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À l'ombre des jardins d'Alkinoos

De
162 pages
Pas facile de tuer un homme même s'il est coupable du pire. Dans cet ouvrage à quatre mains, le nouvelliste et le poète traitent la question chacun à leur manière et nous entraînent tour à tour dans leurs univers respectifs d'ombre et de lumière. La musique des mots, en écho à la rudesse des interrogations, compose un livre acide et lumineux qui ne laisse pas indifférent.
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JeanLucANDREOLETTI Jean BernardEMONIN
À l’ombre des jardins d’Alkinoos
Poésie(s)
À L’OMBRE DES JARDINS D’ALKINOOS
Jean-Luc ANDREOLETTI Jean Bernard EMONINÀ l’ombre des jardins d’Alkinoos
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06041-5 EAN : 9782343060415
À mes enfants Mathieu et Emilie, à mes petits enfants Lisa, Tiago, Thaïs, Cali et Alizée pour qu’ils puissent encore lever le poing. À ma sœur Edith qui a baissé les bras. À Christine.
Jean-Luc Andréoletti
À Élise et Natacha, mes filles. À Nicole, mon épouse.
Jean Bernard Emonin
1 - Le chemin
Pierre s’était levé très tôt, sans difficulté, comme souvent. Depuis très longtemps, presque chacune de ses nuits se résumait en quatre ou cinq heures de sommeil réparatrices.
La veille au soir, il avait préparé son sac à dos minutieusement, en avait vérifié le contenu plusieurs fois.
Depuis le lever du soleil, il marchait d’un bon pas, silencieux, suivant un chemin caillouteux qui s’élevait lentement à travers une forêt composée principalement de hêtres. C’était la partie de cette randonnée qu’il appréciait le moins ; il en était ainsi depuis toujours, au bout d’un moment à cheminer à couvert il se sentait oppressé. Sans doute à cause de l’absence de perspective.
Il en était de même dans sa vie, il lui fallait constamment se projeter, vivre sans temps morts, sans à-coups, avec fluidité. Il éprouvait sans cesse le besoin de voir loin, d’envisager sa vie et celle de ses proches dans l’avenir, un avenir forcément meilleur que le présent.
Il quitta la forêt aux alentours de midi, soulagé de s’extraire de cette atmosphère pesante, souffla, s’engagea sur un sentier à flanc de montagne d’où il apercevait le toit d’ardoises du refuge de la Madone.
Il marchait depuis près de six heures et n’avait pas éprouvé le besoin de manger. Il s’allongea sur l’herbe rase, cette même herbe courte et douce que l’on rencontre
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