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A men leisi

De
236 pages
Ces poèmes sont empreints de tendresse et d'humour et nous entraînent dans un petit monde souvent joyeux où règne la poésie, normande jusqu'au bout des rimes. Dans ces textes (français et normands) on retrouve une multitude de mots et d'expressions qui témoignent de la remarquable richesse de la langue, laquelle est parlée, avec des variations, du Pays de Caux à Gersey en passant par le Bessin, le Pays d'Auge...
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A men leisi
En prenant le temps qu'il faut

@ L'Harmattan, 2004 ISBN: 2-7475-7297-8 EAN : 9782747572972

Marcel Dalarun

A men leisi
En prenant le temps qu'il me faut
Pouèmes et caunchouns en normand mins itou en fraunçais Poèmes et chansons en normand avec leur traduction française

Collages de Jacques Fauny

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

Mes remeniemmts et toutes mes amitiés à Odile Buttet, Isabelle Lequertier, JeanClaude Léger, Mmjorie Léger, René Loit, HippolYte Cancel, Daniel Bourdelès et Rémi Pézeril qui ont permiJ la réaliJation de ce livre queje n'aurais pu concevoirseul.

Marcel Dalarun

Quelques principes élémentaires de graphie et de prononciation du normand

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Le normand est une langue d'oil essentiellement issue du latin, avec une influence germanique et scandinave. Comme la plupart des autres langues régionales, le normand a servi de terreau à la formation de la langue française. De nombreux termes anglais sont également issus du normand. L'orthographe mise au point peu à peu par les auteurs normands reprend des signes utilisés dès le Moyen Âge: -oun (on long), -aun (qui se lit ain ou aon selon les régions). Les diphtongues sont nombreuses: ouo,yi, yÙl (i nasalisé que le français ne connaît pas), âo. La complexité de la prononciation se retrouve même dans les voyelles simples: le signe é se prononce entre le e et le è français; le e non accentué est un e muet (autrefois noté apostrophe). Eun quemin se prononce" un kmin " et dau11Jle quémin se dit " da on l' quémin ". Devant san. Devant une consonne, melt, telt, Selt se disent man, tan, par une voyelle, melt,

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, , , , , 1 -1 ten, sen, les, uesse prononcent m n, tn, s n, l z, d z.

un nom commençant

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Les verbes en -aer se prononcent selon les microrégions é, a ou 0, et même aï à Guernesey.

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Les consonnes ont une prononciation qui varie localement: qu devant é ou i est mouillé en Normandie de l'Ouest (allant jusqu'à tch ou tj). Ainsi, quoeu (cœur) se prononce" tcheu ". De même, gu devant e, i, u se réalise en dj : guette (regarde) se prononce "djette". Georges Métivier (qui a écrit six mille vers en nonnand à Guernesey au XIX" siècle) a été le premier à utiliser le signe Il pour notcr le I mouillé après b, c, j g et p. Ainsi eun c!los (champ clôturé par des haies) se prononce" kio " (avec un 0 long). Mais calitchumbe!et (galipette) se prononce" calitchimblé ", de même que belin (bélier) se dit" blin ", goubelin . ," Il \,utlll ) " gou blin " et Carteret " c artre. Le h dit aspiré est fortement expiré surtout dans le Nord-Est du Cotentin. Déhait (malheur) se prononce" dérhait " et ressemble au j espagnol dans jota ou Juan Oean), ou au ch allemand: Bach. Depuis le siècle dernier, les poètes et les romanciers écrivent cn suivant ces conventions proches de la graphie du français pour ne pas trop dérouter leurs lecteurs. Notons que Jersey et Guernesey ont parfois leurs propres conventions: par exemple, le th réalise un r faible, le normand empruntant ici un signe à l'orthographe anglaise.

