de ma vie :  Votreimprudence a causé mon malheur, Et vous m’avez ravi jusques à la douceur  Depleurer avec mon amie !  Laissez-moiseule avec mon désespoir ;  Vousne pouvez me plaindre ni m’entendre ; Vous causez la douleur sans même la comprendre : À quoi me servirait de vous la laisser voir ? Victime de mon cœur, par vous-même trahie, J’abhorre l’Amitié, je la fuis sans retour,  Etje vois, à sa perfidie,  Quel’ingrate est sœur de l’Amour !
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.