Aggravation(s)

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... je n'arrive pas à déchiffrer sur ma peau la date de péremption. Il s'agit bien d'aggravation(s), et on se demande jusqu'où ira cette spirale infernale où la peur peut apparaître comme la fiancée aveugle de la mort. Curieusement, le pluriel que souligne l'auteur porte en soi une sorte de rédemption qui s'arrime au vers/à quoi ?/rime sa vie à/rien. "Aggravation(s)" est une belle oeuvre d'acceptation de la vie crispée sur la mort, de la mort qui soulève un terroir fertile. (Michel Cassir).
Publié le : mardi 1 juillet 2008
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EAN13 : 9782296203518
Nombre de pages : 60
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AGGRA VATION(S)

Levée d'ancre Collection dirigée par Michel Cassir et Gérard Augustin
Levée d'ancre est une nouvelle collection privilégiant l'écriture poétique. Elle se propose d'abord de publier, au-delà de la division des genres, la poésie sous toutes ses formes; de la précise ciselure du vent aux nouvelles, y compris le « noyau de prose» par lequel l'œuvre exprime ce qu'il y a de plus actuel, dans sa construction d'un sens de la poésie. Ensuite, multiplier les accès à cette poésie, tant par les anthologies critiques, les ouvrages collectifs, que par les échanges entre écrivains et lecteurs, les rencontres entre la poésie, les différents arts et la vie.

Hervé Bauer

AGGRA V ATION(S)

Préface de Michel Cassir

L 'HARMATTAN

DU MÊME AUTEUR

L'Image devient hantée (Ed. Michel Chomarat, 1989). L'Inflexion (Suite de 9 poèmes mise en musique par J.G. Bailly, Opéra de Lyon, 28/02/1990). Derrière les planches (Ed. Jalouse pratique, 1993). En viande saignante (Ed. Jalouse pratique, 1994). D'entre les murs (Ed. La main courante, 1994). Requiem de Stockholm (Ed. La main courante, 1995). Fugue (Ed. L'atelier des Grames, 1996). Tombeau de Meaux (Ed. La main courante, 1997). Vers la laideur, l'affolement (Ed. Sergent-Fulbert, 1998). Cécité de la lumière (Ed. La main courante, 2000). « Dommage» (Ed. In extremis, 2003). Froidureux (Carnet des Sept Collines, Ed. Jean-Pierre Huguet, 2004). Mise en pièces de la Lyre (Ed. L'Harmattan, 2005). Piéton (J.P. Huguet Editeur, 2006).
@

L'HARMATTAN,

2008

5-7, rue de l'École-Polytechnique,

75005 Paris

http://www.librairieharrnattan.com diffusion. harrnattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-06122-4 EAN : 9782296061224

Le passeur, entre fatalité et éblouissement ...je n'arrive pas à déchiffrer sur ma peau la date de péremption. Dès la première cadence, Hervé Bauer nous tient au parfum, il s'agit bien d'aggravation(s) et on se demande jusqu'où ira cette spirale infernale où la peur peut apparaître comme la fiancée aveugle de la mort. Mais curieusement, le pluriel que souligne l'auteur porte en soi une sorte de rédemption. qui tant remua la terre pour y trouver du ciel La littérature est bien là pour prendre le relais de cette plongée en apnée au corps même de ce vide qui nous piège. Elle est ce voyage initiatique à travers les visages de la mort qu'elle provoque et libère. Et quel moyen d'exorciser la fragilité de la vie que de fréquenter ce théâtre imaginé de la

mort, avec les grincements qu'il faut, mais aussi avec
humour et subtilité... un art brut, taillé au canif, mais dans une quête toute mallarméenne d'un absolu, capté au revers des mots. qui s'arrime au vers/à quoi? rime sa vie à rien Cette mise à nu montre la fragilité du poète mais aussi sa lucidité, aussi grinçante soit-elle. Le vers est autant une machinerie à maudire que le seul canal qui relie à la substance vitale. Il en ressort une mise en résonance de vocables, de sens, de non-sens et de pensées qui s'articulent 5

dans un espace poétique que l'auteur préserve de toute contamination sociale. Le poète ne sait ressembler qu'à luimême, dans ses méandres, ses percées imprévues et un cheminement de plus en plus périlleux vers le soleil. On est loin de l'évidence et de l'esthétique qui bercent le lecteur de certitudes au premier degré. Celui-ci est constamment troublé, sollicité, réduit et ressuscité. Il devient complice de toutes ces histoires de poètes et d'artistes (Giacometti surgit comme une preuve visuelle de cette alchimie de la mort et de la survie par les outils magiques de l'art: blanc Vacant de l'orbite nettoyé de la Vision) livrés au sifflement de leurs os et de leurs voix caverneuses qui créent une vision très palpable de l'immortalité. Le poète perçoit l'absurde des frontières entre l'être humain et les forces qui le traversent: la nature au sens le plus minéral et les fulgurations du souffle qui fait l'aller-retour entre vie et disparition. (comme un point d'eau palpite un visage) Dans cette descente supposée se diriger vers les enfers, qui est 1'histoire même de l'être vivant, la moindre fraîcheur, ce point d'eau, s'incarne et offre un visage à l'innomé. C'est le déclic de la poésie qui permet de rapprocher la vacance du désir. En fait, ce qui tourmente Hervé Bauer c'est faire renaître ce désir. L'acte littéraire est l'acte de refondation d'un sacre humain associé à son double déchu. Donc règne la lumière aux yeux crevés (c'est pourquoi on dit qu 'Homère était aveugle)

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