Rémi Pézeril Enseignant en normand

Préface

Etre poète, c'est s'envoler sur les ailes des mots. Marcel Dalarun a depuis longtemps choisi les siens. Ils sont normands. De cette langue ancienne qui nous glisse à l'oreille des souvenirs d'enfance. De cette langue qui veut aussi rester actuelle parce que son silence signifierait sa disparition. Avant lui, des dizaines d'auteurs ont entrepris d'écrire en normand. Que reste-t-il de leurs amours? De beaux livres pour les plus célèbres d'entre eux, des feuillets agrafés pour la plupart, des textes épars pour les plus modestes. Il était donc essentiel de réunir dans cet ouvrage la production poétique de Marcel Dalarun, laquelle fait aujourd'hui référence auprès de tous ceux qui apprécient et veulent faire vivre la langue normande.

Une langue à mettre en chansons
La création littéraire de Marcel est étroitement liée à la vie de l'association" Magène " qu'il a toujours présidée et dont il faut évidemment dire quelques mots. Souvenirs... En 1987, une exposition sur la langue normande est organisée au Centre des Unelles, à Coutances. Je viens y rencontrer un " spécialiste" (c'est notre homme) pour évoquer avec lui la possibilité de promouvoir le normand par la chanson et le disque. Très vite, l'œil de l'expert se met à briller. Mais oui, bien sûr, il y a une langue à faire chanter, des chansons à inventer! D'ailleurs, il y pense depuis longtemps. Nous sommes sur la même longueur d'onde. Je suis épaté par cet enthousiaste résolument optimiste qui ne tarit pas d'émerveillement pour sa langue première, le normand.

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Le concept d'un répertoire de chansons originales en langue nonnande prend corps. Du jamais entendu depuis 70 ans. Avec Rémi Pézeril, le concepteur de l'exposition, Marcel constitue l'équipe qui posera les plâtres avant de les essuyer. Rémi propose un nom pour le groupe: ce sera" J\Iagène " (mot à sens multiple qui peut se traduire par j'imagine, JanJ dotlte, bien JtÎt]. Deux ans plus tard, dix chansons inédites en normand seront gravées sur l'album" Calitchumbelet " (Galipette), premier d'une série qui n'est pas encore tarie puisque l'association Magène continue d'enrichir sa collection à intervalles réguliers. Si le groupe a fait son chemin depuis, il faut reconnaître que les débuts furent délicats. Pensez donc: faire chanter le normand sur des musiques d'aujourd'hui! Face aux grincements de dents et aux sifflements d'oreille des puristes, Marcel Dalarun a su expliquer, imposer la nécessité de créer pour sauvegarder. En réponse aux difficultés de la nuse en oeuvre, il a toujours poussé son cri de guerre préféré: " On IJa arritJer ! ". Voilà deux cents ans que des y moues entendues confIrment l'irrémédiable extinction de la langue normande. L'optimisme est une fonne de foi qui sert élégamment les causes difficiles. Celui de Marcel aura repoussé un peu plus loin encore les frontières du déclin. De l'énergie, notre homme en dispose suffisamment pour batailler sur plusieurs fronts. Président du Groupe Charles Frémine, groupe folklorique traditionnel, il est aussi membre de plusieurs associations régionales. Avec ses amis de l'Université Populaire Normande du Coutançais, par exemple, il participe a la rédaction de la fameuse Grammaire normande, laquelle confIrme que le nonnand est bien une langue à part entière, ainsi qu'à la réalisation d'un riche Recueil de textes en langue normande plus spécialement destiné aux enseignants. Il crée également le groupe" Prêcl1Ï normaund " (parler normand) de SaintGeorges-Ia-Rivière, désormais bien connu pour la qualité de

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ses créations littéraires. Il demeure aussi un témoin privilégié de la vie des derniers potiers de la commune de SaintJacques-de-Néhou (Ivlourot en normand) auxquels il consacre des articles très documentés. On lui doit, en particulier, un glossaire érudit de la poterie utilitaire. v ous l'aurez compris: si le nom de Marcel Dalarun est indissociable du succès de l'association I\1agène, il est aussi étroitement lié à la promotion de la langue et de la culture normandes.

