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A mi-chemin

De
99 pages
Partir/revenir, ces allées et venues de la vie nous laissent fatigués, lassés que rien ne brise l'exigence du temps. Tu es ici, tu es là-bas, le monde est divisé mais quand tu rassembles tes amours, il n'y a pas de différence.
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" A mi-chemin

Du même auteur

Latérite (recueil de poèmes), Monde Noir Poche, Hatier, Paris, 1983. Le royaume aveugle (roman), Encres Noires, L'Harmattan, Paris, 1990. À vol d'oiseau (roman), Encres Noires, L'Harmattan, 1992. Paris,

Champs de bataille et d'amour (roman), Présence Africaine, Paris, Nouvelles Éditions Ivoiriennes, Abidjan, 1999.

Véronique

TADJO

A mi-chemin
"-

(poèllles)

Préface de Hamidou DIA

L' Harmattan

@ L'Harmattan,

2000

5-7, rœ de l'École-Polyteclmiqœ 75005 Paris - France L'Harmattan, Inc. 55, rue Saint-Jacqœs, Montréal (Qc) Canada H2Y lK9 L'Harmattan, l talia s.r.!. Via Bava 37 10124 Torim ISBN: 2-7384-9154-5

Préface
Tout poème d'une certaine manière est une quête. De quelque manière. Une quête au travers «de cette bataille solitaire contre - avec - les mots» qu'on nomme acte d'écriture. Et le texte est beau, d'une beauté fragile comme il sied à toute sensibilité exacerbée, inquiète. Véronique Tadjo, poétesse au talent confirmé, continue ici sa recherche inlassable de sens et d'identité dans un monde de plus en plus illisible et déréalisé. La poésie a ici visiblement une fonction purificatrice: la poétesse écrit contre l'oubli, par devoir de mémoire; elle écrit aussi pour construire des remparts contre cet « Extérieur» agressif qui risque d'ébranler son propre édifice psychologique. Avec des thèmes récurrents: la solitude, l'angoisse, l'amour, l'identité, la mémoire, les voyages, les exils intérieurs et le silence jusqu'au bord du sanglot. A cause de tous ces «lendemains salis », tous ces «oublis inutiles », tous ces « destins saccagés ». La poésie de Véronique Tadjo, inlassablement, « cherche les armes du courage et la force de l'obsession », avec, en arrière-fond, cette lancinante question: « comment apprendre à se quitter sans se perdre» ? Comment aller vers l'assaut du visage de l'autre si « nous sommes des solitudes éparses sans jamais briser les barrières» ? Nous sommes devant une poésie d'angoisse, de solitude mâtinée de désespoir. Une poésie séquentielle - autant de tranches de vie -, qui hésite entre « la tentation du silence» et la véhémence du verbe cathartique. La structure est assez complexe par l'alternance des poèmes courts et des poèmes longs comme pour signifier une oscillation permanente entre l'amour et le désespoir, la solitude et la fraternité. Les pistes sont sans cesse brouillées, obligeant le lecteur à d'incessants va-et-vient. La poétesse sait qu'il lui faut quitter l'innocence initiale, ancienne, pour un nouvel accouchement; il faut s'arracher, partir donc en s'enfonçant dans l'épaisseur de la nuit qui délivre. Chemin faisant, elle nous révèle, sur le ton de la confidence, sa détresse, son mal vivre et son mal être, son besoin de

pureté et d'absolu. Écrire c'est visiblement pour elle être en partance, aller à l'assaut d'autres horizons. Car « comment veux-tu parler de l'arbre et de ses fruits quand les racines se meurent sous la terre malade»? Contre la tentation de l'ellipse, il faut maintenir, ferme, l'incandescence de la parole poétique pour guérir la terre, rédimer les racines, afin que mûrissent les fruits appendus à l'arbre des espérances nouvelles. C'est ainsi que dans cette parole maintenue, plusieurs chemins se croisent à mi-chemin, au mitan d'une volonté fiévreuse, ouvrière de printemps désirés mais encore problématiques. Le tout murmuré, susurré, à peine quelques cris dans une écriture liquide, limpide, fortement chargée d'émotion par son caractère allusif, le refus de tout dire mais de tout suggérer. L'écriture est féminine toujours, non pas parce que c'est une femme qui écrit, mais parce que femme écrivant, il y a chez Véronique Tadjo, en plus de la métaphysique de la quête initiatique, un souci du quotidien, un sens des réalités, et un besoin viscéral d'assomption totale de sa subjectivité. D'où cette écriture limpide, puisée aux sources de multiples silences, de multiples souffrances; et par conséquent douloureuse mais pudique, intimiste et personnelle parfois, lyrique toujours. Mais au-delà de la quête initiatique, de l'engagement, de l'expérimentation esthétique, ce recueil étrange, fascinant d'ambiguïté, - à l'image des réalités dont il se veut héraut-, est une méditation sur la finitude, sur le temps qui passe, sur la vanité des choses et la vacuité des êtres, sans le pathos romantique. Le lecteur se rend compte, au bout de son immersion dans l'univers poétique de Véronique Tadjo, que ces chemins ébauchés, aBusivement évoqués, sont prétextes à une réflexion plus fondamentale sur l'identité et le sens: est-il encore possible de construire du sens, d'échapper à l'angoisse et au pessimisme, dans un monde dont l'absurdité, la violence offusquent? La réponse est au bout d'un cheminement auquel elle nous convie, à travers des chemins qui se croisent et se décroisent pour nouer d'un seul nœud toutes ces solidarités frémissantes, toutes ces fraternités en attente. À mi-chemin. Hamidou Dia

8

~.M

Je pars à mi-chemin (à peine) de Mon rire je voulais rire des Rires qui dégringolent en cascades Les pentes abruptes du Kilimandjaro N. X. EBONY