Ailes de taule

De
Deux hommes. Un père-fils et un fils-père.
Le premier est incarcéré pour un crime scabreux ourdi par l’autre, quant à lui impuni mais séquestré dans la pire des prisons : la mémoire. Un crime catalysé par une soif de rédemption jamais étanchée.
Une femme qui n’a commis qu’un méfait : celui d’être devenue mère.
Ce récit poétique plonge au cœur d’un drame humain qui touche aux limites de la filiation. «Ailes de taule», le premier recueil publié par Éric Charlebois aux Éditions Prise de parole, fait suite à un stage d’écriture en milieu carcéral qui a fortement marqué son créateur.
Publié le : mardi 26 janvier 2016
Lecture(s) : 7
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782897440411
Nombre de pages : 84
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Ancrées dans le Nouvel-Ontario, les Éditions Prise de parole appuient les auteurs et les créateurs d’expression et de culture françaises au Canada, en privilégiant des œuvres de facture contemporaine.

 

 

Éditions Prise de parole
C.P. 550, Sudbury (Ontario)
Canada P3E 4R2
www.prisedeparole.ca

 

 

Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada, par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) et du programme Développement des communautés de langue officielle de Patrimoine canadien, ainsi que du Conseil des Arts du Canada, pour nos activités d’édition. La maison d’édition remercie le Conseil des Arts de l’Ontario et la Ville du Grand Sudbury de leur appui financier.

Du même auteur

 

Compost-partum, Ottawa, Éditions David, 2014.

Le miroir mural devant la berceuse électrique, Ottawa, Éditions David, 2012.

Lucarnes, Ottawa, Éditions David, 2009.

Circatrices, Ottawa, Éditions David, 2008.

Cinérite, Fertilité des cendres ou Tradition du mouvement, Ottawa, Éditions David, 2006.

Centrifuge. Extrait de narration. Poésie faite de concentré, Ottawa, Éditions David, 2005, prix de poésie Trillium.

Péristaltisme. Clystère poétique, Ottawa, Éditions David, 2004.

Faux-fuyants, Ottawa, Le Nordir, 2002, prix de poésie Trillium, prix LeDroit.

Éric Charlebois

Ailes de taule

Poésie

Éditions Prise de parole
Sudbury 2015

Œuvre en première de couverture et conception de la première de couverture : Olivier Lasser

 

Tous droits de traduction, de reproduction

et d’adaptation réservés pour tous pays.

Copyright © Ottawa, 2015

 

Diffusion au Canada : Dimedia

 

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Charlebois, Éric, 1976-, auteur

Ailes de taule / Éric Charlebois.

Poèmes. Publié en formats imprimé(s) et électronique(s).

ISBN 978-2-89423-945-2. – ISBN 978-2-89423-784-7 (pdf).

– ISBN 978-2-89744-041-1 (epub)

I. Titre.

PS8555.H4183A66 2015      C841’.6      C2015-906399-X

PS8555.H4183A66 2015      C841’.6      C2015-906400-7

 

 

ISBN 978-2-89423-945-2 (Papier)

ISBN 978-2-89423-784-7 (PDF)

ISBN 978-2-89744-041-1 (ePub)

Let it be unto you.
Matthew Good,Non Populus

Til there’s a man waiting to take me to something
That I’m for
Matthew Good, Champions of Nothing

You move like moonshine straight to my head
This is a storyline we write from the same bed
Sam Roberts, With a Bullet

Écouvillon i

 

On entendait le grincement des pentures.

C’étaient les drapeaux qui tournoyaient en s’éloignant du mât.

 

Il exhibait un manteau qu’il disait réversible.

Ça lui faisait drôle.

Ils portaient tous un uniforme en

tatouage.

Ils portaient tous une peine lourde comme

l’écho

d’une clé qui est tombée sur le plancher en terrazzo.

 

Il avait voulu un marteau et des clous pour pendre des cadres.

On les lui avait refusés.

Il avait donc recouvert les visages, sur chacune des photos,

de crayon Berol® livide

ocre et vert.

 

Il tournait la page

sans se lécher l’index.

 

La seule chose qui est derrière les barreaux, c’est

la liberté entière

lourde

atterrante

exténuante.

Il dessine la plasticité du paysage

dans le préau,

des podiums en

tables à pique-nique,

des sourires

sans tartre,

des oiseaux migrateurs

tatoués au ciel en

pancréatite.

 

Il dessine sans faute.

La vie est la pire incurie.

 

Il se demande si l’autre éprouvera un jour que l’impunité est la pire infliction.

 

Il se dit que la séquestration aura réglé sa

dépendance socioaffective,

qu’il ne veut plus voir quiconque,

que l’autre en est beaucoup plus dépendant

dans le vaste monde.

 

L’horizon est sur le gril.

Les joues sont striées.

Les mains sont des coquillages.

Il se demande encore comment il a pu se rendre là, ici, il ne sait plus trop.

Il avait plaidé coupable en échange d’une réduction de peine

d’amour.

Elle lui avait juré qu’elle ne le quitterait pas.

Il n’a reçu d’elle qu’un timbre.

Le paysage aseptisé fait miroiter sa souillure.

La vie est préaffranchie.

 

Il se demande si la culpabilité est une affaire de maillet, de greffe et de bois franc ou si le véritable tribunal n’est en fait qu’une serviette.

 

Il joue du mollet dans la salle de visite.

L’autre n’arrive pas.

Il attend des nouvelles de l’extérieur

de sa tête

de sablier.

Il ne veut pas sombrer dans les souvenirs.

Il écoute le tic-tac

numérique.

Il tente de percevoir une configuration dans la pigmentation de la mélamine de la table.

Le cosmos. L’osmose des forces de sécurité qui tentent de le désarmer, de le défaire de sa paternité ratée. Les tessons de verre dans le carré de sable. Les camions Tonka® rouillés sous la pluie inoxydable. Les phalènes écrasées dans le pare-brise. Les gouttes de sueur comme des projectiles. Les salves salvatrices. Son index sur le détonateur de ses lèvres. Le corps en glaire sur le canevas d’une aquarelle hémoglobine.

Il revoit le crime tel qu’il était prévu, esquissé, dessiné, tel qu’il n’a pas eu lieu, tel qu’il l’a raconté, avec plans et contreplans à l’appui.

 

Il a des papillons dans le ventre et une musette dans l’œsophage.

Il a laissé se fracasser

un prisme amoureux.

Le visiteur ne s’est toujours pas présenté.

 

Il se demande comment se porte le vaste monde

sur les épaules

du cadre de sa fenêtre grillagée.

Il se demande pourquoi le vaste monde n’envoie pas un message clignotant pour signaler sa pulsation et son

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