Une puissance

évocatrice

Et depuis, le poète écrit. Car il s'agit bien d'inventer des histoires, d'exprimer des sentiments et des ressentiments, de parler de soi et des autres. 1\vec la difficulté bien connue de passer de l'imaginaire au papier. Si l'on en juge par le contenu de ce présent ouvrage, Marcel n'a pas manqué d'inspiration! Des linguistes procéderont peutêtre un jour à l'analyse de son oeuvre. Ils y observeront sans aucun doute un respect scrupuleux des règles de la grammaire normande. Ils y noteront aussi une approche nouvelle de l'expression poétique en normand, une écriture personnelle qui situe Marcel Dalarun parmi les meilleurs auteurs de la littérature normande contemporaine. Pour ma part, en tant qu'usager de ses poèmes, je limiterai mon propos aux concepts d'écriture et aux thèmes développés par le poète. Lorsque l'on creuse le puits de la langue originelle, les mots oubliés ou méconnus jaillissent par centaines. Marcel Dalarun a voulu les utiliser en conservant leur sens d'origine ou, par souci de les faire vivre, en leur associant des images inhabituelles. Ainsi, si les tournures typiques, véritable sel de la langue, sont volontairement recherchées et employées,

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l'auteur sait aussi donner puissance évocatrice :

aux

mots

une

extraordinaire

Marotène tu me bâles le bouonheu Et pouor mei tu t'acaches pouor Etoupaer les brèques de men quoeu D'eune mouerie de frines d'amour
Petite Marie tu m'riffres le bonheur Et pour moi tu accours pour Pamer les brisures de mon coeur D'une multitude de miettes d'amour

ou: Sauns brit l'horloge cauntouse Pouor faire arrivaer sages Les heures raundouillouses
Sam bruit l'horloge lhantonne Pour rendre sages Les hmres vagabondes

Oui, ce livre nous offre une collection de mots rares et savoureux: effreiduraé (trami), soursoubraunt (tremblant), ébrédilli (étarquillé), agobelinaé (recroquelJillé), ébrésouilli (interloqué), guerguichoun (go.rier),à la guilmargouère (à la va comme je te poune), bâobe (engourdi par le froid), cadéleries (tajolerieJ), chapinaer (piéti1lel), s'ébraiholaer (s'époumoner), écllipaées (édabouHures), pour n'en citer que quelques-uns. Les textes sont comme des tiroirs pleins de petits trésors. La plupart sont simples et se lisent aisément. D'autres, plus ouvragés, imposent une relecture. Certains, par contre, nous laissent perplexes. Dans" A men lei si " ÇA ma guise), par exemple, on assiste à une véritable fusion des mots qui emporte le lecteur dans un tourbillon d'images. Le poète

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nous entraîne dans une jubilation onirique, sans doute dans ce petit paradis joyeux qui lui sert de référence. Cette effervescence peut même confiner à une juxtaposition de mots, à une mosaique déconcertante, comme dans " Débasotaisoun " (ProPOJ' JanJ qlfette ni tête).

Le saviez-vous, Marcel joue du violon? Pour un compositeur, il est confortable de travailler avec un auteur musicien: les vers sont équilibrés, naturellement rythmés et donc plus faciles à mettre en musique. Inversement, si la musique précède le texte, l'auteur trouve facilement la place des mots sur la mélodie imposée. Sur ce point technique, " Carteret " ou " Nachu d'écriture réussie. " (Têtlf) me semblent des exemples

Un poète sensible
Il émane de cette belle collection de textes des sentiments dominants. Marcel aime les femmes et leur dédie des poèmes peaufinés. " Tes uus " (TeJyelfx) tresse un délicat collier d'images pour une femme aimée. " Nathalie" évoque magnifiquement l'amour idéal, à la fois simple et passionné, quand tous les sens vibrent à l'unisson. L'enfance attendrissante le touche aussi en plein coeur: Eune lerme d'éfaunt, ch'est eun souorcin mouoroune dauns men quoeu acabassaé.
qUl

Une 1a/7J1e d'en/ànt, c'eJt !flze petite JOl4rce qlfi Je diJtille dOlfcemen! dam mon ((Elfl'écraJé de peine.

