Agrippine

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Découvrez le poème "Agrippine" écrit par Savinien de CYRANO DE BERGERAC. Ce poète de France est né en 1619, mort en 1655. "Agrippine" de de CYRANO DE BERGERAC est un poème classique. Vous avez besoin de ce poème pour vos cours ou alors pour votre propre plaisir ? Alors découvrez-le sur cette page. Le téléchargement de ce poème est gratuit et vous pourrez aussi l’imprimer.
Avec le poème de de CYRANO DE BERGERAC, vous pourrez faire une analyse détaillée ou bien tout simplement profiter de très beau vers de "Agrippine".
Publié le : lundi 30 juin 2014
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Agrippine

Alors que dans ton sein mon Portraict fut tracé,
Le Portraict de Tibere en fût-il effacé ?
Ou des-accoustumé du visage d'un traistre,
L'as-tu veû sans le voir et sans le reconnoistre ?
Je t'excuse pourtant, non, tu ne l'as point veû,
Il estoit trop masqué pour estre reconnû ;
Un homme franc, ouvert, sans haine, sans colere,
Incapable de peur, ce n'est point là Tibere ;
Dans tout ce qu'il paroist, Tibere n'est point là :
Mais Tibere est caché derriere tout cela ;
De monter à son Thrône il ne m'a poursuivie
Qu'à dessein d'espier s'il me faisoit envie ;
Et pour peu qu'à son offre il m'eût veû balancer,
Conclurre aveuglément que je l'en veus chasser :
Mais quand il agiroit d'une amitié sincere,
Quand le ressentiment des bien-faits de mon Pere,
Ou quand son repentir eust mon chois appellé
A la possession du bien qu'il m'a vollé,
Sçache que je préféré à l'or d'une Couronne
Le plaisir furieux que la vengeance donne ;
Point de Sceptre aux despens d'un si noble courroux,
Et du voeu qui me lie à venger mon Espoux.
Mais bien loin qu'acceptant la suprême Puissance
Je perde le motif d'une juste vengeance :
Je veux qu'il la retienne, afin de maintenir
Agrippine et sa race au droict de le punir ;
Si je l'eusse accepté, ma vengeance assouvie
N'auroit peû sans reproche attenter sur sa vie,
Et je veux que le rang qu'il me retient à tort
Me conserve tousjours un motif pour sa mort.
D'ailleurs c'est à mon fils qu'il remettoit l'Empire ;
Est-ce au nom de subjet où ton grand coeur aspire ?
Penses-y meurement, quel que soit ton dessein,
Tu ne m'espouseras que le Sceptre à la main.
Mais adieu, va sonder où tend tout ce mystere,
Et confirme tousjours mon refus à Tybere.

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