Il fête les rapports humains et l'amitié avec des mots justes et sensibles: " Espère ma caunchoun " (AttendJ qlfe vienne ma Chal1JOn) st un texte touchant comme une main e tendue au bon moment à un ami en peine. L'auteur est aussi

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un bon vivant, parfois libertin: " Assent" (Bon sens) s'avère un véritable plaidoyer épicurien! Il apprécie par dessus tout la simplicité et la beauté de la nature qu'il aime à parcourir en toute liberté. Sous l'émerveillement de la vie affleurent aussi des souvenirs plus douloureux, intimes, que l'homme pudique n'évoque pas mais révèle par des références à la " neircheu " (noirceur) ou à la solitude. Je me souviens du fI, ce texte émouvant que Marcel avait écrit d'un " Pendu trait, comme pour se libérer d'un événement pénible. Lorsque je lui chantai la chanson, quelques semaines plus tard, il ne se souvenait plus avoir écrit le poème! L'amour, l'amitié, la liberté... Tous les poètes ont puisé dans ce vivier, certes, mais ces thèmes ont été rarement abordés de façon si précise et originale par les auteurs normands. Et la mer? Certains s'étonneront que la mer, qui prend tant de place dans le Cotentin, n'occupe pas davantage les lignes de notre poète de Carteret. C'est que le grand voisin" du dessus", Côtis-Capel (pêcheur, prêtre et poète né à Urville-Hague) niche souvent dans ce créneau du répertoire de Magène. Marcel Dalarun a eu le souci de la diversification. Attitude moderne, non? D'où, par exemple, cette série de charmantes" Caunchounettes normaundes " (Chansonnettes normandes) écrites à l'intention des enfants et mises en musiques par Véronique Pézeril. D'où aussi ces fables: " Les carpelouoses " (Les chenilles), " La môque et le rébelot " (L'abeille et le roitelet) et autres chansons-fables dont " La fème, la catte et le co " (La jèmme, la chatte et le coq) constitue l'exemple le plus populaire. De la fable à l'humour, il n'y a souvent qu'un clin d'oeil appuyé. Fidèle à la tradition (que l'on dit normande...) de ses aînés, l'auteur manie l'humour à petites touches ponctuelles. Il sourit des travers des autres et aussi de ses propres désillusions avec une finalité toujours réaffirmée: croquons la vie sans réserve malgré l'amertume qu'elle engendre.

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Ancien directeur d'école, Marcel Dalarun vous parlera d'un temps disparu: "II fallait apprmdre lejlY1nçais à des e1!iànts dont la langue matemelle était le plus SOJIlJent normand. Quand iiJ le /e»p,imaimt en f/YInçais, iiJ utilisaimt malgré eux des toumures nomJandes, forcémmt spécijiques. De ce jàit, si lellr normand était t01Ted, leur fi'an(ais demeurait appro.\:imat!f". Quelques dizaines d'années plus tard, nous sommes nombreux à faire le chemin inverse pour le plaisir. Ecrire en normand, cela s'apprend, et si nos tournures françaises sèment la zizanie dans nos phrases normandes, Marcel a encore le stylo vif pour rectifier l'erreur. Dans les pages qui suivent, la langue normande ,Tie. Savourons-la pleinement. est en

Daniel Bourdelès Cofondateur de l'association

Magène

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Dauns le loceis dé tcheu nouas, Jé ne syis brin à l'étreit.
Dans la langue de chez nous, à mon aise.

Je me sens vraiment

Côtis-Capel

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Une fleur au bout de mon parler

Le soir est tapissé Scintillantes Tout La Et La dam en déplqyant bntme

d'étoiles la nuit noire sa toile

a tout enchelJêtré

dans le ciel trami lune va s'enchifrener

MaÙ moi j'ai tOlgours attrapé Une fleur au bout de mon parler
Un filet de vent s'amuse sous les fiuilles

En fOlâtrant

Si une fOrte a1Jersej'imagine Les accable et les taquine Dans les arbres grimaçants dégouttent continûment Les branches

Mais moi j'ai toujours attrapé Une fleur au bout de mon parler Pieds nus sur les galets Frôlant l'eau bordée d'écume 1I1archer entre ciel et mer Entendre le vent parler fOl1 Etre éclaboussé d'écume Quand la mer prend son élan

MaÙ moij'ai tOlfjomJ attrapé
Une fleur au bout de mon parler

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Eune flleur oû bout de men prêchi

Le sei est grési d'éteiles Tressinauntes dauns la neire nyit Mais qu'en délachaunt sa teile La breune a touot pêquevêchi Et dauns le cyil effreiduraé La leune va s'enchiffrounaer

Mais mei j'i tréjous pêqui Eune flleur oû bout de men prêchi
Eune fisclaée de vent riochène En jipoutraunt souos les fuules Mais qu'eun abat d'iâo magène Les acrase et les jiguule Dauns les âbres grima chus Les braunques dépurent à pis-pus Mais mei j'i tréjous pêqui Eune flleur oû bout de men prêchi À nu-chapins sus le perret D'aras la bavette de l'iâo Marchi entre cvil et mé Entenre le vent prêchi hâot Yête écllipaé pa la broe Quaund la mé prend sen évo Mais mei j'i tréjous pêqui Eune flleur oû bout de men prêchi

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Nou.r alJons marché au hasard des chemins Pour sai.rir le sourire du temps Ce J'ont mes souvenirs qui reviennent Quand je pounuis mes rêveJ'd'e1!iànt Une chanson une jèmme une jIeur C'est bien là tout mon bonheur Et moi j'ai totijours attrapé Une jIeur att bout de mon parler

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]'OU11S travêqui pa les caches Pouor happaer le sourire du temps Ch'est men souvenin qui se racache A pouorsuure mes rêves d'é[aunt Eunc caunchoun eune fème cune meur Ch'est dreit l'enreit de men bouonheu Et mei Vi t:1:éjous pêqui Eune meut oû bout de men prêchi

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Les pieds sur terre

Éclale de nOremon gan fa empêche de mourir On ne peul pas boucher de Irotl Ji on n'a pas de dJe7Jille SÛr on ne /atTange pas à fJottloir reJJasser Il eJI loujourJ à venir l'amour qui nous excite

Écoute un peu mon gan quand lu vieilliras C'eJt ce qui n'e.rt pas pennis qu'on appréàe le pitH Oui il vaul mieux jàire des galipettes dans un canage Que de rester bouche bée à ne JatJoir quoi faire

Si tu crainJ d'avoir froid réfi4gie-toi en en.fer Je préfère vifJre sur tetTe attraper une bonne bouteille Chanter à gorge déplqyée voir la .feuille à l'enverJ Boire jusqu'à plus JOif et puis pisser jusqu'aux étoi/eJ

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Assent

Écale-tei de rire men gâs cha yempôse dé mouori No peut brin bôchi de trou mais que no-z-ait paé de quévile Veire i nous amende brin à vouli rabûqui Il est tréjous en venaunt l'amour qui nous quétile

Écouote eune miette men gâs quaund tu vyinras sus l'âge Ch'est cha qu'est brin permins qué no troue le milleu Veire vâot muus faire des tras oû mitan d'eun corsage Que restaer la joe sous l'u à trachi qui que no veut

Mais que t'aies poue d'avei freid racache-tei

en enfé

J'aime muus restaer sus terre chopaer eune bouone boutèle Chauntaer à pllenne goulaée veî la fuule à l'envers Beire à freid coup et pis lâqui de l'iâo és éteiles